Sexe, bulles et jacuzzi
Pourquoi ce fantasme?
- CC Flickr Galerie de GIDESIGN -
L'espèce humaine fantasme sur le jacuzzi. Mais pourquoi? La question me taraude à la vue de cette nouvelle série de vidéos interactives apparues sur YouTube et réalisées par une société de production appelée Secret Sauce TV. On y voit une jeune femme, blonde, en bikini rouge, entrer dans le bain. Face à elle, un mec est assis sur le bord du jacuzzi, en train de manger un yaourt au chocolat. On ne voit pas sa tête, la caméra est placée au niveau de ses yeux. La suite? C'est à l'internaute de la décider, comme s'il était à la place du type, en cliquant sur les différentes options possibles, pas piquées des hannetons — éplucher une pomme de terre, caresser le visage de la fille avec une serpillère, la noyer, etc. Chacune de ces options donnant lieu à une autre vidéo, et ainsi de suite.
Mais pourquoi dans un jacuzzi? Pourquoi pas au bar d'un hôtel? Ou une plage, si vraiment il faut de l'eau et un maillot de bain? J'ai immédiatement commencé une enquête de proximité. «L'avantage d'un jacuzzi, c'est que l'eau y est chaude, contrairement à l'océan Atlantique», note Clément, 30 ans, à qui j'ai posé la question. Parfois sujet à des «pannes», il évite tout ce qui pourrait entacher la vigueur de son érection. Autre avantage du bain à bulles: c'est un huis clos. Propice à l'étreinte, donc, car sécurisant, contrairement à un océan avec «des crabes qui gigotent sous tes pieds», reprend Clément, pas follement ami des bêtes.
Il y a un paquet de films pornos dont l'unité de lieu est... un bain bouillonnant. L'un avec Clara Morgane, dont on ne mettra pas d'extrait vidéo ici, sous peine de faire fermer Slate.fr pour atteinte à la pudeur. Le jacuzzi, en tant que fantasme affiché par les étudiants américains élevés dans la tradition des «summer camps», c'est un peu un passage obligé pour le sexe. Pour une raison pratique d'abord. Qui a déjà essayé de faire l'amour dans une baignoire ordinaire vous le confirmera: la largeur est insuffisante pour que l'accouplement soit possible en position allongée. «Tu n'as qu'à te mettre debout», s'étonne mon amie Emma, en couple. Et glisser sur un bout de savon? Non, merci. Moi aussi, question voltige, «j'ai le sens du ridicule». Dans «Monsieur Schmidt», le personnage joué par Jack Nicholson, tout juste retraité, déprime. Et a, lui aussi, conscience du ridicule quand il voit la future belle-mère de sa fille s'adonner à un exercice de nymphomanie dans le jacuzzi, juste à côté de lui. Ou plutôt, sur lui. On va dire que les bulles débrident les instincts, hein.
Moi, l'odeur du chlore aurait tendance à calmer mes ardeurs, d'autant qu'à cause des bulles, impossible de voir la silhouette de l'autre plongée dans l'eau. Or quand même, la vue, ça compte, non? Selon Karen, mon amie jet-setteuse, le jacuzzi est surtout synonyme de luxe. Et donc, de fric. Or d'après une récente étude, relayée par «Times», les femmes auraient plus d'orgasmes en couchant avec un type au compte bancaire bien pourvu. «La fréquence des orgasmes féminins augmente avec le niveau de revenu de leurs partenaires», explique le docteur Thomas Pollet, un psychologue qui a travaillé sur l'étude. Si vous avez suivi, ça donne jacuzzi = richesse = sexe = orgasme. Comme quoi, c'était plus compliqué que cela n'y paraissait. Mes copines, elles, ne croient pas un instant à la pertinence du lien entre orgames et gros billets: «Les femmes interrogées ont dit qu'elles prenaient leur pied pour flatter leurs mecs, avec qui, financièrement parlant, elles ont tout intérêt à rester.» Nuance.
Et vous, le jacuzzi?
Zoé Martin
Idées de chroniques, réactions ou questions sont les bienvenues à l'adresse mail suivante: zoemartin.slate @ yahoo.fr
Image de une: CC Flickr Galerie de GIDESIGN
Mis à jour le 16/05/2009 à 16h17









































"L'espèce humaine fantasme sur le jacuzzi."
Vous y allez un peu fort, non ?
Vous croyez vraiment que les foules indiennes et les peuplades africaines ont ce genre de fantasme ?
En réalité, de votre plume badine, vous nous écrivez un article qui traite de la grande misère affective et sexuelle d'une certaine société occidentale. Le film de Steven Soderbergh, "Sexe, mensonges et vidéo" était à cet égard, un chef-d'oeuvre !
Le meilleur aphrodisiaque c'est de se sentir amoureux.
A cette condition, oui, pourquoi pas dans un jacuzzi ? Mais partout ailleurs aussi !
J’ai déjà eu l’occasion de dire ici que nous fréquentions des endroits dits libertins de la région parisienne..
Les saunas-hammans comportant chacun des jacuzzi se développent aussi aussi bien à Paris qu’en Province, en parallèle des clubs plus « classiques ».
Il est clair que quand vous entrez, nus, dans un jacuzzi bien décoré de 18 m², à environ 30°, en compagnie de personnes très agréables physiquement, cela ne peut que favoriser des rapprochements plus directs qu’étant en costume cravate attablé au restaurant.
Ce ne sont pas néanmoins nos lieux préférés : on préfère le pratiquer chez des amis qui en disposent à titre privé.
Et effectivement, on peut considérer que le jacuzzi fait partie des « objets révélateurs de certains moyens financiers ». (il faut compter près de 4000 auros pour un jacuzzi raisonnable à 4 ou 6 places sans compter la place nécessaire à son utilisation).
D’où le fait que nous en profitions chez ces amis qui surveilleront aussi l’hygiène associée à ce type d’appareil, car ce n’est pas le cas de tous les établissements le proposant…
On a forcément le doute de savoir dans quoi on barbote…
Le dit « Clément » a raison quand il dit qu’on a la certitude de ne pas avoir de crabes sous les pieds.. On cherche le confort de l’eau sans ses inconvenients.. peut-être y retrouve –t-il la sensation du fœtus bien protégé dans le ventre de la mère ???
Et pourtant, quoi de plus romantique et passionné, qu’une de faire l’amour dans l’ocean atlantique : c’est vivifiant et sportif !! de même dans un rivière de moyenne montagne en plein été…
Ainsi, je rejoins Marianne Arnaud pour dire que les peuplades éloignées se contentent de ça pour profiter de la Nature et de ses bienfaits et savourer leur part de plaisir.
Misère sexuelle, n'allons pas trop vite dans le jugement ! Moi , Crac boum Hue au sauna, c'est, si possible, une fois par semaine; et vous avez raison partout où et quand cela est possible =:) Et ma foi, cela va très bien ... Pas vous ? Bon je sais, je me mêle de ce qui me regarde pas.
Quant à Zoé, encore merci pour ces petits billets légers, parfois étranges ou inattendus, jamais vulgaires mais toujours ce petit ton savoureux.
Cordialement et bon dimanche,