«Sarkozy porte atteinte à l'indépendance des magistrats»

Slate.fr, mis à jour le 06.05.2009 à 8 h 48

Mon bilan de deux ans de Sarkozysme, par Christophe Regnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM)

Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de la République le 6 mai 2007. A cette occasion, Slate.fr a demandé à des économistes, syndicalistes, politologues, journalistes, blogueurs et représentants de la société civile de dresser le bilan des deux premières années du chef de l'Etat.

Après le point de vue ce matin de Pascal Rogard, président de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, voici le tour de Christophe Regnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, modérés).

Du point de vue de la justice, le bilan est à l'évidence négatif. A l'USM, nous relevons deux grandes tendances dans la politique judiciaire de Nicolas Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir: l'atteinte à l'indépendance des magistrats et une politique de communication incessante et de réformes à répétition au gré des faits divers qui n'entraîne que peu de résultats.

Sur le premier thème, il y a clairement une volonté de mettre la justice complètement sous la tutelle de l'exécutif. Cela se traduit par la reprise en main des procureurs, en violation de leur statut, et par la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, qui prévoit notamment de rendre minoritaires les magistrats (un exemple unique en Europe !) au profit de personnalités nommées en grande partie par le pouvoir politique.

La communication incessante du gouvernement et le rythme des réformes sur les questions judiciaires cache un manque évident de résultats. Que ce soit pour la loi sur les peines planchers ou celle sur la rétention de sûreté, c'est beaucoup de bruit pour peu de résultats. Pour la première, les chiffres de 2008 montrent clairement qu'elle n'a pas eu l'effet escompté: hausse des violences et actes gratuits, des vols à main armée... La rétention de sûreté, quant à elle, ne s'applique actuellement à personne. Pour cacher cet échec, d'autres lois, comme celles sur les bandes, sont à l'étude.

Enfin, le budget de la justice en France n'est pas à la hauteur des grandes démocraties et nous empêche d'avoir des résultats satisfaisants.

(Photo: Nicolas Sarkozy, REUTERS/POOL New)

A venir demain, le point de vue de Henri Martini, secrétaire général de l'UNSA Police.

A vous de commenter ces points de vue et de proposer votre bilan de deux ans de Sarkozysme, en commentaire ou par mail à infos [@] slate.fr.

Slate.fr
Slate.fr (9124 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte