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Rendez la robe, Rachida!

Insinuer que la garde des Sceaux «emprunte» des robes Dior et qu'elle a «couché pour en arriver là» est un fantasme «éroticolonial» doublement stigmatisant.

Dimanche 17 Mai 2009
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Rachida en Dior. C'est une allitération qui fait sauter la tête d'un tas de journalistes; ils s'en repaissent, ulcérés. S'ils (si elles) n'en concevaient pas tant d'indignation elles en ricaneraient, comme certaines de nos mères raillait les Janine et les Michelines qui disaient «la voiture à mon père», «je vais au docteur» mais tenaient à inscrire leur filles au Conservatoire. Et pas aux majorettes.

Le problème avec Rachida, c'est qu'elle ne dit pas «je vais au docteur», ni «je retourne au bled», et que la robe Dior, elle la porte bien mieux que la plupart de mes consoeurs ne le feraient, si elles avaient la chance de représenter notre beau pays. Personne ne se réjouit que la garde des Sceaux défende avec autant d'appétit et de chien les couleurs de la Haute couture française. Elle est belle, d'une beauté étrange, typée, revêche parfois, et on ne le souligne guère. Entre journalistes, on raconte qu'elle ne rend pas les robes que les grandes maisons lui prêtent, il y a toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un qui lui a dit que chez Dior, ou chez Chanel, quelqu'un a affirmé, mais ce n'est jamais sourcé.

Ça colle juste avec ce sentiment qu'elle a usurpé le privilège de s'habiller en princesse et TOUT le reste.

En France, on aime — les journalistes se croyant féministes surtout — les femmes arabes courageuses qui militent contre le voile et les mariages forcés, s'habillent moderne mais pas trop mode et nous invitent à manger le couscous lorsqu'on fait un reportage sur les sales gosses de banlieues (leurs voisins, leurs frères, leurs fils). Dans un sens, Fadela Amara correspond mieux à ce qu'on attend d'une Arabe qui s'intègre en restant à sa place.

Je ne connais pas Rachida Dati. Je ne couvre plus le ministère de la Justice depuis plusieurs années et je déteste tout ce qu'elle y a fait pour complaire à l'homme de sa vie, Nicolas Sarkozy. Il ne s'agit pas ici de son bilan à la Chancellerie, ni de son tempérament difficile, mais de la robe Dior et de ses avatars.

Le fait que la rédaction d'un site ait décidé il y a deux ans, d'investiguer sur ses frais de représentation, et seulement les siens, que des auteurs d'articles et de livres sous-entendent sans jamais donner leurs sources qu'elle ait «couché» pour en arriver là, c'est misogyne — mais à quoi bon le relever — et c'est un fantasme «éroticolonial» doublement stigmatisant. Car dans la succession de supposés que cela entraîne, une Arabe qui couche hors mariage ce n'est même plus une Arabe: elle ne respecte pas sa culture, et les siens ne la respecteront pas. Je ressens cela comme étant du racisme, social, anti-maghrébin à son égard.

Lorgner dans l'assiette du voisin

Comme Rachida, je suis née à Chalon-sur-Saône. Dans la même clinique, à quelques mois d'écart et dans une famille de douze enfants, comme elle. Ça ne crée aucun lien, je reconnais juste chez elle cette angoisse d'être oubliée sur la photo et sur l'aire d'autoroute au moment des transhumances estivales. Comme Ségolène, autre gosse de famille nombreuse, elle a ce travers de lorgner dans l'assiette du voisin pour vérifier que sa soeur n'a pas eu un plus beau morceau qu'elle. Et cette rage de ne pas compter pour un numéro parmi les autres.

Une de mes soeurs était dans le collège de bonnes sœurs où le père Dati avait réussi à caser ses enfants. Le Devoir n'était pas le collège privé «chic» de Chalon, c'était même l'établissement où l'on recueillait certains cas désespérés (comme ma frangine) dans des filières conduisant aux métiers de femmes de ménages et aide cuisinière (un petit coucou à Ursule orientée de force au Devoir, mère célibataire vendeuse ambulante trop fatiguée pour défendre sa fille). Dans le collège «chic» de Saint-Dominique, on n'aurait pas accepté d'Arabes, je crois, je suis même sûre qu'aucune famille maghrébine n'a jamais imaginé faire cette requête. (L'uniforme à Saint-Do, jersey, mocassins, jupe bleu marine pour les cathos, marque des lunettes de ski au retour des vacances d'hiver).

