Hadopi: réponse aux artistes
- Robert Smith de The Cure Mario Anzuoni / Reuters -
Il m'est arrivé à de nombreuses reprises de me prononcer contre la loi Création et Internet. De prôner un retour à la sérénité et à l'apaisement pour dessiner ensemble une meilleure réponse face au piratage, autour notamment de dix points qui ont été préalablement développés. Pourtant, Hadopi n'en finit pas de déchainer les passions. Dernier exemple en date, la lettre ouverte envoyée par Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Michel Piccoli, Pierre Arditi et Bernard Murat à Martine Aubry pour dénoncer le combat anti-Hadopi du Parti socialiste, dont, par ailleurs, je ne suis pas adhérent. Une missive qui montre, encore une fois, l'incompréhension d'un certain nombre d'artistes face à ce texte.
Hadopi, le «refus d'un ordre purement marchand» ?
Vous vous désolez de la position anti-Hadopi du Parti socialiste qui, selon vous, est devenu «l'avocat du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique». Par ce biais, vous vous figurez qu'Hadopi œuvre en votre faveur, qu'il représente «le refus d'un ordre purement marchand», selon vos propres termes. Que nenni. Hadopi est la consécration même de cet ordre culturel purement marchand que vous vouez aux gémonies.
Les majors qui, loin des idées reçues, continuent, pour la plupart, de voir leur chiffre d'affaire croître, se voient consolidées dans leur position dominante. C'est la victoire de l'industrie culturelle sur la création artistique, qui, dans l'histoire, ne recevra pas un euro.
La loi n'agit pas non plus pour une rationalisation ou une réglementation d'internet. Les fournisseurs d'accès qui, comme vous le soulignez justement, sont ceux qui profitent de ce «pillage de la création», ne se voient imposer aucune règle, comme se fut naguère le cas pour les opérateurs de radio et de télévision. Par ailleurs, ils ne cessent de développer leurs offres de connexions ultrarapides à internet, comme la fibre optique, valorisant la rapidité du téléchargement. Un moyen de nous faire comprendre qu'Hadopi ne les concerne pas.
Combattre Hadopi ce n'est pas renier le droit d'auteur. Tout au contraire. Comme vous le soulignez, «le droit d'auteur est un droit de l'homme». Le droit pour chacun de décider librement de la diffusion et de l'exploitation de son œuvre. Or, Hadopi dénature ce droit en en faisant un outil de l'Etat. Désormais, c'est la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet qui, comme son nom l'indique, s'érigera, en lieu et place des artistes et ayants droit, en décideur de la diffusion et de l'exploitation d'une œuvre. Pis, en l'état actuel du texte, un sous-amendement prévoit que le droit d'auteur des journalistes sur leurs articles, qui s'applique, jusque-là, à toute diffusion, sera limité à la première publication. Pour les opposants à la loi il n'est pas question de limiter ou de fragiliser le droit d'auteur, qui continu d'être protégé par le Code de la propriété intellectuelle, mais de mieux l'adapter aux réalités du numérique afin que les auteurs soient légitimement rétribués mais aussi qu'internet puisse continuer à jouer son rôle de découvreur de talents.
Tous ces artistes restés dans l'ombre - ces musiciens, acteurs, réalisateurs - pour lesquels internet est souvent le seul moyen d'être connus ou reconnus. Eux, crient d'une seule voix «mieux vaut être piratés qu'ignorés». A-t-on le droit de les priver de cette main tendue que représente internet ? N'est-ce pas à vous, à nous, de nous battre pour que ce foisonnement d'artistes encore méconnus puisse éclore aux yeux du public ?
Une loi injuste et dangereuse
Dangereuse, tout d'abord, car attentatoire à la liberté, qui irrigue pourtant la création artistique. Hadopi c'est l'édification d'un filtrage de la toile par la Haute autorité, créée à cette fin. La mise en place progressive d'un contrôle des échanges en ligne et, à fortiori, la criminalisation d'internet. Casser la liberté de parole, étouffer l'innovation, voilà quels seront ses effets. Déjà, pour les accès wi-fi publics, la loi prévoit un filtrage limité à une «liste blanche» de sites autorisés. Un cloisonnement de la libre pensée, de la libre information, de la libre navigation, en somme.
Dangereuse, car une autorité administrative se substitue aux juges pour sanctionner les «abus d'internet». Quid de la présomption d'innocence ? Du régime de la preuve ? Pas de procès pour se défendre, étayer ses arguments. La coupure est nette et sans appel. Pourtant, le dispositif a encore bien des lacunes. Quel sort réservé à ceux dont on a piraté la connexion wi-fi ? Aux parents, dont le jeune enfant a, à leur insu, téléchargé son film de héros préféré ? La loi est claire : ils seront sanctionnés pour «défaut de sécurisation de leur connexion contre une utilisation à des fins de reproduction sans autorisation». Une conception toute personnelle de la justice.
Déjà l'injustice se profile. Mais elle joue surtout sur un plan social. Qui seront les plus touchés par Hadopi ? Les jeunes. Eux qui, déjà frappés de plein fouet par le chômage, verront leur accès internet, parfois leur principal outil de travail, quand ils en ont, coupé. Or, selon une étude récente, se sont ces mêmes jeunes, ceux qui téléchargent le plus, qui, ensuite, achètent le plus de cd ou dvd. Est-ce bien raisonnable de sanctionner et stigmatiser ceux qui font tourner l'industrie du disc et du cinéma ?
Votre inquiétude est compréhensible, votre sentiment d'abandon aussi, mais vous vous trompez de combat. Hadopi ne mettra pas fin au piratage, elle ne rétablira pas les artistes dans leur droit. Dans le meilleur des cas, elle demeura lettre morte, dans le pire, elle essaimera ses effets négatifs sans résoudre aucun problème.
