Benoît XVI dans l'ombre de Jean Paul II
Le voyage de Benoît XVI a déçu.
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La visite du Pape n'a pas enthousiasmé les foules israéliennes. Georges Bush, le dernier invité officiel, avait drainé à l'aéroport Ben Gourion une foule immense qui avait tenu à saluer en masse, pour la dernière fois, le meilleur ami d'Israël. Peu de citoyens se sont déplacés pour le nouveau pape parce que la froideur de Benoît XVI à leur égard ne les y incitait pas. Le président Shimon Pérès, en service commandé, avait pourtant fait l'effort de prononcer des paroles de bienvenue en latin «Salut au croyant parmi les croyants qui entame aujourd'hui une visite en terre sainte» mais il savait qu'il avait une rude tâche pour dissiper la méfiance accrue des Israéliens vis-à-vis de son invité.
L'opinion israélienne estime que le voyage du Saint-Père n'a pas été préparé avec toute l'attention particulière nécessitée par les derniers développements et particulièrement son origine allemande. Ses conseillers l'ont peu aidé pour aplanir, avant tout acte, les malentendus qui se sont fait jour puisque de nombreux officiels israéliens vont jusqu'à prétendre que sa visite n'était pas souhaitée. Benoit XVI a eu droit à tous les honneurs dus à un chef d'Etat mais l'absence remarquée du deuxième personnage de l'exécutif israélien, le président du parlement Réouven Rivlin, tendait à démontrer la mauvaise humeur des politiques.
Par ailleurs, sur l'injonction de leur chef spirituel, le rabbin Ovadia Yossef, les ministres du parti religieux Shass ont reçu l'ordre de boycotter la cérémonie d'accueil du pape. Les consignes données pour que cette absence soit «discrète» pouvaient difficilement trouver une réelle application tant les tenues noires des orthodoxes faisaient défaut parmi l'assistance. Le passé du pape, qui a été soupçonné d'avoir flirté avec les jeunesses hitlériennes, ne constitue pas l'unique raison de cette mauvaise humeur car les politiques ont voulu aussi lui signifier leur désappointement et leur lassitude devant l'insistance nouvelle du Vatican à réclamer la souveraineté sur la plupart des lieux saints de Jérusalem.
L'image d'un pape sanglé dans son uniforme de la Wehrmacht
Il est difficile de ne pas comparer ce voyage à celui du précédent pape. Jean Paul II ne s'était pas rendu à Jérusalem pour visiter uniquement les lieux saints mais pour reconnaitre au peuple juif le droit de vivre dans sa propre patrie et pour signifier aux catholiques qu'il fallait cesser de le considérer comme le peuple déicide. Il s'était préparé de longue date et avait progressivement convaincu ses fidèles que les Juifs ne devaient faire l'objet d'aucun «enseignement du mépris». Son voyage était l'aboutissement de 22 années d'investissement pour réconcilier les juifs et les chrétiens. C'est dire s'il était suffisamment préparé à se présenter aux portes de Jérusalem.
Les messages des deux papes se distinguent sur la forme et sur le fond. L'image d'un pape sanglé dans son uniforme de la Wehrmacht était dans tous les esprits israéliens et dans la bouche de tous les commentateurs de la télévision qui n'ont pas hésité à franchir le pas. Jean Paul II avait transmis un message d'amour et de compassion tellement puissant que les musulmans s'étaient sentis aussi concernés que les Juifs par ses commentaires. Il avait doublé son message d'un évangile social que le responsable du syndicat israélien Histadrout aurait pu cautionner tant les termes étaient appropriées à la réalité du moment. Le social semblait primer sur le spirituel dans la bouche du chef de l'Eglise.
En revanche, Benoit XVI s'est placé dès son premier discours sur un plan purement politique: il a souhaité que les Israéliens et les palestiniens se réconcilient pour que «chaque peuple puisse vivre dans son pays respectif, dans des frontières sures et reconnues internationalement». Les hôtes, croyant entendre un diplomate de l'ONU plutôt qu'un chef de l'Eglise, ne paraissaient pas dépaysés. Il a certes évité d'aborder les sujets litigieux mais en revanche il a accru le sentiment de méfiance, sinon de rejet, à son égard.
L'étape ratée de Yad Vachem
Benoît XVI n'a pas réitéré le geste le plus significatif de son prédécesseur qui, le premier dans l'Histoire, avait demandé pardon pour les péchés commis par l'Eglise catholique envers les juifs. «Nous pardonnons» avait-il dit, «et nous demandons pardon. Prions pour qu'en évoquant les souffrances endurées par le peuple d'Israël à travers l'histoire, les chrétiens reconnaissent les péchés commis par bon nombre d'entre eux contre le peuple de l'Alliance». Il avait ajouté sa désapprobation de «l'aspect sombre du passé de l'Eglise, durant les époques caractérisées par les conversions forcées, le soutien aux croisades et la création de l'Inquisition.»
