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Guéantomètre #8: Jean-Marie Le Pen double son score avec le caleçon de Mélenchon

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot, mis à jour le 05.03.2012 à 19 h 04

La semaine a également été marquée par le non-affrontement entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et le violent communiqué antisarkozyste de Najat Vallaud-Belkacem.

Jean-Marie Le Pen prononce un discours pour le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc, le 7 janvier 2012. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Jean-Marie Le Pen prononce un discours pour le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc, le 7 janvier 2012. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Semaine inhabituelle pour le Guéantomètre, faite de petites phrases vraiment petites, qui n’ont pour la plupart pas récolté plus de 200 points, mais plus nombreuses que les semaines précédentes (14 recensées), ce qui fait quand même monter notre baromètre à 2.623 points de violence dans le débat politique.

Mais aucun politique n’a fait exploser le compteur avec une sortie à la Claude Guéant et les civilisations ou une intervention en meeting ou à la télévision très médiatisée qui déclenche les réactions en chaîne.

Un climat violent en petites touches, avec un nombre record d’insultes (6, à 50 points l’unité) et de «persiste-et-signe» (5, 50 points chacun également).

 
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Le débat entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qui devait être le temps fort de la semaine en matière de violence politique –et constitue tout de même le plus gros score de la semaine– n’a récolté que 580 points, absence de confrontation directe oblige.

Avec entre autres un persiste-et-signe (+50) de Mélenchon sur la «semi-démence» de Marine Le Pen («Ça vous laisse une bonne moitié» a-t-il rétorqué à la candidate du Front national, qui lui reprochait ces insultes), au niveau élevé de moqueries et de violence verbale («Je ne débats pas avec un leurre ni avec la voiture-balai de Hollande» pour elle, «vous ne servez à rien», «regardez-moi quand je vous parle»), et au soutien de Jean-Marie Le Pen à sa fille:

«Moi, j’offre un débat à M. Mélenchon et je vais lui retirer son caleçon [moquerie +30 menace +30], et je vais montrer ce qu'il est: le candidat des communistes, qui ont du sang sur les mains jusqu'aux coudes [insulte +50]»

Najat Vallaud-Belkacem réalise un grand bond au classement général avec un communiqué très violent où se mêlent accusations de mensonges, insultes, violence verbale et comparaison de Nicolas Sarkozy avec Vladimir Poutine et Silvio Berlusconi, déclenchant au passage pas moins de sept communiqués de politiques de l’UMP.


Classement de la semaine

1. Marine Le Pen: 580 points

2. Jean-Luc Mélenchon: 580 points

4. Jean-Marie Le Pen: 410 points

2. Najat Vallaud-Belkacem: 350 points

5. Henri Guaino: 340 points


Notons au passage que celui de Frank Riester s’est délesté d’un paragraphe dans la nuit du dimanche au lundi. Le secrétaire national du parti en charge de la communication a estimé dans un premier temps que la comparaison de Sarkozy avec Poutine de «scandaleuse» et «hallucinante», le Premier ministre russe allant «jusqu’à l’emprisonnement arbitraire, l’assassinat et l’empoisonnement de ses opposants». Depuis, le communiqué a été modifié

Surprise de la semaine, non seulement Nicolas Sarkozy ne marque aucun point, mais il en perd 50 (adoucissant donc le débat politique) en calmant le jeu après que François Hollande l’a traité de «petit garçon», une moquerie qui fait gagner 170 points au candidat socialiste. Malgré ces faibles scores, les deux principaux candidats restent fermement installés sur le podium du classement général, avec un Claude Guéant qui conforte sa troisième place pour avoir qualifié le Front national de parti «nationaliste et socialiste», joli point Godwin.

C'est dans la deuxième moitié du top 10 qu'il y a du mouvement: Jean-Luc Mélenchon passe de la septième à la cinquième place, tandis que Jean-Marie Le Pen continue son impressionnante remontée, grâce notamment à ses références historiques de choix (Brasillach et Mussolini), et passe de la neuvième à la sixième place, doublant presque son score total.

    Total Insulte Violence verbale Persiste et signe
1. Nicolas Sarkozy 4903,5 0 30 50
2. François Hollande 3302,5 50 30 0
3. Claude Guéant 2620 50 30 50
4. Marine Le Pen 1627,5 100 60 50
5. Jean-Luc Mélenchon 1335,5 150 90 0
6. Jean-Marie Le Pen 975 100 0 100
7. Alain Juppé 813 0 30 0
8. Nadine Morano 811 50 120 0
9. Christian Vanneste 730 100 0 50
10. François Fillon 557,5 0 30 0

Eva Joly a également monté le ton, lâchant un «Je l’emmerde» à propos de Corinne Lepage, tandis qu’Henri Guaino a carrément hurlé un «Taisez-vous!» au socialiste Jérôme Guedj qui ne le laissait pas parler et à qui il venait déjà de dire «Si je vous traite de sale con, ça va vous plaire?».

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot

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