Universités: les ferments de la crise
Incompréhensions de fond, décalages culturels et guerres médiatiques expliquent l'état de pourrissement actuel.
- A l'université de Provence, le 31 mars. Jean-Paul Pelissier/REUTERS -
Alors que les examens se tiennent habituellement entre mai et juin, le mouvement qui agite les universités a entamé lundi 11 mai sa quinzième semaine.
Quelles sont les composantes du front d'opposition?
Si l'autonomie des universités avait été plutôt favorablement accueillie lors du vote de la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) en 2007, le rejet des textes qui en découlent est aujourd'hui largement partagé dans la profession, à commencer par le syndicat majoritaire du supérieur (Snesup-FSU). L'opposition rassemble aussi les associations de chercheurs SLR (Sauvons la recherche) et d'universitaires SLU (Sauvons l'université), ainsi qu'un grand nombre d'entités locales (UFR, département, faculté, instituts...) dont la CNU (Coordination Nationale des Universités) regroupe les délégués. Puis cette contestation a été relayée par une minorité d'étudiants bloqueurs, qui se réfugient derrière les AG et leur fonctionnement peu crédible (les étudiants qui ne bloquent pas n'y participant pas) pour justifier leur action.
Point important, la Conférence des Présidents d'Université (CPU), qu'on peut difficilement qualifier d'extrémiste, a pris position dans le débat. Sa lettre ouverte au président de la République du 5 janvier, prévoyait avec clairvoyance que la modification du décret de 84 sur le statut des enseignants-chercheurs et la «masterisation» de la formation des maîtres mettraient le feu aux poudres. Cette dernière communauté est aujourd'hui divisée.
Un rejet sur le fond
En réalité, ce sont deux conceptions du rôle de l'université, de la recherche et de la transmission du savoir dans la société qui s'opposent frontalement. D'une part celle, managériale et libérale, de centres universitaires autonomes voués à piloter leurs ressources pour entrer dans la compétition européenne et internationale du marché des études, et d'une recherche soumise aux besoins de rentabilité de l'économie. De l'autre, une vision historique de l'université attachée à la collégialité (le jugement des scientifiques par leurs pairs à l'intérieur des disciplines) et à une diversité intellectuelle relativement indépendante de la demande sociale.
Anticipant sur ses conséquences à long terme, les opposants voient dans le projet de réforme des universités la marque d'une idéologie libérale dure. Celle qui prépare la privatisation du statut des enseignants, la concurrence sur des critères économiques de productivité mesurés par des notations jugées arbitraires (classement de Shanghai, bibliométrie), le tout sous fond de précarisation d'un contingent de vacataires corvéables et remplaçables à merci dans l'enseignement secondaire et supérieur. Autant dire que les reculs sur tel ou tel aspect n'aident pas à dissiper le malentendu sur le fond.
Dans le détail, donc, plusieurs textes continuent de diviser. Les reculs successifs du gouvernement restant de nature cosmétique aux yeux des opposants.
Bien que réécrit, le décret sur les enseignants-chercheurs est toujours contesté. Il est accusé de ne pas respecter les principes de collégialité chers aux chercheurs, et de donner au président d'université la capacité de gérer les ressources humaines plus librement, au détriment des heures de recherche de certains universitaires mal notés. La vision sous-jacente de l'activité d'enseignement à la fac, tâche centrale considérée ici comme une punition pour résultat scientifique insuffisant, à été très mal reçue.
Amendé et reporté, le projet de réforme de formation des maîtres n'a pas non plus calmé la colère des enseignants, même si Xavier Darcos a récemment fait un geste sur la rémunération des futurs maîtres.
Une méthode et un style qui agacent
Si la confiance entre les différentes parties est à ce point entamée, c'est aussi pour des raisons de forme. Le style employé par le pouvoir dans la gestion de cette crise ne passe pas. A commencer par Nicolas Sarkozy dont le discours du 22 janvier a humilié jusqu'aux enseignants soutenant le projet de réforme.
Quant à Valérie Pécresse, son cursus (HEC, ENA) la place du côté de la culture technocratique, un handicap pour s'adresser à la communauté scientifique et universitaire. Ses méthodes expéditives et ses provocations n'ont pas vraiment contribué à améliorer son capital de sympathie initial.
Elle agace quand elle met en avant le passage d'un texte sur le statut des enseignants-chercheurs pourtant vivement critiqué par les représentants syndicaux. On lui reproche de n'avoir jamais cherché à négocier avec les syndicats, organisant des concertations sur des ordres du jour limités, avec des interlocuteurs peu représentatifs, ignorant ainsi la quasi-totalité du monde universitaire.
Elle caricature enfin, laissant entendre que le mouvement d'opposition se situerait à l'extrême gauche. Le gouvernement aimerait d'ailleurs que les slogans anticapitalistes entendus lors de l'occupation du ministère soient automatiquement associés à l'ensemble du mouvement.
