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La saga des dates d'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy

Cécile Dehesdin, mis à jour le 10.02.2012 à 16 h 27

Le pas de deux entre l'Elysée et les médias sur la candidature officielle du chef de l'Etat a commencé dès octobre dernier.

Nicolas Sarkozy regarde sa montre le 2 novembre 2011 à Cannes. REUTERS/Yves Herman

Nicolas Sarkozy regarde sa montre le 2 novembre 2011 à Cannes. REUTERS/Yves Herman

Le président-qui-n’est-pas-encore-candidat-mais-un-peu-quand-même vient de lancer sa nouvelle page Facebook (utilisant la «timeline»), pilotée par l’UMP et dont la photo principale est ornée d’une citation de son discours de victoire de 2007. Comme un teasing de plus dans la saga dont l’Elysée nourrit les médias depuis des mois: quand officialisera-t-il sa candidature à la présidentielle de 2012?

En octobre, c’était fin janvier

Le pas de deux entre les journalistes et le président a commencé en octobre dernier, pendant l’interview du chef de l’Etat sur TF1 et France 2 après le sommet sur la crise de la zone euro. Il déclare alors d’un côté qu’il devrait «annoncer ses intentions» sur sa candidature «fin janvier –début février», avant de répondre «c’est vraisemblable» à la question de savoir si François Hollande serait son principal adversaire.

Un mois plus tard, le 23 novembre, Le Figaro publie le premier d’une longue série d’articles sur la candidature de Nicolas Sarkozy, où l’on découvre les personnages principaux de sa stratégie de communication, «ses proches» ou «lieutenants» qui arrosent anonymement les médias de dates.

Un de ses proches confirme donc qu’il «ne veut pas [annoncer qu’il est en campagne] avant fin janvier», et un lieutenant affirme qu’il y a eu une accélération dans le calendrier, son entrée en campagne ayant été «initialement prévue» fin février, parce qu’«il sait bien qu’en moins de deux mois, c’est impossible».

En janvier, on passe à mars

Mais le 3 janvier, on apprend dans Le Parisien que le président lui-même a dit (en off bien sûr) avant les fêtes qu’il se présenterait «tard, sans doute en mars», notant qu’en 2007 il avait «quitté Beauvau quinze jours avant» la campagne officielle. Dans le même article, un «intime du président» dit que la date n’est pas tranchée et qu’«à partir du 10 février», il faut se tenir prêt.

Deux jours plus tard, mars revient à la mode quand le ministre de la Défense Gérard Longuet confie au Parisien qu’il «n’imagine pas» une déclaration de candidature présidentielle avant la fin de la session parlementaire, soit le 6 mars.

Nicolas Sarkozy devrait de toute façon se présenter avant ou le 12 mars, puisqu’il est ce soir là censé être l’invité de Paroles de candidats, sur TF1, annonce le JDD mi-janvier.

Claude Guéant dit au même moment à RTL qu’il serait raisonnable que Nicolas Sarkozy «présente une candidature au début de mars, comme cela est souvent envisagé».

Lors de son intervention retransmise sur neuf chaînes, le président ne donne aucun indice sur la date sauf que plus celle-ci s’approche, plus il se réjouit:

«Parfois j’en ai l’impatience, tant je constate d’arrogance déplacée.»

Février croit en février

Cette impatience accélère-t-elle le calendrier de candidature? Début février, «un stratège de sa campagne» affirme au Figaro que Nicolas Sarkozy pourrait se présenter la semaine du 13 au 19 février, ou au plus tard la suivante, tandis qu’un «conseiller» ajoute qu’à «partir du 15 février, tout est possible» (est-ce le même qui annonçait début janvier au Parisien qu’à partir du 10 février il fallait se tenir prêt? Mystère). Le Figaro se lance alors dans un grand exercice de théologie de calendrier et parie pour le 13, le 16 ou le 17 février vu les différents saints et fêtes religieuses des autres jours de ces deux semaines.

Pas d’après Le Figaro, qui table –assez large– sur une candidature entre le 20 février et le 8 mars, relève Frédéric Martel dans L’Express. Le chroniqueur y va aussi de sa petite prédiction: Nicolas Sarkozy ayant dit «Ce qui compte, c’est le secret, et le secret, c’est la surprise», il en déduit que le président pourrait se présenter plus tôt pour «ménager justement cet effet de surprise, entre le 10 et le 20 février».

Nicolas Sarkozy sème le doute

Quant au principal intéressé, il reprend la parole sur le sujet, mais de façon beaucoup plus mystérieuse. S’adressant à des élus début février, il élude:

«Tout finit par se savoir, par fuiter. Je veux bien parler de tout avec vous, mais pas de ça. Faites-moi confiance, il y a des choses qu’on ne peut pas dire.»

Heureusement, pour nourrir ce suspense insoutenable, «certains proches» du président sont là pour dire au Parisien qu’il pourrait se déclarer dès «la semaine prochaine», soit celle du 13 au 19 février.

Pendant sa conférence de presse avec Angela Merkel le 7, le mois de mars réapparait:

«J’observe que ceux qui entouraient François Mitterrand à l'époque, lorsqu'il s'est déclaré au mois de mars, n'étaient pas choqués parce que c'était lui.  A ma connaissance, nous sommes au début du mois de février. Je regarde cette impatience, je continue à faire mon travail et le moment venu j'assumerai mon rendez-vous avec les Français.»

Confusion autour de fin février

Le même jour, le directeur de la rédaction de l’Express Christophe Barbier tweete que la candidature est pour le 26 février d’après le PS, après son passage au Salon de l’agriculture du 25. Mais dès le lendemain, Le Point affirme qu’il est acquis qu’elle se fera avant le Salon, et évoque la réservation du Palais Omnisports de Paris-Bercy pour le 24 février (information démentie rapidement par la salle). Le magazine Challenges est sur la même ligne, donnant comme date le 20 février.

Nicolas Sarkozy n’arrange rien en lançant une petite phrase sur le sujet au détour de son long entretien donné au Figaro Magazine du 11 février:

«J'ai dit que le rendez-vous approchait: il approche.»

Sur son blog, le journaliste du Monde Arnaud Leparmentier évoque à nouveau une déclaration la semaine du 13 au 19, précisant même que celle-ci aurait lieu «autour du jeudi 16 février». Autour du 16, et plus précisément le mercredi 15 février d’après la journaliste de RTL Alba Ventura, qui rapporte également que l’UMP a réservé une grande salle marseillaise pour le 19 février, dans l’optique d’un premier gros meeting de campagne. Le 15, un jour qu’avait proscrit Le Figaro puisque c’est la Saint Claude, comme Guéant. Ce jour-là, François Hollande sera en meeting avec Laurent Fabius à Rouen, sa ville natale.

Cécile Dehesdin

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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