France

Militaires tués à Montauban et Toulouse: quelles sont les hypothèses?

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot, mis à jour le 16.03.2012 à 20 h 51

«Toutes les pistes doivent être examinées», selon le ministre de la Défense.

Gérard Longuet avec des militaires du 17e RGP à Montauban le 15 mars 2012, ERIC CABANIS / AFP

Gérard Longuet avec des militaires du 17e RGP à Montauban le 15 mars 2012, ERIC CABANIS / AFP

L’attaque contre trois militaires à Montauban jeudi 15 mars et le meurtre d’un autre soldat à Toulouse quatre jours plus tôt sont liées. C’est ce qu’a annoncé le procureur de Toulouse vendredi 16 mars pour expliquer la décision de dessaisir le tribunal de Montauban et de regrouper les deux procédures à Toulouse. Gérard Longuet, le ministre de la Défense, a déclaré vendredi 16 mars que «toutes les pistes» devaient être «examinées» dans cette affaire:

«Toutes les pistes doivent être examinées et les motifs peuvent être de nature extrêmement différente, depuis la démarche individuelle jusqu'à quelque chose de collectif et de conçu, nous n'en savons rien.»

Quelles sont donc les hypothèses?

La piste terroriste

C’est à l’évocation de cette piste par un journaliste que Gérard Longuet a fait la réponse ci-dessus. Il y fait d’ailleurs référence quand il parle de «quelque chose de collectif et de conçu». Une demi-douzaine de policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire se sont d’ailleurs rendus à Montauban vendredi selon Europe 1.

La piste du lien avec l’Afghanistan

Des hommes du 17e régiment du génie parachutiste (RGP) –dont faisaient partie les trois hommes visés à Montauban– ont été déployés récemment en Afghanistan, mais ce n'est pas le cas des victimes. 150 d’entre eux en sont rentrés en novembre 2011. A propos de l’Afghanistan, La Dépêche écrit:

«Une zone de guerre où ces hommes ont l'habitude de se rendre pour des missions de déminage. Dans ce pays, un soldat américain a récemment a ouvert le feu sur des civils. Un drame effroyable qui n'est peut-être pas étranger à cette sanglante fusillade.»

L’armée française était-elle visée? «Profondément, je ne le pense pas, je ne le souhaite pas. Mais à cet instant, rien ne permet d'écarter telle ou telle hypothèse», a répondu le ministre de la Défense. Alain Juppé s’est également refusé à établir un lien avec la présence de soldats française en Afghanistan.

La piste raciste

Les enquêteurs ont relevé que trois victimes sont d’origine maghrébine, la quatrième antillaise, et un haut responsable policier a dit au Monde ne pas croire «aux coïncidences». Interrogé sur le sujet, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a lui dit qu’on pouvait «avoir à l’esprit toutes les hypothèses, mais seule l’enquête nous dira ce dont il s’agit», et précisé qu’il ne fallait pas «anticiper par rapport aux conclusions de l’enquête».

La piste du règlement de compte lié à un trafic

Selon Le Monde, les enquêteurs estiment qu’un règlement de compte lié à une affaire de stupéfiants semble peu probable. Le procureur de Toulouse a rappelé que toutes les victimes étaient de «très bons citoyens» dont un seul s'était signalé par un excès de vitesse.

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot

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