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Le premier classement Slate des villes d’Europe les plus cools

Bar au bord de la Spree, Berlin le 7 mai 2011/ strunkfacejones via Flickr CC Licensed By

Bar au bord de la Spree, Berlin le 7 mai 2011/ strunkfacejones via Flickr CC Licensed By

Prix d’une pinte de bière, proportion d’étudiants et nombre de quartiers qui bougent… Voici quelques critères que nous avons choisis pour déterminer la ville d’Europe la plus sympa.

«Classement des villes les plus agréables», «classement des villes où il fait bon étudier», «classement des pays les plus dangereux»… La comparaison des villes et des pays entre eux revient régulièrement à la une des médias.

Slate a décidé de sacrifier à ce «marronnier» avec son propre classement, celui des villes les plus cools pour étudier, qui ne sacre ni les principales capitales ni les villes habituellement en tête de ce genre de palmarès, mais Lisbonne et Varsovie.

Pourquoi faire un palmarès des villes cools

Un des derniers classements en date des villes où il fait bon vivre, réalisé par le cabinet Mercer en novembre 2011, plaçait lui Vienne première, Lisbonne 41e , Varsovie 84e et Paris ainsi que Londres seulement 30e et 38e. Mais le problème de ce genre d’études est que, bien souvent, elles n’abordent les villes qu’à travers leurs attributs les plus froids, les plus sérieux, voire les plus ennuyeux: environnement politique, qualité du système éducatif, prix de l’immobilier…

Dans l’idéal, elles s’adressent aux jeunes ménages ayant des enfants ou aux couples de retraités qui s’installent dans une nouvelle ville, ce qui permet (malgré toute la sympathie que nous avons pour nos voisins suisses) à une ville comme Zurich (2e) de se retrouver très bien classée par rapport à des métropoles comme Berlin ou Londres.

-Lisbonne, le 26 mai 2008. / ChrisYunker via Flickr CC Licensed by-

Si, au contraire, on s’intéresse plutôt à des personnes qui veulent s’expatrier dans une ville réputée pour sa vie nocturne et qui se soucient assez peu du nombre de crèches ou du niveau de pollution, un autre indicateur est à envisager: le côté «cool». Dans l’idéal, ce terme évoque une ville riche juste comme il faut et vivante, parfaite pour les jeunes mais pas seulement, festive, où l’on peut se déplacer facilement, surtout la nuit, et enfin assez bon marché, notamment pour les logements, la nourriture et l’alcool.

Reste qu’il est très délicat de mesurer avec des chiffres, qui ont malgré tout l’avantage de garantir une certaine objectivité, ce qu’une métropole a de moins quantifiable et de plus immatériel: son ambiance. Ce classement n’a pas la prétention de décrire la qualité et l’atmosphère unique de certains quartiers, ni d’avancer que l’ambiance du marais à Paris est moins agréable et intéressante que celle de Brick Lane à Londres ou de Kreuzberg à Berlin. Le site d’information Salon expliquait d’ailleurs l’an dernier que les classements basés sur des données chiffrées ont toujours un côté erroné et frustrant:

«Les villes sont des expériences tout comme elles sont des lieux physiques. Ce ne sont pas juste des endroits dotés d’un certains nombres de coffee shop, de magasins Apple, ou de consommateurs d’antidépresseurs. Ces données peuvent aller dans le même sens que le tempérament de la ville, mais ce qui a le plus d’importance aux yeux de ces habitants, ce sont justement les choses les plus insaisissables.» 

- Le marché de Brick Lane, Londres le 6 juin 2010. / mariosp via Flickr CC Licensed By-

Quelques points de méthodologie...

Aussi justes ces remarques soient-elles, les classements ne sont pas tous complètement inutiles: certains chiffres ont même le mérite d’en dire beaucoup sur une ville.

Pour réaliser notre index, onze variables ont été prises en compte parmi lesquelles le prix moyen d’une pinte de bière, la proportion d’étudiants dans la population totale et la qualité des transports en commun la nuit, la législation sur le cannabis... Pour les villes, nous avons retenu 24 capitales européennes plus Barcelone et Milan, réputées pour leur vie nocturne.

Au final, nous avons réalisés deux classements afin de tester la robustesse de nos résultats: un premier en attribuant un poids relativement proche (de 6 à 15%) à chaque critère, un second en pondérant un peu plus fortement une variable essentielle, le logement (20%).