Face à cette accumulation de mauvais points, et alors que Xavier Darcos ne dispose pas de plus d'estime de la part des enseignants du secondaire, un changement d'équipe ministérielle pourrait, sinon mettre d'accord les parties en présence, du moins permettre une remise à plat des dossiers et ouvrir la possibilité d'une négociation sereine.
Une bataille médiatique
D'un côté le gouvernement a donc vu dans ce conflit un blocage minoritaire de profs politisés puis d'étudiants manipulés par l'extrême gauche et le NPA, de l'autre les universitaires soulignent l'unanimité du mécontentement.
«Il faut distinguer la mobilisation visible des manifestations et des blocages, et l'opposition — plus générale — aux réformes», rappelle un maître de conférences en maths de Rennes I très engagé dans le mouvement. Depuis le début du conflit, la Coordination Nationale des Université (CNU), qui rassemble des délégués des facs perturbées, est l'organe qui centralise les expressions du mécontentement selon plusieurs critères (rétention de note, grève, démission administrative, blocage, boycott des jurys de bac). Ses comptes-rendus des perturbations sont, on s'en doute, toujours bien supérieurs aux estimations du gouvernement.
Le pointage est en réalité complexe et laisse libre cours à une bonne marge d'interprétation. Sévèrement jugés par les universitaires, les médias ont été accusés tour à tour de ne pas s'intéresser assez au conflit, de se placer du côté du pouvoir et, enfin, de suivre sans recul critique «l'agenda setting» du gouvernement sur la question des examens.
La bataille des chiffres a culminé lors de la polémique vite retombée sur la baisse des vœux d'inscription dans les universités parisiennes. Pour anecdotique qu'il soit, l'épisode montre bien à quel point les méthodes de communication à l'œuvre relèvent d'un art subtil du maniement des données...Face à un gouvernement qui s'alarmait de cette baisse constatée, les opposants ont contre-attaqué en montrant que tout reposait sur l'amalgame entre deux systèmes informatiques distincts d'enregistrement des inscriptions. L'entourage du ministère calmait d'ailleurs le jeu cette semaine en affirmant qu'on attendrait le mois de juin et la clôture des vœux d'inscription pour tirer des conclusions!
Une stratégie de combat
Alors, s'agit-il là de négligences politiques à répétition, ou faut-il y voir le signe d'une stratégie délibérée de conflit, comme l'affirment certains?
Des journalistes et des universitaires notent que la fixation médiatique sur les blocages les plus extrêmes qui perturbent les examens résulte d'une stratégie gouvernementale fort habile. En clair, cette image que tout le monde retiendra de facs bloquées, bordéliques et frondeuses à l'approche de la validation de l'année serait un cadeau des grévistes fait au plan de com' du ministère. Et puisqu'on parle désormais d'une Sorbonne en pointe de la contestation et d'un mouvement historique, c'est mai 68 et tout son cortège d'associations visuelles qui risque de l'emporter.
Dans ce contexte, «une minorité de contestataires pensent que la menace de ne pas délivrer les diplômes est une forme de pression sur le gouvernement : ils se trompent», affirme Sylvestre Huet, journaliste chez Libération et auteur du blog Sciences2.
Ce serait même tout le contraire. La position dure qui consiste à faire la grève voire à bloquer les facs se révèle politiquement intenable à mesure que les examens approchent. Avec des unes comme celle du Parisien du 12 mai (qui titrait: « Examens, l'angoisse pour 310.000 étudiants»), le gouvernement aurait tort de bouder son plaisir alors que la victoire dans la bataille de l'opinion semble pour l'heure lui revenir.
Alors que l'université avait une opportunité d'évoluer sur des aspects négatifs que personne ne contestait, la crise en cours, trois ans après le CPE, isole encore plus les facs de lettres, sciences humaines et sociales. En raison de l'orientation d'un grand nombre des étudiants qui s'y trouvent vers l'enseignement et la recherche, ces facs sont à la pointe du mouvement.
Historiquement et culturellement à gauche, perturbées selon un rythme désormais annuel, sans moyens ni débouchés, ces filières pourraient bien accélérer leur perte. Pour Sylvestre Huet, c'est tout un projet politique qui prend alors forme: «la ministre se fout que 80.000 étudiants de sciences humaines ratent leur année. Pour l'UMP, il y a trop de monde dans ces facs qu'il faut à terme fermer». Et si les profs et les étudiants grévistes creusaient eux-mêmes leur propre tombe?
Jean-Laurent Cassely
Image de une: à l'université de Provence, le 31 mars. Jean-Paul Pelissier/REUTERS
Mis à jour le 20/05/2009 à 11h29










































J'avoue ne pas comprendre deux choses dans ces blocus des facs:
Comment les examens peuvent-ils se tenir aux dates prévues à une ou deux semaines près alors qu'il manque pour le second semaine à la fac de Nantes entre 12 et 14 semaines de cours?
