Ne plus manger de cerises en hiver?
La posture éco-responsable des politiques et des défenseurs de la planète s'apparente souvent à de la pure démogagie.
- Cerises américaines. CC Flickr Corey Leopold -
«Je ne mangerai plus de cerises en hiver...». C'est, à en juger par le titre de son dernier ouvrage, le sacrifice désormais consenti par Alain Juppé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre résultant de l'importation de fruits et légumes consommés hors saison dans les pays développés. Par ce «geste simple», selon la formule magique qu'affectionnent les environnementalistes, et néanmoins exemplaire, il apporte sa contribution à la limitation du réchauffement climatique.
L'intention est bonne, à n'en pas douter, et l'ancien Premier ministre sincère dans sa «conversion», ou sa sensibilité nouvelle, accrue à l'écologie.
Que cela toutefois n'empêche pas de s'interroger sur la portée concrète d'un tel geste, mais conduise, bien plutôt, à effectuer un exercice trop souvent occulté lorsqu'il s'agit de protection de l'environnement mais qui est pourtant élémentaire et même instinctif, chez l'économiste comme chez tout agent rationnel: l'analyse coût-bénéfice.
Laissons de côté la perte d'utilité qui découle de la non consommation des cerises hors saison et intéressons-nous à la quantité d'émissions de CO2 que suppose, par exemple, l'importation d'un kilo de cerises du Chili. En retenant le mode de transport le moins économe en CO2, l'avion, un calcul simple permet d'obtenir un ordre de grandeur pour les émissions rejetées: celles-ci peuvent être estimées, très grossièrement, à environ une dizaine de kg de CO2.
A titre de comparaison, un voyage aller-retour en avion entre Bordeaux et Paris — trajet que l'ancien Premier ministre effectue sans doute souvent, surtout pour assurer la promotion de ce dernier ouvrage résolument «éco-responsable» — suppose l'émission d'environ 150 kg de CO2 (1), soit à peu près quinze fois plus, tandis qu'un aller-retour entre la France et le Québec, qu'il a également dû effectuer régulièrement, implique le rejet dans l'atmosphère près d'une tonne de CO2, soit environ 100 fois plus. N'évoquons pas l'usage de la voiture, personnelle et/ou de fonction, dont dispose, comme il est logique, le Maire de Bordeaux, ni l'empreinte carbone de la publication et de la distribution de son ouvrage. Relevons simplement que c'est à une bien faible réduction de ses émissions de CO2 que parvient l'ancien Premier ministre, en renonçant à consommer des cerises en hiver.
C'est mieux que rien, dira-t-on, et «si chacun fait de même»... Si chacun fait de même, du moins dans les classes moyennes et supérieures des pays développés — les pauvres renonçant ordinairement, par une frugalité toute philosophique et un sens suraigu de la protection de l'environnement, à acquérir à prix d'or ce genre de denrées importées — alors ce magnifique élan d'abnégation consistant à s'abstenir de consommer des cerises en hiver ou, plus globalement, des fruits et légumes qui ne sont pas de saison (ou qui, tel l'ananas, n'existent tout simplement pas hors du monde tropical), ce magnifique élan, donc, se traduira par une diminution de nos émissions de CO2 ... qui demeurera sans doute tout à fait marginale, voire dérisoire au regard de nos émissions actuelles comme des objectifs de réduction [Lien vers PDF] que se fixent les pays développés en la matière.
En revanche, l'effet sur le commerce des pays du Sud pourrait, lui, ne pas être tout à fait insignifiant: ceux-ci, privés de certains débouchés à l'exportation, et ne disposant pas nécessairement d'un marché intérieur suffisamment dynamique pour compenser cette baisse de la demande extérieure, pourraient, via la détérioration de leur balance commerciale, voir leur activité économique se contracter quelque peu.
Nous voici, en somme, invités à limiter de manière non significative nos émissions de CO2 et, ce faisant, sinon à appauvrir les pays du Sud, du moins à perturber ou à fragiliser, si peu que ce soit, leurs économies...
