Économie

Le langage économique de Sarkozy

Temps de lecture : 2 min

Tous coupables face à la crise

Deux professeurs en linguistique ont étudié pour Le Monde le langage utilisé par Nicolas Sarkozy sur l'économie, de la campagne présidentielle à aujourd'hui.

En 2007, le candidat Sarkozy expliquait que «les Français n'étaient "pas suffisamment endettés", qu'il faillait "développer le crédit hypothécaire" sur le modèle américain.» C'était il y a bien longtemps, et la crise économique est passée par là.

Dans la même campagne présidentielle, il avait également fait référence, avec grand fracas, aux valeurs de la vraie gauche de Jaurès et de Blum. «Je ne peux pas accepter de vivre dans une société où l'on explique à des salariés qu'il faut supprimer 10 000 emplois pour trouver de l'argent et dont le patron, responsable de cette situation, part avec un chèque de 8 millions d'euros !», s'écrit-il à Bercy au point culminant de la campagne.

Des propos tenus «quelques jours avant le fameux épisode des vacances sur le yacht Bolloré, cela ne manque pas, rétrospectivement, de piquant» notent les auteurs.

Aujourd'hui, quelques mois après le début de la crise économique, on peut dénoter une nouvelle tendance. «Après avoir menacé les patrons voyous de foudres aussi hypothétiques qu'inapplicables, il peut désigner les nouveaux coupables (pointer du doigt n'est-il pas son geste favori ?) : les financiers irresponsables.»

Mais le président, cette fois, ne s'arrête pas aux seuls patrons voyous et autres financiers immoraux: «Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d'entre nous, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société, a une responsabilité morale.» «Tous coupables, plus de coupables, analysent les linguistes. L'astuce rhétorique est vieille comme le monde. Les chômeurs en fin de droit, les salariés qui perdent leur emploi par charrettes, et tous les meurtris de la crise apprécieront certainement.»

[Lire l'artcile complet sur Le Monde]

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