Les transsexuels français ne sont plus des malades mentaux
Le gouvernement va mettre un terme à une forme de discrimination dont ils/elles étaient victimes.
- Au Honduras, Alberto (à g.) devenu «Keisy Kawami» (à d.) en 2009, assassiné parce qu'il était transsexuel. REUTERS/E. Garrido. -
C'est fait : le ministère français de la santé a, samedi 16 mai, annoncé que l'état de transsexualité ne sera bientôt plus considéré comme une forme d'affection psychiatrique. Roselyne Bachelot a ainsi fait savoir, confirmant en l'espèce une information de Libération, qu'elle venait de saisir la Haute autorité de Santé afin qu'un décret soit rapidement publié en ce sens. Jusqu'à présent, les personnes transsexuelles pouvaient certes bénéficier d'une prise en charge totale, par la collectivité nationale, des soins nécessités par leur état. Mais cette prise en charge impliquait qu'on les considère comme étant atteintes d'une affectionpsychiatrique dite «de longue durée» (classifiée ALD n° 23) pour «troubles récurrents ou persistants».
«Les transsexuels ressentent cette admission en ALD23 comme stigmatisante puisqu'elle peut introduire une confusion entre d'une part un trouble de l'identité du genre et, d'autre part, une affection psychiatrique», observe-t-on auprès du ministère de la santé. On ajoute que la prise en charge médicale au titre des troubles de l'identité du genre continuerait à être assurée. La politique pouvant ne pas être allergique à l'événementiel, le ministère de la santé estime qu'il s'agit là d'un «signal fort envoyé à l'ensemble de la communauté» à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie; une journée dont le thème est, cette année en France, la lutte contre la «transphobie», un terme que l'on pourrait traduire par «phobie des personnes transsexuelles».
Cette initiative constitue la dernière (et ultime?) étape dans l'acceptation par la société française des personnes transsexuelles, un état dont la communauté médicale débat depuis toujours pour tenter d'en comprendre les véritables causes. Les mots sont, dans ce domaine, souvent trompeurs. Le «transsexualisme» doit impérativement être distingué de l'«homosexualité», mais aussi du «travestisme», qui impliquent la conscience d'appartenir à son sexe, et ce même si des traitements hormonaux ont modifié l'aspect physique. Il ne doit pas non plus être confondu avec les différents «états intersexuels» dans lesquels les personnes sont anatomiquement et physiologiquement à «mi-chemin» entre homme et femme. Le«véritable» transsexuel est une personne habitée en permanence par le sentiment irrésistible et inébranlable d'appartenir au sexe opposé à celui qui est génétiquement, physiologiquement et juridiquement le leur. Conséquence: ces personnes vivent avec le besoin obsédant et constant de changer d'état sexuel, anatomie génitale comprise.
La médecine et la chirurgie pouvant agir, le droit devait-il suivre? C'est en 1965 que les tribunaux français ont commencé à être saisis de cette question difficile: l'intervention chirurgicale ne réglait qu'une partie du problème et laissait à la justice le soin de procéder on non au changement d'état civil. En 1982, Henri Caillavet, alors sénateur (gauche démocratique) de Lot-et-Garonne déposait, sans succès, une proposition de loi tendant à autoriser les traitements chirurgicaux pour les anormalités de la transsexualité et à reconnaître le changement d'état civil des personnes transexuelles.
«Chez ces dernières, il y a souvent un dégoût pour les attributs sexuels dont ils souhaitent être débarrassés, expliquait la même année le Pr René Küss devant l'Académie nationale de médecine. La vie sexuelle est pauvre, tant pour la libido que pour l'acte lui-même. Ils se disent volontiers en attente d'une sexualité qu'ils espèrent acquérir par leur transformation physique, encore que cet objectif ne soit presque jamais au premier plan de leurs préoccupations, qui restent la transformation corporelle associée au changement d'état civil». Il ajoutait: «L'histoire du désir de changement de sexe dans le droit humain est au moins aussi vieille qu'Hérodote, qui en faisait le mal de Scythie. Mais ce n'est que depuis trente ans que le transsexualisme a abandonné le domaine du rêve pour devenir réalité réalisable, grâce aux "progrès" de la médecine. La découverte et l'utilisation des hormones sexuelles, l'avènement d'une chirurgie plastique et prothétique, ont permis de donner à l'homme ou à la femme la morphologie corporelle du sexe opposé.»
