Hadopi est-il de gauche ou les artistes sont-ils de droite?
- Des artistes pour Hadopi, au théâtre de l'Odéon le 30 mars 2009. Julien Attard / SACD -
Depuis quelques jours, on assiste à une dérive spectaculaire des débats qui entourent la pénible adoption de la loi pour la protection de la création sur Internet. Après le rejet surprise du texte le 9 avril pour cause 1/ d'absentéisme suspect des députés de l'UMP ou 2/ de manœuvre voire de filouterie de l'opposition (rayez la mention inutile), un certain nombre d'artistes de la musique et du cinéma ont pris fait et cause pour le projet de loi pour faire ce que la majorité attendait d'eux depuis longtemps: soutenir publiquement et médiatiquement la loi Hadopi.
L'argument avancé pour convaincre le PS de voter le texte a de quoi surprendre: les artistes demandent aux socialistes de «redevenir de gauche». C'est l'essence même d'une lettre envoyée en début de semaine par quatre artistes, comédiens et chanteurs, Pierre Arditi, Michel Piccoli, Juliette Gréco et Maxime Le Forestier: «Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui assassine la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'Histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique. En faisant échec au vote de cette loi à l'Assemblée, vous nous avez adressé un message de rupture. Par la présente, nous en accusons réception. Vous avez perdu notre soutien. Quand vous redeviendrez de gauche, vous saurez où nous trouver.»
Logique et sophisme
Les artistes ont évidemment le droit de défendre leurs intérêts ou ce qu'ils pensent être leurs intérêts. Il est plus étonnant que leur objectif - maintenir le système de droits d'auteurs et de production culturelle actuel - dévie sur des questions purement politiques. En cela, ils actent que la loi ne répond pas à leur objectif principal. «Tout n'est pas parfait dans le texte, le raisonnement sur ces questions doit évoluer, explique Pierre Arditi à Libération. Mais la loi a pour première vertu de rappeler que le droit d'auteur existe...». On est clairement dans une logique du moins pire, logique que les intéressés se doivent d'étoffer pour justifier une telle prise de position. Et on en vient donc au chantage politique reposant sur un sophisme: les artistes sont de gauche, la gauche soutient les artistes, les artistes soutiennent Hadopi, donc la gauche soutient Hadopi.
La problématique centrale n'est pas — l'a-t-elle été? — de savoir si la loi va résoudre le problème du financement de la création et de ses auteurs, mais elle se résume à deux questions: Hadopi est-il de gauche? Ou les artistes sont-ils de droite si tel n'est pas le cas?
«Venez au front avec nous»
L'implication des artistes dans cette loi remonte au 4 mars dernier, juste avant le début de l'examen de la loi au Palais-Bourbon. Le groupe UMP à l'Assemblée nationale convie des producteurs de musique, de cinéma, mais aussi des artistes, des auteurs, à venir discuter du texte à venir. Il s'agit de convaincre la majorité silencieuse de l'UMP de voter la loi comme un seul homme. Le débat se veut ouvert et quelques députés demandent expressément aux artistes de monter au front avec eux. Ils se sentent seuls face à la polémique qui enfle sur le Net principalement, et ils ne veulent pas montrer au front sans les artistes qu'ils pensent défendre. BienBienBien rapportait ainsi les propos d'une députée de la majorité: «On se fait insulter pour défendre ce texte qualifié de liberticide et vous, il y a quatre jours, aux Victoires de la musique, vous n'avez pas dit un mot à part des mercis à votre public. C'est nous, politiques de l'UMP que vous devriez remercier. Venez au front avec vous, nous avons besoin de vous».
Un appel qui sera entendu par un certain nombre d'artistes qui vont dès lors occuper l'espace médiatique pour expliquer tous les bienfaits de cette loi. Thomas Dutronc, un des plus gros vendeurs de disques de ces dernières années, n'hésitera pas à porter la bonne parole entre deux concerts et ira même jusqu'à dénoncer le «génocide» provoqué par le téléchargement illégal. La Sacem rend public une pétition de ses sociétaires soutenant la loi, une pétition très contestée.
Pétition contre lettre ouverte
Le 30 mars, avant la reprise des débats interrompus quinze jours plus tôt, une vingtaine de cinéastes-scénaristes (Jean-Jacques Annaud, Jean-Claude Carrière, Alain Corneau), et de musiciens (San Severino, Bertrand Burgalat, Françoise Hardy, Renan Luce...) se réunissent au théâtre de l'Odéon pour défendre la loi. A chaque fois, la position des socialistes est évoquée, mais plus à mots couverts pour souligner la contradiction entre les sénateurs PS qui ont voté la loi et les députés PS qui s'y opposent et s'éloignent ainsi du monde de la culture. Cette question éclatera surtout après le rejet de la loi dans un hémicycle autant déserté par l'UMP que rempli par le PS. Dès lors, l'opposition de la gauche à ce texte va devenir le cheval de bataille de l'UMP, des producteurs et des artistes. Dans le camp d'en face aussi, on y va de sa lettre ouverte: une trentaine d'acteurs et de réalisation dénoncent une loi «démagogique, bêtement ignorante des nouveaux procédés de téléchargement et purement répressive». Et au PS, on déplore une instrumentalisation des artistes par le gouvernement et les producteurs.