Comment se fait-il que le nombre des étudiants dans certaines années soit entre 10 à 20 fois supérieur aux nombre de places potentiellement disponibles? Il me semble que 2 à 3 fois serait largement suffisant. Pourquoi ne pratique-t-on pas une sélection précoce, sélection que le marché du travail se charge de réaliser brutalement.
J'ai l'impression que l'une des réponses à ces deux questions semble être le confort des profs qui sont payés sans faire de cours (pas de chômage technique dans l'éducation nationale) et dont on a d'autant plus besoin qu'il y a davantage d'étudiants, même si ces derniers n'ont pas le niveau requis. On en arrive évidemment au trait de Pessin (cf Slate, le 12/05/2009).
Alain Devaquet avait tenté de mettre en place en 1986 une sélection des étudiants à l'entrée des universités, et de mettre celles-ci en concurrence.
Il s'est fait honnir. Restons polis. Créer un classement entre étudiants et des sélections ! Quel scandale.
Pourtant, tout le monde trouve normal d'avoir chaque année des remises de prix (l'homme de l'année, le chef d'entreprise de l'année, le Nobel ceci, le Nobel cela, etc..) ou encore des classements dans le sport (il y a non seulement des championnats nationaux, mais même mondiaux !) , la télévision, le théâtre, le cinéma (oscar, césars, palmes en touts genres) , la littérature (Goncourt, Interalliés et autres ..), les journalistes, etc.. Mais ce ne sont certainement pas des classements sauf que pour les vainqueurs, ça rapporte.
Je voudrais juste apporter une précision sur la sélection dans les fac.
Elle existe déjà, elle ne se fait pas à l'entrée mais elle se fait durant le parcours ...
Renseignez vous sur les taux d'échecs en 1er année, puis jusqu'en licence et enfin ceux qui poursuivent en master et plus etc
et vous verrez qu'il y a une sélection, une sélection par le bas certes, mais sélection quand même...
De plus, regardons aussi les entreprises ? pourquoi une étudiant de fac entre facilement en entreprise dans les autres pays, pourquoi dans les autres pays le cursus facs sont "des point positifs" alors qu'en France sortir de la fac est un point négatif !!!
pourquoi ne s'interroge-t-on jamais sur le système de recrutement en France ? qui privilégie les diplômes et non les réels compétences (sans parler des autres discriminations) ?
de plus, quid de ceux qui resteraient aux portes de la fac ?
Avec un bac, essayez de chercher un job avec comme diplôme un bac et vous verrez la galère ...
@ jemery,
Évidemment, il y a une sélection à la fac sauf qu'on la fait sans l'affirmer, on la fait progressivement presqu'en s'excusant, on la fait en catimini et sans la transparence qu'une telle pratique requiert. Il serait bien plus clair et bien plus sain de sélectionner de façon précoce et dans des conditions reconnues fiables par tout le monde. Vous me dites: "quid de ceux (étudiants) qui resteraient aux portes de la fac ?", je vous réponds : quid des étudiants éliminés après quelques années d'études pendant lesquelles on leur a fait miroiter un diplôme qu'il n'obtiendront pas?, quel est l'intérêt de gonfler artificiellement l'effectif des filières? La seule réponse que je trouve c'est que cette pratique garantit des places d'enseignants plus nombreux et/ou des heures supplémentaires pour ces mêmes enseignants.
Vous nous dites qu'à l'étranger, sortir d'un cursus de fac est un point positif contrairement à la France. C'est très globalement vrai parce que beaucoup de pays, notamment anglo-saxons, pratiquent une sélection et utilisent des moyens financiers et humains leur garantissant d'attirer les meilleurs éléments pour une formation mieux encadrée ( l'année scolaire ne commence pas en octobre, ne se termine pas fin avril, début mai, les horaires des étudiants sont bien mieux répartis dans la semaine, ils ont, entre autre, le temps de prendre le repas de midi...). En un mot, l'étudiant a une place beaucoup centrale et on vise davantage à lui donner les moyens de son épanouissement, mais, en contrepartie, on est plus exigeant sur son travail (Ceci ne vaut pas pour toutes les universités étrangères cf dans beaucoup de pays méditerranéens.)
Enfin, en France, n'oublions surtout pas que l'enseignement supérieur ne se résume pas aux universités, il existe aussi un excellent réseau d'écoles (petites, moyennes ou grandes) qui, en appliquant des recettes très différentes de celles des facs, ont des résultats remarquables, même en sciences humaines. Leurs diplômes sont clairement privilégiés par les entreprises, qui souvent connaissent par des stages leurs détenteurs.
le monde physique dans lequel nous vivons est un univers où la sélection et la compétition sont la règle; et la gratuité trouve vite ses limites; le dialogue est alors impossible entre ceux qui acceptent cette évolution et ceux qui la rejettent, surtout quand ils ont choisi des filières sans débouchés et qu'ils refusent le système libéral dans lequel nous évoluons! quand on ne peut changer le monde, pas d'autre issue que de s'adapter ou disparaître, et vouloir le détruire n'est pas forcément la solution!