En 1989, Guy Braibant, alors président de la section du rapport et des études du Conseil d'Etat, remettait un rapport sur le transsexualisme. Ce document, rédigé par des juristes et des médecins, préconisait - contrairement à ce qui avait été mis en œuvre dans certains pays - de ne pas légiférer en cette matière. Il conseillait en revanche une série de mesures concrètes qui permettraient, dès lors que la chose était médicalement et socialement justifiée, de faciliter le changement de sexe. Dans un premier temps ceci, fut plus ou moins suivi d'effet.
«Depuis les premières demandes, le droit français a connu une évolution importante», observait le rapport Braibant. Aucun texte ne règle le problème du transsexualisme ni ne définit la manière dont doit être déterminé le sexe des individus. Mais aucun texte n'interdit non plus de modifier la mention du sexe dès lors que celle-ci ne correspond pas à la vérité. Aussi est-ce la jurisprudence qui a progressivement dégagé les solutions utiles aux demandes présentées devant les tribunaux.
En mars 1992, la Cour européenne des droits de l'Homme condamnait la France estimant qu'un refus de changement d'état-civil constituait une violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, traitant du droit de la vie privée et familiale. Quelques mois plus tard, la Cour de cassation reconnaissait le droit aux transsexuels de changer d'état-civil. Ainsi après des années de bataille juridique, la France s'alignait-elle pour partie sur d'autres pays européens tels que la Suède, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Turquie, la Finlande et l'Espagne.
En l'absence de dispositions législatives spécifiques les personnes concernées peuvent aujourd'hui être confrontées à une série de difficultés administratives. Il n'en reste pas moins vrai que la dernière initiative prise par le gouvernement français marque, ne serait-ce que d'un point de vue symbolique, une nouvelle preuve — contrairement à un discours qui fut longtemps dominant — de la capacité de la société française d'accepter des différences hier encore tenues pour socialement inacceptables.
Jean-Yves Nau
Image de une: au Honduras, Alberto (à g.) devenu «Keisy Kawami» (à d.) en 2009, assassiné parce qu'il était transsexuel. REUTERS/E. Garrido.
Mis à jour le 17/05/2009 à 14h03










































La transexualité ne sera plus considérée en France comme une maladie mentale, et c'est tant mieux !!
La transphobie, elle, restera toujours une maladie mentale grave et mortelle.
Le rejet de l'autre quel qu'il soit, tue.
Merci pour cet article... Il faudrait juste rectifier le titre "les transexuels n'ont jamais été des malades mentaux, mais certains ont voulu nous le faire croire..."
blan
www.laptiteblan.fr
S'il ne s'agit pas d'une psychopathologie, pouvez-vous nous éclairer sur la nature profonde de cette " chose " et le nom qui peut lui être accolé ?
Avec mes remerciements, très cordialement votre.
Dites moi Charles Quint ( pkoi un tel pseudo ? Nostalgique ?), je n'ai pas bien compris le sens de votre commentaire. Pouvez vous précisez ? Merci
Cordialement,
... vous avez fort bien compris !
Comme à son accoutumée, c'est à grand, à très grand fracas que le pouvoir en place vient de s'arroger le droit de décider pour autrui, un droit d'autant plus hallucinant qu'en l'espèce, il était bien le dernier à se pouvoir prétendre compétent.
Après s'être ingéniée à saccager - et avec quel talent ! - l'Hopital à la demande de son calife, voici que la vizirette Bachelot-Narquin s'attaque maintenant à la santé de ses chers compatriotes !
Voici qu'après maints déremboursements divers, elle aborde maintenant la démédicalisation des pathologies.
Et ceux qu'elle vise applaudissent, qui - la prenant pour une victoire - n'ont pas réalisé la portée de l'attaque, une attaque d'autant plus aisée que la communauté visée était demanderesse et que l'approche d'échéances électorales ( et l'annonce d'un taux record d'abstention ) incite à racler quelques viviers de crypto-électeurs !
