Hadopi, jour J: notre dossier spécial
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C'est aujourd'hui mardi 12 mai que les députés se réunissent une nouvelle fois pour le vote solennel de la loi Hadopi, rejetée le 9 avril dernier, faute d'un nombre suffisant de députés de la majorité présents dans l'hémicyle. Une fois voté à l'Assemblée, le texte sera examiné par le Sénat le 14 mai.
A cette occasion, nous avons réuni les papiers publiés sur Slate.fr au sujet de la loi Création et Internet:
Les analyses de nos chroniqueurs
Jacques Attali
Ma réponse aux artistes: la loi Hadopi ne protège pas la culture mais les revenus de quelques entreprises. La gratuité des échanges sur le Net ouvre de formidables opportunités
Jean-François Copé
Pourquoi la loi «Internet et Création» vaut la peine qu'on y repasse un peu de temps...
Hadopi: Chère «Plume», oui, nous vivons une révolution culturelle, en réponse à la contribution d'une internaute lectrice de Slate.fr
Giuseppe de Martino
Hadopi, Net neutralité... l'Europe et la France à pile et face, les parlementaires européns et français n'ont pas la même vision du Net
Monique Dagnaud
Exception culturelle: Hadopi nous a désunis, la loi Internet et Création sème la pagaille
Que propose le PS? Pas grand-chose.
Matthieu Josse
Une loi plus CONTRE Internet que POUR la création
Sarkozy perd les jeunes, le candidat avait plutôt réussi à séduire la jeunesse; la loi Hadopi est l'illustration du ratage
Les députés se prennent les pieds dans l'Hadopi, le rejet du texte «Création et Internet» illustre le désarroi des députés face à une loi controversée
Hadopi est-il de gauche ou les artistes sont-ils de droite?
Seul l'Internet rejette la loi sur le téléchargement illégal, Hadopi: le web contre le reste des médias, par Nicolas Vanbremeersch
«Sarkozy a toujours défendu les droits d'auteur», par Pascal Rogard, président de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD)Loi Hadopi contre loi des séries de Marc Adam
Hadopi: On veut des chiffres! de Cyril Chabrier et Johan Hufnagel
Les points de vue de nos lecteurs
Michel Reynaud
Les incongruités d'Hadopi, la loi «Création et Internet» est déjà dépassée
Lettre ouverte à un représentant de la nation
La licence globale, une utopie? Le point de vue d'un internaute de Slate sur la loi Hadopi
Plume
Ce que nous vivons, Monsieur Copé, s'appelle une révolution culturelle, la réponse d'une jeune fille de 17 ans fan de jazz.Mis à jour le 12/05/2009 à 11h45










![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)































Je ne comprendrai jamais pourquoi les recommandations atalliennes ne sont pas davantage suivies!
Il faut bien réguler les téléchargements, en modifier la culture, mais sans doute pas dans ce barnum d'archaïsmes provocateurs. La patronne de ce cirque en la personne de C.Aubanel, étrange ministre de la Culture, n'hésite à aucun moment à mettre en piste le fauve policier et la faune artistique, improbable couple . Dans l'affaire ce sont bien les artistes français "people" qui font les clowns et n'hésitent pas à faire les beaux aux côtés de la Fnac, des majors... et les chantres du répressif à tout crin. L'Europe désapprouve pour de graves questions de fond juridique.
Que nenni, Aubanel en pleine assemblée nationale et élections balaie d'un revers de main ces "gesticulations sémantiques". Mais que lui reprocher quand on voit les artistes laisser courir l'idéologie selon laquelle l'art ne vaut que par son poids marchand. Moi-même, à partir de maintenant, quand j'exposerai, je ferai payer l'entrée de ma galerie, le buffet, avec la maréchaussée à l'entrée. Trop de pirates...
Bref tout ça coûtera cher au contribuable pour une loi qui fatalement sera sérieusement retoquée en 2011... ou 2013? quant aux artistes , eh bien on consultera avec intérêt leurs chiffres d'affaires, de 2008 à...
Bien joli dossier et bon recap, sans aucun doute; enfin la loi a été votée, reste plus que le sénat, ce qui devrait être une formalité. Après, il faudra que le décret paraisse au JO et on verra ce que cela donnera... Autant dire qu'on a encore un peu de temps pour télécharger tranquille: un email d'avertissement, sursis de 6 mois après coupure...Les pirates, aidés par une technologie galopante, ont encore de beaux jours devant eux.
Mais faudrait pas oublier mon petit point de vue de pirate tout à fait occasionnel. Que de bruit et de fureur pour une loi prénatalement obsolète, n'est-il pas ?
Et les effets secondaires de tout ce débat: l'indigestion, vous y avez pensé ?
On a tout dit sur ce zinzin et rien dit, ou plutôt tellement dit, écrit, proclamé, décrié que j'en ai les neurones tout fatigués; serais-je le seul ?
Petite suggestion pour les dingos, oups! , les passionnés du truc, pourquoi pas l'élaboration d'un dico spécial Hadopitruc: P2P, Tor, Licence, FAI, Panpanculcul, Aubanel, Albanel, Arditi, Gauche/droite, ... On a tout entendu sur le sujet dans l'ordre et le désordre. Vous avez eu le temps de tout assimiler ?
Encore une petite question: Pirater, c'est illégal ?
Cordialement,
oulala, je vais pas me faire que des amis sur ce coup là!