Je crains que l'image que vous nous proposez de l'université ( non-sélective, non-compétitive et gratuite ) ne soit et n'ait toujous été qu'une vue de l'esprit.
Les universités ont toujours été sélectives et même très sélectives mais elles ne le disaient pas pour se conformer à leur image d'universalité. Cependant, cette sélectivité leur était absolument nécessaire ne serait-ce que pour assurer un niveau reconnu par la société dans laquelle elles évoluaient. Le vrai débat me semble plutôt se situer non pas sur la sélectivité, mais comment on sélectionne:quels sont les critères, les modalités qui motivent cette sélection. Au lieu de dire , il ne faut pas de sélection et la faire en catimini, mieux vaut la pratiquer dans la plus grande transparence et essayer de corriger ponctuellement ses excès.
Il en est de même pour la compétition que ce soit entre les facs ou entre les étudiants. Au lieu de cacher cette compétition, mieux vaudrait essayer d'en tirer un plus grand avantage.
Quant à la gratuité, c'est toujours la même hypocrisie. L'université, comme l'école d'ailleurs, n'a jamais été gratuite et même elle coûte particulièrement cher. En effet,il faut payer les personnels, entretenir les bâtiments, investir dans le matériel de recherche, etc. Cet argent provient des impôts de la nation et il est sain et naturel que la nation demande une certaine efficacité et un certain nombre de résultats en regard de l'argent prélevé sur la richesse nationale. Si on considère l'université comme étant gratuite pour celui qui la fréquente, là aussi il y a une bonne dose d'hypocrisie: en effet, tous les étudiants savent bien que la ,gratuité n'est pas à l'ordre du jour, les frais d'inscription sont ridicules par rapport aux frais d'hébergement et de vie courante.
En niant ou en refusant de regarder en face les réalités de l'université, on risque davantage de la détruire et de la stériliser au profit de systèmes alternatifs (grandes écoles, facs privées, écoles de commerce, écoles préparatoires...) qui se multiplient actuellement à grande vitesse, ne sont jamais en grève et ont une plus grande obligation de résultat du fait d'un coût dont sont très conscients ceux qui les fréquentent.
Les étudiants qui refusent toute forme de sélection donne une image "poubelle" des facs et ne font que valoriser les "grandes écoles" qui à bien regarder sont loin de nous sortir que des "lumières" malgré l'arrogance de certains. L'avantage des grandes écoles une "maffia" pour placer ceux qui en sortent bons ou pas.
Les étudiants devraient se battre pour avoir des moyens importants et pourquoi ne pas demander aux entreprises qui finances "les grandes écoles" de donner les mêmes rentes aux fac. Voilà un vrai sujet ,le financement et cela de tout temps l'enfant pauvre de l'éducation la faculté avec une aggravation constante d'année en année, aggravation due aux politiciens de droites comme de gauches.
Je crois dans la fac mais pas à ces étudiants qui n'ont rien compris à leurs besoins et au futur besoins de l'économie. Un peu moins de politque irrationnelle et plus de réalisme.
Pour ce qui est de l'info journalistique stop à la "pub" pour moins de 10% des facs encore pertubées et pour quelques étudiants qui aujourd'hui ont peur d'être assis dans un amphi pour travailler.
Les université sont payante par le biais des impôts certes, mais il y a tout de même une grosse différence avec les écoles privés. Le prix pour s'offrir une formation dans ces écoles n'est pas calculé en fonction du revenu de l'étudiant. Et c'est ce qu'offre le service public. Les impôts des citoyens les plus aisées qui permettent à ceux qui le sont moins de profiter de services essentiel à la bonne vie d'une société, qu'ils soient sociales, culturels, ou autre.
Le problème des facultés (et non pas des université qui comprennent d'autre type de formations comme les IUT qui fonctionnent à merveille) est également dû au fait qu'une bonne partie des bacheliers les choisissent par défaut. Tout simplement parce-que arrivé en fin de lycée, la plupart des futurs étudiants ne savent pas vraiment que faire de leur vie. Qui voudrais payer plusieurs milliers d'euros (et encore je suis gentil) pour une formation dont est même pas sur de vouloir finir ?
La faculté étant gratuite (Je ne parlerais pas des frais de logement, équipement, etc. Lorsque deux êtres humains décident d'avoir un enfant c'est qu'ils sont conscient qu'il va falloir le nourrir, l'habiller, l'éduquer. D'autant que cela touche un autre sujet qui est les aides financières aux étudiants comme les bourses d'études et les allocations logement), il est logique que ces étudiants s'y dirigent. Et c'est d'autant plus rassurant qu'une bonne partie de ses amis, connaissances le font aussi. La plupart ce plantent parce-qu'ils ne sont pas motivé (normal, lorsque vous choisissez une formation par défaut il y a de fortes chances pour que vous soyez déçus). De plus il y a une forte sélections, peu sont les inscrits qui arrivent à bac+5 ou bac +8. La sélection existe et n'est pas à remettre en cause.