En réalité, la vraie cassure n'est pas politique mais générationnelle. Pas forcément une question d'âge — même si des esprits malins soulignent la moyenne d'âge de 72 ans de la lettre ouverte envoyée au PS lundi — mais d'appréhension des enjeux de cette loi. D'ailleurs, aucun des deux camps n'a trouvé de réponse valable pour adapter le financement de la création à l'heure des nouveaux modes de consommation issus à la révolution numérique. Ceux qui demandent à la gauche de voter le texte ne cherchent qu'à prolonger le système actuel le plus longtemps possible, c'est en cela que la cassure est générationnelle. Peu importe donc que les artistes soient de gauche ou de droite, ils apparaissent surtout dépassés, car cherchant une réponse aux conséquences d'un problème, en l'occurrence le téléchargement illégal - et non à ses racines les plus profondes.
Goethe, RDDV et Olivennes
Alors reste une question: Hadopi est-il de gauche comme veulent s'en persuader les artistes? Assurément non parce que c'est une loi bancale et inadaptée à son temps. Aucun rapport, me direz-vous, entre la question et la réponse. Pas si sûr. Pour paraphraser Goethe, être de gauche, c'est préférer le désordre à une injustice. Le désordre est là. L'injustice arrive. Et le pire, c'est que le désordre restera.
Car que ce soit la seconde version de loi sur les droits d'auteurs liés au numérique de Renaud Donnedieu de Vabres en 2006 ou les travaux commission de Denis Olivennes dont est issue la loi Hadopi, à chaque fois, un des objectifs affichés est de réconcilier l'univers de la création et celui d'Internet. Et à chaque fois, c'est l'inverse qui se produit, en 2006 comme aujourd'hui, et la fracture est au final un peu plus importante et douloureuse de deux côtés.
Matthieu Josse
En une: des artistes pour Hadopi, au théâtre de l'Odéon le 30 mars 2009. Julien Attard / SACD
Mis à jour le 07/05/2009 à 17h44










![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)





























Quand on lit que certains sont capables de parler de "génocide", on se demande si une partie de ces artistes ne sont pas seulement dépassés, mais aussi incultes :-)
Cette loi, et tout particulièrement sa défense par une partie du milieu artistique, tiennent d'un conservatisme navrant. Tous les artistes ne se prétendent pas pourfendeurs du pouvoir, de l'ordre établi, de la société dans laquelle ils vivent. Soit. Ce n'est pas plus mal, d'ailleurs, une telle prise de position deviendrait vite lassante et monotone, et l'art reflète le monde dans lequel il est créé plus que tout autre chose.
Mais c'est bien là le problème : le monde actuel est celui du numérique, du virtuel, de l'information en gigabits et de la diffusion mondiale quasi instantanée. Les internautes qui téléchargent illégalement ne cherchent pas (et c'est bien le paradoxe de la situation ) à faire couler les artistes, bien que ceux-ci perdent une partie de l'argent qu'ils méritent et de leur gagne-pain. Les internautes téléchargent les pistes de musique et les films parce qu'ils leur plaisent ! Et la technologie internet permet de faire découvrir plus vite et à plus de gens des créations artistiques qu'ils n'auraient sinon jamais connues. Il est certain que cette pratique peut mettre en danger "l'équilibre financier" de tel ou tel artiste. Mais - j'insiste une nouvelle fois - si les internautes n'étaient pas prêts à payer, comment expliquer le succès des téléchargements légaux, c'est à dire payants ?
Ceci montre bien que le problème n'est pas dans la joie perverse de fouler aux pieds les droits d'auteur, mais dans le prix excessif qu'il faut payer pour accéder à la culture. Ce prix ne vient pas de la création artistique, mais de la production, tant cinématographique que dans les maisons de disques. Aujourd'hui, avec un serveur peer to peer et un graveur DVD, on créé un film sur support disque pour une bouchée de pain. Comment expliquer qu'un DVD équivalent coûte 20, 25 euros dans un magasin ? Avec le même serveur peer to peer et un lecteur MP3, on a plus besoin de payer 20 euros pour un disque de 12 pistes.
Il est délibérément provocateur, mais non pas moins vrai, de dire que l'industrie du disque est un intermédiaire parasite entre le créateur et son public. Les moyens de rendre sa création accessible online sont légion, du petit site personnel à la grande plate-forme de téléchargement. Encore un intermédiaire, me direz-vous, mais celui-ci acquiert la légitimité qui autrefois appartenait à l'industrie du disque, mais qui aujourd'hui l'a perdue.
Pour revenir enfin à la réaction des défenseurs de cette loi, rien ne dit que l'adaptation à une espèce de "tout virtuel" lèserait les artistes. Au passage, il existe des copies pirates d'un nombre incalculable de films et disques musicaux, partout dans le monde, dans le pays moins aisés que le nôtre, mais ici également. Internet n'a rien initié. Cette loi et le rejet absolu de la diffusion internet des créations relèvent plus d'une espèce de fantasme, de peur du nouveau et de l'inconnu, d'obsession de conserver l'ordre des choses. Mais il n'y a rien de gauche dans cette attitude réactionnaire, ni dans cette loi.