C'est qu'avec les bons sentiments, on ne fait pas seulement, comme le pensait André Gide, de la mauvaise littérature, mais aussi de fort mauvais arbitrages économiques...
Nul doute bien sûr qu'il faille internaliser dans le prix des cerises chiliennes, comme des autres produits importés, le coût des émissions de CO2 que suppose leur transport. Mais une fois ces externalités prises en compte, une fois, donc, la vérité des prix rétablie, pourquoi renoncer à acquérir ces biens? Ainsi, si l'on estime la valeur monétaire d'une tonne de CO2 à environ une vingtaine d'euros, il est possible de concilier passion des cerises chiliennes et bonne conscience écologique en acceptant d'en payer le kilo à peu près vingt centimes d'euros plus cher.
Hiérarchisons les priorités
Cette internalisation fait certes, pour l'heure, défaut, mais il importe d'avoir conscience de l'empreinte carbone de l'ensemble de nos activités afin de hiérarchiser les actions à mettre en œuvre, ou à cesser de mettre en œuvre, pour réduire le plus efficacement possible nos rejets de CO2.
Or, précisément, cette hiérarchisation des priorités, exercice élémentaire et indispensable à toute action efficace, n'est pas effectuée, non tant sans doute par ignorance ou par négligence qu'en raison du refus, peut-être inconscient, de constater que nos activités les plus polluantes sont aussi généralement celles qui sont les plus essentielles à notre existence, les plus imbriquées dans notre mode de vie - celles, en somme, auxquelles il serait aussi aisé et réjouissant de renoncer que de scier la branche sur laquelle nous sommes assis...
Dans ces conditions, comment mieux allier posture éco-responsable et effort minimal qu'en s'astreignant à ne consommer que des fruits de saison?
On pourra bien sûr évoquer le caractère symbolique, voire littéraire ou poétique de la résolution d'Alain Juppé ou encore son importance médiatique et l'effet d'entrainement qu'est susceptible d'avoir l'affichage par une personnalité de cette envergure d'une authentique préoccupation environnementaliste.
Le problème tient cependant au fait que ce genre de message et de symbole contribue à alimenter des idées fausses et sans doute contre-productives concernant le réchauffement climatique.
Les gestes simples ne suffiront pas
Cela conduit en effet à promouvoir des attitudes qui peuvent apparaître comme «éco-responsables» tout en se dispensant, au motif qu'elles sont symboliques, ont valeur d'exemple, de s'interroger sur leur efficacité, voire en dissimulant leur complète inefficacité. Ainsi le leader conservateur britannique, David Cameron, pouvait-il, en toute bonne conscience, se rendre au Parlement à vélo... suivi à distance par son chauffeur, transportant, dans sa voiture, des vêtements de rechange et ses dossiers.
Cela accrédite aussi l'idée, on l'a dit, qu'il suffirait de faire, collectivement, des «gestes simples» pour limiter le réchauffement climatique, pour enrayer une dynamique enclenchée voici bientôt deux siècles qui a largement façonné les mentalités occidentales (autant qu'elle a procédé de celles-ci), au point de devenir difficilement dissociable de notre vision du monde et de l'histoire.
Bjorn Lomborg, à cet égard, faisait récemment remarquer, dans les colonnes de The Australian, que l'initiative du WWF enjoignant l'ensemble des habitants de la planète à éteindre simultanément, le 27 mars dernier, la lumière une heure durant afin de réduire le réchauffement climatique aurait, en admettant même qu'un milliard de personnes participent à l'opération, le même effet que si les rejets de CO2 de la Chine étaient interrompus pendant 6 secondes...
Action collective, donc, généreuse et exaltante, communion dans la bonne conscience environnementaliste et, bien sûr, parfaite inefficacité. Mais surtout oubli ou ignorance d'une évidence: réduire drastiquement nos émissions suppose, sauf innovation technologique majeure, une profonde et douloureuse rupture avec nos modes de vie actuels.
