France

Fusillade devant une école juive de Toulouse: quelles similitudes avec les attaques contre les militaires?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 19.03.2012 à 11 h 00

Scooter noir, même calibre, sang-froid... La police n'écarte pas la possibilité que le tireur du collège de Toulouse soit le même que celui qui a attaqué par deux fois des militaires.

images de Google Map

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Une fusillade devant un collège juif de Toulouse (Ozar Hatora) a fait au moins quatre morts dont trois enfants, lundi 19 mars au matin, selon l'AFP, citée par Le Monde. Le Figaro explique que la police «pense qu'il pourrait s'agir du même malfaiteur» que celui qui a abattu des militaires la semaine dernière à Montauban et Toulouse. Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a pour sa part déclaré:

«On ne peut manquer de remarquer qu'il y a des similitudes entre les agressions dont ont fait l'objet nos militaires à Toulouse et à Montauban et cet attentat horrible contre des enfants ce matin.»

Quelles sont les similitudes entre ces différentes attaques?

Le scooter

Le tireur du collège, casqué, se trouvait sur un scooter, noir ou blanc selon les témoignages, avec lequel il a pris la fuite. Les quatre soldats pris pour cibles dans deux attaques différentes à Toulouse et à Montauban ont été visés selon le même mode opératoire: le tueur est descendu de son scooter, identifié à Montauban comme un Yamaha T-Max noir de très grosse cylindrée, s’est approché pour les viser à la tête et a tiré à bout portant, avant de prendre la fuite sur son deux-roues.

Les scooters puissants sont très utilisés par les braqueurs, c’est même leur moyen de locomotion préféré: rapides, pratiques, ils permettent de se faufiler dans du trafic dense, de monter sur les trottoirs et d’accélérer sur les voies dégagées. C’est un engin idéal pour semer des poursuivants.(Image: scooter Yamaha T-Max).

L’arme du crime

Selon les premiers éléments de l’enquête cités par Le Monde, l’homme qui a ouvert le feu devant le collège a tiré «avec un pistolet automatique qui s'est enrayé, puis un autre pistolet». Les douilles retrouvées sur places correspondent à deux calibres différents: 11.43 et 9 millimètres.

Les deux attaques contre les militaires à Toulouse et à Montauban ont été commises avec la même arme, un pistolet automatique de calibre 11.43 également («11.43» désigne la taille des munitions, de 11,43 millimètres donc, un peu plus grand qu’un centimètre de diamètre), ce qui a permis aux enquêteurs d’avoir rapidement la certitude qu’elles sont le fait du même homme.

Le 11.43 est un gros calibre, utilisé au départ dans le Colt 45, un pistolet automatique adopté par l’armée américaine en 1911. Depuis, d’autres constructeurs que Colt fabriquent des modèles d’armes avec ce type de munition. C’est un calibre passé de mode, plus utilisé depuis longtemps par l’armée (qui dès la Seconde Guerre mondiale se servait plutôt de 7.65, les armes de guerre étant aujourd’hui de calibre 5.56) ou la police (aujourd’hui équipée de 9 millimètres). Une arme utilisée notamment dans le milieu du banditisme.

Calme et sang froid

Selon les premiers témoignages, le tueur du collège Ozar Hatora a fait preuve de «sang-froid» au cours de son acte, abattant ses victimes en plein jour et devant des témoins. Un mode opératoire qui rappelle les deux attaques précédentes. Le Monde faisait le récit suivant de l’attaque contre les trois militaires à Montauban

«Le tueur, décrit comme un homme de petite taille, a agi avec un grand calme. Après avoir vidé un chargeur, abandonné sur place, il en a introduit un autre dans son arme. Selon des témoins, il aurait également écarté une vieille dame avant de tirer sur les militaires.»

Selon un témoignage cité par RMC, le tireur de Montauban a tué ses victimes de «sang-froid» avant de «partir tranquillement», et une source judiciaire a confié à l’AFP:

«Une série d'éléments font penser que le tireur n'avait pas une arme dans la main pour la première fois. Il y a une connaissance manifeste des armes. Il est habitué à utiliser des armes de ce type. C'est peut-être un ancien militaire, un habitué d'un club de tir ou quelqu'un qui a l'habitude de manipuler des armes

Grégoire Fleurot

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