Rachida et Jamila

Des Arabes, on connaissait tous et toutes ce fait divers tragique. Une fille du lycée s'était faite prendre à chaparder au Mammouth (devenu depuis Carrefour). Elle s'était jetée dans le canal de peur de la correction paternelle qui l'attendait. Elle ne savait pas nager, elle s'est noyée. Les journaux parisiens en avait parlé, le Courrier de Saône et Loire à peine, ou pas. C'était une copine de cour de récréation et c'était comme ça, les filles arabes se faisaient taper dessus, n'avaient pas le droit de sortir, servaient de boniches à leur frères; tout le monde le savaient y compris les profs, et personne ne disait rien.

L'autre histoire de filles du genre de Rachida, c'est celle de Jamila, devenue une de mes plus proches amies. Jamila avait débarqué un matin du mois d'octobre dans mon collège, le CES Bellevue. Ses parents avaient réussi à quitter la cité du Stade (celle de la famille Dati) pour faire construire un petit pavillon dans notre banlieue plus résidentielle. Grâce à son patronyme algérien et sa tronche, elle a été mise direct dans la classe CPPN. (jadis classe de transition, en gros, classe poubelle où on faisait patienter les cas sociaux, les débiles légers et les enfants d'immigrés avant de les coller dans un CAP coiffure ou mécanicien ou à la rue le jour de leur 16 ans). Jamila faisait allemand première langue, et latin renforcé, ce qui n'existait pas en CPPN, mais cela n'a pas attiré l'attention du principal du collège.

Je me souviens parfaitement de l'arrivée de sa mère, en début d'après midi et des éclats de voix dans le bureau du principal. Elle avait appris le français et à conduire pour défendre ses enfants. Jamila a été rapatriée dans ma classe, celle des bons (allemand première langue). En quelques semaines, elle est devenue la première de la 5e1.

Arrivisme et méritocratie

Naître dans les années 60 dans une ville de province pas spécialement raciste, de gauche, et connaître la trajectoire de Rachida Dati, c'est évidemment de la méritocratie. Ceux qui prétendent le contraire ne savent même pas de quoi ils parlent. Hormis Jamila, il n'y avait aucun ni aucune Arabe dans les classes «normales» de mon collège, et pratiquement que des Arabes (ceux de la cité des Charreaux) dans les classes «CPPN». Jamila et son frère étaient, je crois, les seuls Arabes du lycée général Pontus de Thiard, en centre ville. (Rachida Dati, elle, était à Mathias, en périphérie, un établissement moins bourgeois et comptant des sections techniques).

C'était encore pire après, à Dijon, la ville universitaire la plus fermée, bourgeoise, rance qui soit (à l'époque. Mais ça laisse des traces), où Rachida a fait ses études. Un cauchemar pour les boursiers, les culs terreux et les rares basanés et tous ceux qui n'avaient pas les moyens  de se payer une voiture. Nous étions tous logés à la même enseigne, on ne nous laissait pas rentrer dans les bars/discothèques du centre ville réservés aux fils et fille à papa.

On reproche à Rachida Dati de s'être démenée comme une enragée pour rencontrer des gens importants, d'avoir écrit à tout ce qui pouvait lui être utile. Heureusement pour elle. Si chacun de ceux qui se gaussent de son arrivisme racontait exactement le chemin qui l'a mené au journalisme ou à la politique, quelles expériences familiales, sociales, quelles rencontres déterminantes l'ont aidé, il devrait convenir que cette somme de hasards a fait défaut à une Rachida Dati.

L'usurpatrice à Strasbourg

Jusqu'aux années 80, à Chalon, les filles de famille arabes avaient juste le droit d'aller à l'école et de rentrer dare-dare à la maison, mais pas celui de s'inscrire dans un club de sport. Le conservatoire ou la maison de la culture, n'en parlons pas. Je ne sais pas ce que sont devenues Sonia, Houjda et Farida, du quartier des Charreaux, qui n'ont jamais trouvé de salon prêt à les accueillir pour s'inscrire en CAP de coiffure. Elles ont quitté le collège Bellevue à 16 ans pour s'occuper de leurs petits frères et soeurs. Elles étaient mignonnes, motivées, possédaient parfaitement le bagout de cité et du souk en classe, mais zéro connexion sociale qui aurait pu compenser la défiance, pour ne pas accuser  sans preuve, des patronnes de salon de coiffure que l'on a démarché ensemble.

Allez, l'usurpatrice ne sera bientôt plus garde des sceaux, la robe Dior et les carrosses avec chauffeurs et  gyrophares vont disparaître sur le parvis de la Gare de l'Est où Rachida devra prendre, comme vous et moi, le TGV pour retrouver sa mansarde. A Strasbourg. Il est temps de rendre à la petite Arabe ce qui lui revient: sa robe Tati. C'est un des «scoops» d'un livre qui est sorti contre elle. Ça aurait pu être touchant, ce détail. Ben oui, les Arabes, surtout autrefois, se mariaient de cape en dragées chez Tati... Passer de la robe Tati à la robe Dior, n'est-ce pas tordant, ma chère?

