France

Avant Toulouse, l'antisémitisme avait pourtant reculé en France

Jacques Benillouche, mis à jour le 20.03.2012 à 9 h 46

Les actes antijuifs étaient en 2011 à leur plus bas niveau depuis dix ans.

Devant l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse. Jean Philippe Arles / Reuters

Devant l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse. Jean Philippe Arles / Reuters

L'ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot, avait présenté dans un point de presse exceptionnel le mois dernier les statistiques sur l’évolution de l’antisémitisme en France en 2011.

Publiés par le SPJC (Service de Protection de la Communauté juive), ces chiffres démontraient que les actes antisémites avaient diminué de 16% en passant de 466 en 2010 à 389 en 2011 même si les actions violentes étaient en hausse. En tout cas cette statistique est la plus basse depuis 10 ans et est liée, selon l’ambassadeur, à la collaboration étroite de la communauté juive avec les autorités françaises. Des chiffres qui se voulaient rassurants tant la répétition d’actes antisémites avait entrainé un sentiment d’insécurité auprès de la communauté juive.

Alain Jakubowicz, président de la Licra, avait toutefois infirmé cette constatation en affirmant le 19 mars 2011 qu’il y avait «augmentation des actes antisémites en France sur ces derniers mois».

L’attentat de Toulouse contre une école juive, qui a fait quatre morts, vient démentir la démonstration de l’ambassadeur. Il  ne fait aucun doute en Israël que les motivations de l’assaillant sont antisémites. Le premier ministre Benjamin Netanyahou a tenu à prendre son temps avant de réagir en début d’après-midi:

«Il est encore trop tôt pour déterminer les causes de cette assassinat mais il apparait clairement que ce massacre est un crime antisémite

Le Premier ministre israélien a précisé qu’il s’entretiendrait avec Nicolas Sarkozy au sujet de ce meurtre et apportera son concours pour faire la lumière sur ce qui s'est passé.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Igal Palmor, avait réagi le premier:

«Nous sommes horrifiés par cette attaque et nous faisons confiance aux autorités françaises pour faire toute la lumière dans ce drame et traduire les responsables de ces meurtres en justice. Nous suivons ce qui se passe avec émotion

Tandis que toutes les radios et télévisions locales ont interrompu leurs programmes habituels pour informer sur l’attaque sanglante, les Israéliens ont été sensibles au déplacement sur les lieux de l’attentat du président de la République, Nicolas Sarkozy, ainsi qu'au changement de calendrier de campagne de François Hollande qui, lui aussi, a tenu à marquer son émotion.

Ceci dit, Benjamin Netanyahou, qui dans sa déclaration a bien précisé qu’il ignorait les «causes de cet assassinat», en a tout de même profité pour pointer le doigt sur les islamistes et fustige par la même occasion l’ONU.

Il considère que l’ONU encourage de fait les islamistes qu’il tient pour responsable, et en tient pour preuve qu'un membre du Hamas qui avait condamné la capture et l'élimination d'Oussama Ben Laden par les forces spéciales américaines, a été officiellement reçu par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Jacques Benillouche

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