Les Israéliens attendaient beaucoup de l'étape de Yad Vachem, le mémorial de la Shoah. Il pouvait être le lieu de l'explication, de la mise au point et des regrets peut-être mais, la déception fut grande devant le discours rigide, convenu et plat d'un Benoît XVI qui n'a fait aucun effort pour surprendre son auditoire ou pour le conquérir. Ses paroles sur l'universalité faisaient hors-sujet, au sens scolaire du terme, alors que les Israéliens attendaient de lui qu'il utilise au moins une fois le mot «nazi» dans ses phrases et qu'il fustige les responsables de la Shoah.
Ils attendaient également qu'il s'explique sur le négationnisme affiché par son évêque Richard Williamson qui avait contesté l'existence des chambres à gaz. Il a donc trahi toutes les attentes car il s'est borné à regretter «la mort» et non «l'extermination» des Juifs, sans désigner nommément les coupables de leur éradication systématique.
Un pape qui ne mesure pas la signification des mots à leur juste valeur, et surtout leur symbole, est soit mal préparé, soit profondément attaché à son dogme et à ses convictions. La susceptibilité des Juifs sur la Shoah n'est pas une légende. Lorsque le grand rabbin d'Israël et président de Yad Vashem a comparé son destin à celui du Saint-Père, c'est-à-dire «celui de l'enfant que j'étais à Buchenwald tandis que vous viviez votre histoire de votre côté», le pape s'est borné à sourire comme s'il y avait matière à voir dans cette image tragique autre signification qu'un drame humain. Certains ont vu dans ce survol rapide des persécutions juives une caution au silence du pape Pie XII durant le génocide nazi.
A la fin de la cérémonie de Yad Vachem, Jean Paul II avait béni Israël en présence de son président Ezer Weizman; une façon éclatante de reconnaître l'Etat par l'Eglise et dans un dernier geste public, il avait inséré dans le Mur des Lamentations une prière «demandant pardon pour les actes antisémites perpétrés par les catholiques». Cette image a brillé et brille encore dans l'esprit du milliard de catholiques qui ont adoré leur pape précurseur.
«Impopulaire»
La maladresse volontaire de Benoît XVI fait par ailleurs l'objet de supputations sur sa volonté manifeste d'intransigeance. Il a refusé de suivre les conseils de sa délégation de Cardinaux qui lui enjoignaient de se présenter au Mur, à l'instar de Jean Paul II, sans signe distinctif apparent. Il a tenu à s'afficher ouvertement avec une grosse croix portée à son cou, dans une sorte de provocation déplacée afin de manifester son indépendance à l'égard de ses hôtes. Au mieux, certains y ont vu une faute de goût.
Le grand quotidien Yédiot Aharonot barrait sa première page, le jour de l'arrivée du pape, d'un qualificatif éloquent «Impopulaire». Benoît XVI n'a rien fait pour démentir les journalistes, ni l'opinion israélienne et ni les représentants de la Nation dont qui ont estimé voir dans ce voyage un recul de la papauté au moins en ce qui concerne les relations judéo-chrétiennes. Ils se consolent en pensant qu'il ne s'agit pas là de la première bévue du nouveau pape et comptent sur l'intelligence des protagonistes pour que la vingtaine d'années de combat de Jean Paul II ne finisse pas en un simple souvenir historique.
Jacques Benillouche
Mis à jour le 13/05/2009 à 13h02














































Un tel commentaire à charge déçoit sur Slate.fr, dont les articles sont en général plus équilibrés et objectifs, y compris sur les sujets religieux.
Quant à écrire d'un jeune garçon de 14 ans qu'il a été "soupçonné d'avoir flirté avec les jeunesses hitlériennes" alors que chacun sait que sa famille était notoirement anti-nazie et que tous les adolescents allemands ont été contraints, y compris légalement, à un moment ou à un autre d'entrer dans la "HitlerJugend", c'est la cerise sur le gâteau.
Sans doute y aura-t-il d'autres articles sur Slate.fr qui s'intéresseront à ce que Benoit XVI a dit et non pas à des gesticulations médiatiques qu'il a été bien inspiré d'éviter. Ce Pape fait appel à la raison et à l'intelligence, et non à l'émotion. C'est ce qu'il fallait à l'Eglise universelle après le pontificat de Jean-Paul II le Grand qui l'a remise en mouvement.
