La seconde rupture sarkozyste
Sarkozy 2 mise sur l'offre et la rigueur, à l'opposé du président du pouvoir d'achat. Mais pourquoi maintenant, pour les 100 derniers jours? Une nouvelle fois, l'Elysée improvise à la dernière minute.
- Nicolas Sarkozy le 29 janvier 2012. REUTERS/Lionel Bonaventure/POOL -
Que Nicolas Sarkozy n’a-t-il pris ces décisions, et d’autres dans la même veine, à l’été 2007, à son arrivée à l’Elysée! La «rupture» eut été franche avec le ni-ni des années Mitterrand 2-Chirac-Jospin-Chirac.
Le président nous a infligé à sa prise de pouvoir les ruineuses lois Tepa, venues on ne sait d’où, sur les heures supplémentaires, le bouclier fiscal et les héritages, qui se sont ensuite écroulées, une à une dans le quinquennat.
Erreurs de départ funestes! Elles furent décidemment de tous ordres et nombreuses, ces erreurs du nouveau président qui s’était finalement bien mal préparé à sa tâche.
Mais voilà donc, enfin, la rupture y compris avec son propre quinquennat: Nicolas Sarkozy opte pour la compétitivité, pour les usines, pour la production, pour la politique de l’offre.
Jusqu’à hier, il voulait jouer sur les deux tableaux, offre et demande, comme ses prédécesseurs. Jusqu’à hier, il croyait ne pas avoir à choisir, expliquant que la demande crée l’offre et vice-versa, bref ne faisant les réformes structurelles qu’a minima, et faisant payer la croissance française par le déficit.
Adieu le président du pouvoir d'achat!
Mais c’est fait: la compétitivité va primer sur la consommation. Adieu le président du pouvoir d’achat! Voici Sarkozy 2, l’homme de la stratégie de l’offre et de la rigueur! On comprend que ce sera l’axe de sa stratégie électorale: à lui le courage de dire que la situation de la croissance et de l’emploi est très grave, et qu’il faut être allemand. Lui qui ne l’a pas été…
La hausse de la TVA de 1,6 point se traduira par une hausse des prix. Nicolas Sarkozy le nie encore: il croit devoir promettre que la concurrence empêchera les entreprises de grossir les étiquettes.
On verra, mais les exemples de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l’Italie prouvent le contraire.
L’essentiel est que cette décision ne suffira pas. Le différentiel avec l’Allemagne s’est creusé beaucoup plus, il faudrait en faire trois fois plus, ce qui passe par d’autres baisses de cotisations sur les entreprises, compensées soit par de nouvelles ponctions sur le pouvoir d’achat soit pour l’Etat providence par des baisses de dépenses.
Nicolas Sarkozy n’a pas tort sur le constat européen général. C’est vrai que la crise financière se calme depuis le mois de décembre et la décision de la Banque centrale européenne de refinancer les banques. L’amélioration de la conjoncture américaine ouvre aussi des perspectives meilleures.
Mais pour l’heure, nous sommes en récession, le mot n’a pas été prononcé, et la priorité est la croissance et l’emploi. La finance va mieux, l’économie pas.
Des mesures surprenantes
Dans ce contexte, la question française est d’aller plus loin et d’inventer une stratégie de l’offre qui n’impose pas des sacrifices sociaux aussi durs qu’en Allemagne.
Il faut inventer une macro-économie très fine qui préserve ce qui peut l’être de la consommation, qui reste le meilleur moteur de la croissance en France, tant que les mesures sur l’offre ne prennent pas le relais (par l’exportation), ce qui prendra du temps.
En parallèle, il faut revoir les dépenses publiques, sans doute à la hache, si l’on veut que l’allègement de l’offre soit conséquent sans trop peser sur les revenus des ménages. L’équation n’est pas simple.
Les mesures annoncées par le chef de l’Etat sont parfois surprenantes. Dans l’immobilier, la modification à la hausse de 30% du COS (coefficient d’occupation du sol) renvoie à beaucoup de débat sur le foncier. Notamment à Paris où il suffirait, paraît-il, de rehausser tous les immeubles d’un étage pour régler la pénurie. On imagine les dégâts possibles sur la qualité des toits parisiens…
D’une façon plus large, cette décision étonne: on a limité les COS pour conserver de l’espace libre. D’un coup, l’urbanisme est changé, les efforts d’hier sont anéantis. Attention au papillonnage! Sans compter qu’une construction neuve 30% plus grosse va faire des jaloux dans le voisinage…
Mais tout est à cette aulne: l’Elysée improvise à la dernière minute.
Et on en revient à l’interrogation de départ: pourquoi prendre ces mesures seulement maintenant, à 100 jours du scrutin présidentiel?
Eric Le Boucher
Mis à jour le 30/01/2012 à 11h29


































Donc, voilà que tous ses dogmes et toutes ses idoles s'effondrent. Les Etats-Unis choisissent même un président qui a un discours de gauche qui lui vaut d'être traité de communiste par les conservateurs américains.
Le petit Nicolas se cherche des postures et, tout comme ses premiers couteaux qui l'entourent, ne sait plus comment aborder les problèmes générés par cette crise mondiale. Normal. Leurs croyances étaient à l'origine de celle-ci. Narcissique et égocentrique au point d'excéder tous nos voisins, le voilà qu'il enfourche le cheval et la tunique de Zorro, le chevalier masqué qui va sauver la planète de la finance délinquante.
Personne n'y croit une seule seconde.
Tout n'est qu'effet de manche: je voudrais ici rappeler son célèbre : LES PARADIS FISCAUX, C'EST FINI!. Et j'en passe et des meilleurs.
Hier, dans lors de son émission aux relent staliniens diffusé sur tout le PAF, il a semblé en difficulté, ne plus être en mesure de convaincre, car les français, entre-temps, on compris qu'il n'était pas un président digne de confiance, mais un prestidigitateur habile, qui tout en ayant perdu ses convictions sur la supériorité du système ultra-libéral américain, n'en reste pas moins, fasciné par l'argent de manière pathologique, comme le prouve son pseudo-off en Guyane où il a affirmé qu'il allait, en quittant la politique, peut-être enfin faire de l'argent.
Sachant qu'il a thésaurisé en gros 60 mois à 20.000 euros, ce qui fait 1.200.000 euros, car il vit au frais de la princesse depuis son entré à l'Elysée, s'est marié à une femme fortunée, donne une idée de ce que cet individu néfaste appelle "faire de l'argent", dans une France où le revenu moyen mensuel est de 1500 euros.
Après le programme liberal à l'anglo saxonne de 2007, voici poindre le capitalisme rhénan.
Dans tous les cas ce sont les mêmes qui gagnent. Parce que la baisse de cotisations remplacée par la TVA aura le même effet que la baisse de TVA dans la restauration: Améliorer les marges des entreprises qui vont empocher la majeure partie de la différence. En contrepartie il y aura très peu d'embauches. A quoi bon? Les bénéfices sont améliorés directement et sans avoir à investir ni développer d'activité. On fait la même chose et on gagne plus.