La campagne présidentielle nous mène en bateaux
Qu'ils la fassent en kayak, en pédalo, en péniche ou en paquebot, les candidats à la capitainerie suprême rivalisent de métaphores maritimes pour arriver à bon port.
- En 2007, la baraka du capitaine Bayrou ne l'avait pas empêché d'être devancé sur la ligne par les skippers de l'UMP et du PS. REUTERS/Vincent Kessler. -
«Le fait de ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ça serait comme un abandon de poste. Est-ce qu'on peut imaginer le capitaine d'un navire dont le bateau serait en pleine tempête dire: je suis fatigué, je renonce, j'abandonne?» Nicolas Sarkozy a donc choisi la métaphore nautique pour justifier, mercredi 15 février au JT de TF1, sa candidature à l’élection présidentielle, avant de présenter une affiche de campagne où il campe devant une mer... grecque.
Ce parallèle, il n’est ni le premier ni le dernier à le dresser: François Bayrou a promptement fait remarquer que «quand le capitaine a mené le bateau sur un récif, on dit qu'il faut un changement». Les comparaisons entre la situation de la France dans la crise mondiale et celle d’un bateau en pleine tempête sont même omniprésentes dans le débat politique depuis plusieurs mois.
Pour Sarkozy, le Paloma est loin
Tout avait pourtant commencé en douceur pour le capitaine Sarkozy. On se souvient de ce farniente polémique sur la Paloma, le yacht de son ami Vincent Bolloré, au lendemain de son élection, ou des photos le montrant, avec et sans poignées d’amour, en canoë sur un lac américain en 2007, savourant son premier été de Président.

Nicolas Sarkozy et son fils Louis sur le lac Winnipesaukee le 4 août 2007, REUTERS/Neal Hamberg
C’était la belle époque, celle de l’insouciance post-élection, alors même qu’était en train de couver la tempête économique de la crise des subprimes. Cinq ans plus tard, le président en est réduit à voyager en pirogue: l’orage est passé par là et il n’est plus question de mer plate ni d’escapade de plaisance. L’ambiance rappelle plutôt les heures les plus sombres des traversées transatlantiques.
Le premier à lancer un SOS a été Alain Juppé, lors d’un déjeuner avec Nicolas Sarkozy, en août 2010, relaté par La Croix:
«Aujourd'hui, tu ne serais pas réélu. Ai-je intérêt à monter sur le Titanic?»
Le 1er octobre 2011, le premier secrétaire par intérim du PS Harlem Désir voyait lui dans les dissensions au sein de la majorité «le déchaînement de tous ceux qui essaient de débarquer le capitaine du Titanic qu'est devenu Nicolas Sarkozy». «Le bateau France ne peut pas se laisser diriger au milieu des icebergs par un capitaine sans direction et sans courage», renchérissait Jean-Marc Ayrault le 10 janvier lors de ses vœux à la presse.
Juppé goûte le confort du Titanic
Un avis que ne partage pas aujourd’hui… Alain Juppé, qui goûte apparemment désormais le confort de sa cabine de première classe de ministre d’Etat:
«On a évité les icebergs. Maintenant que je suis sur le bateau, je me rends compte qu'il y a un capitaine.»
Filant une hasardeuse métaphore maritimo-automobile, Pascal Durand, porte-parole d’EELV, estimait lui en novembre que le capitaine du Titanic s’appelait Jean-Pierre Chevènement, accusé de «foncer vers l’iceberg» en «klaxonnant» quand il a reproché aux écologistes de vouloir massacrer le tissu industriel français.
Qu’ils considèrent que le bateau a déjà heurté l’iceberg ou qu’il l’a évité de justesse, les citoyens-matelots se trouvent maintenant face à un choix difficile: garder «le cap et la tête froide» en maintenant leur confiance au capitaine, comme l’a réclamé la fidèle lieutenante Marie-Anne Montchamp, virer à babord ou organiser une mutinerie. Ils auraient même pu opter pour «une personnalité insubmersible pour barrer le bateau France et l'amener à bon port» si Ségolène Royal avait réussi à gagner la primaire socialiste une deuxième fois consécutive.
Et comme si la situation économique de la France ne suffisait pas, l’actualité est venue ancrer un peu plus le champ lexical de la catastrophe maritime dans la campagne présidentielle. Le 16 novembre, le tribunal de commerce de Paris prononçait la liquidation judiciaire de la compagnie de ferries SeaFrance, plaçant le sort de l’entreprise au cœur du débat politique pendant plusieurs semaines.
Hollande en capitaine du Concordia
Puis, dans la nuit du 13 au 14 janvier, le gigantesque bateau de croisière Costa Concordia s’échouait près des côtes italiennes. Son capitaine, dont la responsabilité est engagée, devenait rapidement l’un des hommes les plus haïs du monde. Une aubaine pour Gérard Longuet, qui déclarait quelques jours après le naufrage:
«Il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs. Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance.»

Le Costa Concordia photographié le 18 janvier 2012. REUTERS/ Max Rossi
Petit joueur, le ministre de la Défense, à côté du socialiste Paul Quilès qui, dans un billet de blog intitulé «Naufrage», réalise le grand rapprochement historique:
«Comme celui du Titanic, le commandant du Concordia affirmait que son bâtiment était totalement sûr! […] Comme toujours depuis 5 ans, Nicolas Sarkozy ne se trompe pas, ne se contredit pas, fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait!»
Gérard Longuet n’était pas le premier à mettre en doute les talents de navigateur de François Hollande. Bien avant lui, Jean-François Copé avait décelé une «difficulté énorme à piloter son bateau» chez le challenger de Nicolas Sarkozy au moment des couacs programmatiques avec EELV.