Hadopi ne réglera rien
Hadopi ne sanctionne le téléchargement que sous la forme du peer-to-peer, et encore dans sa version la plus simplifiée. Plusieurs sites de téléchargement, comme ThePirateBay, ont déjà installé des modèles de peer-to-peer indétectables vers lesquels commencent à migrer en masse les plus fervents «pirates» du web. Du reste, le streaming est oublié du texte alors qu'il constitue le principal moyen pour les internautes de visionner des fictions ou d'écouter de la musique. Avant même son entrée en vigueur, Hadopi est déjà obsolète. Bien sûr, quelques «pirates», les moins informés, seront sanctionnés. Mais ceux qui téléchargent à foison passeront entre les mailles du filet. Un récent sondage est sans appel. A la question «la riposte graduée vous fera-t-elle abandonner le téléchargement illégal ?», seuls 4,2% répondent que s'ils reçoivent un avertissement ils passeront aux offres légales contre 51,1% qui estiment qu'ils sauront trouver une parade à la surveillance des réseaux.
D'ailleurs, sur tous les pays qui ont un temps instauré ou pensé instaurer une riposte graduée contre le piratage, peu sont ceux qui s'y sont tenus. En Grande-Bretagne et en Allemagne, le texte a été retiré. Aux Etats-Unis, s'il a bien été voté, la suspension de l'accès internet n'est jamais mise en œuvre. N'ont-ils pour autant plus « de cinéma ni de musique » ? Non, ils se sont adaptés.
Une autre réponse est possible
Vous regrettez l'époque de François Mitterrand où «la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays». Déjà alors nombre d'artistes avaient mené campagne contre les radios libres, redoutant de voir les ventes de leurs disques baisser, la fréquentation de leurs concerts diminuer. Rien de tout cela, les radios libres se sont avérées être un formidable outil de promotion et de financement de l'activité artistique. Il en est de même pour internet. Il suffit pour cela d'élaborer de nouvelles formes de rémunération pour l'art et les artistes.
Ce nouveau procédé à un nom : la licence globale. J'ai déjà eu l'occasion d'en vanter les mérites. Une somme minime, prélevée sur les recettes des fournisseurs d'accès internet, financera les auteurs, les interprètes, les cinéastes, les agents, les producteurs, les distributeurs. On met à contribution les véritables bénéficiaires. Bien entendu, cette licence globale ouvre un lieu au bénéfice des seules majors si les artistes ne demandent pas, dès maintenant, à participer à la définition de ce mécanisme d'attribution.
Autant prendre les devants, poser dès aujourd'hui les bases d'un système qui fonctionne et qui contente toutes les parties. La gratuité recèle des perspectives formidables, l'enjeu est de savoir s'en servir à bon escient.
Jacques Attali
Photo: Robert Smith de The Cure Mario Anzuoni / Reuters
Mis à jour le 11/05/2009 à 7h14










![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)





























Dans ce débat nous avons cruellement manqué de chiffres pour savoir exactement quelle était l'incidence du téléchargement sur les recettes des majors et accessoirement (car ils ne perçoivent qu'une part très réduite de ces recettes) sur les revenus des artistes.
Votre comparaison avec l'arrivée des radios libres me fait penser (au risque de choquer les créateurs) à un vieil adage commercial : ''plus on est de fous plus on rit''. Il n'y a qu'à regarder le succès des zones commerciales pour s'apercevoir que la multiplicité d'offres multiplie l'activité.
Pour en revenir aux chiffres, essayons une petite approche moins timide que dans l'article que vous avez bien voulu citer. Un CD vaut en moyenne 15 euros. C'est également le prix de la location de deux DVD. Les défenseurs des artistes trouveront-ils exagéré que cette somme soit consacrée mensuellement à la rémunération de ceux-ci à travers la licence globale ? Ceci rapporterait un montant de 3 milliards d'euros.
Il est certain (d'aucun m'ont déjà traité de communiste ou d'anarchiste) que ce prélèvement s'appliquerait à tout titulaire d'abonnement ADSL mais cela ne vaut-il pas la peine pour à la fois faire foisonner l'activité culturelle dans notre pays et sauvegarder les libertés essentielles des citoyens ?
Je suis d'accord avec vous, et il est vrai qu'une discussion chiffrée serait la bienvenue.
Dans cette hypothèse, il faudrait prendre en compte le fait que un téléchargement illégal actuellement ne correspond pas du tout à un manque à gagner équivalent à un achat non payé, car de nombreux titres sont téléchargés mais ne seraient jamais achetés au prix fort. Certains sont téléchargés pour une écoute ou deux, voire ne sont pas écoutés. La quantité de fichiers audios sur les disques durs qui ne sont jamais lus est énorme.
Dans le cadre d'une licence globale, reste à trouver le moyen de savoir quel part du gâteau revient à qui, et là les choses compliquées commencent. Le schéma traditionnel qui enrichit surtout les distributeurs est condamné, et prolonger le jeu du chat et de la souris ne fait que repousser de quelques années une échéance inéluctable.
Actuellement il est déjà très facile de télécharger légalement des titres simplement en capturant le flux des webradios. Et des outils très efficaces permettent de rechercher des titres, des styles, des artistes.
Alors plutôt que de bricoler un texte qui ne résout aucun problème mais qui met en place un filtrage de la toile tout à fait dangereux, il serait bon que le rapport du PDG de la FNAC (cherchez le conflit d'intérêt) qui a abouti au texte HADOPI soit tout simplement abandonné.
Une loi doit régler un problème sans être liberticide. Celle qu'on nous propose fait exactement le contraire.
Merci pour cette très juste analyse.
Il me semble important, comme vous le faites, de rappeler que les internautes qui téléchargent le plus illégalement sont aussi ceux qui consomment le plus de biens culturel. Les débats actuels ont trop tendance a caricaturer les utilisateurs du web en méchants voleurs alors qu'il sont parmi ceux qui aiment le plus les artistes, et l'expriment au travers de leur contribution financière. Il serait fort utile de les considérer comme faisant partie de la réponse aux problèmes liés à la juste rétribution de la création, plutôt que comme la cause de ceux-ci.
