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Chez l’homme, éjaculer c’est jouir?

Planète Santé , mis à jour le 14.02.2012 à 17 h 00

On croit souvent que la jouissance est liée chez l’homme au phénomène physiologique de l’éjaculation. Cette conception de la jouissance masculine est-elle vraie?

Un couple s'enlace Sabrina Campagna via Flickr CC License by

Un couple s'enlace Sabrina Campagna via Flickr CC License by

Physiologiquement, l’éjaculation et la jouissance sont étroitement liées chez la plupart des hommes. Pour autant, la mécanique du plaisir masculin est plus complexe et ne suit pas toujours de façon aussi linéaire le chemin classique: désir, excitation sexuelle, éjaculation et orgasme. En réalité, l’homme peut très bien ressentir du désir et du plaisir dans l’acte sexuel sans aboutir à une éjaculation (ou difficilement) et à un orgasme. Il peut avoir une éjaculation sans y trouver un véritable plaisir, voire même en ressentant une forme de douleur. «Ces scénarios sont problématiques surtout s’ils génèrent de la souffrance à l’un ou l’autre des partenaires», souligne Christian Rollini, psychiatre et psychothérapeute à Lausanne, spécialiste en sexologie et en thérapie de couple.

Mécanismes psychologiques

Aussi, l’intensité de la jouissance masculine – comme chez la femme d’ailleurs – est labile et influencée par de nombreux paramètres: la fatigue, le stress, la maladie (dépression, dysthyroïdie, etc...), la prise de médicaments, etc... D’autres facteurs psychosociaux peuvent également venir troubler la capacité à avoir du désir sexuel, à éjaculer et à jouir. Chez l’homme, des mécanismes plus psychologiques, conscients ou non, comme par exemple une vision négative de la sexualité (pénétration ressentie comme un acte agressif par exemple) peuvent limiter la sensation de plaisir paroxystique. Il pourrait en aller de même, si la sexualité devient un terrain de règlements de comptes dans le couple ou si des déséquilibres, mal vécus, dominent la relation. Un homme dont la partenaire désire un enfant, mais pas lui, pourrait perturber son éjaculation (dont la fonction première est reproductive) dans sa dimension orgasmique, soit dans le plaisir ressenti.

La représentation même de ce qu’est la jouissance est très personnelle. Pour certains, c’est une pure décharge de tension qui conduit à une sensation d’apaisement, pour d’autres, l’orgasme sert à combler un vide intérieur, donne le sentiment d’exister, de se sentir viril ou de ne faire qu’un avec l’autre. Les valeurs, les attentes au même titre que les contraintes psychosociales que l’on fait peser, bon gré mal gré, sur sa sexualité ont également un impact fort sur sa capacité à lâcher prise et à accéder à la jouissance suprême.

Elodie Lavigne

Planète Santé
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