Est-ce tellement mieux d'élever ses enfants «à la française»?
Une maman américaine et un papa français discutent du livre controversé de Pamela Druckerman sur l’éducation. Episode 3.
- Young Girl Walking / lindsay gee via FlickrCC Lince by -
De: Rachael Larimore
Jean-Marc,
Mes condoléances pour tes verres cassés et tes murs gribouillés, détails que l’on lit peu dans Bringing Up Bébé. Tout parent, de quelque nationalité qu’il soit, a déjà passé une soirée avec un enfant tyrannique du genre de Sébastien. J’aime bien ta remarque sur les parents français et Françoise Dolto, lorsque tu dis qu’ils parlent à leurs enfants comme à des adultes mais qu’ils oublient cependant de rester fermes. C’est quelque chose que je vois aussi beaucoup ici aux Etats-Unis –des parents qui pensent encourager l’indépendance de leurs enfants alors qu’en réalité ils les laissent tout juste se dévergonder un peu.
Je suis soulagée d’entendre que même les enfants français aiment la pizza et les frites. Cela me déculpabilise pour ce soir par semaine où nous servons aux nôtres des bâtonnets de poulet. Mais je dois porter au crédit des Français leur faculté à inculquer de bonnes habitudes alimentaires –et à celui de Pamela Druckerman de montrer que, même si ce n’est pas toujours facile, il est possible d’amener ses enfants à manger sainement tout en faisant diminuer peu à peu leurs protestations.
Le problème de l’obésité en Amérique est complexe et il n’y a pas de solution simple: une récente étude montre qu’il n’y a pas de différence de taux d’obésité entre les enfants des écoles où l’on sert de la junk food et celles où on ne trouve pas trace de la moindre frite. Cette étude risque d’ajouter à notre confusion, même si pour moi elle délivre surtout le message que c’est à la maison que s’acquièrent les bonnes habitudes alimentaires.
Si je dois retenir des idées de ce livre (mis à part un occasionnel «c’est moi qui décide» la prochaine fois que mon plus jeune fils me dira que je «dois» faire quelque chose), ce sera de mieux accommoder mes légumes. Non, je n’attends pas que mes enfants se mettent tout de suite à dîner d’une bouillabaisse ou d’une salade de betteraves, mais nous avons effectivement une bonne marge de progression.
J’ai été aussi surprise que toi par le poids que Pamela Druckerman accorde aux mères dans le tableau de l’éducation qu’elle dresse. On n’aperçoit les papas qu’à la marge, et elle mentionne que le week-end les jardins publics sont remplis de «papas, adorablement débraillés», derrière des poussettes. Mais la plupart de ses sources sont d’autres mères –des mères avec qui elle s’est liée ou qu’elle connaît comme amies d’amies. Et c’est en cela que réside un autre des problèmes que ce livre me pose.
Je sais bien que quand on écrit un livre sur un sujet aussi vaste que l’éducation, il faut forcément en restreindre le champ. Mais Pamela Druckerman ne s’en est pas simplement tenue à une comparaison des méthodes d’éducation françaises et américaines.
En gros, elle s’est bornée à étudier un groupe de parents aisés d’enfants de moins de 6 ans: des parents comme elle. Cela conduit ceux d’entre nous qui sont, comme je me plais à le décrire, débordés, à une lecture intéressante.
Pourtant, ce livre laisse sans réponse nombre de questions transversales. Et d’abord, si les différences entre les modèles éducatifs américains et français sont si grandes, leurs effets sont-ils durables? Comment sont les adolescents français comparés aux adolescents américains? Les Français ont un taux de mariage plus bas que les Américains, donc il serait difficile de comparer les taux de divorce, mais est-ce que notre modèle d’éducation prétendument étouffant conduit à un nombre plus élevé de familles brisées?
La focalisation de Pamela Druckerman sur la petite enfance me pose un autre problème. Je parie que la plupart des parents –même les Américains qui inscrivent leurs enfants à une douzaine d’activités et répondent aux sondages qu’ils sont aussi heureux de faire le ménage que d’élever leurs enfants– trouvent qu’élever des enfants devient de plus en plus facile à mesure qu’ils grandissent ou que la famille s’agrandit.
Nous nous sommes découverts nous-mêmes un peu plus français à l’arrivée de chaque nouvel enfant. Nous parlons moins bébé au cadet et au benjamin que nous ne le faisions pour l’aîné au même âge, nous favorisons un peu plus leur indépendance, et nous sommes de moins en moins paranos.
Un exemple: lorsque notre aîné avait deux ans, nous étions à une fête de Noël avec de nouveaux amis. C’est avec force hésitation que j’ai laissé notre fils descendre jouer avec les autres enfants, sans surveillance. J’ai demandé à une maman dont la fille était un peu plus jeune si elle pensait que ça irait pour les deux petits. «Evidemment, pourquoi?», répondit-elle. Sa réaction découlait directement du fait que sa fille était la plus jeune d’une fratrie de trois.
Maintenant je suis à sa place et je ne m’inquiète pas beaucoup pour le plus petit. Je me demande si l’éducation névrosée que Pamela Druckerman décrit comme étant en vigueur de ce côté de l’Atlantique ne provient pas du fait que les «bobos» américains se marient plus tard et font moins d’enfants.