Merci pour ce commentaire plein de bon sens !
En effet si cette loi catastrophique pour tous, partageurs, artistes et la liberté devait se maintenir et s'appliquer nous ferions comme avant, comme autrefois. Rappelez-vous cette époque de rareté où nous échangions les supports (33t puis vinyles) pour les enregistrer avec les moyens du bord (teepaz + revox pour les plus riches), les cassettes des émissions de jazz de JC Averty (à vos cassettes !), de celles des concerts de France Musique ou des émissions de France Culture qui traversaient la France après contact par petites annonces radio ou sur la revue de FC ...
L'industrie de la diffusion organise la rareté en pratiquant des prix dissuasifs qui ne rémunèrent pas les artistes de manière juste. Il faut rappeler que les gros échangeurs sont aussi les gros acheteurs de supports enregistrés ( retour financiers aux industriels, distributeurs et artistes) et vierges ( mêmes retours financiers, comme pour la photocopie qui , on le sait, ne copie plus des livres massivement depuis longtemps, l'informatique a changé la donne et chacun sait que copier est plus cher que le support papier pour un livre ou une revue complète). Si elle ne sait pars s'adapter aux échanges en ligne (payants ou pas ), elle en mourra.
Alors pour d'être sûrs de nos parades et en attendant que des échanges payants (pourquoi pas ?) ou non nous permettent d'accéder à tout le répertoire de manière saine et satisfaisante pour tous , nous expérimentons tor, le cryptage, les forums et le reste, nous pratiquons le "beer to peer" et buvons un coup avec notre complice à une terrasse de bistrot pendant que la clé usb, la carte mémoire, le CD ou le HD externe chargent leur contenu sur un micro portatif (j'ai un DDE 120 Go usb qui fait le tour des potes et nous y écahngeons nas trouvailles) . Au moins cette loi liberticide rendra les geeks plus intelligents, les échanges plus sympas et relancera les cafetiers. Avec quelques amis linuxiens (il faudra que la ministres qui semble si compétente nous explique comment installer un mouchard sur nos systèmes, sur BSD, ou des ordinosaures avec W95, MSDOS ou autres vieilleries qui marchent encore) nous paufinons nos façons de récupérer les streams (pas plus difficile que d'enregistrer une émission ou un film avec un magnétoscope) et de les échanger ensuite de manière anonyme. Quant au tatouage numérique il nous fait rire comme les DRM nous ont fait marer.
Travaillons, réfléchissons, et quand nous aurons trouvé les bonne parade cette loi de m. sera aussi inopérante et dépassée que la précédente DADVSI , sinon que le cheval de Troie de Big Brother sera installé et fliquera les systèmes des trouillards : pour ce mouchard la seule parade possible est le boycott massif, nous le savons bien !
Quant aux créateurs, il faut leur rappeler que cette loi ne leur rapportera rien au contraire !
Alors à vos claviers, à vos neurones et place à l'intelligence.
Cordialement,
raudi
la culture à Metz ... autrement
mél: raudi@free.fr
http://raudi.free.fr
- La GAUCHE est au service du peuple, CONTRE les patrons, les financiers, les indépendants qui gagnent eux-même leur vie en faisant payer des "clients" (c'est à dire le peuple).
- Les ARTISTES sont des indépendants qui ont besoin de clients, donc du peuple, pour payer leurs produits (que ce soit à l'unité ou au forfait). En tant que tel, ils devraient logiquement être de Droite... sauf que leur OEUVRE est elle-même au service du public (= de Gauche) : on les considère donc comme étant de Gauche. Eux-mêmes, d'ailleurs se considèrent de Gauche, même lorsqu'ils gagnent de multiples fois le SMIC et qu'ils ont tout pouvoir sur leurs employés (des précaires intermittents, bien souvent). Une grosse rigolade, soit dit en passant !
- HADOPI est clairement une politique conservatiste (maintenir le système actuel) de Droite (prix unitaire d'un produit et protection contre le vol).
Le titre de cet article fait la même confusion que celle qui est dûe à la double nature des artistes et de leurs oeuvres : si HADOPI protège les OEUVRES des artistes, à la porté humaniste et universaliste, c'est qu'elle protège la GAUCHE... HADOPI serait donc de Gauche ? Mais non : elle protège la rémunération à l'unité de l'ARTISTE ! Donc sa part "de Droite".
- LA LICENCE GLOBALE, elle, est clairement de GAUCHE... et même d'EXTREME-GAUCHE. Son but : nationaliser l'industrie des Loisirs (musique, vidéo, livre) au sein d'un organisme unique (bientôt récupéré par l'Etat) chargé de forfaitiser les paiements grâce à une redevance (calculée selon quels critères ? Qui va imposer ce barême ?) et de redistribuer la mane ainsi obtenue aux professionnels affiliés... Ah non ! même pas à ceux qui s'affilient : à TOUS les artistes obligatoirement intégrés dans ce système, camarade ! Seule concession à la Loi de l'Offre et de la Demande : les artistes n'ont pas tous le même salaire et gagnent plus ou moins selon leur (mérite ?) notoriété. Du moins, jusqu'à la SECONDE révolution égalitariste, déjà prévisible (la première révolution étant : "tous les acheteurs payent la même chose, qu'ils aient ou non besoin du produit", et la seconde : "tous les créateurs gagnent la même chose qu'ils soient ou non populaires")...
