Le retour des petits seins
Est-ce enfin la fin de la tyrannie des poitrines imposantes?
- Un défilé en 2007. REUTERS/Marcelo del Pozo -
Les fortes poitrines sont devenues la norme au début du siècle, et le phénomène ne semble pas s’estomper. Se faire augmenter les seins de manière radicale est désormais monnaie courante, peu importe les conséquences. Mais que se passe-t-il si vous vous assommez en courant pour attraper votre bus? Si vous ne pouvez entrer dans aucun vêtement tendance avec votre taille zéro et vos seins gros comme des melons? Cela vaut-il le coup pour attirer les regards des mâles alentour?
La nouvelle tendance dans les restaurants (les initiés les appellent déjà les breastaurants, contraction de «breast», qui signifie poitrine en anglais, et de restaurant) repose directement sur cet engouement pour les gros seins. Parmi les exemples de ce type d'établissements figurent le Chicka Latte, à Seattle, où les serveuses sont habillées en pompiers, en pom-pom girls et en pilotes de course, et le Tilted Kilt, qui compte plus de cinquante restaurants aux Etats-Unis et un au Canada. Il y a aussi le Pink Taco…
Mais tenons-nous en à notre sujet: par rapport aux bikinis des serveuses de ces breastaurants, même les tenues des serveuses de Hooters, la chaîne la plus célèbre, risquent de paraître discrètes, sobres et distinguées, sans parler de ce qui pourrait provoquer une attaque à mon pendant féministe.
Malgré l’engouement mondial pour les gros seins, je suis convaincu que la roue finira par tourner. Les modes sont de nature cyclique. Je sais ce que vous pensez: seul un gay peut sérieusement croire que les gros seins finiront par «être démodés». Pourtant, étant d’un certain âge, je suis suffisamment âgé pour me souvenir de l’époque des petits seins.
Petit retour en arrière
Fin des années 1960. Je suis au cinéma avec plusieurs camarades hétéros, qui ignorent mon désintérêt pour les femmes et sont tous obsédés par les seins de ces dernières. Nous sommes venus voir Performance, un film glauque et branché, avec Mick Jagger, Anita Pallenberg et Michèle Breton dans le rôle de trois artistes toxicomanes menant une vie de bohème à Notting Hill et faisant ménage à trois. Les scènes de nu ne manquent pas. Lors d'une scène où Mick et ses deux partenaires s'éclaboussent dans un bain, alors que j'essaye désespérément d'apercevoir les fesses de Mick, mes camarades n'ont d'yeux que pour les poitrines des deux jeunes femmes.
Plus tard dans la soirée, au pub, mes amis s'extasient sur les petits seins de Pallenberg. Ils sont particulièrement enthousiastes quant à la petite poitrine aguichante de Breton, qui tient toute seule. Pour eux, les gros seins sont l'apanage des serveuses et des stripteaseuses. Les filles cool comme Twiggy, Ali McGraw, Mia Farrow et les dégénérées citées ci-dessus étaient toutes très désirables malgré leurs petits seins.
Des images de la poitrine de mademoiselle Breton me sont revenues lors d'une récente séance de cinéma. Le film Millenium: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, comme ceux d'entre vous qui l'ont vu en seront malheureusement conscients, s'anime de temps en temps grâce à des scènes surprenantes de porno sadomasochiste, où tous les coups sont permis. Dès que le scénario commence à faiblir, l'actrice Rooney Mara et ses petits seins bien formés apparaissent.
Durant les scènes habillés et non pornographiques du film, je me suis demandé si la fascinante mademoiselle Mara et ses seins plats parviendraient à mettre un terme à l'ère des poitrines porno? Peut-elle réhabiliter les poitrines naturelles? Les petits seins, ou Bristols [1], redeviendront-ils populaires grâce à ce film?
Fausse joie
Mes spéculations optimistes ont faibli (un peu comme l'élastique d'une brassière vintage de Frederick’s of Hollywood) quand un ami m'a révélé que dans le tome 2 de Millenium, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, l'héroïne de Stieg Larsson, Lisbeth Salander, profitait des possibilités de la chirurgie esthétique pour se faire poser des prothèses mammaires!
En fait, tant qu'il s'agit d'hétérosexuels au sang chaud, la question ne se pose pas. Ces derniers sont trop occupés à fantasmer sur les gros seins pour penser à toute autre option. A cet égard, ils sont terriblement égoïstes. Après tout, beaucoup de femmes lorgnent sur les petites fesses des joueurs de football, mais combien d'entre vous, messieurs les hétéros grassouillets, seriez prêts à faire de la chirurgie esthétique pour le plus grand plaisir de vos compagnes?
Au final, les préoccupations en matière de santé pourraient bien clore le débat. Le New York Times a récemment publié un article sur le rappel de milliers d'implants défectueux, présentant des fuites (NDLE les fameuses prothèses PIP). Les autorités sanitaires françaises ont invité 30.000 femmes à se faire retirer ces implants suspects dès que possible, suivies des autorités allemandes et hollandaises.
