Faites des bébés, sauvez vos retraites
A l’heure où tout s’annonce bien maussade pour l’économie française, tentons de prendre un peu de hauteur et parlons des jours meilleurs qui devraient advenir grâce aux effets positifs de notre taux de fécondité record sur la croissance.
- Un bébé dans une maternité moscovite. REUTERS/Denis Sinyakov -
Avec un taux de 2,01 enfants par femme depuis 2010, la France est pratiquement assurée du renouvellement de la population, mais aussi des effets dynamisants sur la croissance et rééquilibrants sur notre système de retraite par répartition.
Et l’Insee d’analyser, «dans la tendance des années précédentes, la fécondité se maintient à un haut niveau en France. Alors même que le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans a baissé, il est né en 2010 20 000 bébés de plus qu’il y a dix ans. En 2010, la progression de la fécondité est imputable en totalité aux femmes de plus de 30 ans, et surtout à celles de 35 ans ou plus».
Entre 1973 et 1994, la France avait pourtant traversé, comme tous les pays européens un repli inquiétant de la natalité. Le taux de fécondité était passé largement en-dessous du seuil de renouvellement des générations qui est de 2,1 enfants par femme. Il faut environ 900.000 naissances chaque année. Jusqu’en 1994, le taux de fécondité a enregistré un taux moyen de 1,8 enfant par femme. Il ne naissait que 770.000 enfants tous les ans. On déplorait un manque de 130.000 naissances par an pour assurer le renouvellement des générations.
La retraite chahutée
Pourquoi s’intéresse-t-on tant à la natalité en France? Notre système de retraite par répartition impose un niveau stable et relativement élevé de la natalité. Les naissances font les actifs de demain pour financer nos retraités. C’est parce qu’il y a un choc démographique que notre système de retraite a été largement chahuté, à tel point qu’il a fallu à maintes reprises réformer ce système pour permettre de le financer.
Le compte à rebours a commencé entraînant son lot de mesures impopulaires et de rancœur sociale. L’âge légal de la retraite a été repoussé à 62 ans pour tous ceux nés après le 1er janvier 1956. Les personnes nées avant cette date bénéficient, eux, des mesures antérieures. De plus, le nombre d’années de cotisations a augmenté. Depuis la réforme Fillon de 2003, la durée d'assurance, qui représente le nombre d'années de travail nécessaire pour bénéficier d'une retraite sans pénalité, est passé en 2012 à 41 ans (164 trimestres). Il est envisagé, en outre, un relèvement progressif dans les prochaines années.
La génération du baby-boom, moins féconde que les précédentes générations, doit partir à la retraite entre 2010 et 2030. C’est cette génération qui fait peser la pression sur notre système de répartition pour le financement de leur retraite. Par ailleurs, l’allongement de la durée des études et l’accroissement de l’espérance de vie a réduit sensiblement la période d’activité. Ce phénomène a pour effet de détériorer le ratio «nombre de cotisants sur nombre de retraités» qui s’élève à 1,42 en 2010 contre 3,3 en 1975. Selon l’Insee, il y a 17,8 millions de cotisants aujourd’hui pour 12,6 millions de retraités. En 1975, il y en avait 13 millions pour 4,1 millions de personnes à la retraite.
Une éclaircie en 2040
En revanche, dès 2040, et si notre taux de fécondité continue d’osciller autour 2,1 enfants par femme, il y a de fortes chances pour que la pression sur le financement de notre système de retraite soit allégée. Si la natalité ne fait pas tout pour la bonne tenue du fonctionnement d’entraides intergénérationnelles, elle y participe grandement.
Les turbulences actuelles que nous subissons sur notre dette publique, ne sont que la résultante de politiques économiques passées qui manquaient de vision long terme et qui n’ont pas entrepris les réformes nécessaires pour faire face notamment à un ralentissement de notre natalité. Fort heureusement, la politique ne fait pas tout. Les Français croient en leur avenir puisqu’ils font des enfants. Ils s’assurent en partie, inconsciemment ou consciemment, de la pérennité de leur système par répartition.
Pour l’instant, nous sommes entrés dans une ère d’austérité avec un seul mot convenable, la rigueur. Pour faire passer la pilule de cet indispensable assainissement des comptes publics, il conviendrait de faire prendre conscience aux Français des bienfaits futurs qu’ils préparent aujourd’hui en assurant le renouvellement des générations.