Allez, Rachida, rendez la robe.

Blandine Grosjean, née à Saint-Remy (71)

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Comments

C'est un Bashing misogyne et colonial insupportable

Bravo pour cet article, qui dénonce le traitement médiatique ignominieux dont est l'objet Rachida Dati, parce que femme, d'origine modeste et arabe.

L'analyse des mécanismes de ce bashing est fondamentale, quoi que l'on pense de l'action politique de la ministre.
Ce bashing ressemble à celui que subit sans discontinuer Ségolène Royal depuis qu'elle s'est mise en avant.

La critique politique est une chose, la mise en jeu de stéréotypes discriminants en est une autre.
Beaucoup de gens profitent de la critique politique pour exercer le pouvoir discriminant.

Vitalia

Rarement un ministre aura subi un tel acharnement

Elle a du courage. Elle est finalement très populaire. Que les juges la critique après le jugement du CSM sur le juge Burgos cela ne peut que faire sourire. Elle n'aurait jamais pu mener à bien la réforme de la carte judiciaire en négociant, personne ne peut accepter de gaité de coeur de déménager. Qu'elle ait des faiblesses c'est une évidence, mais si il faut pour être un garde des sceaux parfait avoir comme seule mission de protéger le président de république, alors, elle a effectivement de nombreux prédécesseurs plus brillants qu'elle. Les bonnes réformes pour certaines corporations sont celles qu'elles arrivent à bloquer.

iconoclaste

Ah la belle histoire...

Dieu la belle histoire. A émouvoir toutes les chaumières.
Bon, Mme Dati a eu de la volonté et du mérite. Fort bien. Reste qu'elle est garde des Sceaux et que c'est là-dessus qu'on la juge : On ne peut pas passer son temps à rabacher sa belle et émouvante histoire.
Quant à ses robes, Dior ou pas, qu'elle ne s'en prenne qu'à elle-même. Quand on se pavane dans les pages pipole de Match et d'ailleurs avec une telle complaisance, alors qu'on a, me semble-t-il mieux à faire et ailleurs et dans la discrétion, et qu'on s'en prend plein la g... c'est normal. Ce n'est pas là qu'on l'attend. C'est ailleurs. Là où on se suicide un peu beaucoup depuis quelques temps.
Un peu facile d'en revenir toujours à la mysoginie et au racisme. Mme Dati est tout, sauf un garde des Sceaux digne de la fonction. Voilà tout.
Reste que son histoire est bien belle et je ne doute pas qu'elle émeuve plein de gens. La politique c'est autre chose que les pipoleries et le m'as-tu-vuisme.
Quant au "bashing" : pourriez pas parler français ? Ca veut dire "dénigrement" : un mot trop savant ? Seriez vous anti francophonie ?

La dignité de Rachida Dati

Qu'est-ce qu'une garde des Sceaux digne de sa fonction?
Si c'est quelqu'un nommé par le Président de la République pour s'appuyer sur le conservatisme des fonctionnaires ministériels et des corporations judiciaires afin de ne pas faire grand-chose et d'être bien vu des professionnels de la Justice, alors j'ai bien peur que Rachida Dati ne soit absolument pas "digne" de la fonction.
Si c'est une personne nommée pour essayer de mettre en route une politique rendant la justice plus efficace, plus réactive et plus ouverte sur les réalités quotidiennes en plaçant davantage le citoyen justiciable au centre du système que les hommes de loi qui sont avant tout les moyens pour une bonne justice; alors je crois que Rachida Dati est tout-à-fait "digne" de la fonction.
Ensuite, qu'elle utilise les bons moyens pour arriver à ses fins, c'est une toute autre histoire: la réforme de la carte judiciaire est-elle bien faite? Pouvait-elle satisfaire tout le monde?.
Enfin, en ce qui concerne la présence de la ministre dans le champ médiatique hors de ses fonctions, chacun lui accorde l'importance qu'il veut. Pour moi, elle est nulle tant qu'elle n'interfère que très marginalement sur l'action politique.

Cordiales salutations,

jHenry44

Il est normal qu'elle s'en prenne plein la g...

Vous dites : Quand on se pavane dans les pages pipole de Match et d'ailleurs avec une telle complaisance, alors qu'on a, me semble-t-il mieux à faire et ailleurs et dans la discrétion, et qu'on s'en prend plein la g... c'est normal.