Par ailleurs, cette loi va, contrairement à son objectif, apporter une plus grande sécurité juridique aux plus importants des téléchargeurs illégaux. En effet, (Mme la ministre dirait "anéfé"), en effet donc, alors qu'aujourd'hui, dans un cadre légal clair, ils risquent des sanctions pénales importantes, demain, dans un cadre juridique contestable - et qui sera contesté - ils auront droit à plusieurs rappels pour affiner leurs techniques de contournement des dispositifs de surveillance.
Enfin et pour ceux qui auraient raté ce film qui a déjà fait le tour de la toile, voici un lien amusant : http://www.dailymotion.com/video/x94ta5_hadopi-le-pire-du-pire-de-lassemble_news. Après tout, à défaut de rapporter les moindre centime à la création ce texte aiguise la créativité de certains députés qui peuvent aller, comme c'est le cas ici, jusqu'à dénoncer les agissements de leurs propres enfants...
La frénésie anti-Hadopi me laisse aussi perplexe que la frénésie anti-OGM, j'y retrouve le même style d'argument, à la fois c'est une loi qui sera sans effet et il est urgent de se mobiliser contre ! (pour les OGM, les plantes sont stériles, horreur, et risquent en même temps de contaminer tout le voisinage si on ne les fauche pas immédiatement)
Mise en place progressive d'un contrôle des échanges en ligne et, a fortiori, criminalisation d'internet. Casser la liberté de parole, étouffer l'innovation[...] Un cloisonnement de la libre pensée, de la libre information, de la libre navigation : n'en jetez plus M.Attali, et effectivement ne prenez pas votre carte au PS, c'est pas du rose mais du rouge vif qu'il vous faut.
J'ai aussi beaucoup de mal à croire que les artistes qui choisissent de diffuser gratuitement leurs oeuvres sur Internet vont en être empêchés !
J'ai surtout l'impression que M.Attali, et pas mal de personnalités politiques, jouent les djeuns dans cette affaire. Il est peu probable qu'ils en recevront une grande reconnaissance, cet âge est ingrat !
La frénésie anti-Hadopi me laisse aussi perplexe que la frénésie anti-OGM, j'y retrouve le même style d'argument, à la fois c'est une loi qui sera sans effet et il est urgent de se mobiliser contre ! (pour les OGM, les plantes sont stériles, horreur, et risquent en même temps de contaminer tout le voisinage si on ne les fauche pas immédiatement)
Vous faites erreur, certains OGM, tout comme les hybrides, peuvent être stériles, mais ils ne le sont pas tous...
Vous analysez il me semble le débat autour d'hadopi avec la même désinvolture, qui vous mène à une erreur d'interprétation, lorsque les anti-Hadopi disent que cette loi sera sans effet, c'est sans effet sur le téléchargement, qui continuera, et sans effet sur les revenus des artistes qui n'augmenteront pas, cela ne veut pas dire forcément que cette loi sera sans effet sur les libertés individuelles ni qu'elle n'aura pas d'effets colatéraux fâcheux et que donc il serait inutile de se mobiliser contre...
Je comprends les arguments de M. Attali en defaveur de la loi Hadopi. Le probleme c'est que le remede qu'il nous propose est pire que le mal. La license globale est encore plus inacceptable que Hadopi, pour les raisons suivantes:
Une somme minime, prélevée sur les recettes des fournisseurs d'accès internet, financera les auteurs, les interprètes, les cinéastes, les agents, les producteurs, les distributeurs. On met à contribution les véritables bénéficiaires.
Argument demagogique: faire payer les "beneficiaires" du systeme, les FAI, comme s'ils vivaient du telechargement. Est-ce veritablement le cas ? Franchement, s'il devenait impossible de telecharger du jour au lendemain, croyez-vous que beaucoup de gens resilieraient leur abonnement internet ? Je ne pense pas, tant il est devenu utile pour d'autres raisons (emails, commandes en ligne, gestion de son compte en banque, etc). Je pense au contraire que le telechargement COUTE de l'argent aux FAI, car ils doivent financer le reseau en fonction de la bande passante qu'ils utilisent, et qui est decuplee par le telechargement. Les FAI me semblent donc etre des victimes colaterales du piratage.
Par ailleurs, si on mettait cette taxe en place, elle serait bien sur repercutee par les FAI sur le cout de l'abonnement. La gratuite est une illusion, tout doit se payer a un echelon ou un autre. Et la en tant que consommateur je m'insurge, car ca en revient a creer une redevance sur le telechargement, et un service public de la consommation musicale, ce que je refuse absolument (j'ai deja assez de la redevance tele, merci). Tant qu'a faire, je prefere payer uniquement pour ce que je consomme, afin de conserver mon droit de ne rien payer si je ne consomme rien. Me refuser ce droit serait tout aussi liberticide que la coupure de l'acces internet suggeree par Hadopi.
Si vous avez raison sur le fond (les FAIs vont repercuter la taxe), vous n'avez cependant pas tout à fait tout pris en compte.
Les FAIs vont être taxés pour financer la TV publique. Ca sera évidemment répercuté. La bande passante coute évidemment de l'argent aux FAIs. C'est pour cela que tous ont développé une offre média légale, que tous proposent des services plus ou moins payants. L'abonnement n'est que le produit d'appel.
Par ailleurs, je vous rappelle que les support numériques sont surtaxés au motif de l'exception de copie privée (exception mais pas autorisation, surtout avec des DRM). Quelle part des dépenses des entreprises (sauvegarde, communications client, produits finis ... ) et des particuliers (sauvegardes de photos, films, documents personnels) est reversée aux ayant droits sans finalement aucune justification.
Nous payons tous, tous les jours ou presque, notre obole aux ayant-droit. Quitte à payer en 1 fois et qu'ils arretent leurs magouilles et leur racket, ca serait pas plus mal, non?
A la rédaction de Slate.fr
Je ne peux que être d'accord avec la notion de licence globale.
Pour nous les photographes c'est la seule possibilité pour que nous puissions percevoir des droits ( Via la SAIF notre société des d'auteurs de l'image fixe).