Enfin pour ceux qui arrive à avoir leur diplôme de faculté (je ne parle pas de la licence qui n'est à mon avis absolument pas reconnu, contrairement à la licence pro) et qui se retrouve sans travail, est-ce la faute des facultés si certaines filières sont complètement bouché ? Si l'Etat ne remplace pas chaque année des milliers de postes qui pourtant sont absolument utiles ? Je ne crois pas non.
Alors arrêtons de critiquer, de prendre des mesures contre notre système éducatif qui fonctionne à merveille (Vous pensez vraiment que les diplômés français ne sont pas compétants ? Les grosses entreprises Américaines ne le pense apparemment pas cf le brainstorming) et essayons plutôt de trouver un moyen pour offrir du travail à tout le monde autre qu'un système d'héritage dont parlait Mr Bourdieux il y quelques années de cela.
L'analyse factuelle de l'article est cohérente avec le discours des anti-réformes et l'occultation du Sens de la situation, malgré quelques ouvertures.
En faire un combat pour le salut des universités contre la prédation libérale voulue par le gouvernement relève du fantasme pathologique ou de la manipulation la plus irresponsable. Il y a des moments où les deux se rejoignent et où les "vertus" de la conscience, de la raison et de la science montrent leur vanité à traiter des affaires humaines. A moins que l'imposture et l'usurpation soient devenues les vraies valeurs de l'université.
Pourquoi la crise dure? Parce que, comme le dit la gauche, la politique menée par le président de la république est dure, pour ceux qui la refusent.
Quelques éléments de lecture.
Le refus de la démocratie et donc du pouvoir des représentants politiques de la nation, de la nation elle-même. La violence infligée aux étudiants de ce pays par des minorités expertes en manipulation des assemblées générales.
La répétition du scénario de refus de la réforme bien antérieur à Nicolas Sarkozy et dans tous les domaines est significatif d'un mal français qu'il faudrait oser élucider. Les arguments constants antilibéraux caricaturaux sont moins un explication qu'un symptôme, la défense de l'étatisme jacobin. Pourquoi donc?
Le système des grandes écoles a été conçu pour alimenter l'Etat central par les meilleurs experts de la Raison. Au passage le projet de créer une religion de la Raison y a trouvé ses clercs, sacralisé les élites qui gouvernent les institutions étatiques et leurs vertus supposées.
Dans ce contexte l'Education Nationale est une machine à sélectionner les élites et non une institution nationale d'éducation, comme son nom l'indique à tort.
L'université dans ce contexte a pour mission de former des enseignants, pas de répondre aux besoins de la nation, ça se voit, mais à ceux de l'Etat.
La recherche, étatisée comme nulle part ailleurs au point d'exclure toute source autre a pour but de consolider le corps idéologique et dogmatique de l'Etat selon les articles de foi de sa religion scientifique (dite aussi laïcité).
Par ailleurs l'évolution du monde actuel qui a bénéficié de l'évolution de la conscience individuelle tend, au-delà du simple exercice de la raison, vers l'autonomie responsable tant sur le plan personnel que communautaire, les deux indissociables.
Toutes les universités du monde s'y sont engagé, privilégiant la formation d'hommes, plus autonomes, capables de se situer dans un monde en mutation, en innovation permanente, mieux éduqués donc, plutôt que des hommes capables de reproduire des comportements ou intellectuellement des représentations mentales normatives (académiques). La logique d'autonomisation, à la place de la logique de conformation, la logique de maîtrise à la place de la logique de reproduction, la logique de maturité humaine plutôt que la logique d'immobilité et de protection structurelle.
Notons que bien des enseignants n'ont jamais quitté l'univers de l'enseignement et ne savent rien de ce qui fait le monde des hommes responsables. (Ca peut paraître énorme mais c'est eux qui forment les jeunes, voir le commentaire de Plumes sur l'éducation à propos de l'article sur le film "La Jupe").
L'autonomisation réclame une cohérence institutionnelle - autonomie des universités, pédagogique - autonomisation plus que conformation, rôle et formation des enseignants chercheurs etc.
Deux citations de l'article:
"ce sont deux conceptions du rôle de l'université, de la recherche et de la transmission du savoir dans la société qui s'opposent frontalement."
"Et si les profs et les étudiants grévistes creusaient eux-mêmes leur propre tombe?"
Pourquoi un tel clivage? pourquoi cet argument entendu "ils veulent tuer l'université", pourquoi ce comportement suicidaire (et meurtrier)?.
Il faut compléter l'explication, celle de la vision étatique assimilée à une religion de la raison où de la science. Les institutions chargées des missions et pratiques dévolues en conséquence sont celles dont la réforme est "si dure".
Philippe Nemo philosophe et historien apporte un éclairage complémentaire et décisif qui croise les analyses des Sens de la révolution française. (Les deux Républiques Françaises éditions Puf 2008).
Il oppose la République libérale née en 1789, avec ses idéaux démocratiques et les vertus associées de libération et d'émancipation de l'homme, à celle de 1793 plus égalitariste au point de couper les têtes qui dépassent.