Que faut-il penser de cette génération qui passe le plus clair de son temps à télécharger des films et des musiques piratés, et à n’écouter que ces musiques et à ne regarder que ces films pour lesquels elle ne donnerait pas un Euro si d‘aventure elle y était contrainte ?
***
La marchandisation de tout ce qui peut a priori faire l’objet d’une transaction commerciale, c’est la société de consommation arrivée au sommet de sa maturité avec pour seule préoccupation la dévalorisation de tout ce qui peut représenter ou prétendre à une valeur autre que marchande ; et son corollaire a pour nom : la gratuité.
Surtout ne pas y voir là une contradiction ou un paradoxe qui trahiraient un manque de cohérence !
“Si tout ce qui a un prix n’a pas de valeur”, aujourd’hui, tout ce vaut et rien ne vaut la peine de débourser quelque argent pour ce rien qui ne vaut pas plus que ce que peut valoir tout le reste.
Et cette gratuité exigée - sinon souhaitée -, sera accordée mais… à quel prix ?
Au prix de tout ce qu’on lui fera payer en échange de cette gratuité qui concerne des secteurs d’activités totalement dévalorisés et désincarnés : journaux gratuits pour la liquidation du métier de journaliste, télévision publique sans garantie de financement, musiques, films tous devenus interchangeables à souhait…
(Nul doute, ceux qui regardent ces films et écoutent ces musiques ne s’y sont pas trompés ; c’est la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas les acheter s’ils peuvent l’éviter ; même si l’on pourra quand même déplorer le fait que seuls ces musiques et ces films semblent retenir leur attention).
Car, les véritables enjeux sont ailleurs, et pour commencer : dans tout ce qui a été acquis de haute lutte et que le marché a investi au galop, à savoir : ce qui était hier encore accessible à tous et qui aujourd‘hui ne l‘est qu’à la condition d’être capable de payer rubis sur ongle.
Aussi, toute communication autour de la gratuité avec son message subliminal “Mais… payez donc ! puisqu’on vous dit que c’est gratuit !” a de bonnes chances de faire la fortune de quelques uns mais d’en flouer un très grand nombre à l’heure où tout espoir de parvenir à réinvestir de nombreux domaines culturels délaissés ou privés d’exigence et d’excellence, semble à jamais perdu.
Vous semblez poser le postulat que l'absence de prix, que vous appelez gratuité, retire la valeur aux choses, ici la musique et le cinéma.
Je ne suis en accord avec vous.
Un premier constat et plusieurs études semblent le montrer, les personnes qui téléchargent le plus 'illégalement" (gratuit ne signifie pas illégal!) sont aussi celles qui achètent le plus (CD, DVD).
l'accès gratuit à des œuvres donne aussi le goût de la découverte et accès à des choses que l'on aurait jamais découvert si le prix avait obligé à faire un choix.
Du point de vu des auteurs, il va être temps de se pencher sérieusement sur les modes de rémunération. Pendant des siècles, le principal été le mécénat...
Enfin, rassurez-vous, avant l'internet, un disque qui ne se vendait pas et qui ne passait pas à la radio ne rapportait déjà rien. un bon morceau, repris à la radio, dans une pub, ou dans un film rapportera toujours.
Acquérir un disque n'est qu'une des multiples formes pour avoir accès à une musique, la perte ne porte que là-dessus et encore.
L'eau du robinet n'a jamais empêché la vente d'eau en bouteille et Microsoft vend encore 200 € pièce une suite bureautique et un système d'exploitation qui ont des concurrents gratuit et libre.
Ce qui justifie le prix n'est pas nécessairement l'objet en lui-même de le service attaché qui, lui, est différenciant et donc générateur de valeur. pensez aux téléphone portable qui sont vendu 1 € avec l'abonnement... Prix ? Valeurs ? Coûts ?
Que faut-il penser de cette génération qui passe le plus clair de son temps à télécharger des films et des musiques piratés, et à n’écouter que ces musiques et à ne regarder que ces films pour lesquels elle ne donnerait pas un Euro si d‘aventure elle y était contrainte ?
(vous séparez vous-mêmes par *** j'imagines donc que c'est votre postulat de base ?)
Une telle génération existe-t-elle vraiment ??
Pour ma part je télécharge beaucoup, dans le but de la découverte, notamment d'artistes étrangers (pas forcément lointains, essayez d'acheter un CD d'un chanteur Allemand ou Néerlandais en France...) Cela ne m'empêche nullement d'acheter, à la différence que j'achètes aprés avoir "goûté" ce qui m'évites un bon nombre de "daubes"... Contrairement aux statistiques 100% virtuelles proposées par le SNEP et autres, je ne peux que proposer mes stats personnelles ou de mes accolytes de divers sites P2P qui ont globalement le même comportement, mais au moins c'est du vérifiable, du palpable avec factures, cette semaine j'ai encore acheté 9 films DVD en France et ma commande du mois sur YesAsia s'élève à 72 euros, et vous au fait les "pères la morale" qui ne téléchargez jamais combien d'oeuvres avez-vous acheté ce mois-ci ? à combien de concerts avez-vous assisté ?
Si on se donnait la peine d'études dignes de ce nom il y'aurait des surprises à n'en pas douter, après tout même les majors américaines finissent par être convaincues de la possibilité d'une licence globale (chercher CHORUSS)
(Ne pas oublier de tenir compte également des nombreux internautes qui payent de 5 à 10 euros par mois de supplément pour downloader depuis usenet, ou pour passer par un proxy ou un VPN)