Au demeurant, les bénéficiares de cette annonce " choc " ne sont guère en France qu'environ sept cent.
Mais c'est une foule d'autres communautés qui va ainsi se mettre à espérer!
Alors... aujourd'hui les transsexuels. A quand les cancéreux, les difformes, les diabétiques ?.
Car soyons lucides. Soyons lucides et honnêtes.
Si le fait pour un sujet de se considérer comme appartenant à l'autre sexe n'est pas nouveau, le transsexualisme est par contre d'apparition récente.
Il n'a pu naître que du jour où la médecine s'est faite capable de changer l'apparence sexuelle d'un homme ou d'une femme.
Outre cette nécessité technique, il a fallu aussi - pour cette " naissance " - des conditions sociales singulières, permettant, en la validant au regard
des autres, de justifier la revendication identitaire du transsexuel.
En la légitimant, la justice est venue entretenir chez lui l'illusion que la modification de l'apparence physique et de l'état civil suffisaient à authentifier son changement d'identité.
La réalité est cependant beaucoup plus complexe.
Les résultats de la thérapeutique la plus courante - une réponse médicale, chirurgicale et juridique à la demande du transsexuel - contredisent un optimisme bien souvent démenti par les faits cliniques.
La psychanalyse a permis d'éclairer cette pathologie restée mystérieuse dans ses déterminations, tant à la médecine qu'à la psychiatrie.
Elle nous apprend que l'identité répond à des coordonnées qui ne se laissent pas modifier à volonté.
Ainsi, un homme ou une femme, quel que soit son désir, n'est que le dépositaire - si l'on peut dire - d'une articulation qui le définit comme sujet dans le nouage, par le langage, de son anatomie et de son apparence.
Dans cette opération qui écarte fondamentalement l'être humain des déterminations strictement biologiques du règne animal, le sexe acquiert une dimension qui dépasse les seules implications de la reproduction pour mettre en jeu la subjectivité même.
C'est l'avatar le plus radical de cette articulation que montre le transsexualisme, que ce soit dans l'individuel avec l'existence de sujets transsexuels, ou le social, avec la prolifération des transsexualistes.
En conclusion, les transsexuels sont des être d'une extrême fragilité, entre autres psychologique, très fréquemment exposés à des conduites addictives de compensation ( tabac, alcool, cocaïne, héroïne, etc... ) et suicidaires.
Qu'un individu isolé, totalement incompétent ( fût-il ministre ), prenne délibérément et arbitrairement une telle décision de retrait d'une liste de pathologies lourdes l'une d'entre elles et non la moindre procède de l'inconséquence et de la démagogie.
Inconséquence, car laisser croire à ses porteurs que - d'un simple trait de plume - leur pathologie n'en est plus une, est pour eux terriblement dangereux,
les exposant à se penser désormais comme libérés des obligations de traitement psychanalytique et chimiothérapiques psychoactifs ( notamment antidépresseurs ).
Démagogie, car on ne voit guère l'intérêt d'une telle mesure, autre qu'une manipulation d'une frange de l'électorat.
La seule bonne mesure eut été de faire comprendre qu'il n'y avait pas lieu de se moquer d' une personne malade ou de la marginaliser.
La communauté concernée a donc été flouée, ce qui n'a rien d'étonnant, le pouvoir en place s'étant de longue date révélé expert en la matière !
« Dites-moi : maintenant que vous vous êtez fait opérer que vous êtes une femme, comment ça se présente pour vous ?
- Je ne me suis jamais sentie aussi seule. J’étais déjà pas très entourée quand j‘étais travesti, mais là, vraiment c’est le désert. La communauté homo me rejette. Quant à moi, je n’ai plus besoin d’elle maintenant que je ne suis plus pédé. Après mon opération, j’ai quitté Kévin. J’avais pas envie qu’il couche avec moi comme on coucherait avec une bête curieuse. Aujourd'hui, bien sûr, j’aimerais bien une relation stable, comme les autres, les hétéros et les pédés.
- Comment vous vous y prenez ?