Alors que nous arrivons au terme de notre discussion, j’aimerais en savoir plus sur les pères français que tu as évoqués dans ta première note –s’ils deviennent de moins en moins autoritaires, crains-tu qu’une horde de petits Sébastien, armés de crayons et laissant dans leur sillage débris de verres et soirées gâchées, ne s’empare de la société française? Dans ce cas, les mères devront-elles faire le gendarme?
Merci de me faire partager tes expériences de parent français; après notre échange je me sens un peu plus sage.
Rachael
Traduit par Florence Boulin
« La première lettre de Jean-Marc
Mis à jour le 11/05/2012 à 11h49


















































Voici le secret des mamans françaises - et le prix que nous payons pour être sveltes, sexy et préparer des bons petits plats à toute la famille (enfin pour la plupart d'entre nous...), alors que nos hommes nous regardent à peine et que nos patrons nous exploitent : ce secret c'est l'épuisement.
Nos enfants ne sont pas sous Ritaline, mais nous nous sommes sous antidépresseurs, anxiolytiques et autre Guronsan.
Personne ne peut avoir trois emplois (enfants, maison, travail extérieur) sans être sur les rotules.
La révolte des femmes...la prochaine révolution française ?
Article relativement agréable à lire.
Je n'ai pas lu le livre en question. En fait ce qui m'a parlé dans ce genre de livre, ce sont des choses tres simple
"l'enfant a besoin d'un cadre stable" ...
"Pas assez de regles l'inquiete, trop de regles l'etouffe"
Ce qui me deplait dans ces livres, c'est quand on cherche à mettre de la psycologie dans la tete des enfants... On "surinterprete"... On transforme leur attitude en concepts mentaux adultes...
Combien de fois avons-nous vu un enfant dont les parents sont divorcés et autour duquel les adultes se perdent en larmoiement "le pauvre petit". Comment punir un garcon qui crayonne les murs puis qui se tourne vers son papa en disant "elle est ou maman ?" avec les yeux du chat botté dans Shrek... ?
Il faut simplement arrete de transfigurer des idees compliqués d'adulte dans la tete des enfants... Un enfant a besoin de choses simples et solides, pas d'experts en psychologie.
A 30 ans, j'ai decouvert que si ma famille m'avait empeché de corriger ma petite soeur lorsqu'elle devenait une enfant terrible c'etait pour une raison absolument hilarante "il considere que c'est la faute de sa soeur si ses parents ont divorcés donc il est si dur avec la pauvre petite"...
La meme pauvre petite qui a 6 ans jurait pire que pendre, a 8 ans insultait notre maman des pires insultes, a 10 ans ma mere ne pouvait plus la controler physiquement a 14 ans c'est ma soeur qui a commencé a repondre par des coups a ma mere.
Maintenant elle a 24 ans, elle prends du crack "la pauvre petite".
Tout est la faute des adultes (et pas du divorce du tout d'ailleurs)... Au lieu de donner a cette enfant le cadre strict et simple, les adultes autour se sont attendris, ne la disputant pas , ne la punissant pas. Donc ma petite soeur a rapidement compris la combine "ou est mon papa ?" = les adultes s'apitoient sur mon compte, je suis pas punie.
Alors en mettant de la psycologie la ou il n y en avait pas .. les adultes (famille, profs)ont arreté d'eduquer normalement ma soeur... et puis le jour où voyant la stupidité des adultes et en tant que grand frere j'ai voulu la remettre dans le chemin, rebelote, les adultes ont décidé de choses dans ma tete.. .des choses qui n'y etaient pas, n'y sont toujours pas..
SInon concernant le poste de spassibaliouba... je sais pas si je dois rire ou pleurer... Deja ce que vous dites est completement hors sujet... Nous parlons ici de l'education des enfants, c'est quoi ces appel a l'aide frustrés que vous lancer ?
Personellement tous mes superieurs hierarchiques sont des femmes.. certaines sont de vraies viperes manipulatrices et mauvaises, d'autres sont fantastiques, travailleuses et brillantes... bref comme les hommes quoi.
A la maison ? pendant les premieres annees de vie commune, j'ai fait 99% des taches menageres... (je laissais l'aspirateur, mais vaisselles, lessives, courses, repas , c'etait moi, un homme)
Depuis que nous avons notre fille et que je travaille encore plus qu'avant, mon epouse a du commencer a se mettre au menage aussi.. alors maintenant elle sait lancer une lessive et tout...
Enfin bref... Spassibaliouba, non seulement votre commentaire me semble hors sujet, mais en plus ce que vous dites est faux. Il s'applique peut-etre a votre vie a vous. Ne generaliser pas aux autres.
D'ailleurs je vais finir de vous enerver Spassibaliouba... puisque je pense qu'une des causes de la "deseducation" des années 80 -90 et bien l'explosion du noyau familial (consequence de la vague de divorce. Je sais bien qu'on ne peut pas eduquer 3 enfants avec les deux parents au travail.... arranger vous avec votre compagnon pour que soit lui soit vous arretiez de travailler.. et puis si tous les couples de france font comme ca, la seconde d'apres il n'y a plus de chomage et les salaires devront exploser pour garder ou recuperer des employes. Ca serait anti mai 68. On y reviendra de toute facon mais avec la mysoginie en moins.
Sans avoir 2 salaires, je ne sais pas comment vous pouvez vous loger correctement dans certaines régions (Ile de France ou PACA)