Il n'y a de polémiques que de la part de ceux qui veulent polémiquer.
C'est-à-dire ceux qui inlassablement cherchent la petite bête, la querelle, le prétexte. Dans son discours de Ratisbonne, long d'une vingtaine de pages, les biens pensants n'ont retenus qu'une ligne montée en épingle. Sur la levée d'excommunication, rebelote, on l'accuse d'avoir eu connaissances des déclarations de l'évêque intégriste Richard Williamson et d'avoir passé outre.
Certains attendent qu'il se démarque de Jean Paul II mais il devrait dire les mêmes choses que lui ! C'est un non sens.
Maintenant, on lui reproche d'être allemand.
On lui reproche de n'avoir pas fait plus que Jean Paul II. En clair, Jean Paul II avait présenté des excuses, mais ça ne suffit pas. Benoit XVI doit encore s'excuser et ses successeurs devront eux aussi s'excuser. Et le successeur devra pour plaire et complaire s'excuser encore plus haut et plus fort que le précédent.
Mais on en sortira quand de cette exigence de flagellation attendue des déclarés coupables sans bénéfice du doute. Voila Benoit XVI fiché comme ayant appartenu aux jeunesses hitlériennes. On (certainement un imbécile de professeur que j'ai eu à l'école) nous expliquait qu'à l'époque, dans le" contexte ", il valait mieux rentrer dans le rang. Mais c'est tellement facile de reprocher à celui qui n'avait que 14 ans de n'avoir pas été un héros.
Tout ce qu'il dit est disséqué, épluché, et le bien et le positif est systématiquement effacé par ce qu'il n'a pas dit, ce qu'il aurait du dire, etc.
A croire que Benoît XVI devrait demander à ses hôtes de lui écrire les discours qu'il devra lire ! Là, il serait consensuel dans le pays visité. Pas sur qu'il le serait dans le pays suivant ensuite.
Je rappelle les paroles d'un certain François Mitterrand à propos de Bousquet : j'aurais voulu vous y voir, à l'époque.
Mais il semble ne venir à l'esprit de personne que cet homme avec son passé et son histoire et bien évidemment le fardeau qu'il porte - (parce que ce n'est pas évident pour les Allemands de porter cette page noire de leur histoire) - a peut-être envie de regarder devant, de construire en avant, sans oublier le passé, mais sans non plus ne regarder obstinément que ce passé indélébile dont beaucoup d'Allemands portent encoure la culpabilité, même pour ceux nés bien après.
On lui reproche son absence de sens politique. Parce qu'il ne se flagelle pas publiquement et qu'il n'expie pas en permanence en public les fautes qu'on lui impute et celles d'une partie de l'Allemagne (et d'autres pays au passage qui ont fourni moult collaborateurs et parfois des nazis) et qu'il ne porte pas sa croix en permanence ?
La Shoah a eu lieu. Personne ne peut effacer cette horreur. Pour certains, 6 millions de morts, au moins, c'est un détail. Si on respectait juste 1 minute de silence par victime, ça ferait plus de 11 ans de silence !
Qu'a-t-on fait de concret, de tangible pour éviter que de tels scénarios ne se reproduisent plus ? N'y a-t-il plus eu la moindre " velléité " d'extermination depuis ? Khmers rouges, Tutsis et Hutus et tous les autres, c'était quoi ? Des jeux de cours de récréation ?
Et si son sens politique était de vouloir dépasser ce passé et construire autre chose ? Que signifie cette phrase : «… chaque peuple puisse vivre dans son pays respectif, dans des frontières sures et reconnues internationalement».
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Enfin, je suis choqué par cette phrase : L'image d'un pape sanglé dans son uniforme de la Wehrmacht.
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Manipulation et ré écriture de l'histoire. Ca manque de classe et d'élégance d'écrire de tels propos. Et n'en déplaise à son auteur, ces mots ne prêtent pas à l'apaisement. Bien au contraire.
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Etrange, bien des gens ont droit à une deuxième chance, un nouveau départ. Manifestement, cela ne s'applique pas à tout le monde.
Ceux qui attendent qu'on leur demande éternellement pardon semblent parfois les moins enclins à vouloir comprendre et à commencer à pardonner.
Non, ce pape n'est pas consensuel, il dérange, il est rigide sur certains points que je ne partage pas, mais justement, parce qu'il a connu l'Allemagne nazie et que peu ou prou, il en a fait partie, je crois qu'il veut – à sa manière coincée et guindée liée à son histoire, sa culpabilité et le risque qu'à chaque mot, on lui resserve son passé – apporter sa contribution dans la lignée de ses prédécesseurs.