Mais tâchons de terminer sur une note positive: savez-vous comment s'appelle mon breastaurant favori du moment? Twin Peaks. N'hésitez pas à surenchérir dans les commentaires en indiquant le nom savoureux d'un breastaurant près de chez vous ou fruit de votre imagination.
Bon appétit!
Simon Doonan
Traduit par Charlotte Laigle
(1) NDT: Bristols est l'argot cockney pour tétons (Bristol city rime avec tittie = téton en anglais). Retourner à l'article
Mis à jour le 06/02/2012 à 16h35

















































Toute cette standardisation est plus que pénible, elle nuit à l'acceptation et aux respects des différences. Elle conduit à l'intolérance et au rejet de ce qui n'est pas dans un moule formaté.
alors oui à la diversité et puis c'est tout !
Mince c’était la seule bonne contribution, au bonheur masculin, des chirurgiens depuis la grande guerre, faut pas que ca change.
Silicone ou pas les gros seins, c'est plus sympas !
En effet, se faire insulter de manière si facile et si généraliste (« messieurs les hétéros grassouillets ») par un vieux monsieur - si vous étiez présent à la fin des années 60, votre regard sur le monde n’est sans doute plus de la première jeunesse- m’amuse beaucoup. Votre analyse est complètement faussée un peu moins. Pourquoi donc me demanderez-vous ? Et bien parce que vous basez votre point de vue (comme 90% des gens) sur des hypothèses démagogiques complètement absurdes. Non, la lubie des gros seins n’est pas un fait nouveau, et surtout pas une spécificité des années 2.000. Les seins, gros ou non, ont de tout temps agi comme une force d’attraction sur les hommes (« les vrais » devrais-je ajouter afin d’usité de votre faux second degré plein de bonhommie acide…). Par ailleurs, vous rejetez l’entière faute sur nous autres mâles hétérosexuels. Mais à mon sens, ce sont les femmes qui se sont piégées elles-mêmes, à vouloir en faire toujours trop. Trop de maquillage, trop de froufrou, des robes trop courtes, des décolletés trop plongeants … Tout cela à annihiler l’imagination des hommes, les renvoyant à du concret, à savoir ce que l’on voit. Je finirais simplement par noter votre manque de partialité. Vous exposez un problème lié à la pornographie : les gros seins. Que pensez-vous du diktat de la minceur, de l’extrême maigreur qui sévit depuis plus de 20 ans dans la mode ? L’anorexie des top modèles imposée par des maisons de haute couture ? Pensez-vous vraiment qu’ici ce sont les hétéro grassouillet qui ont mené à cet dérive. Et plus important, ne pensez-vous pas que les hétéro grassouillet ont essayé de se réapproprier l’image de la femme que les homosexuels nous ont volé pour la modeler à leur envie … ? A bon entendeur.
PS : si vous souhaitez que je traduise ce commentaire en anglais, faites-moi signe
Voilà qui règle le problème ! Mesdames, soyez heureuses de ce que vous avez, vous trouverez bien une main à votre taille ...
J'exprime ainsi un point de vue masculin en assurant que le volume des seins n'est pas le critère déterminant de la séduction féminine contrairement à ce que les femmes peuvent penser.
C'est bien la relation heureuse, puis une ligne générale de corps qui est respectée, qui rend la femme attirante. Bien souvent, le sein est découvert assez tard dans l'intimité et il n'est donc pas le critère absolu qui exigerait le recours à la chirurgie esthétique. les femmes peuvent le comprendre lorsqu'il est question pour les hommes de penser à un "allongement" pénien qui n'ajoute vraiment rien à leur séduction... Même, pour noter un peu d'humour, s'il peut éviter de trop grands rires dans l'intimité !
En résumé, le charme ne repose aucunement sur 300,500, ...g de gel mou supplémentaire qui peut plutôt provoquer un rejet ou de fortes craintes lorsqu'il s'agit de reconnaître manuellement le terrain !
Laissons à la nature ses droits et vivons dans cette saine option autant que possible.
A titre personnel je n'arrive pas a comprendre toute cette mode androgine d'un coté comme de l'autre. Les femmes se mettent à aimé les minets taillé dans un spaguetti, et le regard des hommes se porte sur les femmes sans aucune formes. Elles sont loin les années 90 ou l'homme le vrais, devait avoir les épaules solides et le pac de 6 solidement implanté sous des pectoraux d'acier pour impressionné madame. Et celle ci d'avoir sans complexe une poitrine pulpeuse et un postérieur rebondit... Des cannons de beauté que nos illustres ancêtres romains et grecs louaient déjà car ils étaient synonyme de bonne santé.
Je n'irais pas jusqu’à parler de pédophilie, mais je trouve étrange d’être attiré par un corps sans forme (masculin ou féminin) à la limite du prépubertaire. Mais bien entendu malgré tout ce que l'on peut dire sur nos préférence physique, allons nous confondre ce que nous désirons, et qui nous aimons? Bien souvent face à l etre aimé nous faisons abstraction des "défauts" physiques pour nous concentrer sur autre chose.