La seconde, religieuse (millénariste dit-il), antidémocratique, à trouvé son église, l'Etat jacobin, avec ses temples l'Education nationale et l'Université dont Edgar Quinet a formulé les objectifs "religieux". Il montre aussi comment depuis la fin du 19 ème siècle ces institutions ont échappé au pouvoir politique retrouvant ainsi la dominance de l'Etat sur la nation.
C'est cela qui est en jeu, deux siècles d'histoire et de non dit avec un discours pour la nation vantant les vertus démocratiques et une institution d'Etat qui est fondée sur un enjeu d'une toute autre nature, construisant son emprise sur la nation et sur les esprits.
C'est ce chantier auquel s'est attaqué Nicolas Sarkozy avec toutes les réformes entreprises aidé par l'évolution du monde, malgré la crise qui donne l'illusion du retour au collectivisme étatique. C'est contre cela que ces institutions se battent, combat mortel ont-elles bien compris, combat d'une nation pour reprendre en main son devenir. La réforme constitutionnelle doit être comprise aussi comme cela.
La gauche s'est prise dans le piège du parti antidémocratique (la rue contre les représentants de la nation) et s'est disqualifiée vis-à-vis du mouvement du monde et les partis socialistes européens. Ne parlons pas de Bayrou tout le monde a bien compris son amour pour la République de 1793 et son désir d'exécution du monarque.
"Et si les profs et les étudiants grévistes creusaient eux-mêmes leur propre tombe?" Savent-ils ce qu'ils font?
Il faudrait arrêter de tout mélanger, la crise touche pour l'essentiel les universités littéraires, les autres (en particulier sciences et médecine) bossent comme d'habitude, et les examens s'y déroulent en ce moment tout à fait normalement.
La raison en est toute bête: quoique vous y fassiez, que cela vous plaise ou non, la recherche scientifique est infiniment plus active que la recherche dans les matières littéraires! Ne me faites pas dire qu'il n'y a pas de bonne recherche en histoire, en socio, etc. je dis simplement que par essence les matières littéraires offrent beaucoup moins d'emplois de recherche sérieux que les sciences.
Or le nombre de postes d'enseignants-chercheurs dépend, comme partout, du nombre d'étudiants, et en France on autorise pour mille et une raisons des effectifs surréalistes en facs de lettres. Résultat, dans ces universités les enseignants ont pris de mauvaises habitudes, font des "heures supplémentaires" en veux-tu en voilà, ou s'occupent de leurs familles, ou se lancent dans les activités extérieures les plus variées (la politique leur plaît bien) car leur "travail de recherche" leur laisse un peu de temps libre... On m'objectera des cas contraires, moi aussi j'en connais qui travaillent comme des fous, mais je parle ici du cas standard.
Alors pensez, la "modulation des services", c'est-à-dire le passage pour certains de 6h hebdomadaires d'enseignement à 8h ou 10h (comparez avec les 15h d'un agrégé en lycée, aux prises avec un public pas toujours facile), les a plongés dans une profonde détresse, et comme c'est leur métier, ils en ont écrit des tonnes sur le sujet et ont même lu la Princesse de Clèves aux journalistes charmés. Leurs étudiants, nourris de ces discours de "résistants", et facilement attirés par l'extrême gauche, se sont crus désignés par Dieu (et Trotsky) pour sauver l'Université, la Liberté de Penser, le Savoir, et tout et tout.
Pas de chance, NS est un vrai politique, c'est pas un exalté style Villepin, lui et ses ministres ont bien géré l'affaire, et au lieu de la convergence des luttes chère à la vraie gauche, les étudiants ont vu arriver la fin du semestre universitaire. Même si pour beaucoup d'entre eux c'est une péripétie comme une autre (les étudiants qui ont leur licence en 3 ans sont plutôt rares), ils se demandent quand même s'ils n'ont pas fait une bêtise, et s'ils n'ont pas été un poil manipulés par des enseignants qui eux ne prennent aucun risque (les retenues de salaires sont absolument impossibles en dehors de journées de grève claires et bien identifiées, dans une fac "bloquée" personne ne sait qui fait quoi).
Ceci dit, l'université, chez nous comme ailleurs, est une organisation vivante, qui a donc besoin sans cesse d'adaptations, mais c'est une autre histoire. Assez pour ce soir, je dois corriger 97 copies d'examen ce WE (ne croyez pas que je me plaigne, je fais un métier magnifique).
