La traite négrière reste un tabou
De Bordeaux aux côtes africaines
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Après des siècles d'amnésie, la traite négrière sort de l'oubli. Tel est en tous cas le souhait des autorités françaises. En 2006, Jacques Chirac a décidé de faire du 10 mai la Journée de «commémoration nationale de l'esclavage, de la traite négrière et de leur abolition».
Le 10 mai 2009, quatre nouvelles salles seront inaugurées dans le musée d'Aquitaine: elles sont dédiées à l'histoire de Bordeaux et à son rôle dans le commerce atlantique et l'esclavage. En tout 800 m² sont consacrés au travail de mémoire, cela peut sembler à certains, un peu dérisoire. Et bien tardif. Nantes, autre grand port négrier a entamé bien auparavant son travail de repentance. De même, Liverpool a créé un musée de l'Esclavage dès août 2007. Mais peut-être plus qu'ailleurs, Bordeaux a toujours eu du mal à regarder son passé en face. Longtemps, seules les façades bourgeoises des hôtels particuliers du XVIIIème siècle trahissaient ce passé honteux. Des mascarons de «visages négroïdes» rendaient hommage à l'origine de la fortune des propriétaires de certains hôtels particuliers.
Les Girondins avaient beau jeu de déclarer que Bordeaux la catholique s'était moins livrée à cet «odieux commerce» que certaines villes protestantes. «La ville n'occupait que la seconde place du trafic négrier (11%), loin derrière Nantes (41 %)», estime Bordeaux Magazine. La traite n'aurait représenté que 5% de l'activité portuaire. Car avec le commerce triangulaire, Bordeaux exportait son vin aux Antilles et aux Amériques. Reste que si l'Aquitaine a pu vendre son «précieux nectar», c'est bien parce que des gens avaient grâce à la traite les moyens de l'acheter. D'autre part, de l'aveu même des édiles locaux, 500 navires bordelais ont déporté 150.000 noirs d'Afrique occidentale.
Très diplomate, Alain Juppé a écrit dans le dernier numéro de Bordeaux magazine, «Comme d'autres villes françaises et européennes de la façade atlantique, Bordeaux a été port négrier du XVIIème jusqu'au début du XIXème siècle. C'est un fait de l'histoire de notre ville. Depuis une dizaine d'années nous avons engagé une politique de «juste mémoire» qui consiste à mettre en lumière ces temps et ces pratiques condamnables, sans pour autant sombrer dans la culpabilité et jeter l'anathème sur de très lointains descendants de commerçants négriers».
Aujourd'hui, encore, le sujet est évoqué avec la plus grande difficulté. Lorsqu'il a voulu enquêter sur la question pour le mensuel Actuel, le journaliste Jean-François Bizot s'est heurté à l'hostilité de ses amis Bordelais, Nantais ou Malouins. Des dynasties connues préfèrent éviter le sujet. Selon lui, la famille Surcouf ne s'est pas contentée de se livrer à une résistance héroïque contre les Anglais.
Les plus beaux Esprits des lumières ont parfois développé des pensées que l'on aurait pu croire réservées à d'autres, moins éclairés. Ainsi Voltaire avait déclaré tout de go: «Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce». Même l'auteur «De l'Esprit des lois», qui lui au moins n'avait pas investi dans ce commerce, a su ménager les intérêts économiques des puissances de l'époque. Jean Lacouture, son biographe (auteur de Montesquieu, les vendanges de la liberté-Le Seuil), rappelle qu'il avait établi une étrange tolérance pour l'esclavage dans les pays où... il faisait particulièrement chaud. Ce qui tombait à pic puisque c'est dans ces zones tropicales que se cultivait la canne à sucre, le «pétrole de l'époque».