François Hollande dans le vieux port de Marseille le 11 juillet 2011, REUTERS/Philippe Laurenson
Même ses anciens camarades de cabine remettent en cause la capacité de l’ancien commandant du PS à passer au grade d’amiral de la France. Claude Allègre ne le voit pas «capable de mener le bateau France» dans la «tempête», tandis que Jean-Luc Mélenchon, «qui le connaît très bien», s’interroge:
«A gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalo comme Hollande?»
Le Pen du Paquebot à la péniche
Marine Le Pen, qui a longtemps fréquenté un imposant Paquebot, a elle décidé de mener sa barque en en toute humilité, préférant une péniche bien française, celle du Maxim’s, pour le lancement de son comité de soutien, tandis que son porte-parole de campagne Paul-Marie Coûteaux proposait de lancer quelques «canots de sauvetage» à l’UMP.
Eva Joly, qui a été obligée de préciser qu’elle «ne descend pas de son drakkar» après avoir été accusée de francophobie pour sa proposition de suppression du défilé militaire du 14-Juillet, a également fait son choix: c’est à bord de son kayak en carbone qu’elle compte faire face à la tempête économique, un pari qui peut sembler risqué mais qui limitera les émissions nocives.

Eva Joly sur un kayak à côté de Marseille le 9 septembre 2011, REUTERS/Philippe Laurenson
Quant à Hervé Morin, qui s’apprête à profiter d’une escale pour quitter la croisière avant le passage au poste de contrôle des 500 signatures, il repartira sans doute dans une barge: celle qui lui a permis, à l’âge de -17 ans, de débarquer en Normandie le 6 juin 1944.
Grégoire Fleurot et Jean-Marie Pottier
Mis à jour le 17/02/2012 à 14h53



































Mais on oublie dans toutes ces analogies nautiques que c'etait le Titanic qui a heurte l'iceberg et pas le contraire!
Mais il y a pire, et cet article l'évoque en toile de fond. (cf. plus bas)
Et chacun, de l'électeur du moins au plus instruit, y retrouve son latin, et la part des choses se fait selon, l'on a en définitive la politique sur laquelle on s'est prononcé, on a ce qui était marqué sur la boite du packaging du candidat, même si l'on n'avait pas bien lu les petites lignes, une idée de la démocratie est là, respectée, le fait se superpose tant bien que mal au droit, et l'on s'étripe à l'assemblée, mais conformément à l'étiquette.
Or cette situation ordinaire n'est plus. Depuis longtemps? Difficile à dire, sans doute le sentiment traverse-t-il un peu chaque époque, mais enfin, il faut s'y résoudre, il y a en France au pouvoir un parti qui se paie d'images plutôt que de vision, de mots plutôt que d'idées, de slogans plutôt que de leitmotivs, et, devant le fait accompli de son mensonge éhonté, impensable, au-delà de l'excès, de la traite, de l'invective, de la falsification en effet, de la pure et simple tentative de substituer la pensée à la parole plus forte, plus implacablement tonitruante du hold up verbal sans retour, et qui laisse coi plutôt que songeur, anéanti et blême.
C'est Copé en Chine, Sarkozy dès qu'il ouvre la bouche, Fillon et les éléments de langage, chaque représentant de cette droite instrument du ravage social, une entière communication qui fait désormais l'impasse ne serait-ce que sur les apparences de la bonne foi la plus élémentaire. Tout y passe, vous dénoncez un abus, un mensonge, une faiblesse de cette politique, et vous êtes immédiatement placardé dans toutes les manchettes comme tel, avec la force du verbe sans vergogne, clientéliste, bonimenteur et d'une fatuité sans égal!
(cf. suite plus bas)
Or c'est faux, bien entendu, les gens de ce pays, comme dans les autres, est une culture qui échappe, par sa diversité, la représentation que s'en fait tout état, et cette culture est une pratique quotidienne, dans laquelle tout citoyen est diplomate de sa propre représentation publique, depuis sa chambre à couché à son atelier ou son bureau : s'il veut réussir sa vie, l'être humain doit être un minimum intègre, sans quoi tout se sait vite, et l'éviction le frappe.
Et c'est l'erreur de la politique en place, oublier l'intégrité que tout citoyen attend d'un discours politique, et non pas sur des bonnes mines, mais sur des paroles précises, documentées, intentionnées selon ce qui transparait de la vérité, c'est à dire, ce que chacun perçoit de ce qui pointe sous les mensonges, la foi que l'on appelle bonne et qui correspond à la droiture (certes pas nécessairement intégriste ou intégrale, mais substantive au moins!) de l'attitude.
Et nous sommes désarçonnés par le torrent de merde de la parole fausse qui se déverse partout dans le cirque actuellement, et il est probable que faute de s’apercevoir, de dénoncer, publiquement, en s'alliant les uns les autres contre la supercherie, son énormité, en en démontant les procédures, en le faisant savoir, en faisant rempart contre l'abomination du faux qui ne rougit même pas de son calcul et de son cynisme, nous pourrons rappeler à l'ordre cette campagne, qui faute de cela applaudit dans la maltraitance que l'on dirait infantile si elle n'était en réalité, que puérilité de faussaires pris sur le fait, et autocrates, pour tout dire, très peu digne des places et des égards que l'on lui fait, faute de se dégager de l'emprise publique de sa malignité.
Ces gens sont doués de raison tout aussi bien il faut que la presse se charge de le leur rappeler, et d'en informer le peuple! La république du fortune cookie n'est pas une fatalité!
Delivre-t-elle les bouées de secours ?