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Le Guéantomètre: Claude Guéant homme de la semaine pour la troisième fois

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot, mis à jour le 13.02.2012 à 17 h 26

Sur fond de record de points Godwin et d'accusations de xénophobie, notre baromètre de la violence politique fait peau neuve pour mieux mesurer l'évolution du débat.

Claude Guéant lors des questions au gouvernement le 7 février 2012. REUTERS/ Charles Platiau.

Claude Guéant lors des questions au gouvernement le 7 février 2012. REUTERS/ Charles Platiau.

Le choc des civilisations aura duré quinze jours, contribuant ainsi à faire repasser le Guéantomètre au dessus des 3.000 points pour la deuxième fois depuis le début de l’année (3.211,5 pour être exact).

Les réactions à la petite phrase de Claude Guéant ont continué la semaine du 6 au 12 février, lui faisant remporter 1.340 points selon notre barème (le plus haut score de la semaine) avec entre autres, en plus de nombreuses reprises médiatiques, les accusations de xénophobie (+30), la lettre du Conseil français du culte musulman (+10), le point Godwin du député Serge Letchimy (+100) qui a causé une suspension de session de l’Assemblée nationale (+100), le persiste-et-signe de Claude Guéant (+50), Noël Mamère qui a traité le ministre de l’Intérieur de «petite frappe» (+50) et ce dernier qui a menacé de porter plainte (+20).

Nous inaugurons cette semaine la nouvelle version du Guéantomètre, élaborée pour mieux rendre compte de l’évolution de la violence au fil des semaines.

Comme le montre le graphique ci-dessous, la semaine passée a vu un nombre record de points Godwin, d’accusations de racisme au sens large (qui comprend les accusations d’antisémitisme et de xénophobie, ainsi que celles estimant que Claude Guéant visait la religion musulmane) et d’insultes, les trois critères que nous avons choisi de mettre en valeur cette fois-ci.

 
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Cochez ou décochez «total» pour avoir un meilleur aperçu de l’évolution des trois rubriques. Cliquez sur un des points sur le graphique pour voir apparaître le détail des points.

En deuxième position, l’entretien de Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine a fait gagner 1.100 points au chef de l’Etat avec notamment 100 points pour ses propositions de référendums (pour avoir utilisé les thèmes bonus «chômeurs» et «étrangers»), 10 pour la lettre du Mouvement national des chômeurs et des précaires, 50 avec la réaction de François Bayrou, qui a qualifié le référendum sur les droits des chômeurs de «pernicieux, inacceptable, dangereux, indigne de ce que doit être un chef d’Etat» et 100 avec le point Godwin plus ou moins subtil d’Alain Madelin, qui a parlé dans une tribune au Huffington Post de «manœuvre cousue de fil brun».


Classement de la semaine

1. Claude Guéant: 1.340 points

2. Nicolas Sarkozy: 1.100 points

3. Jean-Luc Mélenchon: 300 points

4. Nadine Morano: 205 points

5. François Hollande: 130 points


L’affrontement verbal entre le Front national et le Front de gauche s'est intensifié, avec un échange d’insultes et de moqueries en milieu de semaine: Jean-Luc Mélenchon a lancé un «Madame Le Pen, que vous êtes bête» en meeting (insulte, +50). Louis Aliot a répliqué que le leader du Front de gauche n’était qu’un «pantin communiste» (violence verbale, +30), ce à quoi le conseiller de Mélenchon Eric Coquerel a répondu «Comme la bête à corne, il fonce stupidement tête baissée dans tout ce qui est rouge» (insulte, +50). Avec les reprises de cet échange sur Google News, les deux Fronts se sont ainsi offert 270 points au total.

La sortie de Nadine Morano sur Eva Joly, même si la ministre de l’Apprentissage a ensuite affirmé que ses propos avaient été déformés par Le Parisien, lui a valu un appel à démission du Front de gauche (+50), une comparaison avec les attaques antisémites contre Mendès France (+30) de la part de Jean-Luc Mélenchon et un total de 235 points. Nadine Morano et Jean-Luc Mélenchon, que l’on retrouve respectivement aux 6e et 7e places du classement général individuel, qui prend en compte tous les points marqués par les personnalités politiques depuis le 2 janvier 2012.

Classement général

  Total Insulte Violence verbale Moquerie
1. Nicolas Sarkozy 2915 0 30 30
2. François Hollande 2732,5 50 0 30
3. Claude Guéant 2385 0 30 0
4. Alain Juppé 780 0 30 0
5. Nadine Morano 761 50 120 0
6. Jean-Luc Mélenchon 705,5 150 60 30
7. Marine Le Pen 595,5 50 60 30
8. François Fillon 567,5 0 30 0
9. Thierry Mariani 330 50 30 30
10. Henri Emanuelli 297,5 0 30 0

François Hollande n’engrange lui que 130 points avec une moquerie lors d’un discours sur l’éducation à Orléans le 9 février («Personne ne doit être jugé indigne de lire La Princesse de Clèves, au prétexte que l’un d’entre nous –j’espère qu’il n’est pas présent ici!– a eu des difficultés pour accéder à cette lecture!»), mais se place deuxième au classement général vu le nombre de points récoltés les semaines précédentes.

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot

Graphique et tableau par Vincent Ollivier et Fred Hasselot

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