Arthur,
Je partage l'essentiel de votre analyse d'autant plus courageuse qu'elle vient d'un enseignant qui aurait certainement des difficultés à en parler avec la plupart de ses confrères sans se faire mal voir. Malgré tout, je tiens à préciser qu'à Nantes les facs de sciences ont été sérieusement perturbées par les différents blocus, même s'il est vrai que les facs de sciences humaines ont été les plus touchées. Le fait que les examens se déroulent aux dates prévues (à 1 ou 2 semaines près) n'est pas un bon critère car, quelles que soient les facs, on n'a pas jugé bon de modifier les dates et on peut se demander quelle valeur attribuer aux licences ainsi obtenues. En ce qui concerne les facs de médecine et de pharmacie, elles n'ont d'université que le nom; en effet, elles fonctionnent selon un mode propre: sélection précoce avec numerus clausus à la fin de la première année ce qui les rapproche davantage d'un système "d'école supérieure professionnelle". Enfin, les facs de sciences ne sont malheureusement pas telles que vous les décrivez. Les étudiants ne sont pas plus motivés qu'en sciences humaines car si les débouchés sont indiscutablement plus nombreux, les meilleurs ne vont pas à l'université et choisissent le système des écoles en se disant avec un certain bon sens: " Mieux vaut être le dernier dans une école de réputation moyenne que le premier à la fac".
Bon courage pour vos corrections,
Merci collègue de votre message, juste deux précisions. D'abord je n'ai pas besoin d'être courageux car je n'exerce pas de responsabilité dans mon université ; par contre j'admire l'équipe de direction de mon université qui a organisé rapidement un vote électronique, et s'est mobilisée physiquement pour faire échec aux bloqueurs, alors que pas mal de collègues naviguaient entre indifférence et railleries.
Je crois aussi qu'on peut avoir une vision moins pessimiste des étudiants inscrits en licence scientifique à l'université : bien sûr il y a parmi eux une moitié d'égarés, qui se trouvent là parce qu'ils n'ont pas pu aller ailleurs, mais l'autre moitié est constituée d'étudiants tout à fait intéressants, qui simplement n'ont pas envie de continuer à être traités comme des lycéens (la formation dans les prépas est quand même assez abrutissante, tous ceux qui passent par là le savent). Ils revendiquent leur autonomie, ce qui est une qualité qui leur sert ensuite dans leurs études et dans leur carrière professionnelle ; et pour l'enseignant c'est un public plus agréable que celui de lycéens attardés (oui j'exagère, mais il ne faut pas croire que les prépas ne sont peuplées que d'excellents élèves).
Je crois d'ailleurs que c'est une grosse bêtise de vouloir renforcer toutes sortes de contrôles en licence : on me demande parfois de multiplier les interrogations écrites, plus ou moins surprises, et je m'y refuse (la liberté universitaire existe) car l'université ne doit pas singer les méthodes des prépas avec des étudiants auquel ce système, par définition, ne convient pas. J'ai souvent vu des étudiants de premier semestre perdus face à des exercices traditionnels, et rendant des (petits) projets d'une qualité inattendue. L'examen final suffit pour garantir qu'un diplôme n'est pas délivré à n'importe qui, il juge les compétences des étudiants, sans se mêler de savoir comment elles ont été acquises (assiduité aux cours ou travail plus personnel).
Dans une licence scientifique nous travaillons en fait pour environ la moitié des étudiants, c'est ainsi, et ceux qui réclament sans cesse "plus de moyens" en affirmant qu'un étudiant d'université "ne coûte pas cher" font semblant d'ignorer cette réalité : lorsque j'ai un groupe de TD de 30 étudiants et que je n'en vois que 20, la situation n'est pas si inconfortable, et pour eux et pour moi !
J'ai lu et (Fait rare!) relu votre message du 21 mai (ce qui n'explique pas mon retard!) et je dois vous avouer qu'il me laisse perplexe.
D'abord, je suis inquiet de constater qu'une direction d'université doit s'opposer physiquement à un minorité de bloqueurs, alors que j'ai toujours cru et on m'a toujours enseigné que c'était en revanche le lieu du dialogue, fût-il âpre et sans concession, ce dialogue évitant normalement les confrontations physiques réservées pour ceux qui ne disposaient pas de l'aisance dans l'utilisation des mots. De plus, je m'aperçois que de nombreux collègues n'étaient pas d'un grand réconfort dans votre fac. Rassurez-vous, c'était bien pire à la faculté de sciences humaines à Nantes.
Ensuite, je vous trouve bien optimiste en disant que bien sûr il y a une moitié des étudiants égarés et qui n'ont donc pas leur place en université, mais la fac est là pour les accueillir malgré tout. Sachez qu'en sciences humaines, c'est pareil même si le chiffre avoisine les 70% pour être gentil. Mais alors que font-ils en fac ces 50 à 70 % d'étudiants? ils font du chiffre? Ils justifient des rallonges budgétaires?ils permettent d'avoir plus d'enseignants? même pas! Les ressources nationales sont rares paraît-il aussi utilisons celles que nous avons avec un maximum d'efficacité. Ne faudrait-il pas mieux qu'ils se retrouvent dans une vraie voie de formation ce qui serait profitable et pour la fac et pour eux-mêmes. Mais pour éviter cette gabegie, il n'y a pas d'autre solution que de pratiquer une sélection à l'entrée de l'université. Encore faut-il que cette sélection soit intelligente. Sachant que l'on forme 40 licences par an (par exemple), à quoi sert d'admettre en première année plus de 80 étudiants sachant que déjà la moitié n'aura pas sa licence? Ne serait-il pas plus sain et plus sérieux que l'on ait 20 étudiants inscrits par TD et qu'il soient pratiquement tous présents?