"Il n'y a de polémiques que de la part de ceux qui veulent polémiquer". Soliste a bien raison Mr Benillouche. Votre article est tout ce qu'il y a de plus partisan et polémiste. Vous savez choisir les mots qui vont bien pour faire inutilement mal là où il ny a pas matière.
Pauvre Benoit XVI, il a eu le malheur de naître allemand et de ne pas avoir le charisme de JP II, la belle affaire; de là à le sangler d'un ceinturon vert-de-gris, vous avez trop vite franchi le pas et vous me faites honte tant la critique est aisée et l'objectivité mise de coté. Sans doute êtes-vous Mr Benillouche du même tonneau de ceux qui s'étaient empressés de critiquer les propos de Benoit16 en Afrique sans avoir pris la peine (à dessein) de les lire intégralement tel un Juppé, une Morano, un Besancenot et bien d'autres.
Son voyage ne pouvait en aucun cas être l'occasion de revenir sur l'affaire Williamson, l'enjeu n'était pas à ce niveau. Niveau qui semble vous avoir échappé à priori.
"Un pape qui ne mesure pas la signification des mots à leur juste valeur, et surtout leur symbole, est soit mal préparé, soit profondément attaché à son dogme et à ses convictions" Benoit XVI est tout sauf un ignare il est tout simplement attaché aux dogmes de son Eglise et à ses convictions. Que l'on ne soit pas d'accord, soit, de là à le villipender comme vous le faites, c'est manquer largement de la hauteur qui sied normalement à tout bon journaliste.
Quant à Slate, que l'on soit ouvert à toutes les opinions, que l'on donne la parole à tout un chacun, c'est tout ce qu'il y a de plus honorable, se laisser embarquer dans la dérive polémiste, c'est nettement plus génant... Après Hollande et son petit billet mesquin contre Lagarde, Benillouche et son torchon anti-Benoit XVI, ca fait un peu beaucoup dans la même journée.
A vous lire,
un slater quelque peu désabusé aujourd'hui,
L'article sur Benoit XVI un torchon dites-vous? Vous y aller un peu fort Corto74!
Benillouche retranscrit parfaitement la perception que les Israeliens ont eu de la visite du Pape en Israel. Lisez la presse israelienne en anglais, Haaretz ou Jpost, et vous verrez qu'il a fait son travail de journaliste en rapportant les sentiments mitigés du public face à une visite que beaucoup d'israeliens jugent comme une occasion manquée. Un Pape voyageant en terre sainte, ce n'est pas un événement anodin, et l'on attendait plus que les sempiternels discours de paix necessaire entre les peuples. Je reflechis et j'ai pourtant du mal à trouver un quelconque moment fort à cette visite du Pape. Un mot du coeur, des paroles qui touchent, l'utilisation de symboles forts, et le Pape aurait pu retourner l'opinion en sa faveur. A defaut de demander pardon pour certains manquements de l'Eglise catholique face à la Shoah, il aurait pu parler par exemple de repentance ou de la capacité de chacun à changer, à une seconde chance en l'illustrant par son parcours personnel. Au contraire, le Pape nous donna dans le plat et le convenu. Quelle deception! Il n'avait pas besoin de faire le voyage en Israel pour dire ce que nous savions déjà, à savoir que les peuples doivent faire la paix! Un communiqué du Vatican aurait suffi.
Votre réponse me semble un peu courte. En effet, vous dites que le pape voyageant en Terre Sainte devrait suivre et favoriser la politique israélienne, montrer de la "repentance", "retourner l'opinion (israélienne) en sa faveur", dire des "paroles qui touchent", en un mot, en appeler aux sentiments des israéliens et non à leur capacité de raisonnement. Je suis persuadé que c'est une profonde erreur : d’une part, il y a d'autres peuples sur cette même terre et d'autre part, on voit bien où nous ont mené les appels à la passion dans cette partie du monde. Le pape a fait entendre sa voix qui n'est là pour faire plaisir ou pour séduire, mais pour rappeler que chaque homme mérite une place digne dans son pays. De cela aussi il faut que les différents peuples du Proche-Orient prennent conscience.
J’ai bien l’impression que le lynchage médiatique auquel nous assistons est lié au manque d’ampleur de la vision de certains journalistes qui, comme vous, ne voient qu’un seul côté du problème ; que ce soit le côté israélien ou le côté palestinien
"pour signifier aux catholiques qu'il fallait cesser de le considérer comme le peuple déicide."