- Une fois par mois, je descends en ville. Ca fait des heures de route parce que… ici, on est loin de tout. Mais là-bas, je rencontre des célibataires, des hommes mariés, des habitués, des ronds-de-cuir de la rencontre insolite et puis des “Je ne sais pas très bien qui et quoi.” Il semble y avoir tellement de variations possibles sur le thème “Je ne suis pas seulement ce que je suis. Je suis bien d’autres choses encore !” qu’à la fin, on s’y perd un peu.
- Vous avez été hétéro. Ensuite, vous avez été homo et puis, travesti. Aujourd‘hui, vous êtes une femme et donc, vous êtes à nouveau hétéro. C‘est ça, non ?
- Aux yeux de la société, je suis quoi ? Un homo, un hétéro, un travesti, un transsexuel ou bien… une femme ? Ici dans le village et aux alentours, on me considère au mieux comme un pédé, au pire comme un désaxé. Mais quand je couche avec un homme, qui suis-je aux yeux de la société ? Un pédé ou bien, une femme qui couche avec un homme ? Et puis, l’homme qui couche avec moi, il couche avec une femme ou avec un pédé ou bien, un transsexuel ? Et cet homme, qui est-il ? Et moi, qui suis-je si je ne sais pas qui est celui qui couche avec moi et pourquoi il couche avec moi cet homme qui ne sait pas lui-même s’il est homo ou hétéro. Il s’agit peut-être d’un excentrique… ou bien, d’un simple curieux. Moi, je suis sûre d’une chose : je suis une femme ! Quand je vivais avec Jacqueline, nous formions aux yeux de la société un couple hétéro : Jacqueline couchait avec moi parce que j’étais un homme. Quand je l’ai quittée pour vivre avec Kévin, aux yeux de la société, j’étais pédé, Kévin était pédé et on nous reconnaissait comme un couple de pédés. Mais avec Kévin et… tout au fond de moi, je savais que cette situation était provisoire parce que moi seule, je savais qui je voulais être. Et maintenant que je suis une femme, bien qu’on ne me considère pas comme telle, quand je couche avec un homme, cet homme, je le désire comme peut le désirer une femme, donc, je suis bien hétéro. Car, je jouis quand je couche avec un homme, vous savez ! Je ne sais pas comment… mais je jouis ; je jouis comme une femme quand elle jouit, sans doute. Et cet homme qui couche avec moi, couche-t-il avec moi parce que je suis une femme ? Dans ce cas, pourquoi ne couche-t-il pas avec une femme qui l’a toujours été… femme ? Que vient-il chercher chez-moi ? Vient-il chercher un transsexuel parce qu’à ses yeux et aux yeux de la société je ne serai jamais vraiment une femme ? C’est vrai, je ne peux pas avoir d’enfants. Mais est-ce à dire que les femmes stériles ne sont pas des femmes ? Dites-moi ! Soyez honnête ! Vous… vous coucheriez avec moi… comme un homme couche avec une femme ?
- En ce moment j’ai pas trop la tête à ça.
- Le jour où je me suis fait opérer, j’ai gagné en cohérence vis à vis de moi-même, c’est sûr. Mais ce que j’ai gagné d’un côté, je l’ai perdu de l’autre. Le doute s’est installé en moi : le doute vis à vis des autres. Et ce doute, je ne parviens plus à m’en débarrasser. J’ai commencé en hétéro, ensuite j’ai été homo puis travesti puis transsexuel ; après mon opération, enfin femme, j’ai cru réintégrer la communauté hétéro. Mais aux yeux de la société, j’ai perdu en cohérence car cette société ne me considèrera jamais comme une femme. Demandez donc à celles qui le sont depuis leur naissance ! Demandez-leur et vous verrez ! Le doute ! Encore le doute. Oui, le doute en ce qui concerne mes partenaires. Je ne saurai jamais vraiment si l’homme qui couche avec moi me désire en tant que femme. Il se peut qu’il veuille me flatter en me reconnaissant comme telle. Mais lui dans son for intérieur, il sait pourquoi il couche avec moi, et pire encore, il ne le sait peut-être pas. Tout ce qu’il sait c’est qu’il me désire. Mais il peut très bien s’agir d’un pédé refoulé qui couche avec un transsexuel pour ne pas avoir à coucher avec un mec. Il pourra toujours dire : “Mais je croyais que c’était une femme !”, s’il a besoin de se justifier auprès de son entourage. Ou bien, il s’agit peut-être alors d’un bisexuel : “J’aime les femmes et les hommes mais j’aime pas les pédés. Alors, je couche avec un transsexuel parce que, quelque part, c’est encore un homme mais c’est plus et c’est pas un pédé.” Ou bien il peut très bien s’agir d’un hétéro qui veut voir à quoi ça ressemble un transsexuel et l’effet que ça fait de coucher avec : un curieux, quoi ! Il me regarde peut-être comme une forme… comme une espèce hybride. Et je ne veux pas ni des pédés ni des bisexuels ni des curieux. Je ne veux pas des pédés car une femme ne couche pas avec un pédé et un pédé ne couche pas avec une femme.
