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Guéantomètre #5: un choc des civilisations fait gagner Claude Guéant

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot, mis à jour le 06.02.2012 à 13 h 17

Un «président jouisseur et sans entraves», deux points Godwin, un «connard» et un enfarinage: notre classement de la violence politique se situe encore dans le rouge.

Claude Guéant et un gendarme en tenue de camouflage lors d'une visite dans la centrale nucléaire de Chinon, le 6 janvier 2012. REUTERS/Charles Platiau.

Claude Guéant et un gendarme en tenue de camouflage lors d'une visite dans la centrale nucléaire de Chinon, le 6 janvier 2012. REUTERS/Charles Platiau.

Quoi de mieux pour fêter le premier mois d’existence du Guéantomètre qu’un cadeau de celui qui l’a inspiré? Claude Guéant a occupé la scène médiatique tout le week-end grâce à cette petite phrase prononcée lors d’un discours devant l’UNI:

«Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas.»

Une de ces déclarations provocantes dont le ministre de l’Intérieur a le secret, et qui récolte presque tous les bonus prévus par le Guéantomètre, faisant de lui l’homme de la semaine avec 487,5 points: moult réactions indignées (+20 pour la gauche qui monte au créneau et +10 pour le communiqué de SOS-Racisme, +30 pour l’accusation de racisme et xénophobie lancée par un opposant, +20 pour la qualification de «dérapage»), puis un superbe persiste-et-signe (+50) et le soutien de son parti (+20), sauf d’Alain Juppé qui calme –mollement– le jeu (-20).

Sans oublier un joli point Godwin (+100), avec le communiqué du secrétaire national de l’UMP Philippe Juvin où l’on trouve notamment:

«Accepter l'idée que n'importe quelle autre valeur égale les nôtres conduit un jour des hommes à collaborer avec ceux qui mettent des juifs dans les trains


Classement de la semaine:

  1. Claude Guéant: 487,5
  2. Nicolas Sarkozy: 485
  3. Marine Le Pen: 410,5
  4. François Hollande: 255
  5. Cécile Duflot: 202,5

Avec 485 points, Nicolas Sarkozy arrive en deuxième position grâce à son intervention télévisée du dimanche 29, qui lui a valu des moqueries de la gauche (et des reprises Google News) le lundi 30 et les jours suivants.

Marine Le Pen hérite d’une honorable troisième place avec son meeting de Toulouse, où elle s’en est pris à Nicolas Sarkozy, «président jouisseur et sans entraves», «irrespectueux des formes républicaines» ou encore «vulgaire, agressif, fanfaron» (+50 points pour insulte) et aux «menteurs» du système (+20).

Elle bénéficie aussi d’un coup de pouce des 500 manifestants qui protestaient contre la tenue du meeting, et qui ont sorti le classique mais non moins efficace slogan «F comme fasciste, N comme nazi» (deuxième point Godwin de la semaine, +100).

François Hollande se retrouve avec 255 points, pour avoir bien malgré lui attiré les moqueries et les articles avec son enfarinage (d'où des reprises Google News assorties d’un +30 pour les moqueries de Nicolas Sarkozy, d'un +20 avec le bonus «indigne» dans les réactions de son parti, le tout calmé par un -50 grâce à Henri Guaino qui a qualifié l’enfarinage de «pratique détestable» car «dans une démocratie les gens doivent se respecter»).

Mention spéciale à Cécile Duflot et son «connard» lancé sur Twitter à un journaliste sexiste (+202,5), et à Claude Bartolone qui a descerné «l’Oscar de la meilleure mise en scène» à Nicolas Sarkozy pour les vrais-faux ouvriers de sa visite sur un chantier de l’Essonne (+96).

Avec un total général de 1.936,5 points, la semaine du 30 janvier au 5 février n’atteint pas l’état d’alerte nucléaire de la précédente. Elle reste tout de même reste bien installée dans le rouge, et représente la deuxième semaine plus violente de la courte histoire du Guéantomètre.

Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot

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