On est au courant depuis le concile de Trente (XVIe siècle). Cf Wikipedia:
« Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l'amour de Dieu pour nous. Or, si l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes (et non les Juifs) ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettront encore jusqu'à la consommation des siècles.(...) Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. »
Il est particulièrement de mauvaise foi d'interpréter un sourire comme vous le faites, c'est scandaleux que d'essayer de lire les pensées à la réaction de quelqu'un sur un discours. Vous êtes qui pour pouvoir lire les pensées ?
Par ailleurs, c'est assez hallucinant, mais je ne m'étonne plus de rien de la part de Slate, qu'on puisse utiliser le terme de "son évêque", comme si Benoit XVI avait décidé de la qualité épiscopale de Mgr Williamson. Il faut vraiment se foutre du monde pour utiliser une formule pareille.
Quant au silence de Pie XII, visiblement le journaleux qui a pondu cet article ne lit pas Libération. C'est pourtant pas des cathos que je sache.
Je finirais en demandant quel est le sens des rappels incessants à JP II, comme si l'Eglise avait été antisémite avant lui. Comme s'il fallait obligatoirement aller au Mur des Lamentations pour prouver son philosémitisme. Non, mais franchement, vous n'en avez pas marre d'être aussi caricatural, approximatif et partial ?
Dans ces commentaires, il y trop d'amalgame entre les faits bruts et les sentiments qu'on veut attribuer au journaliste qui ne cherche qu'à rapporter fidèlement l'état d'esprit d'une population déçue au point de se demander si ce voyage était judicieux.
Le problème du pape n’est pas d’avoir "flirté" ou non avec les jeunesses hitlériennes mais de ne pas avoir démenti en son temps une information sensible relayée par le monde entier depuis son élection du 19 avril 2005. En fait il n’y avait pas de démenti à faire puisque le pape s’est prononcé clairement sur ce chapitre de sa vie dans son livre autobiographique « Le sel de la terre ».
Il y écrit textuellement : « Quand les Jeunesses hitlériennes sont devenues obligatoires en 1941, mon frère a été obligé de les rejoindre. J'étais encore trop jeune, mais plus tard, lorsque j'étais séminariste, j'ai été enrôlé dans les Jeunesses. Dès que je suis sorti du séminaire, j'ai complètement tourné la page ».
Qu'il ait été enrolé est un fait tangible. De force ou non relève de la seule spéculation qui n'est pas de la responsabilité d'un journaliste.
Par ailleurs, l’image du pape « sanglé dans son uniforme de la Wehrmacht » est une réalité qui n’est pas plus choquante que sa propre photo en tenue militaire largement publiée
(http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/05/12/le-vatican-dement-que-benoit-xvi-ait-fait-partie-des-jeunesses-hitleriennes_1192165_3218.html )
ni plus choquante que les sobriquets dont il a été affublé depuis fort longtemps : Panzerkardinal pour son intransigeance ou papa Schultz. Les israéliens n'ont rien inventé à ce sujet.
Si en revanche le fait seulement de rappeler le port de cet uniforme est outrageux c’est que son port a donc quelque chose de dérangeant pour certains.
Que de condescendance vis à vis de vos futurs ex-lecteurs. Voila que nous serions tout juste bons à faire des amalgames alors que vous vous posez "en justicier des faits".
Ce n'est pas tant le fait que vous rappeliez le port de cet uniforme qui m'a choqué, on ne vous a pas attendu pour être informé, c'est le ton général de votre "prose" qui se veut ouvertement partisan anti-Benoit XVI.
- Le voyage de Benoît XVI a déçu
- la froideur de Benoît XVI
- sa visite n'était pas souhaitée
- Le passé du pape
- L'image d'un pape sanglé dans son uniforme de la Wehrmacht
- Les hôtes, croyant entendre un diplomate de l'ONU plutôt qu'un chef de l'Eglise
- Il a donc trahi
- il s'est borné
- Un pape qui ne mesure pas la signification des mots
- une caution au silence du pape Pie XII durant le génocide nazi
J'arrête là, cela me fatigue, mais avouez que vous auriez du mal à me faire croire qu'il n'y a pas dans votre phrasé un discours clairement anti-BenoitXVI.
C'est curieux mais quand je regardes les images de son actuel voyage, je vois énormément de monde présent, beaucoup de vivats et d'empathie pour ce pape qui n'a pas eu la chance de naître polonais et encore moins celle de n'avoir pas hérité du charisme de JP II.
Neanmoins, il est pape et a droit à un minimum de respect y compris de la part de ses opposants.
Et pourtant, c'est en tant qu'athée que votre discours m'insupporte et me file le bourdon. J'ai parfois du mal à saisir la ligne éditoriale de Slate, la votre, pour avoir relu tous vos articles est pour le moins suspecte...