- Ne leur dites rien : “Ni vu ni connu” genre…
- Tôt ou tard, il le faudra bien. Alors, aujourd’hui je ne sais plus ce qu’on vient chercher chez-moi. Vous voyez ! Le doute, encore le doute ! A quoi bon être ce que l’on pense être si tout autour de vous, tout contrarie et déforme l’image que vous avez de vous-même ? C’est comme un combat. A la fin quelqu’un doit céder. J’imagine qu’il doit toujours y avoir un vainqueur et un vaincu ! Alors, est-ce qu’il est plus important d’accepter d’être ce que les gens veulent que vous soyez, quitte à ne plus être ce que vous souhaitez être, ou bien, est-il plus important d’être ce que vous êtes réellement et même, si vous devez en souffrir ? Et puis, on peut toujours s’obstiner mais sait-on jamais qui on est et ce qu’on doit être et ce qu’il faudrait être ? Et les autres, ils peuvent toujours s’acharner contre vous mais savent-ils réellement ce qu’ils souhaitent ? Eux-mêmes, savent-ils réellement qui je dois être et qui ils sont ? Si je renonce à lutter, est-ce que je continuerai de souffrir ? Et si je m’obstine, cette souffrance aura-t-elle une fin ? C’est moi qui ai tout à perdre dans cette affaire. Alors, pourquoi ne me laisseraient-ils pas gagner ? Ils ne perdent rien sinon quelques préjugés. Mais… j’ai peu d’espoir. Où est ma cohérence si je suis la seule à pouvoir l’expliquer cette cohérence… à l’intérieur… cohérence qui m’est refusée à l’extérieur ? Car à leurs yeux, je n’ai pas de sens ! Mais alors, comment vit-on dans ces conditions ? Aujourd’hui, je ne peux plus faire marche arrière. Je me suis fait couper… eh oui ! plus de zizi… plus rien ! Et ma condition est irréversible et ce mal est donc incurable. Est-ce que j’ai bien fait d’aller jusqu’à l’opération ? Parce que… aujourd’hui, je suis là, plantée sur mes talons aiguilles, femme mais seule et inutile. Quand j’y pense ! Tous ces efforts, en vain. Cette lutte acharnée, toutes ces années ! Cette lutte pour rien. »
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Copyright 2007.Serge ULESKI. Tous droits réservés.
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Article bouleversant, dans la nudité de votre déchirement, de votre questionnement .. Remise en cause de l'identité de l'être, voire du sens de la vie .
Profonde désespérance de votre isolement ..
Hélas, solitude, "rejet" de la différence continuent dans nos sociétés dites évoluées à gâcher tant d'espoirs, de richesses virtuelles !
Cordialement.
Votre texte si émouvant m'a donné à réfléchir.
Nous sommes tous SEULS face à nous-mêmes et face à la société qui nous entoure. Cette idée de COMMUNAUTE est un leurre. Et vous devez bien le savoir, vous qui êtes un artiste, parce que pour un artiste, ce leurre ne peut pas exister.
Le NORMAL n'existe pas non plus, c'est un second leurre. Nous sommes tous DIFFERENTS et nous voulons nous abriter dans la NORMALITE comme le bernard-l'ermite dans une coquille.
Votre personnage n'a pas accepté la différence que la nature lui a faite. Il l'a contrecarrée. Puis il n'accepte pas non plus, sa nouvelle différence, celle qu'il s'est créée. Il ne s'accepte pas lui-même, pas étonnant, dans ces conditions, qu'il ne soit pas accepté par LES AUTRES.