C’est loin d’être le cas d’autres pays européens, par exemple de l’Allemagne, qui affiche aujourd’hui une santé économique enviable mais qui, avec un taux de fécondité de 1,4 enfant par femme, se prépare un avenir bien plus bancal que le nôtre. L’âge légal de départ à la retraite à 67 ans outre-Rhin se justifie par le manque béant de naissances allemandes. Souhaitons que la génération Y en France continue sur la même lancée de ses aînés et, qu’avec ou sans crise de la zone euro, ils se créent un environnement économique porteur pour leur avenir et celui de leurs futurs enfants.
Stéphanie Villers
Article également paru sur Emploiparlonsnet
Mis à jour le 12/02/2012 à 7h06















































En effet, même s'il n'y a pas de niveau objectif de "surpopulation" (cela dépend en effet de ce que l'on est capable de produire, et le progrès technique nous permet de repousser sans cesse les limites), il n'empêche que plus il y a d'êtres humains sur cette planète, plus la consommation de matières premières augmente (et à ce jeu un seul Français "vaut" des milliers de Somaliens, donc il serait hypocrite d'accuser les pays pauvres à forte natalité). D'une manière ou d'une autre, nous serons forcés de limiter notre consommation globale. Or, si des pays émergents comme la Chine ou le Brésil s'enrichissent, et si nous voulons limiter l'impact sur notre niveau de vie, il sera bien utile de voir sa population diminuer. D'ailleurs l'ONU espère bien que la population mondiale finisse par se réduire après s'être stabilisée à 9 milliards en 2050.
Pour que la population diminue, il faut réduire le taux de natalité en dessous du seuil de renouvellement. Comme l'article l'indique, cela mettrait en danger notre système de retraites. Logique, en fait, puisque celui-ci fonctionne en fait comme un système de Ponzi : les nouveaux membres cotisent un peu pour payer les retraites des anciens ; pour qu'eux-mêmes touchent quelque chose, il faut qu'ils "trouvent" (mettent au monde) davantage de nouveaux membres. Ainsi, il est nécessaire que la population augmente toujours plus de manière exponentielle. A un moment donné, le système de Ponzi explose parce que l'on touche une limite et qu'on ne peut plus trouver suffisament de nouveaux membres. Exactement le point où nous sommes.
Oui, le départ en retraite des baby-boomer a déjà été retardé quatre fois, pendant que les jeunes crèvent la bouche ouverte en attendant que les postes se libèrent enfin. Non, la démographie ne peut pas être le mobile du crime.
Vous raisonnez comme si : 1) La France était en situation de plein emploi. Il n’y aurait pas de chômeur, plus aucune main-d’œuvre disponible sur le marché du travail, 2) Mieux encore, il resterait des postes à pourvoir parce que les français n’auraient pas fait assez d’enfants pour occuper toutes les places, 3) Et comme si, dans une telle situation, le problème ne serait pas immédiatement réglé en faisant appel à l’immigration !
Il est difficile d’imaginer une vision plus éloignée de la réalité. Ces trois conditions n’ont jamais été réunies dans notre pays, pas même avant 1974.
« Par ailleurs, l’allongement de la durée des études et l’accroissement de l’espérance de vie a réduit sensiblement la période d’activité »
1) Accroissement de l’espérance de vie : Accroîtra la durée de la retraite de ceux qui ont de la chance, sans réduire leur durée d’activité. Accroîtra la durée de chômage ou d’activité avant le décès des autres. Ne réduira la période d’activité des jeunes que par effet de substitution avec ces derniers. Donc globalement l’accroissement de l’espérance de vie ne réduit pas la période d’activité.
2) Allongement de la durée des études : ne réduirait la période d’activité que s’il n’y avait pas de chômage, pour la même raison qu’une balle ne peut vous tuer que si vous n’êtes pas déjà morte. Aussi longtemps que nous n’aurons pas retrouvé le plein emploi, l’allongement de la durée des études ne pourra venir réduire que la durée de chômage, pas la durée d’activité.