Aucun personnage politique ne peut progresser dans le métier s'il ne se "pavane" pas dans les médias. Lorsqu'il a, de surcroit, une mission impopulaire à remplir, il ne peut passer son temps à répéter ce que personne ne veut entendre : il se tourne donc vers d'autres cieux médiatiques.

Ce raisonnement qui consiste à dire : "si un politique décide d'apparaître dans les médias people, il est normal qu'il s'en prenne plein la g..." me fait penser à un autre comportement : "si une fille se balade en jupe et les cheveux détachés dans la rue, il est normal qu'elle s'en prenne plein la g...".

Et ce qui me démonte, c'est que ces discours-là proviennent souvent de... femmes !

Objectif?

J'ai failli verser une larme.
Comment que c'est trop injuste le traitement de Rachida dans les médias.

Sauf que :
- ne l'a t'on pas présentée lors de sa mise en place comme une sorte d'exemple de courage, d'intégration et de travail ?
- le bruit de son départ court depuis au moins 8 mois
- le poste de Garde des Sceaux demande un minimum de connaissance juridiques, ce qu'elle se garde bien d'afficher (http://www.maitre-eolas.fr/2009/05/08/1404-responsabilite-des-magistrats...)
- les bijoux et les robes quelle porte régulièrement, si ils la mettent en valeurs, contribuent à une image de "people" bling bling qui renforce celle de Nicolas et sa Rolex
- trop de contreverses sur ses compétences, ses diplômes, son travail nuisent par trop à la personne, toute respectable qu'elle soit
- ...

En conséquence, il est un peu trop facile de mettre en valeur le "avant", alors que le "maintenant" ne se résume pas à la success story d'une enfant de l'immigration.

les chiens méchants mordent toujours par trois

Avez vous remarquez? Lorsqu'il y a un fait divers un peu sanglant avec un chien le lendemain et le surlendemain vous en avez tourjours 2. Puis cela s'arrête, incroyable, à croire que d'un bout à l'autre de la France ils se donnent le mot. Pour Rachida Dati , l'autre jour on lui reprochait d'avoir choisi d'aller à Dubai inaugurer une école de magistrature plutôt que de s'occuper de sa fille. Le lendemain sa gynécologue est prise à partie! Il y a un bras de fer entre les magistrats et la ministre, certains journalistes considèrent cela comme un filon. Elle a fait des réformes que personne n'avait réussie à faire, les syndicats ne le lui pardonnent pas. Ensuite elle applique le programme de Nicolas Sarkozy cela déplait aux magistrats il n'y a rien d'anormal. Claude Allègre était incompétent Devaquet, Sapin etc etc Tous ceux qui veulent réformer sont déclarés incompétents. C'est un signe. Il me semble que les magistrats sont plus magnanimes avec les juges réellement incompétents. Regarder les Pbs de De Mongolfier à Nice pourtant les faits lui ont donné raison. Est ce que le juge Burgos est digne de sa fonction? Incapable de juger les capacités de leurs pairs ou les dérives de leur corporation comment pourraient ils juger leur ministre ?
Mon dieu qu'elle aime les robes est un scandale cela ne sied pas à la fonction. Voilà une approche bien superficielle, de se préoccuper ainsi du look de leur ministre, c'est indigne de magistrats si préoccupés du fond . Les juges ne devrait pas perdre leur temps à lire la presse people . Il faudrait compte tenu des suicides en prisons qu’elles portent des costumes rayés( Signé Jean Paul Gauthier). Kouchner devrait aller en Afrique avec son sac de riz comme sa marionnette. Le ministre de l’industrie portait des salopettes bleu, de la pèche des cirés jaunes, de la santé des blouses blanches etc. Cela rendrait les fins de conseils des ministres amusant. On voit que des gens se préoccupent de l’essentiel.
Rachida Dati n'est pas à plaindre. Elle a un niveau de popularité tout à fait acceptable. Elle n’a pas besoin de se reconstruire une image. On n’est pas ministre pour être apprécié de la corporation dont on a la charge. Elle a juste fait des réformes difficiles dans un corps les plus fermé de la république et doit donc changer de fonction.

iconoclaste

Chapeau pour l'article, Blandine Grosjean !

Sincérité, authenticité, mise en lumière des difficultés inhérentes au parcours de toute jeune femme d'origine immigrée - ou non - issue d'une très nombreuse fratrie, subordonnée le plus souvent aux "mâles" de la famille !

Ce que j'apprécie en outre particulièrement dans votre article, c'est la précision de votre documentation , la pertinence de votre analyse, la comparaison judicieuse avec votre parcours à VOUS...

