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[PHOTO] Qui est qui en Corée du Nord

Cécile Dehesdin, mis à jour le 31.12.2011 à 8 h 42

Tentative de décryptage du fonctionnement complexe du pouvoir en Corée du Nord, à partir d'une image officielle prise lors de l'enterrement de Kim Jong-il.

Kim Jong-un et d'autres hauts dignitaires nord-coréens lors d'une cérémonie commémorative pour Kim Jong-il, à Pyongyang, le 26 décembre 2011. REUTERS/KCNA

Kim Jong-un et d'autres hauts dignitaires nord-coréens lors d'une cérémonie commémorative pour Kim Jong-il, à Pyongyang, le 26 décembre 2011. REUTERS/KCNA

Les arcanes du pouvoir nord-coréen sont on ne peut plus mystérieuses, au point que même les experts du pays se trompent parfois sur la véritable hiérarchie des hauts dignitaires ou leur pouvoir effectif.

Mais nous avons voulu profiter d'une des photographies officielles prises par l'agence de presse gouvernementale KCNA (et non-photoshopée) lors des cérémonies commémoratives de Kim Jong-il pour tenter un décryptage –absolument pas exhaustif– de qui est qui dans les hautes sphères du pays.

Armés de la légende –très incomplète– procurée par Reuters, qui a distribué cette photographie de KCNA, et du savoir de Jean-Vincent Brisset, de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris), voilà ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas des personnages principaux de cette photo:

Kim Yong-nam:

Le «président du Présidium de l'Assemblée populaire suprême» est un peu le gouvernement du parlement nord-coréen, traduit Jean-Vincent Brisset. En théorie, le Présidium de l'Assemblée est le plus haut organe du pays, et son président l'homme le plus important hiérarchiquement.

Mais dans les faits, le président du Présidium est un chef de l'Etat comme la Reine d'Angleterre en Angleterre ou le président de la République en Allemagne, avec un pouvoir plus honorifique que le président français.

 Kim Jong-un:

Le 29 décembre, Kim Yong-nam l'a qualifié dans un discours de «leader suprême» du parti et de l'armée nord-coréenne. Avant de succéder à son père à la tête du pays, Kim Jong-un était déjà le vice-président de la Commission centrale militaire du Parti des travailleurs, soit l'organe du Parti qui contrôle l'armée.

 Ri Yong-ho:

En tant que chef de l'état-major des armées, il dépend désormais directement de Kim Jong-un, président et donc chef des armées, analyse Jean-Vincent Brisset. Ri Yong-ho est également vice-président de la Commission centrale militaire du Parti avec Kim Jong-un. C'est aussi son tuteur militaire, note le journal sud-coréen Chosun, et il faisait partie du «gang des 7» qui a accompagné le corbillard de Kim Jong-il lors de sa procession funéraire.

 Kim Yong-chun:

Vice-président du Comité de la Défense nationale, il est également depuis 2009 le ministre des forces armées populaires, soit l'équivalent d'un ministre de la Défense (hiérarchiquement en-dessous du chef de l'état-major des armées).

Un dignitaire âgé:

Ni Reuters, ni Jean-Vincent Brisset n'a pu reconnaître cet homme âgé en uniforme militaire (si vous savez qui il est, dites-le nous dans les commentaires!), mais pour le chercheur, il «fait probablement partie des gens qui restent en place, qui ont eu du pouvoir quand ils étaient plus jeunes, mais qui n'en ont plus autant qu'avant». Jean-Vincent Brisset explique que si les salaires de ces hauts dignitaires sont très limités, ils ont beaucoup d'avantages en nature et ont donc tendance à s'accrocher à leur position. Pour le dire plus clairement, «on garde les vieux comme potiches, et les vrais patrons sont souvent beaucoup plus jeunes».

 Jang Song-taek:

L'oncle de Kim Jong-un est bien plus qu'un membre de sa famille. On parle de lui comme «l'éminence grise» ou «l'homme de réseau» du Parti, explique Jean-Vincent Brisset. Il a longtemps été au département «organisation et guidance» du parti, qui joue le rôle de commissariat politique de celui-ci, décrit Chosun.

C'est aussi le directeur du département administratif du parti, autant dire «l'homme qui tire les ficelles», analyse Jean-Vincent Brisset. Depuis 2010, il est également vice-président du Comité de la Défense nationale.

 Kim Jong-gak:

Un commissaire politique qui monte, c'est le directeur du bureau politique général de l'armée. Il s'occupe de tout ce qui est moral et vie quotidienne des troupe, mais s'assure aussi qu'il n'y ait pas de problèmes au niveau politique avec les soldats, note Jean-Vincent Brisset, et gère l'avancement des officiers. Il a «joué le rôle le plus important pour faire que Kim Jong-un prenne l'armée bien en main», estime un chercheur de l'Institut Sejong.

 Choe Tae-bok:

Le président de l'Assemblée suprême populaire, et une figure importante du Parti, note Chosung. Il faisait parti du «gang des 7» qui a accompagné le corbillard de Kim Jong-il.

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Rédactrice en chef adjointe
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