Aussi sommes-nous placés devant l'alternative suivante: soit consentir «pour de bon» et collectivement à un sacrifice dont les conséquences économiques et sociales ne doivent pas être sous-estimées, soit ouvrir véritablement le débat essentiel mais aujourd'hui quelque peu confisqué - voire enterré depuis l'adoption, en première lecture, par un Parlement quasi-unanime de la loi de mise en œuvre du Grenelle de l'environnement - des réponses pertinentes et efficientes qu'il convient d'apporter au problème du réchauffement climatique ou plutôt, ce qui n'est pas exactement la même chose, à ses conséquences pour l'espèce humaine.
Cela suppose de renoncer aux solutions simples, claires et fausses, moquées par H. L. Mencken - solutions inspirées par le «bon sens» qui sont souvent tout à la fois indolores et indigentes. Cela suppose aussi, par exemple, de débattre des dépenses qu'il convient de consacrer à la prévention du changement climatique d'une part, à l'adaptation à ce phénomène irréversible d'autre part. Cela suppose de discuter des mérites comparés du recours aux quotas d'émissions et à la taxation internationale des rejets de CO2 aussi bien que du taux d'actualisation qu'il est pertinent et équitable de retenir pour répartir entre de nombreuses générations les coûts et avantages des politiques décidées. Cela suppose encore de ne pas balayer d'un revers de manche les multiples solutions offertes par la géo-ingénierie au seul motif qu'elles «font froid dans le dos» à certains et peuvent leur apparaître comme excessivement technophiles et dangereusement irresponsables. Cela suppose, en somme, de débattre de la confiance que l'on peut ou doit avoir dans la capacité de l'homme à relever le défi du changement climatique et de la façon («malthusienne», «prométhéenne» ou autre) dont il est légitime, possible et souhaitable qu'il le fasse.
Qu'un esprit aussi brillant que celui d'Alain Juppé se soit laissé quelque peu enfermer dans une orthodoxie sans doute excessive en ce domaine témoigne du poids de la pensée unique, «climatiquement correcte», et n'augure rien de bon pour la suite de ce débat.
Baptiste Marsollat
(1) Sur la base du calculateur d'AirFrance. D'autres outils de mesure semblent être moins bienveillants pour les cerises et Juppé...
Image de une: Cerises américaines. CC Flickr Corey Leopold
Mis à jour le 12/05/2009 à 12h57










































Tout d'abord, deux critiques :
L'argument économique pour continuer à acheter des cerises me semble difficilement généralisable, l'économie du Chili ne repose pas sur l'exportation de cerises, et les pays du sud ne vivent pas de leurs cultures, le Mali? un très grand producteur de coton qui ne vend pas à cause des subventions accordées aux agriculteurs du vieux sud des Etats Unis, la côte d'Ivoire? producteur de bananes, mais comme le disent nos champions, achetons de la banane de la Martinique subventionnée par l'UE (en parlant de banane, j'aurais aussi pu choisir l'exemple de la United Fruit en Amérique Centrale et des coups d'état de la CIA)
Certaines actions environnementales ont du sens. Protéger les îles Galapagos de la surpêche me semble difficilement évitable. On peut me rétorquer qu'on pourra toujours essayer de clôner les espèces qui auront disparu, ou que c'est la loi de la nature... Ce n'est pas vrai.
Pour revenir au débat que veut ouvrir l'article
Concernant les cerises, une question qui n'est pas abordée par l'auteur, ou plutôt subreptiscement évacuée, l'utilité. L'auteur parle de perte d'utilité, mais peut-on vraiment dire que ne pas manger de cerises entraîne une perte d'utilité?