Lisbonne et Varsovie les grandes gagnantes

Dans le premier classement, Lisbonne est la ville la plus cool d’Europe, Paris n’est que 20e sur 26. Trois capitales d’Europe de l’Est, Bucarest, Prague et Vilnius, suivent la capitale portugaise. Sans surprise, Madrid, Berlin et Barcelone, villes dont la réputation n’est plus à faire, s’en sortent bien (respectivement 9e, 10e et 12e). Enfin, aux deux dernières places, on retrouve deux villes d’Europe du Nord, Oslo et Stockholm.

Avec les critères du second classement, les résultats ne sont que très légèrement modifiés, la plupart des villes bougeant d’une ou deux places: mais le vainqueur change puisqu’il s’agit de Varsovie, qui gagne quatre places.

La réussite des villes de tête s’explique par des prix très abordables: se loger et se déplacer ne coûte pas grand-chose, la bière peut se boire en quantité sans se ruiner (la pinte coûte en moyenne moins de 2 euros à Varsovie) et sortir en club n’est pas cher.

Autre facteur important, la proportion d’étudiants: ils représentent entre un cinquième et un quart de la population de Lisbonne (24,3%), Bucarest (24,1%) et Varsovie (21,1%). Enfin, si ces villes sont les plus cools, c’est aussi parce qu’elles sont vivantes et qu’elles offrent entre quatre et cinq quartiers facilement identifiables, reconnus pour leur animation le soir.

-Varsovie, le 6 juillet 2005. / ryarwood via Flickr Licensed by-

Paris et Londres restent des villes pour étudiants riches

A l’inverse, si des villes comme Paris et Londres s’en sortent si mal, c’est en grande partie à cause des prix. Ces deux métropoles sont les seules avec Berlin à offrir une telle diversité de quartiers qui bougent (plus de six pour les trois), mais le fait que les logements et les transports soient chers (voire exorbitants), de même que les sorties (surtout pour Paris où la pinte vaut en moyenne 7 euros), les pénalise beaucoup. 

Paris figure sept places plus bas que Londres en raison de la qualité des transports en commun la nuit, assez médiocre, et des taux de criminalité enregistrés. Si Berlin s’en sort mieux, c’est parce qu’avec une offre de divertissement du même niveau (certains diront meilleure…), elle reste pour l’instant beaucoup moins chère, avec en plus un bon service de transports.

Egalement mal classée (19e), Bruxelles a un tout autre profil: les loyers sont moins élevés et la bière est certes très bon marché (2 euros la pinte en moyenne), mais la ville n’a qu’une faible proportion d’étudiants (7,4% contre environ 13% pour Paris), des transports en commun la nuit assez peu présents (le métro ferme vers 23h), ainsi qu’un niveau de criminalité relativement élevé (147 crimes et délits pour 1000 habitants en 2010).

- Bruxelles le 30 juin 2006. / biggonazi via Flickr CC Licensed By-

Les mauvais scores des villes d’Europe du nord

Oslo (25e), Stockholm (23e), Copenhague (21e) et Helsinki (18e) sont elles vraiment à la traine. Les raisons? Se loger dans ces villes est très coûteux, Helsinki faisant même partie du top 30 des villes les plus chères du monde. La bière est aussi relativement chère puisqu’à Oslo une pinte coûte environ 7 euros (55 couronnes norvégiennes). Et si ces métropoles sont relativement sûres, du coup elles sont aussi trop calmes: il y a peu d’étudiants (2,8% à Helsinki et 5,7% à Stockholm) et les endroits qui bougent ne sont pas nombreux (trois en moyenne).

Alexis Boisseau

METHODOLOGIE

- Les sources: la plupart des données ont été tirées du site de statistiques Eurostat, qui présente l’avantage de centraliser de nombreuses informations sur les villes européennes. Pour le nombre de quartiers où sortir, nous avons utiliser les informations du Routard, et pour le prix d'entrée dans les boites de nuit celles du site Resident Advisor (pour différentes soirées un samedi soir). Par ailleurs évaluer la qualité des transports en commun la nuit n'a été possible qu'en croisant les informations du site Wikitravel et du routard.

- La pondération des variables: à chaque critère retenu on associe une note allant de 1 à 4. Puis pour trouver la note totale obtenue par une métropole, on fait la somme des notes de chaque variable, qu’on pondère en fonction de leur importance par des coefficients préalablement choisis empiriquement, en faisant un sondage au sein de l’équipe de Slate (la sévérité de la législation sur le cannabis a par exemple été jugée moins importante que le nombre de quartiers vivants).

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