Et si Apple fabriquait vraiment ses iPhone aux Etats-Unis?
Un récent article du «New York Times» expliquait pourquoi Apple n'avait d'autre choix que de faire fabriquer ses produits à l'étranger. Une situation qui n'est pas forcément mauvaise pour l'économie américaine.
- Une chaîne de production à Suzhou, en Chine. REUTERS/Aly Song. -
Comme tout le monde, j’ai vraiment beaucoup apprécié l’article de Charles Duhigg et Keith Bradsher dans le New York Times sur les raisons pour lesquelles l’iPhone n’est pas fabriqué aux Etats-Unis. Lisez-le! Je n’essayerai pas ici de le résumer.
Je voulais en revanche rajouter une considération plus explicite par rapport au scénario hypothétique qui y est développé. Et si la direction d’Apple était plus patriote et décidait de servir les intérêts des Etats-Unis plutôt que de générer de la valeur pour ses actionnaires ou de travailler à la gloire de Steve Jobs? A quoi cela ressemblerait-il? Et si Apple était moins vorace dans sa recherche du profit et plus concentré sur le bien-être de la classe moyenne américaine?
Le fait est que l’énorme profit de 30 milliards de dollars réalisé par Apple lors de l’année fiscale 2011 revient à autour de 83 dollars par Américain. C’est tout ce qu’il y a à tirer d’Apple. Bien sûr, j’aimerais avoir 83 dollars en plus. Mais si augmenter mon revenu de 83 dollars signifie que les appareils électroniques que j’achète deviennent plus cher, pas sûr que ma situation soit meilleure.
Et évidemment, plutôt que récupérer l’argent en leur faisant changer de pratiques, nous pourrions aussi adopter la méthode socialiste et nationaliser l’entreprise. Ses 390 milliards de capitalisation sur les marchés reviennent à environ 1.250 dollars par citoyen américain. Mais on peut s’attendre à ce que la nationalisation détruise une bonne partie de la valeur de l’entreprise. Peut-être que Johnny Ive [le designer en chef d’Apple, NDT] retournerait dans son Royaume-Uni natal pour lancer une nouvelle entreprise de design industriel.
Plus intéressante encore est selon-moi la question de savoir pourquoi nous ne faisons pas plus pour encourager les travailleurs à venir aux Etats-Unis. Au moment où beaucoup d’entreprises semblent vouloir délocaliser certains types de production vers des pays étrangers pour profiter de leur force de travail, énormément de gens veulent emménager aux Etats-Unis.
Si nous croyons que faire produire en dehors de nos frontières entraîne des externalités positives (ce qui semble possible), il est extrêmement idiot de mettre de côté un des grands avantages qu’ont les Etats-Unis sur la Chine, le Mexique ou la Malaisie, à savoir le fait que des gens se bousculent pour venir s’installer ici. Si les travailleurs quittent Shenzhen pour Seattle, les options sont simples: soit il faut mettre l’usine à Seattle, soit il faut que les autorités de Shenzhen fassent de leur ville un endroit plus désirable.
Matthew Yglesias
Traduit par Grégoire Fleurot
Mis à jour le 23/01/2012 à 16h15
















































Mais la fin de l'article est quand même incroyable: expliquer que comme les chinois veulent venir aux États-Unis, la Chine va être obligée d'améliorer les conditions de vie de ses travailleurs... l'auteur vit-il sur la même planète que nous? Ou vit-il dans une utopie de capitalisme parfait où les personnes sont aussi libres de circuler que les marchandises? Visiblement le fait qu'un chinois qui travaille dans une des usine d'Apple(/Foxconn) n'ait pas les moyens de venir aux États-Unis n'a pas effleuré l'esprit de cet "expert". Ni même que si ledit chinois parvenait aux USA, on ne le laisserait vraisemblablement pas y rester... Parce que dans notre monde, Foxconn ne respecte même pas le salaire minimum chinois et les suicide se succèdent et pourtant les gens font la queue par centaine pour se faire embaucher.
Non vraiment, l'auteur de cet article vit das un monde plus simple (meilleurs?) que le notre, un monde géré par la "main invisible" des marché, avec une croissance "infinie" et où les entreprises courent après les travailleurs et non pas l'inverse...
Vous semblez être un adepte de Milton Friedman, digne représentant de l'école de Chicago qui a conduit à une dérégulation folle de l'économie.
Comme le signale "JeremieMadamour" les hommes ne sont pas des produits qui circulent librement.
"A foreman immediately roused 8,000 workers inside the company’s dormitories, according to the executive. Each employee was given a biscuit and a cup of tea, guided to a workstation and within half an hour started a 12-hour shift fitting glass screens into beveled frames. Within 96 hours, the plant was producing over 10,000 iPhones a day." Pour 17 dollars par jour. C'est sûr qu'on a aboli l'esclavage, nous, difficile de rivaliser.
“We shouldn’t be criticized for using Chinese workers,” a current Apple executive said. “The U.S. has stopped producing people with the skills we need.” Et après, on nous dit que les Etats-Unis n'ont plus le genre d'employé dont on a besoin. Je me marre, évidemment, on a progressé, depuis, crétin ! Ah, la nostalgie du bon vieux temps... Je serais planteur de cannes à sucre, je serais ravi de montrer à tous ces politiciens comme on faisait de l'argent dans le bon vieux temps. Chaînes aux pieds, coups de bâtons, etc. Les gens ne veulent plus bosser, aujourd'hui, on se fait emmerder par la législation, le recyclage, les congés, les maladies, les retraites...
Pour finir sur une remarque plus agréable pour l'auteur il est évident que le propriétaire d'une entreprise décide de la stratégie et si chaque américain était propriétaire d'un morceau d'Apple les décisions seraient prises en démocratie. L'histoire de Steve Jobs nous apprend que dans ce système Apple aurait fait fallite il y a bien longtemps...
Et la seule composante desequilibrante dans ce systeme qui par ailleurs fonctionne tres bien est la distance, ou plutot le transport physique. Limiter le transport physique en le taxant redistribue la valeur ajoutee. Ajoutez une taxe carbone sur les transports et il devient soudain interessant de produire aux US, en Europe, et en Chine pour les Chinois. Vous avez reglke la moitie du probleme.
Les multinationales ont des responsabilites qu'elles n'assument pas. Dans certains cas leur pouvoir depasse ceux d'Etats qui sont dependants des impots qu'elles paient. Meme si cette crise est moins aigue ou visible aujourd'hui dans l'industrie que dans la finance, il faut les reguler toutes les deux, avant que ces desequilibres ne soient irreversibles.
Le CA a donc augmenté de 82% en un an et le bénéfice net de 125%.
Cela ne doit être assez et je propose de tout délocaliser, comme cela ils en feront encore plus jusqu'au jour où il n'y aura plus de consommateurs.
Heureusement que l'on a ait du storytelling au moment de la mort de S.Jobs pour nous dire à quel point il avait été fantastique.
A ce rythme on va bientôt regretter le capitalisme "éthique" des débuts de l'industrialisation.