Julien Dray contre-attaque

Slate.fr, mis à jour le 24.07.2009 à 10 h 59

Long entretien avec le député socialiste.

Diner's Room livre un long entretien exclusif en quatre parties avec Julien Dray à propos de l'affaire TRACFIN le concernant. Le député socialiste se défend des accusations portées à son encontre et s'interroge sur le rôle et les motivations de la presse.

Première partie, de l'élaboration de la note TRACFIN. «Par une extension progressive de ses compétences passée inaperçue du législateur, il y a eu une excroissance de TRACFIN, qui est devenue une sorte de commission d'enquête fiscale, aux pouvoirs illimités, et sans les garanties du débat contradictoire.» «Quand j'ai lu le rapport, je me suis dit, que tout le monde — législateurs, presse — allait monter au créneau. Et finalement, à part Jean-Michel Aphatie de RTL et deux ou trois journalistes qui ont émis des réserves, c'est passé comme une lettre à la poste.» «Je me suis dit que le personnage décrit dans ce rapport, qui apparaît par projection, était le quatrième personnage de "La vérité si je mens"».

Sur la publication de la note TRACFIN par la presse. «Plusieurs journalistes ont été destinataires de cette note dans les premiers jours de l'affaire». «La deuxième chose. C'est la décision de la publication par “L'Est Républicain”. Un autre acte, cette fois, totalement malveillant. (...) Ce qu'ils ont fait est immonde. Un pouvoir — un pouvoir médiatique — s'installe au dessus de tous les pouvoirs et vous somme de vous expliquer en vous menaçant.» «Mais la presse n'a pas à me demander des comptes sur ma vie privée.»

Troisième partie, du train de vie d'un élu socialiste. «Ce n'est pas parce qu'on a des montres et des stylos qu'on perd ses qualités de combattant de la gauche. Faut-il être pauvre pour être de gauche?». «Je ne suis pas un collectionneur, mais je suis un amateur de montres. Pas de montres clinquantes, mais de montres anciennes, de montres qui ont une histoire. C'est une passion que j'ai depuis maintenant quarante ans. Mais, en quoi cela serait-il contraire à mes engagements politiques?»

Quatrième et dernière partie, de la neutralité de la presse. «Dans cette affaire-là, il y a un règlement de compte politique, avec des gens qui ne m'aimaient pas depuis des années et qui ont trouvé enfin une occasion. Quand vous avez été comme moi au cœur de beaucoup de batailles dans la vie politique de ce pays, il y a forcément des gens à qui vous n'avez pas laissé que de bons souvenirs.» «Je ne crois pas à l'indépendance des journalistes; il y a des choix rédactionnels qui correspondent, non pas à la recherche de la vérité, mais à des positionnements ou à des luttes internes au sein de la rédaction.»

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(Photo: Julien Dray, Pascal Rossignol / Reuters)

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