Je ne pense pas aimer spécialement la personnalité de Rachida Dati, mais votre compte-rendu me la rend étonnamment plus "proche", plus vulnérable, plus "battante" aussi ! Et je regrette d'autant plus cet acharnement politico-médiatique contre cette femme, à tous points selon moi, d'exception !

On peut TB ne pas être d'accord avec son côté "bling-bling", arriviste, "maman" hyperactive, ...voire trop pressée, avec son autoritarisme et ... ses erreurs de jugement en tant que Garde des Sceaux, il n'empêche que c'est une sacrée bonne femme !!! Bravo d'avoir si bien fait ressortir cela !

Le vent se lève!... Il faut tenter de vivre!
Paul Valéry

Cet article est excellent,

Cet article est excellent, bravo pour votre argumentation détaillée et pertinente !

Il faut bien reconnaître qu'on critique plus la ministre Rachida Dati que le ministre Hervé Morin. Certes, beaucoup s'accordent à reconnaître en ce dernier un véritable incompétent en matière de défense, mais il faut croire que l'incompétence est toujours aussi bien pardonnée quand on est un homme et villipendée quand on est une femme.

Ne nous étonnons pas d'ailleurs qu'à ce stade de l'Etat on nomme des gens incompétents, car en fait ils ont tous une compétence précieuse et unique aux yeux du chef de l'Etat (quel qu'il soit) : ils lui sont fidèles car redevables de leur carrière. Il vaut mieux un ministre nul mais obéissant qu'un ministre brillant et indépendant.

Le problème de Rachida Dati est sa popularité fulgurante, qui lui a donné en peu de temps un statut unique au sein du gouvernement. Se voyant ainsi acclamée, elle s'est sentie pousser des ailes, mais n'a pas vu que le président la voyait d'un mauvais oeil prendre une autonomie qu'il ne comptait pas lui donner (à elle pas plus qu'aux autres d'ailleurs).
Donc, au-delà des questions de compétence (car il y a bien d'autres personnes incompétentes dans ce gouvernement), le destin de Rachida Dati a basculé quand Nicolas Sarkozy a cessé d'avoir confiance en elle, quand il a compris qu'elle n'était plus son "bon petit soldat". Evidemment, la présence de Carla Bruni, experte elle aussi en minauderies et intrigues de cour, a fortement joué sur la baisse d'influence de Dati sur le président ; il n'était plus aussi réceptif à sa séduction..... et donc la machine à perdre s'est mise en marche.

Je pense pour finir qu'il ne faut pas s'apesantir plus que de rigueur sur le caractère autoritaire et méprisant de la ministre : elle n'est ni la première ni la seule dans ce cas, et par ailleurs elle est très en-deça des excès du locataire de l'Elysée.... De plus, si elle avait été raisonnable et modérée, on lui aurait reproché d'être "trop gentille" ; qui prend les paris ??

Aquarius74

Droit de réponse...

... sur le site officiel du ministère ? ;> )
Chacun(e), quel(le) qu'il(elle) soit,
y compris donc Madame Dati,
est le concentré de son histoire
et de ce qu'il(ou elle) accomplit.
avec plus ou moins de prises
à la critique.
Lorsque naît un soupçon
de procès en place publique,
d'une figure qui l'est aussi,
de quoi s'agit-il ?
- D'une attaque de la personne ?
- D'une attaque de la fonction ?
- D'une attaque politique ?
- D'une attaque du bilan ?
- D'un savant mélange ?
Qu'est-ce qui distingue
la question légitime
du : "calomniez, calomniez,
il en restera toujours quelque chose !" ?
Qu'est-ce qui règle l'angle de tir, en général ?
L'altitude de la cible ou celle des artilleurs ?
Le nombre de ces derniers ou le groupement
de leurs coups ? Leur puissance ou le blindage ?
Qu'est-ce qui, en définitive, des jurés improvisés
qui composent l'opinion, forge l'intime conviction,
dernier mot qui décide du pouce levé ou baissé ?
N'est-pas aussi faire trop peu de cas
de l'intéressé(e) que lui ôter
le poids de se constituer
sa propre image ?

Polémikoeur.

place est un mot feminin

Le "reste à ta place" a effectivement été inventé pour les femmes. Admettez que Rachida Dati a également "profité" de ses origines pour faire oublier certaines maladresses : la robe dior en couv' de match qd on travaille avec des fonctionnaires mal payés qui travaillent dans des locaux effrayants.
Maintenant qu'elle a rangé la bague et la robe, on dit qu'elle ne fout rien. Mais elle va y arriver, parce que sa famille ne lui dit pas de rester à sa place et la soutient, alors que les méditerranéens, y compris français de souche (sur un croissant Perpignan- Lyon-Nice), 9 fois sur 10 savonnent la planche de leurs filles qui doivent "rester à leur place" et sont furieux de leurs succès. On dirait même qu'elle les a matés.