A noter que l’allongement de la durée des études relève pour la plus grande part du chômage déguisé. Les universités sont des parkings à chômeur. La majorité des étudiants poursuivent des 2ème voire des 3ème cycles dans le seul espoir de décrocher un jour un CDD de secrétariat payé au SMIC. Plus navrant encore, beaucoup n’y croient même pas et s’inscrivent uniquement pour pouvoir manger au restaurant universitaire, vu qu’ils n’ont même pas droit au RSA. L’allongement de la durée des études s’explique beaucoup plus par l’insuffisance quantitative des emplois que par leur degré élevé de qualification.
3) Il ne reste donc qu’un facteur qui explique la réduction de la période d’activité, mais qui l’explique de façon nécessaire et suffisante. Le chômage de masse. Or vous ne l’avez pas cité. Pourquoi ?
Alléger une pression virtuelle, cela ne sert à rien. Tant que nous n’auront pas retrouvé le plein emploi que nous avons perdu depuis 1974, aucune pression réelle sur le financement de notre système de retraite ne pourra résulter d’une natalité insuffisante. Promouvoir une natalité accrue dans ces conditions est totalement irresponsable et criminel.
Vous trouvez vraiment qu’il n’y a pas assez de jeunes qui crèvent la bouche ouverte dans notre pauvre pays ? Vous croyez vraiment que quand on aura deux millions de jeunes à la poubelle au lieu d’un million comme aujourd’hui grâce à l’augmentation de la natalité que vous appelez de vos vœux cela fera un centime de cotisation en plus pour les caisses de retraite ?
Comment pouvez-vous vous acharner ainsi à chercher des solutions au problème de la sécheresse alors que nous sommes en pleine inondation, et que l’eau continue de monter ?
Et comme si l’avenir des jeunes qui naissent aujourd’hui n’était pas déjà assez sinistre, vous annoncez déjà les prochaines étapes du démantèlement de l’assurance vieillesse, en fournissant des munitions idéologiques aux criminels qui les préparent dans l’ombre.
Bien sûr ma réaction est (légèrement) cynique mais soyons réalistes, s'il suffisait de faire des enfants pour que tout aille bien ça se saurait. Je pense au contraire qu'on serait bien plus heureux si on était moins nombreux. Car analysez bien tous les problèmes actuels, tels que le logement, les transports et autres infrastructures, l'énergie... Si on remonte à la source à chaque fois, que peut-on en conclure? Qu'en se stabilisant, voire en diminuant la population, ça irait bien mieux. Enfin tout cela serait évidemment viable si on avait un gouvernement efficace et intelligent, qui envisage ses investissements et sa politique sur du long terme...
C'est de cotisants dont le système par répartition manque le plus. Le déséquilibre du systéme par répartition correspond comme par hasard à un chômage de masse chronique depuis 20 ans.
Pour faire des bébés aujourd'hui, mieux vaut être à même de se financer son propre système par capitalisation.
La génération du baby-boom ne fait pas plus pression sur le système qu'une autre, elle aura cotisé 40 annuités et plus, ce qui est loin d'être acquis pour les autres, précarité oblige..Et les bébé ne cotisent pas..
Faites des bébés précaires ?
Dan 92
L'auteur s'enorgueillit de la situation de la France par rapport à celle de l'Allemagne. Si les Allemands ont une faible fécondité, en réalité tout n'est pas si noir Outre-Rhin. D'abord, le système de retraite par répartition a été (plusieurs fois) largement réformé, et est désormais complété par un système par capitalisation. Les retraites du 1er ne suffiront pas à avoir des revenus décents, mais les Allemands le savent. Ensuite, les Allemands importent beaucoup de main d'oeuvre souvent qualifiée, DEJA FORMEE, notamment des autres pays européens (France, Italie, Espagne etc.). Ainsi, certains postes sont pourvus par des cotisants au système (allemand) dont les coûts de formation ont déjà été absorbés ailleurs. Bien joué, non?
Ces futurs cotisants, comment vont-ils se nourrir, se loger et comment vont-ils cotiser s'ils n'ont pas de travail ?
In extenso, qui va payer leur retraite à eux ?
Du reste, en effet, de quel droit, nous français, nous permettons nous de faire grossir d'avantage notre population, quand on sait que l'impact écologique d'un occidental pèse 20 fois celui d'un habitant des pays émergents. Sous prétexte de maintenir le petit confort des français ?
Ça n'est plus juste simpliste, c'est proprement égoïste !