D'un point de vue physiologique, on peut très bien remplacer les cerises par un autre aliment (je ne suis pas médecin, mais ça me semble à peu près raisonnable) pendant l'hiver. Je ne vais pas me lancer dans un diatribe sur la société de consommation qui crée des besoins, surtout en parlant de cerises, mais la façon de procéder et le résultat sont plus ou moins comparables avec la consommation de sodas ou de bonbons.
Il n'y a pas vraiment de besoin ou d'utilité à la consommation de cerises, sauf que l'homme n'a pas que des besoins physiologiques (une évidence mais qu'il est parfois bon de rappeler).
La vraie question est de savoir si nous sommes prêts à nous passer de cerises, d'ananas, de viande (l'élevage est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique, plus que les transports), mais aussi de la télévision, de la radio, des voyages, des matchs de foot, etc, etc.
Malgré toutes les critiques que l'on peut apporter à ces "symboles" de notre mode de vie, il nous définissent en partie en tant qu'humain. Y renoncer c'est renoncer à une partie de notre civilisation.
Il y aura toujours des individus pour le faire, et on peut difficilement les critiquer, à part dans le fait qu'ils se mettent d'une certaine façon "à l'écart de la société" ("quoi!?!? tu es végétarien? c'est bizarre ça") quand il vaudrait mieux travailler à une solution partagée. Je pense, peut être un peu naïvement, que les gestes simples ont un impact, mais la solution est avant tout globale.
Mais changer raidcalement de projet de société ne se fait pas du jour au lendemain, et il faudra bien plus de temps pour y parvenir que ce que les climatologues donnent à la planète avant que les conséquences du réchauffement ne deviennent irréversibles.
D'où effectivement l'intérêt d'un débat sur la géo-ingénierie, certains projets sont loufoques, mais pourquoi pas? d'autres extrêmement coûteux, mais il est effectivement possible de taxer les pollueurs (c'est à dire tout le monde), mais pourquoi ne pas parler d'autres solutions ?
Au lieu de faire de l'agriculture, pourquoi pas de pillules nourrissantes, qui seraient à la fois équilibrées et dans des goûts variés?
Et pour conclure, n'évacuons pas les gestes simples, celui de M.Juppé aura au moins eu le mérite de susciter l'écriture de cet article!!
D'accord sur le fait qu'on ne réduira pas drastiquement les émissions de CO2 sans changer assez profondément de mode de vie, et notamment de niveau de confort. C'est ce que disent N. Hulot, Arthus-Bertrand and co. Il faudrait en effet réduire drastiquement l'usage de la voiture et de l'avion, avoir des logements plus petits etc... Dur de changer de modèle à ce point.
Ce sera probablement dans le futur un débat de société. Tout ce confort n'est pas indispensable. On peut vivre plus modestement et être parfaitement heureux.
Les gestes individuels assez faciles pouvant déjà fournir des économies substantielles (prendre moins sa voiture, acheter des voitures moins consommatrices, avoir des températures de logement à 19°, mieux isoler son logement, ne pas prendre de bains...) sont utiles et il faut les faire mais ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Ceci étant votre sous-titre est dur. J'aurais utilisé "superficielle" plutôt que "pure démagogie" pour qualifier la posture d'Alain Juppé, qui n'a selon moi pas pour but comme c'est souvent le cas de faire du greenwashing, à savoir faire un petit quelque chose pour éviter de faire de plus gros efforts.
Et comme dit un autre de vos lecteurs, c'est avec de telles prises de position qu'on évolue petit à petit (pas assez vite)
des cerises et des pommes, je ne sais rien ou pas grand chose concernant la conservation de ces dernières .
Mais ariivé au printemps je préfère manger des pommes venues de l'hémisphère sud (chili) que celles qui sont conservées dans les frigos des producteurs français (beurk!)
Est ce que quelqu'un peut me dire si un kilo de pommes expédié du sud rejette plus de C02 que le frigo qui conserve le kilo de pommes françaises depuis des mois que malheureusement les plus humbles sont obligés de consommer.