Le monde de l'internet fonctionne sur la gratuité en particulier pour la photographie.
Vous même sur ce site vous puiser vos sources sur Flicker, et je suppose avec un contrat low cost avec l'agence Reuter, bien sur un poil de bonne conscience en passant un accord avec l'agence Magnum.
Et pourtant Magnum comme l'ensemble des photographes traversent une crise sans précèdent.
Si rien n'est fait ce métier disparaîtra au profit de flots d'images que les grandes major américaines sauront négocier pour leur seul profit, dois je vous rappeler les récents accords de Getty (photothèque américaine) avec justement flicker.
L' Upc ( Union des photographes Créateurs), Freelens ( Associations de photo journalistes) et la Saif ont décidés de réagir et d'interpellés l'opinion publique en lancer un appel "Sauvons la photographie" qui a recueillis à ce jour plus de 11600 signatures.
http://petitions.upc.fr/appel.php?petition=1
Connaissant la qualité intellectuelle de vos équipes et votre volonté de voir les auteurs respectés, il est de votre devoir de nous soutenir en signant cet appel, mais aussi en usant de votre position pour que notre volonté de dialogue aboutisse.
Bien cordialement
Pierre Ciot / Photographe
Comme tant d'autres, vous faites passer votre interet personnel au detriment de l'interet general.
Si toutes les professions en difficulte, au lieu de changer de modele economique, reclamaient la creation d'un nouvel impot pour equilibrer leurs comptes, ou irait-on ? Pardonnez-moi de ma franchise, mais je ne vois pas pourquoi les francais devraient mettre la main au portefeuille pour sauver votre profession. Si votre activite n'est plus rentable, peut-etre est-il temps d'en changer.
La France est en deficit chronique et les francais se plaignent d'un pouvoir d'achat trop faible. Ce n'est pas le moment d'augmenter les impots et les depenses publiques pour sauver ce qui est condamne a disparaitre tot ou tard. Notre pays depense trop d'argent dans des subventions destinees a preserver le monde d'hier (presse ecrite, peche, agriculture, etc). Cet argent serait plus utile s'il etait investi dans le monde de demain, a travers l'education et la recherche.
Si votre activite n'est plus rentable, peut-etre est-il temps d'en changer.
Je croyais que la photographie n'était pas seulement une activité économique, mais aussi un art. J'ai du me tromper à la lecture de ce commentaire. Le droit d'auteur, qui fait partie intégrante du droit de propriété, protège les créations des photographes comme celle des musiciens ou d'autres créateurs et artistes. Votre argument montre parfaitement que ce sont ceux qui s'opposent à l'instauration d'une forme de licence globale qui sont favorables à un ordre culturel purement marchand et que le projet de loi actuellement en discussion tente de protéger et de renforcer cet ordre marchand au seul profit de l'industrie culturelle et de quelques artistes parvenus.
Je vous conseille avant de répondre à tord, d'aller consulter notre appel.
Nous n'avons jamais demander la création d'un impôt supplémentaire pour sauver la photographie.
Nous demandons juste que l'ensemble de la profession, les photographes et les utilisateurs se mettent autour d'une table pour discuter et trouvez des solutions pour que celle ci continue d'exister.
Et c'est justement pour l'avenir que cela doit être fait car a mon sens la formation à l'image, la réalisation de celle ci par des professionnels est indispensable dans une société démocratique.
Dans cette société il est normal qu'un chercheur ou qu'un enseignant continue d'exister et il aussi normal et indispensable que des créateurs puissent continue de vivre de leurs métiers.
Compte tenus de mon âge je ne crois pas que je me bat pour mon intérêt personnel, mais plutôt pour nos enfants et les générations futures.
Ce n'est pas le moment de diminuer les libertés publiques pour sauver ce qui est condamné à disparaitre tôt ou tard, c'est à dire la rémunération de l'utilisation des clichés, des chansons des textes et des flims à l'unité dans le cadre d'échanges informatiques. Les professions comme écrivains, photographes, musiciens, comédiens, réalisateurs n'appartiennent pas au monde d'hier. La numérisation inéluctable de leur travail impose en revanche d'inventer un modèle simple qui résoudra réellement les problèmes de copyright.
Si toutes les professions en difficulté, au lieu de changer de modèle économique, réclamaient la création de nouvelles lois liberticides pour équillibrer leurs compte, où irait-on? L'éducation, la recherche, le développement technique ont fait que des majors n'avaient plus le monopole de la manipulation et du gravage des données. Ce qui va changer par rapport au monde d'hier, ce sont les modèles de distribution.
Les artistes ont toute leur place dans le monde de demain.
Mr Ciot, SVP, ne changez pas de travail. Pardonnez Ola, il ne sait pas ce qu'il dit.
Bonjour, juste une réponse amicale à Pierre Ciot.
La photographie est considérée comme un contenu important pour Slate.fr et les contrats que nous avons avec Reuters et Magnum représentent pour un site naissant comme le notre un investissement important.
Ce n'est pas du low cost et ce n'est pas pour se donner bonne conscience. Les images venant de Flickr sont d'ailleurs marginales sur le site.
Mais la question sera de savoir dans quelques mois si pour les lecteurs proposer des images de qualité sur l'information immédiate (avec Reuters) et de grands noms de la photographie (avec Magnum) fait une différence.
La culture de l'image de qualité disparait. L'éducation de l'oeil se perd. Je pense sans doute sous la profusion des images.
Cordialement
Je défends l'idée que cette loi est avant tout une loi... anti-vieux (enfin anti-préinternettistes), car elle sanctionne la méconnaissance de son installation informatique et non le piratage.
Il est très bien que des artistes intéressants et de bonne foi (et pas suspects d'être intéressés, comme Pierre Arditi, qui ne peut pas croire à un manque à gagner dans ses finances du fait du téléchargement) montent au créneau pour Hadopi, car ça permet de répondre sans a priori sur les idées et sur les faits plutôt que de répondre aux personnes et aux a-prioris qu'on a sur (contre) elles.