Mais un peu trop gros tout de même...
Si on considère la licence globale comme une idée d'extrème gauche en imaginant par avance toutes les dérives possibles même les plus farfelues, alors il faudrait aussi considérer l'Hadopi non pas de droite mais d'extrème-droite ... On nous impose quand même un système dans lequel vous aurez l'impossibilité totale de prouver votre innocence en cas d'erreur à moins d'être un grand expert en informatique ou d'avoir installé par avance un logiciel de contrôle labelisé par Hadopi dont les spécifications et le mode opératoire resteront des secrets... Vous aurez donc là aussi comme dans le cas de la licence globale payé pour une chose dont vous ne pensiez pas avoir besoin, et pour cause puisque cette chose n'existait pas, c'est la loi Hadopi qui a créé ce nouveau délit qui est le défaut de sécurisation de connection internet vis-à-vis du téléchargement illégal.
En outre l'Hadopi comporte un volet d'experimentation de filtrage de contenus, je serais bien surpris que cela ne donne pas lieu à des dérives ni de droite ni de gauche mais tout simplement dangereuses...
Imaginez que le Code de la Route n'existe pas... et qu'un beau jour, le gouvernement décide de le créer : les conducteurs auraient un horrible sentiment de perte de liberté ! L'obligation de payer une contravention avant de pouvoir la contester ou de devoir payer pour une fausse plaque d'immatriculation ou de contrôler la durée du trajet des chauffeurs routiers avec un mouchard... semblent liberticides également ("cette chose qui n'existait pas" dites-vous ?). Et pourtant cela marche, sans que nous vivions pour autant dans un monde dictatorial. Le sentiment de perte de liberté sur le net est du même ordre.
Pour autant, je suis de votre avis : il n'y a pire exemple, pour des individus à éduquer, que de leur imposer des lois qu'ils pourront facilement outrepasser ! Cela leur donne un sentiment d'impunité qu'ils n'avaient que modérément auparavant. Autant ne pas créer de lois, ce serait moins dangereux pour la morale ! Le gouvernement compte maîtriser au moins les "petits" pirates, peureux et obéissants, sachant très bien que les plus dégourdis (dont les jeunes) n'en auront cure... Je pense que c'est l'idée de base. Mais vous avez raison : cela n'aura qu'un temps et il faudra bien trouver autre chose.
Cet "autre chose" serait la LICENCE GLOBALE ? Je n'aimerais pas, elle m'inquiète au plus haut point ! Mais je ne vois rien d'autre... Vous avez aussi raison : une politique BIG BROTHER pourrait très facilement s'installer dans un gouvernement d'Extrême Droite. J'espère juste avoir démontré que tout système, fut-il aussi original que la Licence Globale, pouvait avoir ses dérives... (merci pour le 15/20 !)
La GAUCHE est au service du peuple, CONTRE les patrons, les financiers, les indépendants qui gagnent eux-même leur vie en faisant payer des "clients" (c'est à dire le peuple).
Vision caricaturale. Quelques arguments pour nuancer :
- les patrons et les financiers font tourner l'economie, sans eux le peuple n'aurait pas de boulot. Arretons d'etre jaloux de ceux qui ont travaille dur pour etre au-dessus des autres dans l'echelle sociale : ca n'a rien d'illegal.
- vous decrivez l'ideal de gauche, mais quand le PS est au pouvoir, sa politique est-elle tellement differente de celle de la droite ? Le PS est-il meilleur que l'UMP pour reduire le nombre de SDF ou de travaillleurs precaires ? Non. Un parti ne se definit pas par ses promesses de campagnes electorales, mais par son bilan, qui dans le cas du PS est bien loin de ce qu'il promet depuis des lustres. Exemple: Lionel Jospin a privatise plus que n'importe quel autre premier ministre de droite.
- Segolene Royal a admis (et c'est a sa decharge, enfin un peu de courage) etre l'amie de Francois Pinault. Les politiques de droite comme de gauche ont des relations incestueuses avec les hommes d'affaires. Sauf que ceux de gauche, eux, ne peuvent pas l'admettre en public, puisque ca casserait leur fond de commerce. C'est comme quand Francois Hollande va dire a la tele qu'il "n'aime pas les riches", et qu'on apprend juste apres qu'il paie l'impot sur la fortune.
J'aimerais que le debat s'eleve un parfois au-dela de la propagande de gauche. Je ne suis ni de gauche ni de droite (je pourrais relever d'autres contradictions dans le discours de la droite), j'essaie juste de voir au-dela du niveau zero de complexite qu'on lit ici et la sur les forums. Ce manicheisme est navrant. Vous n'en avez pas marre d'etre des marionnettes dans les mains de la gauche caviar ?
D'ailleurs, aucun des deux camps n'a trouvé de réponse valable pour adapter le financement de la création à l'heure des nouveaux modes de consommation issus à la révolution numérique.
Je partage malheureusement votre point de vue, et le plus triste c'est que je crains que ce ne soit pas parce que ces 2 camps sont aveuglés par leurs préferrences partisanes, mais parce que, aujourd'hui, la réponse n'existe pas.