Rachida Dati bien dans son temps

Le vrai problème de Madame Dati est son manque de compétence, mais elle n'est pas la seule, on pourrait parler également de Madame Lagarde.
Ségolène Royal est régulièrement taxée d'incompétence, elle n'est pas soutenues par les membres de son propre parti. Comme Madame Dati elle a largement instrumentalisée les attaques et s'est victimisée.
Il y a bien longtemps que les journalistes vont voir ce qui se passe dans les chambres à coucher, c'est une dérive de la peapolisation du politique, on se souvient du livre de Raphaël Bacquet sur la relation de couple Royal et Hollande pendant la campagne présidentielle.
Madame Dati est à mon sens complètement intégrée dans une époque que je déplore, et dans laquelle les politiques ont une large responsabilité.

Par contre je m'étonne qu'on dénonce sur ce site dans cet article, les attaques dont Madame Dati fait l'objet, frais de réprésentation, robe Dior... , qui auraient pour face cachée de la ramener à ses origines sociales et éthniques. Et parallèlement on trouve un lien sur un site s'interogeant sur la signification d'une enième bague de Madame Dati, une alliance.

Chronique d'une Maure annoncée

D'abord merci Blandine... super article. A donf d'accord...

Cette chronique d'une éjection annoncée tourne à la farce... Sarko terminera son mandat qu'on parlera probablement encore de la potentielle mise sur la touche de Rachida... aussi, c'est quand même dingue qu'il ait fallu attendre un gouvernement de droite pour voir des Arabes et des Noirs au gouvernement. Mais restons dans le sujet.

Dati est représentative du problème Français. Oublions qu'elle est Arabe. dans le problème qui nous occupe, ce n'est qu'une circonstance aggravante. Ce qu'on lui reproche ce n'est plus tellement qu'elle soit Arabe, c'est de ne pas appartenir aux élites; à la France d'en haut, quelle que soit sa race ou sa religion. Comme le fait si bien remarquer Blandine, elle n'est pas née avec un réseau social qui l'a porté là ou elle est. Alors, elle aurait couché, tant mieux! Elle joint l'outil à l'agréab. Au moins il y en a une qui s'éclate. Monsieur Colombani et Monsieur Attali qui dirigent ce blog seraient ils aujourd'hui qui il sont si ils étaient nés dans un HLM. Possible, ils sont l'un et l'autre très talentueux, mais très peu probable. Sans le milieux social, l'éducation privilégiée, et l'acquisition des comportements nécessaires pour évoluer dans les cercles du pouvoir étatiques et médiatiques, les chances de succès sont quasiment nulles. Liberté certainement, mais égalité et fraternité, là, je me marre!

Je suis Français et j'aime mon pays. Mais il faut être clair: nous sommes une bande de ringards donneurs de leçons! Nous traitons les Américains comme des sous développés politiques mais c'est eux qui élisent un Noir. Nous méprisons les Britanniques pour leur système de classes mais c'est eux qui emploient ( employaient, avant la débandade générale) les diplômés des grandes écoles françaises, qui, parce qu'il n'ont pas un nom à particule ou ne sortent pas des grandes familles influentes, sont obligés de s'expatrier.

Ne nous méprenons pas, il ne faut pas surestimer le racisme "racial", l'immense majorité des exclues ne sont pas d'origines étrangères. C'est simplement du racisme social, ils sont pauvres. C'est pour ça que nous devons mettre en place une "affirmative action" à la Française. Les critères ne doivent pas être ethniques ou religieux: ils peuvent être simplement économiques.

Alors, Dati en Dior et Sarko à Rolex... tant mieux... le petit népotisme étroit qui ronge la France doit disparaître. Nous n'avons plus les moyens de mettre sur des voies de garages nos talents black, blancs, beurs qu'ils s'habillent chez Dior ou chez Adidas. Ceux qui, dans la presse, raillent Dati feraient mieux de se préoccuper de l'avenir des médias. A la vitesse à laquelle les journaux et magazines disparaissent, ils est très fort probable que l'immense majorité de ceux qui font profession de faire circuler des thèses venimeuses sur les ministres d'ouvertures n'auront plus de médium pour s'exprimer.

...

Très joli titre

iconoclaste

Merci et bravo Blandine Grosjean

c'est un article important!!!!

Le premier que je lis depuis deux ou trois ans que je trouve assez juste, sur ce cas compliqué.