Au plaisir de ne plus vous lire,
La seule chose que l'on puisse reprocher, me semble-t-il à Jacques Benillouche, c'est son sous-titre:
Le voyage de Benoît XVI a déçu. Il a déçu de toute évidence les israéliens, mais je n'ai rien vu dans son texte que je n'avais vu ou entendu ailleurs. Mais qu'en est-il des autres ? Il est passé par la Jordanie, il a fait des déclarations qui concernaient les chrétiens d'Orient, il a visité la mosquée du Dôme du Rocher et là par contre aucune analyse sur les réactions des chrétiens ou des musulmans du Moyen-Orient. Je suppose qu'une recherche attentive sur le net, me permettrait de faire remonter des infos, mais pourquoi est-ce que l'immense majorité des médias n'a retenu de cette visite que la relation du Vatican et d'Israel ? Est-ce parce que tous les autres peuples ont été indifférents à cette visite ?
Mon cher Corto74,
Je ne suis pas spécialiste des commentaires (j'en use peu de peur d'être maladroit) mais j’adore les lire souvent, avant l’article lui-même. Mais mon cher Corto74, vous m'y contraignez car vous avez une étrange manière de vous comporter. Vous n’êtes pas content d’un journaliste donc vous menacez de partir. vers d'autres horizons ou d'autres lectures.
Je me suis toujours demandé l’intérêt d’un journal de militants comme l’Humanité qui n’avait pour fonction que de convaincre les convaincus. J’espère que vous n'attendez pas de Slate ce genre d'articles sur mesure. Si c’est pour lire uniquement les choses qui vous plaisent autant écrire votre propre journal ; vous serez mieux servi.
Vous semblez prétendre rendre service à Slate en surfant sur son site alors que c’est lui qui NOUS rend service en nous fournissant GRATUITEMENT une information variée. Slate mise sur l'intelligence des lecteurs pour faire la part des choses.
J’ai horreur des journaux qui défendent uniquement mes thèses car ils m’ennuient et je ne m'intéresse jamais à leur "ligne éditoriale" mais au contenu des articles. J’aime le combat, des idées bien sûr et si je peux de temps en temps mettre mon grain de sel (comme aujourd'hui!), j’adore. Si un article est contraire à mes idées, il m'excite mais je ne m'emporte jamais. J'essaie d'apprendre car du mauvais on peut toujours retirer du bien.
Laissez donc tranquilles les journalistes (et Benilouche en particulier) qui font un métier difficile, celui d’intéresser les autres. Vous n’êtes pas forcé d’être d’accord avec eux mais combattez-les avec des mots et non pas avec des invectives et des menaces. Ils écrivent avec leur conscience et je les admire comme j'admire toutes les signatures de ce site. En faisant travailler nos neuronnes de la contestation ils nous font du bien. Je ne me prononce pas sur le fond de l'article en cause mais il faut avouer qu'il est très documenté et je ne suis pas tenu d'approuver les thèses mais c'est le propre de la presse de titiller ses lecteurs.
Pour une fois que j’ai un site dynamique avec ses qualités et, oh combien, ses nombreux défauts je voudrais le garder même si je lui fais des infidélités tous les jours pour voir ce qui se passe ailleurs mais j'avoue que j'y reviens très vite.
Rassurez-vous, je ne suis pas payé par Slate.
Sans rancune cher ami Corte74
J'epère encore croiser le fer avec vous et si vous me redonnez l'occasion je me remettrais aux commentaires!
C'est vrai que le "Au plaisir de ne plus vous lire" était de trop.
Mais que voulez-vous, notre Corto a le sang chaud ! C'est tout à son honneur de mettre son énergie à défendre un pape, qui, rappelons-le, est aussi un vieillard de 83 ans !
J'ai apprécié le fond et la forme de votre commentaire. Vous n'avez été maladroit en rien et j'espère pouvoir encore lire beaucoup de vos commentaires à l'avenir.
Très cordialement.
C'est tout à son honneur de mettre son énergie à défendre un pape, qui, rappelons-le, est aussi un vieillard de 83 ans !
Tout d'abord chère Marianne je pourrais vous présenter un ami qui a l'âge du pape et est 10x plus dynamique et ouvert que ce dernier (et peut-être que vous ?) donc pas de racisme anti-vieux SVP (nous savons tous ce que sous-entend le mot "vieillard" ne m'obligez pas à vous faire la leçon...) Et personnellement ça m'inquièterait que tout le monde soit d'accord avec la ligne éditoriale du site, cela n'existe que dans des groupuscules politiques ou des sectes. Pour ma part je lis aussi bien l'huma que le figaro, les deux sont comiques chacun à sa manière...