Internet c'est le rêve de Jack Lang: la fête de la musique toute l'année. Avec Internet, tout le monde est tout à tour auteur ou consommateur de produits culturels. Certes on s'interroge parfois sur le placement de Jack Lang sur l'échiquier politique. Mais à son lancement, la fête de la musique était perçue par la droite comme la gauche, comme étant de gauche. Internet c'est, comme la fête de la musique, le triomphe de l'utopie. Des sites pornographiques tels que Postyourgirl.com qui me permettent de rendre public les prouesses sexuelles de ma nouvelle (ou ancienne) petite amie, au même titre que les sites qui me permettent de présenter au monde les premiers pas de mon bébé diffusent mes créations au plus grand nombre. La presse en ligne, comme la presse imprimée fait appel à mon talent: Un incendie dans le métro : clic-clac, je mets la photo sur un site et hop, la voilà sur le fil d'une agence de presse internationale ! Déposez vos plus belles photos de voyages ou de reportages et faites la une de GEO.fr !
Dans ces conditions, ne rémunérer que certains auteurs est une idée insupportable pour toute personne de gauche en ce sens qu'elle crée une hiérarchie entre les auteurs. Et l'assiette de répartition de la licence globale sera immense. La licence globale voit sans cesse se multiplier ses ayants-droits putatifs, mais elle s'inscrit dans un contexte où les consommateurs d'oeuvres culturelles veulent avant tout ne pas payer et considèrent que la gratuité est un dû. Or la gratuité est un leurre. Si l'on voulait rémunérer réellement les auteurs à la proportion des utilisations et de leur nombre, il faudrait payer. Que ce soit par une augmentation du coût de la connexion, de l'abonnement téléphonique ou de la taxe sur les disques durs. Que diraient les anti-hadopi, si demain on multipliait par 2 ou 3 le coût de leur connexion? Les anti-hadopi veulent la culture gratuite pour tous. L'alternative à Hadopi, la licence globale, est dans une logique de gauche: théatres publics, redevance télé, licence globale sont autant de moyens de faire financer par tout le monde, ce qui ne profitera, et dans une proportion très variable, qu'à certains. Mais si l'on veut conserver l'illusion de la gratuité, le bénéfice que les auteurs en retireront sera dérisoire.
Les lecteurs de droite vont prétendre que je suis ridicule en prétendant mettre sur un même plan l'Art et les balbutiements de quelques geeks.Mais qui va décider de ce qui est de l'art et de ce qui n'en est pas. Et d'ailleurs, en s'affichant sur des sites sociaux ou en s'exhibant sur son blog, on ne fait que reprendre la démarche d'un grand nombre d'auteurs contemporains tels Sophie Calle ou Nan Goldin ou Jeff Koons qui ont fait de leur vie, une oeuvre. Pire, le piratage est en lui-même une forme d'art contemporain. En compressant excessivement l'oeuvre musicale ou cinématographique d'un autre, je mets ma marque, je donne une autre dimension à sa création, je la fais mienne. Je suis le digne (?) successeur d'un Duchamp qui mit une moustache à la Joconde ou d'une Rindy Sam qui laissa la marque de son rouge à lèvres sur une toile blanche de Cy Twombly, lors d'une exposition à Avignon.
On voit beaucoup d'interventions sur les forums d'anti-hadopi qui se vivent comme des résistants face aux intérêts des multi-nationales. Mais ils font preuve, me semble-t-il, d'une grande naïveté. Ce ne sont pas Disney, Universal ou Dreamworks qui sont à l'origine du droit d'auteur. Mais des auteurs qui se sont battus parce qu'ils vivaient dans la misère alors que d'autres personnes s'enrichissaient en exploitant leurs oeuvres. Les auteurs isolés et pauvres n'avaient pas les moyens d'obtenir une juste rémunération dans le cadre d'une négociation économique. On a inventé le droit d'auteur pour les protéger avec 2 grandes idées: on a considéré d'une part que leurs oeuvres étaient une prolongation de leur personnalité et qu'à ce titre ils étaient les seuls à pouvoir décider de ce qu'il en serait fait (le droit moral) et d'autre part qu'ils devaient être associés au succès économique éventuel de leurs oeuvres. Aujourd'hui ce sont les providers et les fournisseurs de matériel informatique qui profitent de la gratuité de fait de la reproduction et de la diffusion des oeuvres de l'esprit sur Internet. Les anti Hadopi défendent aussi les intérêts du grand capital. Certes c'est celui de la nouvelle économie, mais ça n'en reste pas moins les intérêts de grands groupes financiers.
Les pro hadopi peuvent donc aussi se revendiquer de la gauche, en ce sens qu'ils défendent les intérêts des artistes contre le grand capital, les faibles contre les puissants. Le système avant Internet n'était pas parfait. Mais il protégeait les artistes qui étaient au centre du dispositif. C'est dans cette logique que s'inscrit le soutien de Pierre Arditi et de ses amis à Hadopi.
On peut donc se demander si plutôt qu'un débat entre droite et gauche, nous ne sommes pas plutôt en présence d'un conflit entre l'économie d'une culture pour tous et l'économie d'une culture qui protégerait ses créateurs.
Aujourd'hui ce sont les providers et les fournisseurs de matériel informatique qui profitent de la gratuité de fait de la reproduction et de la diffusion des oeuvres de l'esprit sur Internet. Les anti Hadopi défendent aussi les intérêts du grand capital.