Ensuite, vous nous dites, avec raison, que les prépas ne sont pas peuplées que d'excellents élèves, c'est parfaitement exact il y a des étudiants désastreux en prépa, mais ils sont très vite éliminés et surtout leur pourcentage est beaucoup plus faible. En passant, je peux vous signaler qu'il y a aussi certains profs calamiteux dans ce que certains appellent " le cimetière des éléphants", ce qui est très cruel car certains jeune prof de prépa considèrent qu'ils sont arrivés et n'ont plus rien à prouver. Heureusement, beaucoup font consciencieusement leur travail et font avec leurs élèves des classes d'excellence. Il y aurait beaucoup à dire sur l'absence totale d'évaluation sérieuse du corps enseignant!
Enfin, vous abordez cette notion cruciale d'autonomie. C'est vrai que le plus de l'enseignement en fac pourrait et devrait s'appuyer sur cette notion. Malheureusement, beaucoup de profs brandissent cette fameuse autonomie des collégiens, des lycéens et des étudiants pour faire un minimum de cours et tout attendre des élèves sans leur apporter le nécessaire. Et voilà, comment une attitude qui pourrait être structurante (avec d'autres) se trouvent dévoyée et vidée de son contenu au point qu'un enseignant de fac qui la prononce s'attire les élèves les moins motivés. Pour ce qui est de l'évaluation finale des étudiants, je serais globalement d'accord avec vous...Si ce n'était que, avec des blocus qui ont duré 10 à 14 semaines dans le second semestre, la valeur des diplômes délivrés dans ces conditions peut être sérieusement remise en cause. Et c'est la troisième année consécutive!
Je sais que je parais être un vieux ronchon de 50 ans qui, malgré tout, aime le métier de prof, qui ne comprend pas comment on peut le faire sans s'y investir pleinement et surtout qui ne supporte absolument pas qu'on le sabote de l'extérieur (blocus) comme de l'intérieur (enseignants).
L'idéologie défendue par l'auteur et largement véhiculée dans les universités est largement inspirée du communisme: gratuité, pas de sélection,... La France est l'un des derniers pays où l'on tient ce type de raisonnement.
Gratuité? Evidemment non, puisque l'université, au même titre que l'école et l'hopital, est financée par nos impôts.
Sélection? Vaste hypocrisie, puisque lorsque elle ne s'effectue pas à l'entrée, elle s'effectue... à la sortie, ce qui est bien pire. L'absence d'adéquation entre le nombre de diplômés et le besoin du marché de l'emploi conduit de nombreux étudiants à se retrouver au chômage, ou au mieux à devoir changer de voie et ne pas faire ce pour quoi ils ont été formés.
L'autre phénomène majeur, c'est l'absence de lien entre l'université et le monde de l'entreprise, toujours sous le prétexte de l'idéologie du "vade-retro les grands méchants libéraux". Partout ailleurs qu'en France, un tel discours serait impensable.
Sauf à considérer que la fac est destinée à former des profs, qui formeront eux mêmes des profs, brefs qui ne connaissent pas le monde de l'entreprise (car ils n'ont jamais quitté les bancs de l'école), ni ses contraintes et ses besoins, force est de constater que notre système universitaire est totalement inadapté. On est super contents: la fac, c'est pas terrible, mais tout le monde peut y aller: bel exemple de nivellement par le bas.
D'où la faible attractivité de la fac pour les jeunes (sauf pour les plus démunis pour qui il s'agit souvent d'un choix par défaut).
Or dans une économie libéralisée et mondialisée, ou le low cost devient la tendance, le seul facteur de différenciation est l'innovation (vu que sur les salaires, nous sommes largement plus chers que les petits chinois).
Et pour innover, il faut des chercheurs qui ont des moyens, adossés à des entreprises qui financent leurs recherches, et qui s'assurent qu'elles aboutissent sur des produits "vendables". En résumé, il faut tendre vers le modèle américain ou au moins prendre ce qu'il y a de mieux:
- des universités autonomes, peu nombreuses, spécialisées, financées par des entreprises, avec des chercheurs très bien payés, et intéressés aux résultats de leurs travaux.
- c'est l'inverse du système francais: des universités nombreuses donc pauvres, très peu liées aux entreprises,... Résultat, les meilleurs chercheurs francais vont bosser aux Etats-Unis.
Pour illustrer mon propos, la France, c'est le concorde, minitel, le rafale,... des bijoux technologiques, mais inadaptés à leur marché donc des échecs économiques. Les Etats Unis, c'est google, apple, microsoft, etc...
La loi Pécresse va dans le sens du modèle américain, même si elle intervient 15 ou 20 ans trop tard...
Par leur attitude irresponsable, les quelques agitateurs ne font qu'auto-détruire l'université, et freiner la France dans les réformes plus qu'urgentes dont elle a impérativement besoin...