France

Guéantomètre #12: pas de pause dans la violence politique

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot, mis à jour le 27.03.2012 à 10 h 38

Malgré la trêve décrétée en raison de l'affaire Merah, la semaine écoulée a vu un nombre record de moqueries et de violences verbales, obtenant le deuxième score le plus haut depuis le début de la campagne.

Lors des obsèques des militaires du 17e RPG tués à Montauban, 21 mars 2012, 	REUTERS/Philippe Wojazer

Lors des obsèques des militaires du 17e RPG tués à Montauban, 21 mars 2012, REUTERS/Philippe Wojazer

Pas de trêve politique pour le guéantomètre. Alors qu’elle a été marquée par une suspension de campagne de la part de plusieurs candidats, la 12e semaine de notre baromètre de la violence politique (nous n’avons pas fait de guéantomètre #11 en raison de l’actualité) a accumulé un total de 3.498 points, soit le deuxième score le plus haut depuis le début de cette campagne, derrière la semaine où le député Christian Vanneste avait évoqué la déportation des homosexuels.

Les candidats eux-mêmes ont adopté une certaine réserve, et ont donc remporté très peu de points par rapport à d’habitude (318 points pour Nicolas Sarkozy par exemple, contre le triple en semaine 10). Ce ne sont même pas les poids lourds des partis comme Claude Guéant pour l’UMP ou Jean-Marie Le Pen pour le FN qui ont pris la parole, d’où un classement général sans évolution:

    Total violence verbale moquerie bonus indigne
1. Nicolas Sarkozy 6863,5 180 210 20
2. François Hollande 4183,5 30 90 40
3. Claude Guéant 3228 60 0 0
4. Marine Le Pen 2342,5 120 150 0
5. Jean-Luc Mélenchon 2040,5 270 120 0
6. François Fillon 1227,5 30 0 0
7. Jean-Marie Le Pen 1025 0 90 0
8. Laurent Fabius 935 30 60 0
9. Alain Juppé 873 90 30 0
10. Nadine Morano 841 150 0 20

A la place, les lieutenants ont pris le relais, avec en tête Valérie Rosso-Debord et ses 720 points, qui a rompu la trêve grâce à son communiqué du mercredi 21 mars où elle accuse François Hollande, Marine Le Pen et François Bayrou d’avoir instrumentalisé la tuerie de Toulouse, communiqué repris largement dans les médias, d’où de nombreux points Google news.

Elle a déclenché de vives réactions au PS avec notamment de nombreux bonus «dérapage» (+30), au point d’atteindre le statut d'élément de langage (+20 par politique utilisant le terme), avant d’être soutenue par Jean-François Copé qui en a rajouté sur les trois candidats, lui-même ensuite moqué par Delphine Batho qui l’a qualifié de «petit télégraphiste de Nicolas Sarkozy» (moquerie +30). Des réactions en chaîne qui offrent la première place du classement de la semaine à Valérie Rosso-Debord, qui échoue au pied du top 10 du classement général (11e place).


Classement de la semaine

1. Valérie Rosso-Debord: 720

2. François Bayrou: 470

3. Jean-Jacques Urvoas: 392

4. Wallerand de Saint Juste: 365

5. Nicolas Sarkozy: 318


Jean-Jacques Urvoas fait quant à lui une entrée fracassante dans le guéantomètre, à la troisième place du classement de la semaine avec 392 points pour son tweet moqueur et malvenu sur le Raid («Si je comprends bien le Raid n'est donc pas capable en 30h d'aller chercher un individu seul dans un appartement?»), alors qu’il était resté plutôt discret jusque-là, dans son rôle de spécialiste sécurité pas spécialement médiatique.

Autre petit nouveau qui se fait remarquer, Wallerand de Saint-Just du Front national et son communiqué «Aux salauds» adressé entre autres à Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou (365 points entre insulte, réponses insultantes d’autres partis et reprises médiatiques). Oscar Temaru, le président de la Polynésie française et soutien de François Hollande, a fait son entrée en déclarant que Nicolas Sarkozy avait «les mains pleines de sang», référence à l'intervention française en Libye. Une sortie qui a entraîné pas moins de deux communiqués réprobateurs de l’UMP.

Avec le climat tendu autour de l’affaire Merah, les politiques ont également battu des records en termes de moqueries (450 points au total) et de violences verbales (570 points, soit 19 occurrences), ainsi que dans l'utilisation du mot «indigne» (120 points, soit 6 occurrences) ou de «dérapage» (100 points) pour qualifier les propos des adversaires.

 
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Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot

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Développé par Slate.fr, le guéantomètre est un baromètre pour mesurer l’ambiance au sein de la classe politique du pays et le niveau de violence politique pendant la campagne présidentielle à travers un système de points attribués par nos soins en fonction de la violence des sorties, du nombre de réactions politiques et de reprises dans les médias (pour plus d’explications, c’est ici). Cliquer sur le (+) pour le détail des points.

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