Au contraire, chère Sandy, j'ai besoin que vous me fassiez la leçon, car contrairement à ce que vous supposez, je ne sais pas du tout ce que sous-entend le mot "vieillard".
Pour moi un vieillard, ainsi qu'il est dit dans le Littré, est un homme qui est dans le dernier âge de sa vie.
Quel racisme y a-t-il à appeler un chat un chat, et un vieillard un vieillard ?
Vous voyez que j'ai grandement besoin de votre leçon.
A vous lire, avec d'avance, mes remerciements.
Bonjour Mr Bertal,
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai trouvé votre commentaire raffraichissant même si vous ne semblez pas avoir saisi toute la portée de mon propos.
Ou avez vous lu que je menaçai de partir ? Ou avez-vous trouvé dans mon commentaires invectives et menaces? J'ai juste écrit que je serais sans nul doute un ex-lecteur de Benillouche. Je suis trop bien avec Slate pour aller voir ailleurs; quand à mon propre journal, il existe mais Slate ne veut pas que je donne son adresse.
Tout comme vous, "J’ai horreur des journaux qui défendent uniquement mes thèses car ils m’ennuient mais au contenu des articles". La ou je ne vais pas du tout dans votre sens c'est lorsque vous écrivez: le propre de la presse est de titiller ses lecteurs. Pour moi , le rôle de la presse doit être l'information objective des lecteurs et non la polémique.
Et par deux fois hier, la polémique inutile a pris, à mon sens, le pas sur l'information: Hollande et sa logorrhée anti-Lagarde, Benillouche et son billet partisan anti-Benoit XVI. Même Eric Leser de la rédaction de Slate a du monter au créneau pour tempérer certaines ardeurs en diluant un p'tit peu les propos de Benillouche, allant même le comparer au talentueux H. Tincq.
Non, plus que tout, Jean (on se tutoie?), ce qui m'insupporte ce sont les discours partisans; les discours niant à l'autre le droit de ne pas penser comme vous; les discours lénifiants sans propositions concrètes ( spécialité Hollandaise ), les discours qui prennent sans arrêts des cibles faciles et à la mode ( Sarko, Lagarde, BenoitXVI ).
Par dessus tout, Jean, ce qui m'offusque c'est le manque de respect. Que l'on ne soit pas d'accord avec quelqu'un soit, cela n'autorise pas la condescendance et l'utilisation de mots, de métaphores ou d'images déplacées tel qu'on sut le faire hier Mr Benillouche et Hollande. Ok ?
Et puis croiser le fer avec quelqu'un comme vous, quelle idée saugrenue, mieux vaut aller boire un verre en toute sympathie.
Cordialement,
Slate.fr a un correspondant en Israël qui est un Israélien francophone et écrit des articles reflétant les points de vue, les débats, les émotions et les problématiques du pays où il vit. C'est exactement ce que nous lui demandons.
On peut être ou non d'accord avec ces arguments et ces idées, en général plus que modérés sur l'échiquier politique israélien, c'estt légitime. Mais il est absurde de s'offusquer et de lui reprocher de nous donner un point de vue israélien sur la visite du pape, c'est son rôle. A moins qu'être Israélien signifie par construction avoir un point de vue inacceptable.
En l'occurrence, ce qu'écrit Jacques Benillouche est très proche de ce qu'écrit aussi pour Slate et sur le même sujet Henri Tincq dont personne ne conteste la connaissance étroite des questions religieuses, l'honnêteté et la rigueur.
Au passage, Henri Tincq a été l'un des rares journalistes à prendre la défense de Benoït XVI sur ce site quand les attaques contre le Pape dépassaient toute raison. Le titre de cet article est: La Curée contre le Pape.
Cordialement
Votre précision sur le statut de Jacques Benillouche est la bienvenue et me parait même indispensable pour bien apprécier son article. D'ailleurs, il me paraitrait très pertinent d'associer à chaque auteur d'article, connu ou non (pour ménager toutes les susceptibilités, y compris celle des lecteurs), une phrase résumant sa situation professionnelle ou politique ou sociale comme cela se pratique couramment dans la plupart des journaux anglophones à la fin de chaque article.
Cher Corto74,
Je vous préfère dans ce commentaire plus tempéré car au fond vos idées sont saines. La menace à laquelle je faisais allusion est celle de devenir "ex-lecteur de benillouche' et là je ne vous suis plus.