En Afrique non plus, le grand déballage n'est pas au goût de tout le monde. Sur la côte Atlantique, bien des bourgeoisies locales ont un lien de parenté étroit avec des rois ayant vendu des Africains aux Occidentaux. Aujourd'hui, encore, une partie de l'hostilité entre des ethnies côtières qui ont «collaboré» et celles de l'intérieur du continent qui ont été déportées, est héritée de cette époque. D'autre part, de nombreux esclaves libérés se sont à leur tour livrés à la traite négrière, du Liberia en passant par la Sierra Leone ou le Bénin. A l'image de la famille de Souza, très influente au Bénin et au Togo. Ce qui n'a pas empêché l'un de leurs descendants, Mgr Isidore de Souza de jouer un rôle essentiel dans la transition démocratique au Bénin. «Tous les Béninois connaissent notre histoire familiale et cela ne provoque pas l'ire de grand monde. Beaucoup de gens considèrent que c'était un moyen comme un autre de se faire de l'argent» nous a déclaré Serge de Souza, directeur de publication au Bénin.
Les populations locales sont d'autant moins choquées qu'aujourd'hui encore des trafics d'êtres humains sont à l'ordre du jour. Chaque semaine dans la région de Cotonou, des trafiquants sont arrêtés. Ils transportent jusqu'au Nigeria, au Gabon et à la Côte d'Ivoire, des «enfants trafiqués» (pour reprendre la terminologie locale). Parfois leurs parents les ont vendus pour à peine 10 000 francs CFA (15 euros). «Cela n'excuse en rien la traite négrière du passé, mais la priorité c'est bien de combattre les trafics qui se déroulent aujourd'hui» souligne l'écrivain Marcus Boni Teiga.
Plus au Nord, dans des pays comme le Sénégal et le Mali, le sujet est tout aussi délicat à aborder. Certaines ethnies, notamment les Peuls se sont livrées à des razzias. Des «djihads» qui n'aboutissaient pas uniquement à des conversions: il s'agissait aussi de fournir des esclaves au monde arabo musulman. Aujourd'hui encore, de l'Afrique de l'Ouest au Darfour, des Africains sont vendus par des marchands d'esclaves. Comme le note l'anthropologue sénégalais Tidiane N'Diaye, auteur du «génocide voilé» (Editions Gallimard), il est très difficile d'aborder le rôle du monde arabo musulman dans cette tragédie. «Très nombreux sont ceux qui souhaiteraient voir la traite arabo-musulmane recouverte à jamais du voile de l'oubli, souvent au nom d'une certaine solidarité religieuse, voire idéologique.» note-t-il.
Bien sûr, l'Afrique compte désormais de nombreux lieux mémoriels, comme l'île de Gorée au Sénégal. Mais près de la «porte du non-retour», les Occidentaux et les Antillais sont souvent plus nombreux à s'y recueillir que les Africains. «A part les intellectuels, peu de gens s'intéressent à ces questions» souligne l'écrivain Alain Ndaye. Au Nigeria, dans la région de Badagry, haut lieu de la traite négrière, un projet de mémorial a récemment vu le jour. Mais ses concepteurs prévoient d'y installer un terrain de golf, un casino, la réplique d'un bateau de négrier, des hologrammes des Jackson Five et des automates de musiciens africains. L'objectif étant bien entendu d'attirer de riches «Africains américains» sur ces terres à partir desquelles leurs ancêtres ont été déportés. Mis en colère par ce projet, l'historien nigérian Toyin Falola le résume ainsi: «Vous écrasez une larme d'un côté et de l'autre vous prenez une bière bien fraîche pour tout oublier».
Même en France, l'ambiguïté est bien souvent de mise. A Bordeaux, afin de montrer que les temps ont changé, un square Toussaint Louverture a été créé en 2003. Natif de Saint-Domingue (devenu par la suite Haïti), il est considéré comme un héros du peuple noir, l'un de ses premiers libérateurs. Le premier à avoir vaincu les forces d'un Empire colonial. Né esclave en 1743, il a pris le contrôle d'Haïti à force de violence et de ruse. Réputé pour ses qualités militaires, il avait été nommé général par la France révolutionnaire. Avant d'être jeté dans une prison par Napoléon et d'y mourir. Aujourd'hui vénéré en France comme en Afrique ou aux Antilles, Toussaint Louverture a souvent changé de cap, d'alliés, espagnols ou français, au gré des intérêts du moment. Mais aussi de doctrine en matière d'esclavage. Une imposante statue de Toussaint Louverture trône à Allada, la terre d'origine de son père: il était issu d'une famille de rois du Bénin.