A.S

Un fantasme éroticolonial ?

des auteurs d'articles et de livres sous-entendent sans jamais donner leurs sources qu'elle ait «couché» pour en arriver là, c'est misogyne — mais à quoi bon le relever — et c'est un fantasme «éroticolonial» doublement stigmatisant.
Le prix à payer pour les femmes en politique a toujours été très élevé. On aurait pu s'imaginer que depuis Edith Cresson et Simone Weil, les choses avaient évolué, il n'en est rien de toute évidence. Et franchement, je ne pense pas que le fantasme aurait été différent si elle avait été originaire de Neuilly/Auteuil/Passy. Ca ne changera, comme dans les entreprises d'ailleurs, que lorsque les femmes en politique seront suffisamment nombreuses aux postes clefs pour que les clichés soient obligés d'évoluer.
En France, on aime — les journalistes se croyant féministes surtout — les femmes arabes courageuses qui militent contre le voile et les mariages forcés, s'habillent moderne mais pas trop mode et nous invitent à manger le couscous lorsqu'on fait un reportage sur les sales gosses de banlieues (leurs voisins, leurs frères, leurs fils). Dans un sens, Fadela Amara correspond mieux à ce qu'on attend d'une Arabe qui s'intègre en restant à sa place.
Euh, pourquoi les féministes ? Un rien misogyne non ce commentaire ? Ceux-là même qui les ont faites reines ne se privent pas de les rappeler à l'ordre lorsqu'elles s'imaginent qu'on a pu les choisir pour leurs qualités comme Rama Yade a pu s'en rendre compte:
Le Parisien/Aujourd'hui en France citait dimanche une phrase prêtée à Christian Estrosi au sujet de la secrétaire d'État aux Droits de l'homme : "Elle existe parce que Sarkozy l'a fabriquée ! On fait un placement, on le fait fructifier et, au moment où on veut en tirer les bénéfices, voilà..." Certes Estrosi a par la suite démenti ces propos, mais allez savoir pourquoi, ce démenti ne me convainc pas totalement :~) Quelques heures plus tard, M. Estrosi tentait de relativiser cette déclaration. "Je conteste les propos qui me sont prêtés, et qui sortent d'un contexte général dans lequel j'ai évoqué la responsabilité de se rendre utile, pour un ministre qui n'avait jamais conquis de fief électoral, afin de permettre à l'UMP de bénéficier de sa valeur ajoutée", a déclaré M. Estrosi à l'AFP.
Alors c'est plus difficile pour une femme et c'est encore plus difficile pour une femme issue de l'immigration. Mais on a quand même le droit de s'interroger sur sa politique ! Choisir une femme issue de l'immigration, c'est, comme le montre la réflexion d'Estrosi, un acte politique lourd d'arrière-pensées. Et c'est ensuite facile de réduire toutes les critiques à autant d'expressions d'un machisme suranné. De même qu'il ne suffit pas de prononcer le mot réforme, tel un mot magique, pour que les changement que l'on veut imposer à la France et aux français aillent nécessairement dans l'intérêt du plus grand nombre, de même, ce n'est parce que l'on est une femme, et que l'on a du faire preuve de 2 fois plus de compétence que les hommes pour arriver au même niveau, que l'on n'en est pas moins capable d'une brutalité inutile ou d'incompétence dans le Ministère où l'on vous a parachuté.

Mais merci pour cet article qui va à l'encontre des discours dominants sur Rachida Dati.

El Gato

Femme et pas féministe

Femme, sans argent et sans appui, mère célibataire (par choix) je me suis toujours débrouillée seule sans aller pleurnicher sur mes malheurs. On bosse, on se défonce, on montre de quoi on est capable, voilà tout.
Rachida Dati a surtout montré de quoi elle est incapable. Elle a vocation de mannequin, peut-être même de courtisane - les cours impériales en ont besoin - mais sûrement pas vocationd de garde des Sceaux.
Serait-elle homme, Rachido Dati, ce serait pareil.
On a besoin d'une bonne justice, pas d'une image de mode.
Si Mme Dati était un garde des Sceaux formidable, on ne parlerait pas de ses robes et de ses bagouzes. L'ennui c'est qu'elle n'a vraiment montré que ça et son insuffisance.
Certes elle doit appliquer les volontés du prince. Mais justement, nous sommes en république, et rien ne l'empêche de tenir tête.
Mais son histoire est connue et on sait qu'elle s'est proposée à la gauche qui n'en a pas voulu avant d'aller se proposer à la droite qui l'a prise sous on aile. C'est dire si ses convictions sont profondes.
Ce qu'elle a montré d'elle n'est en rien politique. C'est une histoire de chiffon qui n'a rien à voir avec la mission de Garde des Sceaux.
Dommage qu'il n'y ait pas en français de pronom neutre, sinon, c'est que j'utiliserais pour parler d'une personnalité qui n'est pas à sa place dans la fonction que lui avait assignée Sarkozy. Et peu importe son sexe et ses origines. D'ailleurs à force de souligner à double trait et en permanence ces caractéristiques je me demande à quoi jouent les porte-parole de la bienpensance actuelle.