Moi j'aurais tendance à continuer à le lire, avec plus d'attention peut-être, pour commenter son "discours partisan" comme vous le précisez. Dans ma jeunesse d'étudiant, j'allais uniquement dans les réunions de mes adversaires pour les écouter d'abord (ils ne disent pas que des bétises) et pour ensuite contrer leurs thèses. Comment aurais-je pu le faire si je m'étais contenté du bla-bla de mon syndicat.
J'ai relu son article qui a fait polémique, ses autres, et celui de Tincq. Je n'ai pas qualité pour comparer leur talent (j'ai déjà du mal à aligner ces quelques phrases) mais les deux articles diffèrent sur un point : la fonction de correspondant est d'être témoin à distance et de rapporter ce qu'écrivent les journaux étrangers, ce que pense l'opinion, ce que disent les commentateurs , ce qu'affirment les hommes politiques et quand ces propos rapportés dérangent, le journaliste en prend pour son grade parce qu'il s'est permis de nous déranger. S'il doit taire tout ce qui nous gène, autant lire alors la Pravda si elle existe encore. Voyez comme la deuxième partie du voyage du pape a peu été relatée car il n'y avait pas de témoin local.
Bernard29 nous a conseillé de lire les journaux israéliens et malgré ma faiblesse en langue anglaise, j'ai retrouvé le même esprit de cet article. C'est clair, les israéliens n'aiment pas ce pape, c'est leur problème mais faut-il pour autant condamner le journaliste qui nous relate ce désamour ?
Nous vivons dans notre coquille française, comme Astérix, mais je me dois de savoir ce que pensent de nous les étrangers et comment ils percoivent la politique.
Mon cher Corto74 croiser le fer était une image, je faisais allusion à croiser le fer avec nos commentaires mais je sais déjà que je me distinguerais de vous sur un point : je continuerai à lire benillouche et lui taperai sur les doigts sans pour autant chercher à donner des leçons.
Avec mon amitié.
Messieurs de Slate continuez et avec plaisir nous continuerons à vous critiquer.
Voici un article très révélateur de l'état d'esprit qui prévaut en ce moment en Israel : tout les commentaires sont les bienvenus sauf ceux qui tendent à dire et à répéter aux Israéliens qu'il n'y a de solution aux conflits qui les opposent aux Palestiniens que dans la création d'un Etat palestinien libre et indépendant de toute occupation israélienne. La générationde politiques israéliens actuellement aux affaires n'offre aucun espace pour aller dans ce sens. Alors bien entendu la cible est plus que facile : le pape est allemand ! Oui il a tenu un discours politique comme un réprésentant de l'ONU ce qui, dand cet article est perçu comme un discours sans valeur puisque "discours à tonalité onusienne". Le véritable danger pour Israel est bien là : le cinisme politique qui vient se greffer à l'éternelle porture du pays à savoir priviléger l'avantage sur le terrain, soit l'avantage militaire. Les Israéliens le savent il n'y a qu'un mur au bout de cet tunnel.
Je comprends que Corto 74 ait pu être excédé ; je trouve sa colère légitime. Ce site a besoin de plumes exprimant des avis divergents pour que chacun en tire quelque chose et y réfléchisse. Il y a toujours du bien à tirer d'un bon coup de gueule ! Sourires.
Pour en revenir à l'article, n'y aurait-il par un amalgame ou un raccourci caricatural à parler de la vision du " Pape en uniforme de la Wehrmacht " ? Quand il portait cet uniforme, il n'était pas pape, et depuis qu'il est redevenu séminariste, il ne l'a plus porté. Donc cette association me semble inappropriée.
Comme l'a parfaitement écrit PBi, " Ce Pape fait appel à la raison et à l'intelligence, et non à l'émotion. "
Si on accepte pour vrai quelques postulats de PNL (programmation neuro linguistique), les mouvements des yeux exprimeraient ceux de la pensée.
Voir : http://www.france-pnl.com/pnl_mouvement_des_yeux.htm
Peut-être une piste à suivre ?
Je n'ai pas retrouvé cette photo où 2 chefs d'états, adversaires, se donnent une accolade. L'un des deux regarde carrément en bas à gauche. On a traduit à l'époque cette attitude comme méprisante et distante. Il était en plein émotionnel.
Dans une région du monde où la passion règne depuis longtemps et où plusieurs générations - des 2 côtés - n'ont connu que l'état de guerre permanent, l'insécurité, la peur et les larmes, peut-être est-il prudent de se cantonner à la raison ?
Pour avancer, il faut vouloir comprendre. Mais l'inconvénient lorsque l'on commence à comprendre, c'est que l'on commence à pardonner. Et là, il y a confrontation entre raison et émotion. Dur dilemme.