C'est un argument souvent repris, mais ce qui coûte cher aux providers en terme de bande passante et d'infrastructure l'une n'allant pas sans l'autre, ce sont justement les transferts video/audio (que ce soit légal ou pas ne change rien pour eux) donc savoir exactement si ils bénéficient du téléchargement illégal ou si ça leur coûte n'est pas si évident, surtout quand ces opérateurs ont eux-même des plateformes de téléchargement légal (Orange...) D'ailleurs Christine Albanel elle-même a dit devant l'assemblée qu'il n'y avait pas de raison de dédommager les FAI pour le coût engendré par l'Hadopi puisque la baisse du téléchargement illégal leur ferait faire des économies... Par ailleurs le matériel informatique lié au téléchargement illégal à part les supports vierges je vois pas, et sur ceux-là il y'a déjà une redevance pour copie privée qui est bien plus élevée que la marge du fabricant, au moins 10x plus donc les ayant-droit en profite plus que l'industriel...
L'exception française, devient le ridicule français. En premier lieu, Je ne suis pas persuadé que le "pillage" de notre patrimoine artistique national, dépasse les frontières de l'hexagone, du moins dans le domaine musical. Pour anecdote, je n'ai pas souvenir, lors de mes consultations régulières concernant les "Hits Lists" étrangères, d'avoir souvent aperçu des titres français.
De plus, lorsque qu'un chanteur étranger est interrogé sur ses connaissances musicales françaises, il cite la plupart du temps des artistes disparus, tels que Piaf, Brel...etc.( Seal, interviewé sur Europe 1 le 8 Mai 2009, 1 million d'exemplaires de son dernier album, vendus)
Cette loi ne servira que des "Majors", dont la place de nos artistes dans leurs catalogues ne représente qu'une infime partie, qui de cette façon pourront faire reculer l'échéance inéluctable d'une complète remise en question de leur métier.
De même, qu'une profonde interrogation doit se faire au sein de notre monde artistique qui, même avec l'adoption de cette loi, en jouant la carte de la confidentialité et souvent de la médiocrité, disparaîtra de lui même.
La supposée détermination de "gauche" ou de "droite" pour Hadopi est un faux problème... Un écran de fumée destiné à encore plus brouiller ce qu'est cette loi. Déjà qu'actuellement, en Europe, on peut légitimement se poser de grosses questions sur ce que sont devenues les notions de "gauche" et de "droite", quand on voit le gouvernement anglais travailliste (de gauche?) appliquer une politique ultra-sécuritaire anciennement marquée du côté "extrême droite"; ou que l'on voit mr Sarkosy appliquer une politique de droite dure, en réussissant à débaucher des personnalités de "gauche" tout en se parant d'un vernis écologique; ou enfin lorsque l'on note l'absence de réactions franches de la part du PS lorsque de nombreuses lois sécuritaires ou pro-libérales (donc, théoriquement de "droite") sont adoptées l'une après l'autre. Enfin, il est intéressant de noter que certains hommes politiques de "gauche" (J. Lang) soutiennent Hadopi, alors que d'autres UMP (de "droite'?) s'y opposent.
Comme je le disais, la coloration politique d'Hadopi est une sombre foutaise, et les artistes qui s'aventurent sur ce terrain ne rendent pas service à leurs pairs. Ils feraient mieux d'éplucher les articles de cette loi idiote pour mieux la comprendre, et de s'occuper des bienfaits qu'ils pourraient réellement en tirer.
- Hors là: NEANT. Il n'y a rien de prévu pour soutenir la création, aider les jeunes artistes qui débutent, ou proposer une offre abordable et de qualité en téléchargement légal.
- Hors là: Aucune garantie que la chasse aux téléchargeurs fasse remonter les ventes de CD. Car j'ai bien l'impression que le soit-disant manque à gagner est dû plus à une inadaptation de l'offre à la demande (qui achète des CD quand tout le monde emploie des lecteurs MP3 à base de mémoire électronique? Qui achète des DVD quand l'offre en strimming est pléthorique?) ou à bien d'autres facteurs (Qui achète des produits audiovisuels quand son pouvoir d'achat est diminué ou inexistant?) qu'au défaut d'achat des téléchargeurs.
Quelque soit la coloration politique de ceux qui sont pour ou contre Hadopi; ce que j'en retient, c'est que:
Il s'agit d'une loi déséquilibrée.
- A aucun moment le gouvernement n'a tenu compte d'une des parties concernées: les internautes (associations de défense de la neutralité du net, associations de professionnels du net, FAI, partisans du logiciel libre, artistes utilisateurs du net) ont été délibérement ignorés ou court-circuités.
Il s'agit d'un recul pour les libertés individuelles, sur le net comme hors du net:
- Discriminations contre le logiciel libre.
- Répression massive contre les internautes, sans possibilité de recours en justice pour erreur.
- Retournement de la charge de preuve, contrairement aux usages en démocratie.
- Instauration de mouchards payants et non interroperables (censure du surf, comme en Chine...).
- Droit de surveillance potentiel sur toutes les communications électroniques (mails...).
Il s'agit d'une loi dépassée techniquement et qui va coûter cher au contribuable pour un résultat inexistant.
