C'est la France de Sarkozy qui perd le triple A
La stratégie du Président pas-encore-candidat qui consistait à se présenter comme un bon gestionnaire face à un François Hollande dépensier irresponsable en puissance est mise à mal par les faits.
- Nicolas Sarkozy en novembre 2011. EUTERS/Regis Duvignau -
Le 5 août 2011 restera la date historique où les Etats-Unis, première puissance économique de la planète, ont perdu leur triple A, meilleure note sur la qualité de la dette.
Pour la France, il aura fallu attendre 5 mois de plus et le premier vendredi 13 de l'année 2012. A cent jours du premier tour de la présidentielle, le décor est planté.
Comme redouté, annoncé, commenté d’avance, la note de la France sera dégradée par l’agence Standard & Poors après la fermeture de Wall Street.
Comme souvent avec les agences de notation, institutions dont le fonctionnement est plus que contestable, les rumeurs ont précédé l'annonce officielle. Cette fois, il ne semble pas qu'il s'agisse d'une erreur.
La France n’est évidemment pas seule dans le triste sac, mais le fait que l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg soient épargnés souligne la sanction.
La France se rapproche du sud
La France vient soudain de descendre géographiquement un peu plus au sud de l'Europe et de se rapprocher de l'Espagne, de l'Italie… Et l'euro au passage vient de subir un nouveau choc. Il est tombé vendredi 13 janvier dans l'après-midi à 1,2638 pour un dollar, son plus bas niveau depuis seize mois.
D’un point de vue économique, la perte du triple A, c’est aujourd'hui moyennement grave. Comme on le dit sur les marchés, les investisseurs avaient anticipé. L’impact financier sur le coût des emprunts est assez difficile à connaître. Il sera sans doute assez peu important en termes de «spread» (écart) par rapport aux taux allemands, mais comme on joue avec des milliards, le renchérissement se traduira quand même par des millions d’euros à rembourser en plus.
La conséquence financière la plus ennuyeuse dans l'immédiat est la dégradation en cascade de toutes les institutions françaises, qui ne peuvent pas avoir une signature plus prestigieuse que l’Etat. Pour des caisses financières ou des villes, la note pourrait finir par être salée.
En pleine campagne présidentielle
Mais de fait, l’essentiel est politique, surtout à 100 jours du premier tour de la présidentielle. François Hollande peut ainsi se réjouir de voir Nicolas Sarkozy sanctionné. Ce sont les marchés financiers qui punissent le président de droite. Après les chiffres du chômage, de la croissance négative, la perte du AAA est implacable.
D'autant plus que Nicolas Sarkozy lui-même avait dans un premier temps dramatisé l'enjeu de la perte ou non du triple A. Lors de son interview télévisée du jeudi 27 octobre 2011, le président soulignait la haute importance pour la France de conserver son triple A, signe que «nous sommes considérés comme un pays bien géré».
Il a bien tenté depuis d'en minimiser l'impact, notamment dans un entretien au Monde à la mi-décembre.
«Ce qui compte avant tout, c'est la crédibilité de notre politique économique et notre stratégie déterminée de réduction de nos dépenses. Nous respecterons scrupuleusement les engagements que nous avons pris.»
Il concluait sur le fait que la perte du triple A «serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable».
La France de Sarkozy ne fait plus partie des bons élèves
Mais la stratégie électorale qui consiste à se présenter en bon gestionnaire solide au poste jusqu'au bout qui s'attaque aux problèmes tandis que les opposants, et notamment François Hollande, sont des dépensiers en puissance irresponsables est soudain mise à mal par les faits.
C'est bien la gestion de Nicolas Sarkozy qui vient d'être sanctionnée et la France est en plus distinguée sans équivoque des bons élèves de l'Europe que sont l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas.
Un vendredi 13 qui ne porte donc pas chance au président pas encore candidat et qui remet en avant les vrais enjeux du scrutin présidentiel.
La France a-t-elle l'ambition, le courage, la volonté et les moyens de redevenir une puissance économique ayant suffisamment de poids pour contrôler son destin et ne pas le laisser aux mains des agences de notation?
Eric Le Boucher
Mis à jour le 13/01/2012 à 17h54



































Et le message numero deux un peu moins clair: "Au passage, nous allons nous faire une gratte sur votre dos a court terme en laissant nos copains banquiers emprunter au taux de 1% pour mieux vous preter a 5%, et hop, 4 points de recuperes sur le dos de politique incapables de faire des ruptures"
Pourvu que ca dure ;-)
Les cartels bancaire US lui font payer...
Tout ce foin médiatique de l'UMP pour amplifier la perte du triple AAA d'Hollande c'était quoi... une sorte de Scud boomerang ?
