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Transition Terrafugia: le vol de voiture réservé aux riches?

Hugues Serraf, mis à jour le 01.10.2013 à 12 h 05

La première vraie voiture volante est présentée au salon de New York qui se tient du 6 au 15 avril. Elle est moche, super-chère, mais bien plus hype qu’un iPhone 5.

Le Transition Terrafugia. Plus de photos sur le site de la marque.

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Les immatriculations de voitures neuves s’effondrent et l’on rabâche que c’est la baisse du pouvoir d’achat des ménages qui est à incriminer, mais c’est une explication à deux balles, tout juste bonne à conforter l’électorat mélenchoniste dans son intransigeance protestataire à quelques jours de la présidentielle.

En France –et c’est aussi le cas chez les voisins–, l’acheteur moyen de voitures neuves a toujours été un vieux (51,5 ans en 2010 d’après Cetelem) financièrement très à l’aise (un CSP+) et le segment du luxe ne s’est jamais aussi bien porté...

Non, si les gens n’achètent plus assez de voitures pour faire tourner les usines, c’est parce qu’elles ne les font plus rêver. On a bien cru, un temps, que l’arrivée de l’électrique allait faire souffler un peu d’air frais sur le secteur (le secteur, hi hi hi!), réveiller les passions... Allons donc! Si sauver la planète faisait partie des préoccupations des automobilistes, on les appellerait des cyclistes.

D’autant plus que la voiture électrique, c’est un truc déjà vu et revu: la toute première date de 1834 et les 100 km/h ont été atteint par sa descendante dès 1899 (une Française, cocorico!).

De la vraie nouveauté, qui ferait enfin revenir les acheteurs dans les concessions, c’est ce que le marché réclame. Mais le miracle est peut-être en train de se produire, à en juger par le buzz qui entoure la présentation de la première vraie voiture volante au salon de l’auto de New York (6 au 15 avril 2012).

Bon, d’accord, des voitures qui jouent les filles de l’air, on a déjà vu ça cinquante fois, mais c’était généralement un exemplaire unique fabriqué par un hurluberlu avec des morceaux de Cessna attachés à une vieille guimbarde avec du scotch. Ce coup-ci, c’est différent: il y a un industriel, une marque, un modèle, un tarif public et, surtout, une homologation pour usage sur route comme dans les airs (aux Etats-Unis du moins, avec notre légendaire service des Mines, ça pourrait être un chouïa plus compliqué).

780 km d’autonomie à 170 km/h de croisière

Elle n’est pas jolie-jolie, la Transition Terrafugia, mais un Porsche Cayenne ou un SsangYong Rodius, c’est moche aussi et ça ne vend pas si mal. Et question frime, c’est autre chose qu’un iPhone 5 ou un iPad 4. Pour la conduire sur bitume, un permis auto suffit et pour s’envoyer en l’air, un certificat basique de «pilote sportif» s’obtient en 20 heures à peine (de 3.000 à 4.000 dollars).

Mais une fois ces formalités réglées, c’est Disneyland sans la queue aux attractions: le bidule peut voler jusqu’à 780 kilomètres sur un seul plein à une vitesse de croisière de 170 km/h, puis redevient une automobile moderne avec airbags et tout et tout en 30 secondes par pliage des ailes sur les côtés. La vitesse maximale chute alors à un modeste 105 km/h, mais il faudrait avoir un sacré mauvais esprit pour chipoter: c’est une voiture qui vole, enfin! Redescendez un peu sur terre!

Pour autant, quelques points noirs subsistent: le Transition Terrafugia n’a que deux sièges, ce qui l’empêche de mordre sur le marché des véhicules familiaux et, si l’on a des gosses ou un chien, il faudra tout de même prévoir une seconde voiture; à 279.000 dollars (200.000 euros), il est aussi un peu cher mais tout est relatif (il coûte davantage qu’une Mercedes Classe S à 180.000 euros, mais bien moins qu’une Lamborghini Aventador à 314.000 euros).

En tout cas, ça n’a pas l’air de décourager les premiers clients, le constructeur ayant déjà enregistré 100 commandes fermes (c’est-à-dire accompagnées d’un chèque de réservation de 10.000 dollars pour dissuader les plaisantins). Croyez-moi, on va les voir revenir fissa dans les showrooms, les CSP+ à cheveux gris et les mélenchonistes intransigeants. Moi-même, ça me redonnerait presque le goût de la bagnole alors que je ne suis ni vieux ni riche.

Hugues Serraf

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