- La mise en oeuvre des dispositions par les FAI va coûter beaucoup d'argent. Ces frais seront évidement répercutés sur l'internaute.
- Le volet pseudo-technique de la loi est aberrant, et il existe d'ores et déjà cent méthodes différentes de contourner la loi.
Bref, je suis extrèmement attristé que certains artistes s'engagent pour soutenir une telle usine à gaz législative, qui ne peut que leur faire du tort. Je me console quand même en me disant qu'ils ne sont pas représentatifs et mènent un combat d'arrière-garde. Mais quand même... Quel dommage qu'au lieu de soutenir la répression aveugle et injuste, ils n'aient opté pour les multiples possibilités brillantes apportées par le net pour la création, la diffusion, le partage de culture. Ces artistes auraient même pu découvrir que l'on peut fort bien vivre du net (comme NineInchNails, Radiohead et quelques autres l'ont démontré) et que c'est un moyen fantastique de se rapprocher des fans, de remplir les concerts ou de faire connaitre un film.
Petite discussion la semaine dernière avec les copains de mon fils (qui sont en seconde générale, je n'imagine pas les méthodes utilisées par les étudiants en informatique). Lorsqu'ils surfent sur internet, ils changent leurs adresses IP de manière automatique plusieurs fois par heure. Les sites de téléchargement type piratebay ont semble-t-il déja trouvé des parades pour permettre des téléchargements sans se faire repérer. Cette loi ne protegera en rien les auteurs et artistes. Non encore votée, elle est déja techniquement inefficace. En revanche elle est clairement dangereuse pour les libertés individuelles.
Je ne prétend pas avoir trouvé le modèle économique qui permet de passer du 20ème au 21èmè siècle pour la musique ou les films. Je n'ai pas la compétence pour cela. Iil est évident qu'on ne peut pas rendre gratuit toute la création artistique dématérialisable. Mais le contat s'impose quelque soit nos opinions politiques : HADOPI n'est pas une réponse pérenne à un vrai problème, mais, ce qui est grave, c'est qu'elle met en place des outils de controle des flux sur internet, personnalisés, dont nous devons absolument nous protéger.
Je me demande si il ne faudrait pas rajeunir un peu nos parlementaires. Ils auraient un peu moins l'obsession de défendre des modèles dépassés, et seraient plus en phase avec la réalité du monde technique d'aujourd'hui.
Lorsqu'ils surfent sur internet, ils changent leurs adresses IP de manière automatique plusieurs fois par heure
En réalité avec les sytèmes P2P tels que BitTorrent (puisque vous parlez de PirateBay) changer souvent d'adresse IP ne diminue pas le risque d'être repéré ça l'augmenterait plutôt. Ce sera d'ailleurs une source de nombreux 'faux positifs' pour l'Hadopi, en effet il faut assez longtemps pour que les adresses IP inactives soient retirées de la liste qui est renvoyée par le tracker, si vous changez d'IP plusieurs fois par heure vous risquez donc d'avoir plusieurs IP vous correspondant dans la liste ce qui n'est pas très astucieux...
Je voulais seulement dire que l'adresse IP, pivot d'Hadopi, n'est pas identifiable ou pas fiable.
Dans ce contexte, en cas de mise en cause d'un "innocent", C Albanel propose d'amener le DD de son PC (à qui ?) pour prouver sa bonne foi.
Certains utiliseront donc un deuxième ordinateur ultrabasique, une occasion ou un netbook pour faire l'opération discrètement en laissant le DD de son ordinateur principal vierge de toute trace de téléchargement. Ou encore utiliseront un programme de reformatage sécurisé et réinstalleront une image de l'nstallation régulièrement (j'ai une connaissance qui fait cela automatiquement tous les dimanche soir sur son PC).
Vous avez compris que le but de mon post était d'indiquer à quel point Hadopi ne permettait pas de résoudre le problème de la rémunération des artistes. Il y aura toujours des malins qui trouveront des failles, et avec internet, les astuces se répandront à grande vitesse chez les téléchargeurs.
On pourrait aussi ajouter la capture du streaming qui n'est pas concernée par Hadopi et qui est une autre méthode très efficace d'avoir des titres sans les payer, de manière légale cette fois !
Oui j'avais bien compris le sens de votre message je cherchais juste à donner un petit conseil "en passant" pour éviter des manipulations inutiles voire néfastes...
Certains utiliseront donc un deuxième ordinateur ultrabasique, une occasion ou un netbook pour faire l'opération discrètement en laissant le DD de son ordinateur principal vierge de toute trace de téléchargement. Ou encore utiliseront un programme de reformatage sécurisé et réinstalleront une image de l'nstallation régulièrement
Dans le même ordre d'idée du conseil "en passant" il serait bien plus simple et moins onéreux d'acheter un disque dur vierge (ou d'en reformatter un vieux) d'installer un o/s quelconque dessus et de le laisser sur une étagère ou dans un tiroir jusqu'au recommandé de l'hadopi, puisque l'hadopi n'a pas pouvoir de perquisition à votre domicile vous n'êtes pas obligé de leur envoyer le disque dur que vous utilisez vraiment sur votre machine... Cela dit ça m'étonnerait que l'hadopi accepte finalement ce genre de preuves, ce serait vraiment trop facile... En tout cas ceux qui veulent contourner ont au moins un an et demi pour trouver des solutions c'est énorme.