A Bordeaux, son buste, installé sur la rive droite, regarde vers le fleuve, ses eaux troubles et boueuses, vers les quais d'où partaient les bateaux de négriers. Malgré les beaux discours d'Alain Juppé, à Bordeaux, tout le monde n'a pas pris conscience de l'importance du travail de mémoire à effectuer. Encore aujourd'hui, des Bordelais utilisent le buste comme un simple reposoir pour leurs scooters pétaradants.
Pierre Malet
Photo: Statut commémorative de l'abolition de l'esclavage sur l'île de Gorée au Sénégal, Finbarr O'Reilly / REUTERS
Mis à jour le 07/05/2009 à 11h13














































Bien sûr que l'esclavage a été une période sombre de notre histoire mais nous ne pouvons pas continuer à nous excuser éternellement.
Je rappelle que c'est fait ont été commis il y a plusieurs siècles et que bien d'autres atrocités ont été perpétrées tout le long de notre histoire! Je pense, par exemple, au massacre de la Saint-Barthélémy où des milliers de protestants ont été massacré, pourtant il ne me semble pas qu'il y ai eu tant de tapage médiatique.
De plus, comme le montre l'article, l'esclavage ne se limite pas au monde occidental. de nombreux responsables viennent aussi d'Afrique. Et entendre que les élèves ne sont pas assez sensibilisés sur le sujet est faux. Le commerce triangulaire est largement traité dans les classes de collège et lycée.
A mon sens, le budget dédié à la mémoire sur l'esclavage devrait être utilisé différemment. Plutôt que de stigmatiser une population qui n'a rien à voir avec ces atrocités, utilisons cet agent pour lutter contre les discriminations et aider les pays pauvres, ce serait beaucoup plus productif.
Regardons le futur et non le passé !
J'ai beaucoup de mal à comprendre que vous compariez 2 faits historiques si différents, qu'ont-ils en commun ? C'est un concours ?
La st Barthelemy c'est un evenement interne à la France, c'est son Histoire. Et contrairement à vous je crois qu'il est très ancré dans l'heritage historique français, nous en avons tiré les leçons, c'est le début d'une réflexion de plusieurs siècles qui a aboutit à la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
La traite Atlantique c'est plusieurs MILLIONS de victimes, 3 continent concernés, elle a influencée leur économie, leur culture, leur histoire, leur démographie. Et la traite battait son plein encore au début du 19e siècle, ce n'est pas si lointain. C'est son ampleur et sa violence qui en ont fait un fait historique si particulier, si important.
Nous sommes tous concernés, il faut en parler. Certes le commerce triangulaire est abordé à l'école, mais à moins que les chose aient changées depuis que je n'y vais plus ( j'ai 28 ans) le sujet est survolé et ne parler que du commerce c'est trop peu. Quid de la capture des esclaves, des conditions de voyage jusqu'en Amérique, de la vente sur place, comment se passait l'esclavage sur place? ect..
Ce qui est paradoxale c'est qu'aux Etat-unis la question est largement abordée, étudiée, et sous tous les angles, pourtant l'Amérique du nord n'a pas été autant concernée ( en nombre d'Africains amenés) par ce commerce, contrairement aux Antilles ( faut-il rappeler que la population indienne de ces îles a été totalement decimée après l'arrivée des européens, ce qui a donné l'impulsion a la nécessité d'avoir des esclaves ?) et à l'Amérique du sud.
Comment mettre ce sujet sous le tapis et regarder ailleurs ? La France, et l'Europe, se sont largement engraissées sur ce traffic. Ils nous faut aborder ce sujet de notre point de vue d'européens, les africains aussi doivent l'aborder de leur point de vue. S'ils sont aussi concernés cela ne nous dédouane pas de le faire, bien au contraire.
Dialogue entre Matthieu et votre serviteur
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"Dites Monsieur, je pense à une chose l'autre jour : si ce sont les victimes qui jugent leurs bourreaux, il n’y a plus de justice. On règle des comptes.