L'angoisse des artistes face à l'avenir est une donnée à prendre en compte. Ils acceptent toute solution qu'on leur vend comme "plus humaine" (sur le papier, deux mails et une coupure internet d'un mois valent mieux que de la prison et des milliers d'euros de dommages et intérêts), mais comme ils sont guidés par l'angoisse et qu'ils sont peu au fait des questions techniques, ils négligent de se poser les vraies questions : le problème existe-t-il ? Si oui la solution en est-elle une et à quoi aboutira-t-elle ? Le ministère pense que l'effet sera psychologique. J'en suis persuadé : du jour au lendemain, le téléchargement diminuera dans de grandes proportions. Mais un an après, faute de lancer une nouvelle loi "psychologique", je pense que le problème (s'il existe) sera revenu. On ne peut pas lancer des lois psychologiques tous les ans !
Une loi dans le vent qui annonce la tempête
Un auteur est avant tout une personne qui revendique la liberté d’expression individuelle.
Internet et les autoroutes de l’information ont été déployés dans la grande anarchie du libéralisme mondial.
Les amis du Fouquet’s ne savaient pas la bombe qui laisser se fabriqué.
Maintenant ils cherchent la répression sur un système qu’ils ont eux-mêmes mis en place.
Prendre en otages les artistes est insupportable et surtout intolérable. Nous les artistes, ils nous restent le chois entre rentré dans La recherche où allé fabriquer des pneus.
George Brassens écrivait, il y a longtemps :
Les jean-foutre et les gens probes
Médisent du vent furibond
Qui rebrousse les bois, détrousse les toits, retrousse les robes
Des jean-foutre et des gens probes
Le vent, je vous en réponds
S'en soucie, et c'est justice, comme de colin-tampon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudence, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau
Et Guy Debord revendiquait bien :
« Cours camarade, le vieux monde est derrière toi »
Anéfé, tout comme l'attitude d'un internaute qui cherchera à télécharger "illégalement" une oeuvre d'un artiste sera un acte injuste pour celui-là même qui en vit.
Bref , dans ce pays il y a certains droits et devoirs à respecter avec des lois qui existent déjà contre la reproduction/la copie illégale, mais ça certains internautes au nom d'une sacro-sainte liberté(on se demande bien laquelle) sur le web ne semblent pas vouloir en entendre parler. Pourquoi Internet serait une exception...
Pour beaucoup comme moi, il ne s'agit pas de défendre l'activité de téléchargement illégal mais simplement des libertés essentielles pour une démocratie comme le droit à un procès équitable, le refus de la provocation à la commission d'une infraction organisé par la loi, le refus de la délation.
Et aussi malgré mon âge certain se dire que notre monde doit s'adapter en permanence et ce dans le domaine culturel comme dans les autres.
Michel Reynaud,
malheureusement à situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles, quand à l'inefficacité d'une loi, comment peut-on avancer un NON catégorique tant que celle-ci n'est pas appliquée... j'entends après des discussions à l'assemblée ou même des concertations avec des organismes/associations représentant les différentes parties.
Ce n'est pas la loi qui est en infraction, et la citoyennetée elle existe aussi sur internet.
Le point dommageable pour ceux qui ne se sentiraient pas directement concernés par HADOPI, c'est qu'elle va de toute façon pénaliser le plus grand nombre, par ses mesures ou contraintes techniques, la sanction individuelle étant difficilement envisageable.
quand à l'inefficacité d'une loi, comment peut-on avancer un NON catégorique tant que celle-ci n'est pas appliquée...
N'importe qui avec des notions d'informatique et d'internet même basiques, celles qui sont déjà nécéssaires pour télécharger, pourra vous expliquer comment contourner cette loi, en partant de là ça me paraît peu probable qu'elle ait l'effet escompté, puisque pour schématiser on pourrait dire que les seuls qui pourraient être pris dans le filet sont des téléchargeurs occasionnels ou débutants qui ne sont pas du tout visés par cette loi. Rappelons que d'après Mme Anéfé la loi vise les téléchargeurs "opiniâtres" voire "frénétiques" selon ses propres termes, or il me paraît hautement improbable que ceux-ci ne prennent pas des dispositions, surtout qu'ils ont au bas mot un an et demi pour le faire...
Et peut-être aussi plus simplement parceque quand on demande aux gens qui téléchargent s'ils vont arrêter ils répondent non pour la grande majorité...
j'entends après des discussions à l'assemblée ou même des concertations avec des organismes/associations représentant les différentes parties.
Ah oui vous parlez de ces choses qu'il aurait fallut faire AVANT afin d'élaborer une loi qui tienne la route, c'est bizarre mais ça me paraît un peu bête de le faire APRES que la loi soit votée, chacun sa méthode hein...
N'importe qui avec des notions d'informatique et d'internet même basiques, celles qui sont déjà nécéssaires pour télécharger, pourra vous expliquer comment contourner cette loi
C'est bien le problème, pourquoi vouloir contourner la loi à tout prix... Si cette loi ne sera pas des plus efficaces,
elle sera peut être la moins mauvaise. Il faut bien essayer de rattraper le temps perdu sans avoir vraiment
légiféré sur ce sujet.
Et rien empêchera des aménagements par la suite.
A entendre ceux qui critiquent le système actuel car imparfait, je parle des grandes industries, la fin justifierait
les moyens. Pendant longtemps le consommateur y a trouvé son compte, avec le CD ou le DVD par exemple.
Comment l'internaute peut-il prétexter défendre un quelconque domaine culturel contre de telles lois,
alors que depuis le début il considère le web comme un espace qui lui permet d'avoir tout "autrement",
pour pas dire "librement", et ce uniquement pour la culture des loisirs.
S'il y a bien une "contre"-culture sur internet qui a tout sa justification et sa place, et qui est défendable,
c'est surtout celle qu'à pu engendrer le libre, alors que l'internaute fasse le choix qu'il a à faire s'il s'estime lésé,
mais qu'il ne demande pas le beurre et l'argent du beurre.