Pourquoi les commentaires sont-ils si longs, plus longs que la loi en fait !
Je suppose que le sujet n'est pas simple et je suis d'autant plus surpris que certains y aillent de leurs affirmations péremptoires ou lapidaires.
A mon avis, Hadopi n'est ni de droite ni de gauche mais un moyen plus ou moins efficace de limiter le pillage réel des oeuvres.
Les commentaires sur le prix excessif de ceci ou de cela me font penser au mouvement "kont pwofitasyon" dans les DOM. Au lieu de tout le temps gémir et dénoncer, montrez nous donc que vous pouvez vendre la même chose à un meilleur prix. Créez des structures, des logiciels, que sais-je, qui résolvent cette quadrature: donner accès aux oeuvres tout en rémunérant équitablement les artistes et créateurs.
En fait, j'ai été assez content de la pétition des (vieux) artistes car elle m'est apparue comme la claque répondant à l'amendement démagogique voté par le Parlement européen pour draguer les "jeunes" à un mois de l'élection — tout en bloquant une directive importantissime sur les télécoms.
Créez des structures, des logiciels, que sais-je, qui résolvent cette quadrature: donner accès aux oeuvres tout en rémunérant équitablement les artistes et créateurs.
Des logiciels et structures existent déjà mais vous savez bien que les artistes sont liés par des contrats, aux clauses souvent abusives, et qu'il n'est pas si facile pour eux de s'orienter vers d'autres solutions de diffusion et ce d'autant plus qu'on leur inculque la peur de l'internet et de l'internaute...
Comparaison n'est pas raison mais on peut quand même citer l'exemple de Nine Inch Nails dont l'album Ghost I-IV édité sous la licence "Creative Commons" libéré de toute contrainte d'une maison de disques et proposé en téléchargement gratuit a néanmoins été la meilleure vente 2008 par Amazon.com (dans la catégorie album en mp3).
Sur Magnatune vous pouvez écouter tout ce que vous voulez aussi longtemps que vous voulez gratuitement mais si vous décidez d'acheter l'artiste touche 50% c'est quand même autre chose qu'avec les majors, ça existe depuis quelques années déjà donc je suppose que c'est relativement rentable et comme c'est 50/50 ça doit être rentable pour les artistes aussi...
http://magnatune.com/info/why
On ne peut donc pas affirmer de manière "péremptoire et lapidaire" ;-) qu'aucune solution n'existe en dehors d'Hadopi et de la répression ...
Avec tout le respect qu'on leur doit, en quoi sont ils représentatifs des artistes, les Pierre Arditi, Michel Piccoli, Juliette Gréco et Maxime Le Forestier ?
Avec tout le repect qu'on leur doit, pourquoi leur avis importe plus que celui des nombreux artistes qui ont pris position contre Hadopi ?
Cette loi est, à mon sens, de droite. Elle prend les gens pour des cons, les infantilise (si toi télécharger, panpan cucul), les condamne a priori, joue sur et engendre la peur (des milliers d'emplois menacés, les francais champions du monde du téléchargement, des artistes spoliés...). Toute la panoplie de la démagogie a été sortie pour faire en sorte que Hadopi passe. Et advienne que pourra. On musele les médias de masse (TF1 / M6 et les chaines publiques a grande audience) qui sont souvent éditeurs de vidéos (qui a dit conflit d'intérêt Information / Chiffre d'Affaire?). La presse générale reste généralement évasive. Même la classe politique est dans les vaps (les sénateurs PS qui votent HADOPI en masse : ont ils lu le projet de loi ?).
Ce qui est aberrant dans un pays qui se dit libre et républicain, c'est l'appel de JF Coppé à boycotter le débat à l'assemblée et à voter le texte sans se sooucier du contenu, ce sont les réponses de C Albanel et F Riester : "défavorable" mais aucune argumentation.
On parle de "pédagogie" alors que les enfants de seconde savent déjà comment se cacher d'Hadopi (et si ils ne savent pas, des tutos seront très prochainement en ligne, suffira de les chercher).
Pour en revenir à ces artistes "de gauche", notament Leforestier qui se réferre à Vichy, jene pense pas qu'ils aient compris le texte et ses tenants et abooutissants. Ils ont juste pensé que puisque ca défendait les revenus des artistes (ce qui est faux), il était necessaire. On ne peut que les renvoyer au prix Nobel d'Economie 2008, cité sur Wikipedia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hadopi ) :
« Octet après octet, tout ce qui peut-être numérisé sera numérisé, rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier et toujours plus difficile à vendre plus cher qu'un prix nominal. Et nous devrons trouver les modèles économiques et les modèles d'affaires qui prennent cette réalité en compte. »
— Paul Krugman
Gauche ou Droite ? Qu'importe ! Se soucie-t-on aujourd'hui si la loi sur l'IVG ou l'abolition de la peine de mort était de droite ou de gauche ? La seule chose que je vois dans cette loi est une bétise doublée par une incompréhension des nouvelles technologies.
À quand des cours d'informatique à l'Assemblée Nationale ?
À quand la retransmission des flux twitter pendant les débats ?
À quand des cours d'informatique pour nos artistes ?
Aujourd'hui la réalité est un abysse numérique...