- Oui Matthieu.
- Mais alors, qui nous rendra justice ? La justice d’un raisonnement juste dans la justesse d’un affranchissement courageux et altruiste ?
- Où veux-tu en venir, Matthieu ?
- Quand on juge un crime, ce qu’on juge en premier, c’est la victime. Alors, dites-moi quel regard vont porter sur cette victime tous ceux qui sont chargés de lui rendre justice et je vous dirai quelle sera la peine prononcée. Oui ! C’est bien la victime qu’on juge en premier. Toujours ! Et plus la victime nous est culturellement étrangère et géographiquement éloignée, plus magnanimes nous sommes quand il s’agit de punir et d’entretenir dans la mémoire collective toute l’horreur du crime. En d’autres termes, dites-moi, pauvres victimes que vous êtes, où et comment vous viviez avant qu’on ne vous asservisse, qu’on ne vous déporte et qu’on ne vous massacre... dites-moi aussi qui sont vos bourreaux et les juges de ces mêmes bourreaux - sans parler de leurs avocats -, et je vous dirai quelle sera la sentence prononcée et quelle place le crime perpétré occupera dans l'Histoire.
- Bien Matthieu. Bon. On pourrait peut-être...
- Attendez ! Je vous donne un exemple. Prenez la traite des noirs...
- La quoi ?
- La Traite Négrière !
- Ah ! Nous y voilà, donc ! Je me disais bien que... Tu ne vas pas remettre ça. On n’a pas le temps. Désolé Matthieu ! - Et pourquoi pas, après tout ? - On n'a pas le temps, je te dis ! - Ecoutez ! Si l’Histoire ne s’est jamais vraiment intéressée à cette Traite Négrière qui a dû faire des pieds et des mains pour être entendue, c’est bien pour la raison suivante : dans l’imaginaire d‘un monde civilisé et arrogant, les victimes ont quitté une condition jugée peu enviable pour une condition jugée guère plus avilissante. On leur a fait quitter une existence jugée primitive et précaire, aux mœurs d‘un goût douteux et leur déportation puis leur exploitation les ont plongés dans une condition jugée ni pire ni meilleure. - Oui. Vu comme ça, Matthieu... - On peut légitimement affirmer que le crime n’a pas remis fondamentalement en question leur condition de vie. Comprenez bien une chose : ce qui était en cause, ce n’est pas la couleur de leur peau. Leur seul tort à eux tous, c’était d’être primitifs et éloignés culturellement et géographiquement de leurs bourreaux, dans un premier temps et puis, des juges et des historiens, dans un deuxième temps car, plus les bourreaux nous sont proches et plus leurs victimes nous sont culturellement éloignées, plus il nous est difficile de compatir et moins on compatit, plus légère est la peine et plus courte est la mémoire. Si on ne prête qu’aux riches, sachez qu’on ne prête qu’aux victimes civilisées toute l’attention que mérite le crime commis contre elles. Faites d’un peuple civilisé, un peuple d’esclaves et plus grand sera votre crime. Réservez le même sort à un peuple jugé primitif et votre crime sera vite oublié ou bien, minimisé car, quand on veut se débarrasser de son chien, on précise bien qu’il a la rage et qu‘il s‘agit d‘un animal et non d‘un être humain ; même si aujourd'hui, il semblerait que seuls les animaux domestiques soient encore dignes de respect. - T'as fini ? Bien Matthieu, bien. On peut peut-être y aller maintenant. - Y aller ? Mais où donc ? - Loin des victimes, des bourreaux et des juges ; que je n'aie plus à t'entendre."
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Quand va-t-on cesser de constamment faire remonter à la surface un passé dont nous ne sommes en aucun cas responsable ? Quand est-ce qu’on cessera d’opposer des descendants de bourreaux à des descendants de victimes ? Nous avons tous dans notre arbre généalogique à la fois des oppresseurs et des opprimés ; alors pourquoi nous situer dans un camp plutôt que dans un autre ?