Hadopi et tout ce qui va avec, c'est un problème important, certes . Mais avouons qu'il y a de quoi être fatigué: des articles et commentaires à n'en plus finir. Le filon ne s'épuise pas apparemment.
Si jétais Slate, j'ouvrirai un site ou un onglet spécial Hadopitruc-machin-licenceglobale-P2P-Tor-Sandy et tutti quanti afin que les passionnés du zinzin puissent se retrouver ensemble et laisser les autres reprendre leur soufle et respirer un petit peu !
cordialement,
Il semble qu'une demande existe puisque ces articles sont régulièrement en tête de ceux les plus lus sur Slate. D'autre part vous avez sans doute remarqué que les titres commencent en général par ''Hadopi : ......'' et que dans le pavé de lancement figure en bas à gauche la mention "Hadopi". Rien ne vous oblige donc à cliquer dessus.
A moins que vous ne tentiez à travers votre commentaire une nouvelle forme de censure, je n'arrive pas à comprendre l'utilité de ce dernier.
Une nouvelle forme de censure, comme vous y allez ! Moi censurer quelqu'un ou quelque chose ???? A une autre époque, je vous aurai jeté le gant au visage et nous aurions eu à nous expliquer au pré haut clair illico ( lol x 3).
Donc, l'objet de mon commentaire était de mettre en avant qu'actuellement, sur Slate, Hadopi visiblement ne lassait personne (que moi ?). N'aurais-je donc point le droit d'émettre l'idée que ces discussions sans fin, même si le sujet est important, me fatiguent un brin ?
Pour avoir lu "tout hadopi-Slate" dans le texte depuis 3 semaines, un mois, j'osais juste émettre l'idée que, peut-être, si je peux me le permettre, avec tout le respect que je dois aux passionnés du zinzin, tout avait été dit sur le sujet...C'est vrai que nous n'avons pas eu encore l'opinion de BHL, de Jaffré, de Soeur Sourire, de Sarko ou d'Obama sur le sujet... Il y aura donc de quoi commenter encore et encore...
Et puis ne vous en déplaise Cher Cinquo, il n'y a pas qu'Hadopitruc dans la vie...
Cordialement et sans rancune,
Oh que je suis d'accord avec Corto ! Slate nous épargne un certain nombre de débats franco-français interminables (par exemple les antennes), mais en tant que "pure player" il faut bien qu'il ne se fasse pas trop mal voir de ses petits camarades de jeu...
Ce nouveau procédé à un nom : la licence globale. J'ai déjà eu l'occasion d'en vanter les mérites. Une somme minime, prélevée sur les recettes des fournisseurs d'accès internet, financera les auteurs, les interprètes, les cinéastes, les agents, les producteurs, les distributeurs. On met à contribution les véritables bénéficiaires.
Monsieur Attali, lorsque vous dénoncer les atteintes aux libertés individuelles que la loi Hadopi est susceptible de générer, je suis bien obligé malheureusement de vous entendre.
Par contre lorsque vous nous présentez la licence globale comme la solution miracle qui pourra justement rémunérer les artistes pillés par l'économie numérique, je crains que vous ne soyez en retard d'une révolution culturelle.
Vous faites le parallèle avec l'époque des radios libres. Mais la seule chose qui différenciait les radio-libres des radios périphériques, c'était la programmation musicale et la liberté de ton des animateurs et des journalistes. Leur modèle économique était identique, avec de la publicité diffusée à l'antenne pour assurer l'équilibre économique (d'ailleurs les radios réellement « libres » parce que financées de façon associatives ont vite disparues) et le versement de droits d'auteur aux sociétés de collecte et de répartition des droits.
Ce que vous appelez licence globale: Une somme minime, prélevée sur les recettes des fournisseurs d'accès internet, financera les auteurs, les interprètes, les cinéastes, les agents, les producteurs, les distributeurs. ce n'est, sous un autre nom, que de la gestion collective des droits.
Or c'est précisément ce modèle qu'Internet a fait exploser. C'était une solution adaptée au modèle culturel des années 80, où les auteurs, les producteurs et les consommateurs de produits culturels étaient distincts et clairement identifiés. Hadopi d'ailleurs cherche à préserver ce qui existait avant Internet et tire un voile pudique sur la création dans Internet.
Avec Internet, tout le monde est tour à tour auteur et consommateur. Et ça, avec la licence globale, vous ne pourrez pas l'ignorer. Des centaines de millions de gens pourront légitimement prétendre à leur part du gateau. Ainsi, si ma participation au forum de Slate est bénévole :-), par contre je ne vois pas pourquoi je ne serais pas rétribué au titre de la licence globale pour ma contribution à votre article ! Tous les jours des millions de personnes dans le monde ajoutent des photos, des poèmes, des textes, des vidéos qui sont autant d'oeuvres originales. La notion même de piratage auquel Hadopi prétend mettre fin, s'inscrit dans un courant antérieur à l'Internet et qui traverse encore l'art contemporain. Richard Prince artiste plagiaire et symbole de la bulle Lorsque les internautes piratent des auteurs en mettant en ligne leur playliste, sont-ils des pirates ou font-ils oeuvre d'auteur en donnant une nouvelle signification à chacune des oeuvres individuelles en les associant dans un nouveau tout ?
Dans la pratique, on va avoir un soupoudrage, une diffusion de la collecte telle que les auteurs pourront encore moins vivre de leur création qu'aujourd'hui. Prétendre ne distribuer qu'aux plus "méritants" serait nécessairement une aimable plaisanterie ! Qui va se couvrir de ridicule en acceptant de participer à une commission dont la tâche serait de nommer les artistes "officiels", ceux qui auraient droits à la licence globale ? (Bon, je vous accorde que l'on trouverait probablement facilement des volontaires, mais quelle régression ce serait en matière culturelle). Répartir proportionellement au volume des connexions, reviendrait à financer le pire d'Internet.... Il suffit de regarder les gros cartons du site ces derniers jours: un extrait pris sur Fox News de l'émission de Glenn Beck où l'on voit un invité s'évanouir ; une séquence récupérée elle aussi à partir d'une émission télé d'un entraîneur de foot brésilien qui frappe un arbitre ; une vidéo filmée avec un téléphone portable où Britney Spears se trompe en criant le nom de la ville dans laquelle elle donne son concert; et un pelotage de sein express dans le public d'un Masters de golf.