Plus intéressant serait de chercher les raisons de l'échec de la politique économique de Sarkozy. Serait-ce l'augmentation de la dette pendant son mandat? Pour combattre les récessions et compenser le manque d'activité dans le privé, les gouvernements empruntent. Il n'y a rien là que de très ordinaire et de très rationnel. Serait-ce donc le renchérissement des emprunts? Si des taux plus élevés étaient le prix à payer pour relancer l'économie, les bénéfices d'une meilleure activité ne tarderaient pas à les compenser.
Il faut chercher ailleurs. La machine économique ne tourne pas rond. Quand ils ne sont pas en conflit ouvert, les employeurs et les employés, le public et le privé, l'école et le monde du travail s'ignorent. S'ils se parlent, ils s'opposent et s'ils s'écoutent, ils ne se comprennent pas.
Incompréhensions, occasions manquées, pertes de temps, de patience et d'énergie. La productivité de l'économie française ferait envie si seulement il y avait de l'huile dans les rouages. L'échec de Sarkozy est de ne pas avoir réussi à huiler la machine. Tout comme ses prédécesseurs.
et encore seul une agence de notation le dit. ces mêmes agences qui n'ont pas vu venir la faillite de Lehman Bos., la faillite de la Gèce, etc... des instituts dont la compétence peut aisément être remis en doute.
Henri Ludianov Écrivain
Mais il n’est pas évident que cette nouvelle favorise tellement la gauche qui promet entre autres d’ajouter 60 000 emplois à une Education National mal gérée et où le personnel est déjà sous-employé.
Ni à une gauche dont la principale contribution au débat a été d’insister sur davantage d’investissements par l’état à la Keynes.
Seul le FN va se réjouir et voir sa côte monter au dessus de celle de Sarkozy dans les semaines à venir. Ils ont après tout la solution parfaite. Nous manquons d’argent ? Allons en imprimer des tonnes…. !
Oui la confusion est générale – comme les blâmes.
Regardez : une mesure intelligente de Hollande qui voulait distribuer d’une manière plus équitable la manne fiscale qu’offre le quotient familial rencontre un barrage de criticisme de droite comme de gauche.
Le sacro-saint principe ‘républicain’ d’égalité est mis en avant même si une famille riche reçoit 10 fois plus en termes réels qu’une famille moins chanceuse.
Et pourtant un pays qui, en fin de compte, finance cette largesse EN EMPRUNTANT devait plutôt se poser la question si une famille nombreuse qui évidemment coûte plus cher à la société en termes d’éducation, santé etc devait payer plus d’impôts et pas moins. Il faudrait plutôt abolir le QF, non ?
Horreur ! Sale Neo-Con anglais ! Eh bon ? Qui en soufrerait ? Les vraies pauvres et les moins munis ? Non car il ne paient pas d’impôt et c’est normale. Ce sont les moyennement riches et les carrément riches qui seraient obligés d’assumer les charges dont ils sont eux-mêmes responsables !
Mais c’est oublier que ceux qui prennent les décisions – les sénateurs et les députés, leurs conseillers, les hauts fonctionnaires à Bercy et ailleurs – seraient les premiers à être atteints… !
La liste de tels avantages accordés par nos dirigeants qui figurent en premier parmi les gagnants est longue : investissements dans les DOM-TOMS (au fait, est-ce que la France puisse continuer de s’offrir le luxe post colonialiste d’avoir des DOM-TOMS ?), dans les monuments classiques, les arts etc. etc.
Pendant ce temps là les lignes qui se présentent aux Restos du Cœur, à l’Armée du Salut et les autres s’allongent. Mais tant pis pour eux, ceux-là n’ont peu d’envie d’aller voter – et s’en tapent de la perte du AAA.
C'est une tempête politique, car l'instrumentalisation de cette notation, orchestré a plusieurs milliers de kilomètres, aura donné le ton de la politique intérieur. Y en a qui s'en mordent les doigts. A présent, le plus sérieux sera de raison garder, assez d'erreurs ont étés faites. Le sujet du débat devrait être, comment équilibrer la balance commerciale ?
Je crois qu'il est temps de renvoyer ces agences dans les cordes et leur dire flûte ou zut (et encore je reste poli). Ce sont elles qui notaient les produits dérivés AAA, elles ont totalement participé la crise financière qui en a découlé, cette crise financière a vu les Etats intervenir pour soutenir/sauver les banques (et on n'a jamais demandé l'avis des peuples sur ces interventions) et creuser les déficits et maintenant ça se transforme en crise de la dette et ces agences veulent faire la leçon aux Etats !
Quand je vois les conséquences en Grèce et la multiplication d'abandon d'enfants en Grèce parce que les parents ne peuvent plus faire face, j'ai vraiment envie de baffer les responsables de ces agences. http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-therese-ferrisi/170112/grece-les-orphelins-de-la-crise