Il voudrait voir dans le regard des autres, le fantasme qu'il a de lui-même. Cela ne marche pas : c'est une impasse.
Non ce n'est pas un débat sur un problème, mais des Hommes qui ont des souffrances personnelles bien au dessus de tous commentaires. Alors je pense que nous devons être humbles et respectueux de ces Hommes qui ont besoin avant tout de respect et d'écoute.
être différent n'a pas d'importance, l'important lerespecté et l'amour
Les transsexuels sont psychologiquement malades, dépressifs. Ce n'est pas les insulter que de dire cela. Pour changer de sexe, il faut quand même avoir un léger problème, non? Pas besoin d'être un médecin pour comprendre cela.
Malade dans sa tête, malade psychologiquement, malade mental, on joue sur les mots... Qui confierait ses gamins à un babysitter trans? Personne. Arrêtons l'hypocrisie!!!
Ca sert à quoi de vouloir normaliser des gens anormaux (au sens éthymologique du terme). Reconnaitre qu'ils sont malades, c'est faire un pas, c'est pouvoir les aider, les soigner. Banaliser leurs pratique, faire comme si ils étaient comme tout le monde, c'est dangereux. Mais c'est dans l'air du temps, de défendre l'indéfendable, de normaliser l'anormal.
Et puis demain, on acceptera que les couples trans se PACSENT et adoptent des gamins,...
Plus aucune valeur, ou lorsque l'on confie liberté et laxisme... La France part vraiment en vrille...
J'ai jamais vu autant de journaux gays dans les kiosques. Il y en a presque autant que de journaux hétéros. Je tolère tout, mais y a des limites, non?
La question qui me semble essentielle bien qu'elle ne propose pas une réelle solution ou prétend en apporter une, est : qui suis-je ? et quelle place ai-je dans ce monde ?
Ces questions, nous nous les posons tous, tout au long de notre vie. Beaucoup, faute de réponses, se jetent à corps perdus dans une idée, une obsession, un objectif. Ces objectifs prennent une forme différente selon les individus, le transsexualisme en est une.
Loin d'expliquer ou de tenter de comprendre tous les enjeux du transsexualisme, les premières idées qui me viennent à l'idée sont celles-ci.
C'est notre société qui définit ce qu'est un homme ou une femme. Alors qu'importe que nous soyons homme ou femme, nous sommes tous des êtres humains avec les même questions : au fond, quelle est ma place ?
Plumes
... mais ne manque pas de sens, et rejoint mon précédent propos.
Et d'une simple formule vous faites une phrase-clé: " Reconnaitre qu'ils sont malades, c'est faire un pas, c'est pouvoir les aider, les soigner. "
Mais... ne dit-on pas également qu'aspirer au pouvoir ( politique ) révèle également une forme de psychopathie, que " le pouvoir rend fou " ?...
Cordialement.
Et les personnes INTERSEXES !
On les oublies, et on les traitent avec des chirurgies, et des traitements hormonaux,
SANS leurs consentements, alors que le monde de la médecine sait très bien
qu'il ni a pas deux sexes binaires males XY, et femelles XX,
qu'il y a 3 possibilité voir beaucoup plus...
ce professeur Emérite en Génétique l'explique très bien !
http://fr.netlog.com/go/explore/videos/videoid=fr-2772376
Et maintenant, non seulement on les traitent, mais on les empêchent
de naitre avec le dépistage prénatal, et les interruptions médicale de grossesse (IMG)
Saint Augustin note :
"Les androgynes, appelés aussi hermaphrodites, bien que relativement rares, peuvent cependant se
rencontrer de temps en temps ; chez eux, les deux sexes sont apparents, si bien qu’on ne sait pas duquel ils
doivent recevoir leur nom. La coutume a prévalu de les appeler d’après le plus noble,
c’est-à-dire '' le masculin."
Terminons en signalant que, selon Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, l’hermaphrodisme n’entre pas dans les monstruosités véritables. Les spécialistes en tératologie expliquent qu’il s’agit d’une persistance et d’un développement de l’état embryonnaire bisexué. Les hermaphrodites présentent les caractères sexuels masculin et féminin de façon plus ou moins visible. Ils sont dits intersexués et sont stériles.