Alors c'est vrai qu'Hadopi présente un grand nombre de risque pour les libertés et de toutes les façons sera inaplicable. Mais s'il vous plait, ne faites pas comme si la licence globale était une nouvelle forme de rémunération et allait protéger les artistes.
La réalité d'aujourd'hui, c'est que les auteurs financent en grande partie l'économie numérique, sans y trouver la moindre compensation économique, bien au contraire. J'ajouterais d'ailleurs que, à supposer qu'il existe une solution, elle sera très difficile à mettre en place. Contrairement à ce que s'imaginent certains anti-hadopis naifs qui ont le sentiment de s'approcher du grand soir à chaque fois qu'ils téléchargent illégalement un film ou une musique, ça va dans le sens des intérêts du capital. Qui est prêt à s'opposer aujourd'hui au développement de la nouvelle économie ? En fournissant, involontairement, les contenus, les auteurs participent à son financement. Et ce n'est pas près de s'arranger avec ou sans licence globale.
Vous les contenus mis en ligne ne le sont pas pour des raisons pécuniaires.
Vous êtes volontaire pour contribuer, et vous n'en attendez ni revenu, ni reconnaissance. Les Extraits que vous citez sont certes débiles, mais si on compare avec le succès des émissions Jackass, il n'a rien d'étonnant. Se mettre en ligne sur Youtube ou autre en train de jouer la 5° symphonie à la flute à bec ne fait pas de l'auteur un artiste, seulement quelqu'un qui, quelque part, se vante de pouvoir le faire auprès de ses amis... Les raisons pour poster du contenu son / image / vidéos / texte sont multiples, et Internet est actuellement le média de l'image et du son, plus celui du texte (quelle évolution depuis ARPANet). Pour les photos, le problème est le même : la qualité de la photo (définition) importe peu pour une diffusion sur internet, alors qu'elle est vitale pour les travaux d'impression (presse, livres, posters ...). Comment rétribuer un artiste pour un JPEG 350x200 en 100 DPI ?
Toutefois, si il est vrai que la licence globale n'est pas la panacée (qui, combien, pourquoi sont les talons d'Achille de cette répartition), la loi HADOPI est ce qui pouvait être proposé de pire. Et sans contrepartie pour les artistes puisque les solutions existes déjà.
J. Attali agace. Il s'attaque aux corporatismes qui pensent qu'ils pourront arrêter le temps. Cette évolution n'a pas été programmé par de méchants capitalistes qui veulent restreindre les capacités de création. Le WEB fait aujourd'hui parti de nos vies. On est dans un mouvement inéluctable. Le monde de la création doit s'adapter et ne pas croire à des lignes maginots inefficaces. Croire que l'on ne pourra pas masquer son adresse IP pour télécharger est ridicule. Demain vous aurez de petits logiciels résidents qui systématiquement masqueront votre adresse. Le streaming répondra aux besoins de nombreux utilisateurs. Les playlists c'est génial! La licence globale ce n'est pas le paradis mais il faudra que les artistes s'en contente. Comme des millions de gens doivent s'adapter aux évolutions de leur métier.
Vous êtes volontaire pour contribuer, et vous n'en attendez ni revenu, ni reconnaissance.
Il me semble paradoxal de prétendre que l'on veuille s'adresser au monde au travers de son blog par exemple, sans en attendre de reconnaissance.
Et en ce qui concerne les revenus, la photographie est exemplaire, au travers des microstocks de la façon dont Internet et l'économie numérique ont pu sinistrer une profession.
http://www.slate.fr/blog/4179/le-miracle-de-la-photo-de-stock
http://www.slate.fr/blog/4261/flickr-le-filon-de-getty-images
Alors, il ne s'agit pas en l'occurrence de revenus, les sommes versées par les micro-stocks aux auteurs dont ils commercialisent les images sont dérisoires, mais de reconnaissance. Mais malheureusement, au travers de ces rémunérations symboliques, cette reconnaissance a ruiné toute une économie de l'image.
Comment rétribuer un artiste pour un JPEG 350x200 en 100 DPI ?
Ou un peintre pour une "petite" toile, un sculpteur pour un petit bronze etc. Qui va définir la taille en dessous de laquelle l'œuvre artistique ne mérite pas la qualification d'œuvre? En plus avec la généralisation du haut débit, les images ne cessent de grossir sur Internet. Alors faudra-t-il augmenter sans cesse la définition de l'œuvre protégeable en fonction des performances des tuyaux ?
La loi Hadopi, dont je suis également convaincu qu'elle est inapplicable, prétend traiter le net comme un support ordinaire. Vous voulez télécharger de la musique: payez des droits comme vous payez des droits lorsque aujourd'hui, vous achetez un CD. Le coût sera moindre, car les frais de fabrication seront inexistants, mais il faudra payer proportionnellement à sa consommation. Et toute la création propre à Internet, Hadopi l'ignore et laisse faire la gratuité. Les internautes rejettent majoritairement ce modèle et veulent la gratuité totale au nom, au mieux, du caractère sacré de la culture, au pire parce que les artistes s'en mettent plein les fouilles...
La licence globale, elle, suppose nécessairement que l'on définisse implicitement ou explicitement l'œuvre de l'esprit sur Internet. C'est un cache sexe fort pratique pour justifier le discours anti-Hadopi parce que en se prononçant pour la licence globale on peut à la fois s'opposer à Hadopi et ne pas passer pour un naufrageur des artistes. Mais dès que l'on s'interroge sur sa mise en place, on s'aperçoit, comme je l'ai dit dans mon précédent message, que c'est un modèle qui ne peut fonctionner qu'avec l'économie artistique d'avant Internet, lorsque les auteurs, distributeurs et consommateurs étaient clairement identifiés et que les auteurs étaient l'exception, les consommateurs, la règle.
