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Guéantomètre: un podium Sarkozy-Vanneste-Le Pen

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot, mis à jour le 21.02.2012 à 0 h 12

Nouveau record pour notre baromètre de la violence politique, avec un Nicolas Sarkozy dominateur.

Nicolas Sarkozy et Christian Vanneste à la préfecture de Lille le 15 février 2012, REUTERS/Pascal Rossignol

Nicolas Sarkozy et Christian Vanneste à la préfecture de Lille le 15 février 2012, REUTERS/Pascal Rossignol

Cette septième semaine d’existence du Guéantomètre marque un nouveau record du niveau de la violence politique avec un score de 3.870,5 points, soit 500 points de plus que le précédent record. Un score dû en grande partie à Nicolas Sarkozy, qui écrase littéralement la concurrence avec 2.038,5 points, soit plus de la moitié de tous les points attribués cette semaine, et conforte sa première place au classement général.

Si le chef de l’Etat s’est montré virulent à l’égard de son concurrent François Hollande, l’accusant notamment à deux reprises de mensonges (2x20 points), c'est surtout sa capacité à faire parler de lui, à occuper l’espace médiatique et à déclencher les réactions souvent passionnées que reflète son score de la semaine. Le président de la République a notamment été qualifié de «mégalomane réactionnaire et sectaire», d’«acteur qui continue son triste cinéma» ou encore de menteur, lui valant divers bonus. Entre sa déclaration de candidature au JT de TF1 et ses meetings d’Annecy et de Marseille, Nicolas Sarkozy a surtout été l’objet de centaines d’articles sur tous les sites d’infos.


Classement de la semaine

1. Nicolas Sarkozy: 2.038,5 points

2. Christian Vanneste: 570 points

3. Marine Le Pen: 452 points

5. François Hollande: 400 points

4. Jean-Marie Le Pen: 325 points


Autre homme fort de la semaine, Christian Vanneste qui réalise une des entrées les plus spectaculaires au classement général du Guéantomètre. Le député UMP du Nord est certes un habitué des déclarations polémiques, mais il était resté discret depuis le 1er janvier, date du début de notre classement. C’est donc avec ses propos sur la déportation des homosexuels qu’il obtient 570 points, bien aidé par les nombreux appels à exclusion de l’UMP (+50 points), les accusations d’homophobie (+30) et par son «persiste et signe» (+50). Il atterrit directement à la 8e place du général.

    Total Insulte Violence verbale Moquerie
1. Nicolas Sarkozy 4953,5 0 30 60
2. François Hollande 3132,5 50 30 60
3. Claude Guéant 2385 0 30 0
4. Marine Le Pen 1047,5 50 60 90
5. Nadine Morano 811 50 120 0
6. Alain Juppé 780 0 30 0
7. Jean-Luc Mélenchon 755,5 150 60 60
8. Christian Vanneste 570 0 0 0
9. Jean-Marie Le Pen 565 50 0 30
10. François Fillon 557,5 0 30 0

C’est Marine Le Pen qui vient compléter ce trio de tête avec une semaine très active qui permet à la candidate du Front national de décrocher 452 points pour atteindre un total de 1.047,5. En déclarant que «l'ensemble de la viande qui est distribuée en Ile-de-France, à l'insu du consommateur, est exclusivement de la viande halal», elle décroche un bonus «stigmatisation d’une religion» (+50), un bon nombre de reprises sur les sites d’info (154) et un démenti de plusieurs articles montrant que l’affirmation n’est pas vraie. Ses moqueries à l’égard du «président du Fouquet’s» Sarkozy et sa version de Paroles, paroles de Dalida (+30 à chaque fois) finissent de faire grimper son score, et la font passer de la 7e à la 4e place du général.

On notera la bonne forme de l’autre membre de la famille Le Pen, Jean-Marie qui, en comparant Nicolas Sarkozy à une «pute qui devient chaisière à l'Eglise» puis en citant Brasillach, poète fusillé pour collaboration à la Libération, décroche les bonus «insulte» (+50), «moquerie» (+30) et point Godwin (+100) et fait un bond de la 16e à la 9e place de notre classement. Rien à signaler du côté de François Hollande, qui signe un score de 400 moyen par rapport à ses standards avec sa phrase sur les communistes en France et celle sur les camps de Roms autour de laquelle Jean-François Copé a tenté créer une poémique, sans trop de succès.

 
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La semaine a été marquée par trois points Godwin, ce qui constitue également un record, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus en décochant la case «total». Outre la référence de Jean-Marie Le Pen évoquée plus haut, Nicolas Dupont-Aignan a comparé ce que l’Europe impose actuellement à la Grèce ou à l’Espagne à ce que l’on a fait «à l’Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale, et ça a amené Hitler» le 14 février sur le plateau de Soir 3, tandis que Jean-François Copé, plus subtil, s’est étonné du «fait que M. Hollande prononce le mot de “camps” et le mot de “solution” ne réveille absolument pas le paysage médiatique». 

Autre record, celui des moqueries, avec des socialistes particulièrement en forme. Bruno Le Roux a moqué le ralliement de Christine Boutin à Nicolas Sarkozy, alors que la candidate «avait annoncé qu’elle emploierait une “bombe atomique” si elle ne parvenait pas à se présenter», en estimant qu’elle réinventait «complètement le concept de dissuasion nucléaire». Bernard Cazeneuve a quant à lui répondu à Nathalie Kosciusko-Morizet, qui accusait François Hollande de «valse à trois temps» sur la finance, de danser le «paso doble», «un pas en avant et trois pas en arrière».

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Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot

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