Nous sommes le produit de l’histoire, mais nous ne sommes pas l’histoire. A quoi cela sert-il de toujours rappeler ces pages douloureuses du passé, comme si nous étions d’une certaine façon responsables des faits et gestes de nos ancêtres ?
Les Cambodgiens ont fait le choix d’essayer d’oublier un passé récent particulièrement horrible, plutôt que d’entretenir la mémoire d’une histoire qui pendant une courte période a dérapé de façon épouvantable. Si les victimes ne peuvent pas oublier les atrocités qu’elles ont subies, les nouvelles générations n’ont par contre pas à porter le poids d’une histoire tragique. N’est-ce pas mieux ainsi ?
Au lieu de consacrer une énergie démesurée à entretenir une mémoire encombrante et nuisible, car bien souvent elle ne fait qu’entretenir des divisions et des haines qui n’ont plus lieu d’être au présent, ne vaudrait-il pas mieux utiliser cette énergie pour lutter contre les esclavages et discriminations actuelles ? Les motifs de révolte ne manquent pas : esclavage traditionnel en Afrique, employés philippins ou indiens traités comme des sous hommes au Moyen Orient, ouvriers exploités de façon scandaleuse dans certains pays, filles et femmes soumises au despotisme des hommes jusque dans nos banlieues…
(Titre d’après Pierre Dac)
L’amérique est sortie de l’apartheid dans les année 60 , elle a largement éludé la disparition des peuples indigènes. En amérique du sud aussi, en patagonie on distribuait des terres aux colons en fonction du nombre de scalp qu’ils ramenaient au milieu du XIX siècle !
Quand à ma responsabilité en tant que français ou descendant d’esclavagiste. Mes ancètres étaient des serfs aux mains d’un seigneur tout puissant ils étaient soumis aux corvée, aux impots n’avaient pas le droit de sortir du village sans l’autorisation du seigneur. Il leur a ensuite été distribué des lopins de terres si pauvres qu’au début du XX ème siècle, certains ont du émigrer à Paris plus loin que Bamako (en temps de transport).Ils avaient une chambre, un lit et dormaient chacun leur tour. Pour ceux qui sont restés il y a eu des révoltes , du sang dans le midi. Pour punir ces jacqueries ils ont été envoyés au front en premier lors de la guerre de 14-18. Ce n’est pas si loin. Qu’y faire ?
Croire que si les bordelais édifient un musée cela permettra d’éviter des crimes demain me laisse perplexe.
Au cours des siècles passées de nombreux crimes ont été perpétrés contre des peuples, des populations des classes sociales. La mémoire de certains a traversé l’histoire d’autres sont tombés dans l’oubli. C’est injuste mais cela ne change rien pour le présent. Notre indignation, les interventions occidentales sont toujours aussi sélectives. La question que nous devrions nous poser est : Pourquoi malheureusement nous n’apprenons rien de l’histoire ?
Oui la France comme bien d'autres pays, européens, arabes, africains, américains c'est à dire une grande partie du monde a "utilisé" l'esclavage pour des raisons commerciales. Considérer un Homme comme une marchandise est inacceptable mais j'assume cette "dérive" sans me flageller car elle est une page de l'histoire de mon pays.
Mes enfants ont été élevés dans le respect de la diversité et les années passées à l'étranger, pour mon job, ont permis à ces derniers de respecter les Hommes.
Cessons à chaque instant de demander un pardon qui ne sera jamais entendu par ceux qui ont souffert de l'esclavage et par leur descendants qui pour certains ont un discours qui va à l'encontre de l'effet souhaité.
Oui pour que cette page de l'histoire qui appartient au monde soit enseignée sans tabou comme est enseigné le génocide des Gitans, des juifs, des Arméniens etc.
N'oublions pas que des humains continuent d'être considérés comme une marchandise: les Femmes comme l'on été celles embarquées de force sur les navires à bestiaux de l'esclavage du commerce en tout genre aujourd'hui dans les camions à bestiaux de l'esclavage de la prostitution.
L'esclavage n'a ni 'âge ni de couleur, il est ancré dans l'Histoire de l'Humanité sous des formes différentes mais avec les mêmes douleurs: le déracinement, la blessure, la mort.