Tout sur Rachida, rien sur l'activité de son ministère

Avec cet article et les commentaires associés nous sommes plus avancés quant à la personnalité et l'histoire du personnage. C'est bien mais serait-ce la seule scène qui intéresse les médias et leur public?
Et ce qui a été fait dans son ministère sous sa direction quand nous le présentera-t-on en détail? Est-ce que les commentateurs s'en soucient?
D'ailleurs nous sommes abreuvés par les jeux futiles de la scène du pouvoir, installée par les médias et jouée de gré ou de force par les politiques et rarement par les problèmes qu'ils doivent affronter, les difficultés rencontrées, les solutions choisies, les problèmes de mise en oeuvre etc. Nos affaires donc ne nous intéresseraient pas autrement que comme enjeux subalternes? Je crois que c'est un des héritages de l'Etat jacobin où la nation était sous tutelle. Qui nous ferait l'historique des problématiques de la justice, des prisons, du droit, de façon à ce qu'on comprenne mieux les problèmes qui sont les nôtres plutôt que des polémiques accessoires basées sur des falsifications partisanes?
Mais c'est peut-être cela la différence entre une population administrée par un Etat longtemps dominateur idéologiquement et pratiquement qui la maintien dans une certaine infantilité et une communauté de destin qui assume sans cesse la recherche du bien commun en même temps qu'elle développe un plus grande conscience collective, une plus grande intelligence collective de ses affaires.

Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com

dur dur d'être tout simplement un français(e)

Encore un article pour des français qui ont du mal à dire simplement je suis français, encore un article qui a du mal à dire je suis une femme avec de l'ambition encore un article qui montre qu'un politicien doit paraître encore un article qui oublie que l'ambition n' a pas de conviction car Mme DATI a d'abord "testé" le parti socialiste.
Ce type d'article dévalorise pour certain leur appartenance à la République Française et souhaite mettre sur le "feu" sur l'origine pour monter les français les uns contre lres autres.
Que de difficultés intellectuelles pour ces français qui malgré leur CI ont du mal à dire simplement je suis français.
Encore un article pour se "casser" les méninges donc sans valeur une question FRANCAIS ou PAS ?
Sur le plan politique Mme Dati ne m'a pas impressionné pas plus que sa consoeur Mme LAGARDE ou Mme BOUTIN alors des femmes oui, égales des hommes certainement mais alors cessez de nous "laver" le cerveau avec vos états d'âme .Prenez exemple sur Mme VIEL, qui pour ma part aurait été une excellente présidente de notre pays au fait elle porte, elle aussi, des vêtements "griffés" mais avec la discrétion d'une Grande Dame.

MAYOMBE

On s'en moque

Cet article ne fait rien avancer, ni sur le fond ni sur la forme.
Mme DATI se sert de ses origines et de sa condition de femme pour alimenter une polémique qui devrait la transformer en victime de ses sales journalistes.
Que cette femme ait couché pour arriver ou pas, qu'elle soit arabe ou pas, qu'elle soit brune ou blonde, Mme on s'en moque.
Elle est nuisible dans son poste par incompétence, par manque de sérieux et autres irresponsabilité. Les robes DIOR ne sont que les symboles d'une courtisane, qu'elle le soit ou pas ne change rien au film.
Il faut atterrir un peu, Mme DATI ne m'intéresse que par son action et celle ci est d'une rare bêtise.
Donc qu'elle garde ses robes, escarpins et autres oripeaux bling bling, mais surtout qu'elle ne fasse plus jamais de politique.

Jpeps71

enfin!

Enfin quelqu'un qui dit, et bien, qu'on peut trouver cette ministre dangereuse politiquement (Sarkozy lui demanderait de pondre une loi supprimant l'avocat de la défense, elle irait) et trouver insupportable le traitement dont elle fait l'objet, ce que je ne réussissait pas bien à définir, mélange de mépris social, de misogynie, de racisme soft, de familiarité Je vote à l'extrême gauche et je suis obligée de la défendre quand des amis l'attaquent, oui oui c'est une meuf qui a faim, d'honneurs, d'argent sans doute, de reconnaissance, mais bon, hein, la petite Pecresse ou la grande Bachelot, elles ont eu tout ce qu'il fallait au bercail, une layette Dior sans doute, ça rend la marche vers le pouvoir tellement plus simple et naturelle.

ClaudieDu

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