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En 2007, Nicolas Sarkozy finissait sa campagne au sprint avec des sportifs [INTERACTIF]

Yannick Cochennec, mis à jour le 29.04.2012 à 8 h 45

Retour sur le groupe de people et de sportifs qui entourait le candidat UMP à Bercy le 29 avril 2007, et sur leur itinéraire depuis cinq ans.

Meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy le 29 avril 2007, REUTERS/Thomas Coex

Meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy le 29 avril 2007, REUTERS/Thomas Coex

Le 29 avril 2007, pour son grand meeting de l'entre-deux-tours de la présidentielle, Nicolas Sarkozy réunit 20.000 personnes dans l’enceinte du palais omnisports de Paris-Bercy. Assis dans les tribunes, écoutant un discours qui, entre autres, lamine l’héritage de Mai 68, il y a le ban et l’arrière-ban de l’UMP, mais aussi une flopée de people.

La liste est très longue et très prestigieuse. Aux côtés de l’amiral Philippe de Gaulle, des acteurs (Charlotte Rampling, Christian Clavier, Jean Reno, Christian Clavier, Véronique Genest…), des chanteurs (Johnny Hallyday, Enrico Macias, Gilbert Montagné, Carlos, Henri Salvador…), des personnalités de la télé (Thierry Roland, Philippe Bouvard, Arthur, Raphaëlle Ricci, les frères Bogdanoff, Dominique Farrugia…), des comiques (Jean-Marie Bigard) et des sportifs en nombre (Alain Prost, David Douillet, Richard Virenque, Bernard Laporte…). Le climat est à l’euphorie dans un Bercy surchauffé.

Quand Bigard raillait Bayrou

Au moment de la photo finale, les sportifs ont la priorité et les honneurs du premier rang après que Jean-Marie Bigard eût employé une image sportive pour qualifier François Bayrou, qui n’a pas indiqué de choix pour le second tour:

«Il me fait penser à un tennisman à Roland-Garros, éliminé en demi-finale, qui reste avec son sac sur le court central et explique aux deux finalistes qu’ils ne savent pas bien jouer au tennis.»

Alors qu’il sait sa victoire acquise en raison de sondages très favorables face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, au milieu de ce parterre, imprime déjà, en quelque sorte, la marque sportive qu’il entend impulser aux cinq années à venir, sans négliger de mettre en avant la diversité des origines des uns et des autres, soulignée également par la présence des chanteurs Faudel et Miss Dominique.

En ce sens, sa prise de fonction sera d’ailleurs très symbolique, comme le rappellent Bruno Jeudy et Karim Nedjari dans leur livre très documenté Sarkozy côté vestiaires, paru chez Plon en 2010. En effet, le 17 mai 2007, au lendemain de sa passation de pouvoir avec Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy apparaîtra en short noir, polo trempé de sueur et baskets Nike aux pieds sur le perron de l’Elysée, une fois terminé son footing accompli avec François Fillon au Bois de Boulogne.

«Instrumentaliser le sport pour sa promotion»

Le chroniqueur Alain Duhamel analyse ainsi ce démarrage sportif dans la fonction:

«Ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy se fait photographier en short et en baskets. Il veut accentuer la différence avec ses prédécesseurs qui se contentaient d’une relation protocolaire avec le sport. Lui, il fait entrer la pratique sportive à l’Elysée. Mais en plus, comme Bill Clinton ou Barack Obama, ses homologues américains, il instrumentalise le sport pour sa promotion personnelle

Contrairement à ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy adore le sport et ne s’en cache pas, notamment lorsqu’il s’agit d’évoquer son équipe préférée, le Paris Saint-Germain, qu’il viendra encourager contre Lorient en février 2010 au Parc des Princes —la première fois qu’un Président en exercice assiste à un match de L1. Sa passion pour le Tour de France est bien connue. Son goût pour le footing, qui lui vaudra un malaise à l’été 2007, a été largement documenté. L’Equipe reste sa lecture préférée du matin.

«Faire progresser l'idée du sport»

En 2007, lors de sa campagne, il flatte donc les sportifs, va jusqu’à  promettre 3% du budget national pour le ministère des Sports —bloqué aujourd’hui à 0,2%— et ose même déclarer, une fois élu, lors d’une visite au village olympique de Pékin:

«J’aurai réussi ce que je veux faire de mon quinquennat si j’arrive à faire progresser l’idée du sport dans la société

Le jour où Nicolas Sarkozy quittera l’Elysée, en 2012 ou 2017, se posera pour lui la question de l’après-politique, qui pourrait tout simplement le mener vers sport. «Un jour, je voudrais être président du PSG», avait-il confié voilà quelques années. Une reconversion qui, après tout, n’est pas du domaine de l’absurde compte tenu de sa proximité avec le Qatar et de son amour bien réel pour le PSG. Après Silvio Berlusconi et le Milan AC, Nicolas Sarkozy en Ligue des champions?

Yannick Cochennec

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