Un cri d'alarme pour les droits humains
Ce qui suit arrive tous les jours dans les hôpitaux partout dans le monde.
Une jeune femme accouche d'un enfant qui est tout à fait en bonne santé.
Le médecin jette un coup d'oeil entre les jambes de l'enfant et hésite à faire part
de la bonne nouvelle qu'attend toute mère. Il se tourne vers les autres dans la salle
et fronce les sourcils. Personne dans la salle ne peut spécifier le sexe de l'enfant.
Pourquoi? C'est évident que l'enfant est intersexué, mais personne ne dit rien devant
la mère car il n'y a que deux possibilités ; garçon ou fille.
Même si la nature n'est pas en accord avec cette division arbitraire en deux sexes,
les spécialistes en médecine et la société feront tout pour sauvegarder le mythe que
nous sommes tous mâle ou femelle.
Pour ce faire les spécialistes mutilent l'enfant et lui enlèvent le clitoris qu'ils trouvent trop
grand pour résultat que l’enfant ne saura jamais jouir d'une sexualité comme les autres.
La sensation et la possibilité de l'orgasme seront réduits ou tout à fait impossibles désormais.
Les parents, en accord avec les avis des spécialistes, vont élever l'enfant comme fille,
mais lui ne se sentira jamais comme une fille. La mutilation a oblitéré à jamais sa
possibilité d’être un homme. Il se sent isolé et sait qu'il est différent, mais personne
n'ose lui dire la vérité.
Pendant son enfance en tant que fille, il est souvent abusé sexuellement mais il a
peur de parler aux autres pour dénoncer ses abuseurs parce qu’il a trop honte et parce
qu'il comprend à quel point sa différence est inacceptable. Il se laisse faire en silence,
envahi par la honte de son corps et de son secret.
Plus tard, son employeur le traite d'une façon humiliante et discriminatoire.
Quand il fait une accusation à l'agence fédérale qui a juridiction dans les cas de
discrimination sexuelle il découvre que seul les hommes et les femmes sont protégés
par les lois. Sa discrimination n’est pas basée sur le fait d'être un homme
ou une femme mais sur celui qu'il est ni l'un ni l'autre.
Encore une fois il est réduit au silence.
S-I-L-E-N-C-E! Assourdissant. Réduit au silence à sa naissance et mutilé pour
correspondre à l'un des deux sexes dits officiels que le médecin aura trouvé le
plus approprié. Réduit au silence par ses abuseurs parce qu'il a trop honte de
les dénoncer. Réduit au silence par ceux qui devraient l'aimer parce que les médecins
spécialistes leur ont recommandé de ne jamais lui parler de son intersexualité.
Réduit au silence par ses collègues de travail qui ne font pas de place à quelqu'un
qui est entre les deux sexes. Réduit au silence par la loi qui ne reconnaît pas
son existence.
Telle est la situation critique de millions d'intersexués partout dans le monde.
Est-ce qu'on ne devrait pas accorder les mêmes droits humains aux intersexués
que l’on accorde aux autres?
Quels sont les droits humains accordés à presque tous les citoyens des pays
qui sont signataires de la Déclaration Universelle des Droits Humains?
Ce qui suit est une liste de quelques-uns de ces droits:
• Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont
doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres
dans un esprit de fraternité.
• Article 2
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées
dans la présente déclaration sans distinction aucune notamment de race,
de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute
autre opinion. D'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de
toute autre situation.
• Article 5
Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants.
• Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
• Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection
de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui
violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
• Article 16
A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme sans aucune restriction quant
à la race, la nationalité ou la religion ont le droit de se marier et de fonder une famille.
Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
Est-ce qu'on traite les intersexués avec dignité? Sommes-nous égaux devant la loi?
Est-ce que nous sommes traités comme humains à part entière?
Non ! Osons dire la vérité. Brisons le silence !
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits."
Les enfants intersexués ne sont pas traités avec dignité. Leurs droits sont
violés par la chirurgie purement esthétique qui mutile leurs corps seulement
pour rendre les autres plus confortables, tout en enlevant la capacité de jouir
d’une vie sexuelle satisfaisante. Leur sensibilité ne compte pas. Le fait de rendre
possible la pénétration d’un pénis plus tard est plus important que leur dignité,
de leur consentement ou de la possibilité de pouvoir ressentir un orgasme.