En plus, diffuser des hardcopies de bronzes ou de toiles, c'est un peu hors de portée d'internet.
Le modèle de diffusion des photos a changé. La chaine graphique a changé. L'impression et l'imprimerie ont changé. Une photo sur un site qui s'est acquitté de tous ses droits pourra être copié, retouchée, et diffusée à l'envie. Ce qui n'était guere possible avant l'ere du numérique. Faire acquitter des droits sur une telle photo par tous les utilisateurs est tout simplement impossible, voir carrément utopique. La diffusion de la photo a changé, et c'est ce point que je mets en avant. Elle n'est plus reservée aux tirages papier figés.
A moins de stopper l'évolution technologique, revenir à l'argentique et aux 33 tours, on ne peut empecher qui que ce soit de numériser / dupliquer une oeuvre (sauf les peintures ou les scultures, la 3D holographique n'étant pas encore à notre portée), et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Alors de deux choses l'une : soit on réforme en profondeur le régime de rémunération des artistes et des ayant-droit, et on cherche une solution viable et équitable pour tout le monde, soit on légifère à tort et à travers sur des bases techniques dépassées. Les droits d'auteur ayant été allongés à 70 ans ( http://www.numerama.com/magazine/12725-Le-Parlement-Europeen-prolonge-les-droits-sur-la-musique-a-70-ans.html ), j'imagine mal comment tracer pendant cette période toutes les copies / adapatations / "piratages de ces oeuvres. A terme, existera t'il encore un domaine public ?
La licence globale a au moins le mérite de proposer quelque chose. Et ca doit pas être si terrible puisque c'est dant les cartons des majors ( http://www.numerama.com/magazine/12838-Choruss-3-majors-pour-une-licence-globale-aux-Etats-Unis.html ) et de la SACEM ( http://www.numerama.com/magazine/12601-Hadopi-la-Sacem-evasive-dans-sa-stupefaction.html ).
Pour HADOPI, et DADVSI avant elle, le logiciel libre, la diffusion libre de droit par des artistes en mal de reconnaissance ou déjà établis n'existe pas. Je ne prends pas la défense des "pirates", ils savent déjà ce qu'ils auront à faire pour éviter les foudre d'HADOPI. Je ne dit pas qu'un artiste quel qu'il soit ne doit pas être rémunéré pour son travail. Je pense juste que l'économie reposant sur la vente à la copie est morte. Je maintiens aussi que HADOPI ne rapportera pas un franc aux artistes, mais qu'elle impose de graves restrictions juridiques et pose officiellement les bases de l'espionnage numérique des internautes.
Nous disons en fait la même chose. Mais différement.
S'agissant de ces quelques artistes qui hurlent à la trahison du PS sur l'autel du capitalisme, je ne vois que non-sens voire vérité arrangée.
Il est évident que c'est HADOPI qui cherchent à célébrer le capitalisme (en forçant son modèle), et que, si on y tenait absolument, le téléchargement illégal s'apparenterait, au contraire, à une nouvelle forme de communisme : rien n'appartient à personne (et surtout pas la culture).
Il reste ensuite à analyser l'impact de ces 4 personnes sur la création culturelle récente (ie, celle visée par les "pirates" de notre temps) et la couverture médiatique que cet appel à cependant généré... Etonnant de voir cet appel-là de ces 4-là sur Le Monde...
Bref, j'adhère à votre analyse.
Et HADOPI est effectivement mort-né :
- Si elle aboutit, les premiers exemples de coupure mettront le feu aux poudres,
- Elle n'apporte aucun revenu à qui que ce soit,
- SURTOUT, l'offre technologique (qui existe déjà) s'adaptera à cette loi rétrograde !
En revanche, j'ai un sérieux bémol à apporter sur la licence globale...
Le parallèle fait avec la radio libre est illégitime, voire également une vérité arrangée.
Lorsque les radios sont arrivées, le modèle économique était le suivant :
1- La station de radio servant à diffuser de la musique sait déterminer l'exacte somme qu'elle doit à la Sacem (quelle musique, quelle part d'audience),
2- La publicité finance cette somme,
3- Le coût de la page de publicité est indexée sur le taux d'écoute de la radio.
Or, avec Internet, on est loin de l'équivalence à ce modèle !
Internet sert à tout, dont POUR CERTAINS, à télécharger.
Comment déterminer la part de ceux qui "écoutent" Internet à des fins illégales, de ceux qui vont sur des sites légaux ?
Si on admet qu'un "certain nombre" (combien au fait ?) télécharge, on admet aussi qu'un autre nombre (plus grand que le premier ?) ne télécharge pas.
Des petits vieux ont Internet pour envoyer un mail et pour voir leurs (arrière-)petits enfants grandir.
Taxer tous les utilisateurs pour l'usage illicite de quelques uns est, par nature, injuste et donc, contraire aux principes du PS !
Quelle taxe peut effectivement se targuer d'une telle injustice ?
Peut-être la redevance audiovisuelle... mais qui peut sérieusement admettre que le possesseur d'une télé ne regarde JAMAIS une seconde de France Télévision ?
Et bien sûr, la taxe sur les supports d'enregistrement : injuste également (et votée encore par le même PS)...
Car dire que tout CD ou DVD vierge, tout Disque Dur acheté sert à graver un média illégal est fallacieux et malhonnète.
L'effet de cette nouvelle taxe aura donc pour effet :
1- De diaboliser l'ensemble des Internautes,
2- De justifier les actions des pirates (je paye, donc je peux),
3- De pénaliser les "petits" artistes qui, s'il voient jamais un euro de cette taxe dans leur porte-monnaie, sera largement contre-ballancé par le montant de la taxe qu'ils devront payé également.
Je n'apporte pas la solution miracle (à part de faire baisser drastiquement le coût exorbitant de l'accès à la culture, et si nécessaire, les salaires non moins exorbitants de nombres de chanteurs), mais les solutions proposées par vous ou le gouvernement ne sont pas les bonnes pour autant !
Adrien