Mangez 5 fruits et légumes par Jour c'est bon pour la santé, de qui?
Bien vu l'article, il était temps qu'on remette un peu les pendules à l'heure: le discours bobo sur l'environnement est insupportable et dangereux. Il est bien plus facile de concéder ces petits gestes ridicules et inutiles en se disant "c'est déjà ça" que de remettre son comportement en question et de couper là où cela fait mal. Plus de cerises en hiver mais les vacances au Brésil ou au Sénégal!
La décision de ne pas consommer de cerises hors saison peut constituer l'application particulière d'un principe général s'inscrivant dans une philosophie ou, du moins, une vision du monde n'étant pas liée exclusivement à l'"externalité carbone'' et qui n'est pas a priori condamnable.
Au chapitre des externalités, il me semble que l'auteur fait trop facilement l'impasse sur celles intéressant directement l'environnement au sens large des pays du Sud et découlant de la mise en place d'une agriculture intensive et productiviste à outrance visant à fournir les marchés du Nord. Raison pour laquelle nombre de ces fruits commencent à avoir autant de goût que les fraises et autres tomates en provenance des serres espagnoles. L'abus des pesticides et autres produits phytosanitaires au Chili a bien été documenté ; de même que les ravages de la salmoniculture industrielle qui a littéralement envahi les côtes du sud chilien dans les années 1990, avec les ravages que l'on sait, y compris sur le plan social. Certes positives, aujourd'hui, pour la balance commerciale de ces pays, ces pratiques le resteront-elles à long terme ? Comme en Europe, gouvernements, scientifiques et, parfois, producteurs n'y sont pas indifférents à ces questions, mais le court-termisme impose malheureusement trop souvent sa loi... comme en Europe. Quant à l'intérêt des populations concernées, il faudrait aussi tenir compte de ceux de nos producteurs locaux qui ne rejoignent pas toujours, loin s'en faut, les objectifs des circuits de distribution existants.
Le maximalisme est nuisible à tous égards. Il y a une très grande différence entre les affirmations "je ne mange pas de cerises hors saison" et "je ne mange jamais de cerises hors saison" ou même "je refuse systématiquement de manger des fruits qui ne sont pas de saison". Ainsi faudrait-il faire la différence entre ceux qui "évitent" pour toutes sortes de raisons d'acheter des fruits hors saison (mais qui achètent des mangues ou des ananas, sachant bien que la question ne se pose pas en ces termes pour ces fruits-là) et ceux qui poussent la logique jusqu'au bout.
Enfin, il conviendrait de faire la différence entre les acteurs : l'exemple d'Alain Juppé et de ses allées et venues en avion ou l'aimable commentaire concernant les bobos passant leurs vacances au Brésil ou au Sénégal ne valent pas forcément pour tous, pas seulement en terme de choix mais aussi d'un point de vue pécuniaire. Ce geste (erroné si l'on s'en tient exclusivement à l'argumentation de l'auteur) peut effectivement sembler ridicule dans leur contexte de vie, beaucoup moins dans d'autres.
Nous sommes d'accord, les gestes simples ne suffisent pas : voilà pourquoi on attendrait des politiques qu'ils proposent puis institutionnalisent des gestes forts.
Tout à fait d'accord avec cet article.
En un sens, l'un des papes du "développement durable", Nicolas Hulot, n'en arrive pas à la même conclusion, mais en tous les cas au même raisonnement :
"les changements que nous faisons dans nos modes de vie relèvent de l’épaisseur du trait. Ils ne sont pas à l’échelle des enjeux. Ce qui est en cause, c’est bel et bien notre système économique. Les recettes du passé ne fonctionnent plus. Pire, elles sont les poisons d’aujourd’hui."
http://www.terra-economica.info/Nicolas-Hulot-Nos-ecogestes-ne,4459.html?var_recherche=Hulot