Il est devenu routinier dans les hôpitaux modernes de construire des vagins
artificiels aux enfants que l’on assigne comme fille sans qu’ils soient questionnés
sur leur identité sexuelle. Ses parents seront aussi obligés de dilater
quotidiennement son petit vagin, ce qui lui semblera comme un abus sexuel
de la part de ses parents. Souvent on utilise une partie du colon pour construire
ce vagin, ce qui peut mener à des complications alors que généralement une
seconde opération sera nécessaire à la puberté pour l’agrandir afin qu’une
pénétration soit possible.
Au lieu de reconnaître notre sexe comme intersexe nous sommes traités d’une
manière inhumaine. On est accablé par le silence qu’on nous impose et si nous
osons dire la vérité, on nous dit que nous avons une condition médicale et qu’on
doit se faire traiter.
Les hommes, comment ils se sentiraient si on leur disait que d’être un homme
était une maladie et qu’ils devraient se faire castrer par un chirurgien qui lui
enlèvera aussi ses parties les plus sensibles ?
Les experts médicaux pourraient aussi se vanter qu’on ne pourrait même
pas deviner que cette personne était un homme né avec un pénis.
Et comment se sentiraient les femmes si les seules photos que l’on verrait
d’elles étaient dans des documents médicaux avec les visages noircis pour
les rendre invisibles, anonymes.
Traités comme des monstres pathologiques, nous avons étés humiliés,
marginalisés, classés comme défectueux. Nous sommes là pour écouter
et jamais parler. Nous n’avons pas les droits humains les plus fondamentaux.
Nous n’avons pas de voix, nous ne pouvons vivre ouvertement dans notre société.
Nous sommes traités sans dignité.
"Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées
dans la présente déclaration sans aucunes distinctions notamment de race,
de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre
opinion d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre
situation." Ce n’est pas vrai, si notre sexe est intersexe. Nous n’avons pas le droit de
nous marier avec une personne considérée comme notre sexe opposé. Nous n’avons
pas le droit à certains soins médicaux. Essayez de trouver un assureur qui paierait
des soins gynécologiques à un “homme qui a un utérus ?”
"Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels inhumains
ou dégradants." Des mastectomies forcées des femmes ne seraient-elles pas
un traitement dégradant ? L’ablation du clitoris ne serait-elle pas cruelle, inhumaine ?
C’est la même chose chez des intersexués?
"Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale
protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute
discrimination qui violerait la présente déclaration et contre toute provocation
à une telle discrimination." L’enquêteur de l’agence fédérale qui met en vigueur
les lois contre la discrimination m’a dit que la discrimination à mon égard qui
était très sérieuse et qui avait abouti par une dépression nerveuse n’était pas
couverte pas la loi. Les lois protègent les hommes et les femmes seulement.
Je trouve que c’est une violation des droits de l’homme et du quatorzième
amendement de la Constitution des E. U.
"A partir de l'âge nubile l'homme et la femme sans aucune restriction quant
à la race, la nationalité ou la religion ont le droit de se marier et de fonder
une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage
et lors de sa dissolution."
Très souvent les intersexués sont privés de ce droit
parce qu’un chirurgien aura décidé de son sexe.
Il devient adulte et se rend compte qu’il doit se marier
avec un homme ou personne.
http://www.intersexualite.org/
Je retrouve le sens de la vie en me disant que tout de même j'appartiens bien au 'gender-genre'. Cette pensée me tranquillise et de temps à autres je pense qu'il est très beau d'appartenir au gender. Celui-ci est-il vraiment conçu pour ma situation ? On dirait qu'il me convient, qu'il est fait pour moi. Cette théorie doit s'étendre sûrement à beaucoup plus de personnes pour être valable et généralisable. En l'approfondissant je me rends effectivement compte qu'elle peut inclure beaucoup d'autres personnes, des amis, mais avec des problèmes un peu différents. Cette extension rend à la théorie toute son importance et sa grandeur. En effet combien existons-nous sans avoir une idée précise sur nôtre identité, cette théorie nous convient parfaitement. A leurs auteurs un grand : Merci !