Le «made in France», cache-misère industriel des politiques
Compter sur le «fabriqué en France» pour enrayer la désindustrialisation tient du rêve. Bien sûr, c’est utile. Mais il faudrait d’abord manifester une ambition industrielle. Edith Cresson et Francis Mer se rejoignent sur ce point.
- Une fonderie ArcelorMittal en République tchèque / REUTERS/Petr Josek -
La surenchère des différents candidats – déclarés ou non – à l’élection présidentielle sur le «made in France» n’a, en vérité, qu’un seul intérêt : braquer le projecteur sur l’effondrement de l’activité industrielle française depuis une vingtaine d’années.
Le concept d’entreprise sans usine a fait flores
En dix ans la part du secteur manufacturier dans la valeur ajoutée a baissé en France de 22% à 16% (un recul deux fois plus rapide que pour l’ensemble de la zone euro) alors que l’Allemagne est toujours à 30%. Dans son livre «La France sans ses usines», l’économiste Patrick Artus observe au passage que l’industrie dans la valeur ajoutée nationale est en France un peu plus basse qu’au Portugal, et à peu près au niveau de la Grèce! Guère réconfortant, mais pas étonnant lorsqu’on se souvient que, en 2001, Serge Tchuruk, patron d’ Alcatel, voulait transformer son groupe en «entreprise sans usines» afin de séduire les marchés financiers. Ses propos déclenchèrent un tollé, mais le phénomène d’externalisation de la production était bel et bien engagé dans les groupes nationaux.
Dix ans plus tard, les Français en paient les dividendes. Seulement 13% de la population active trouve encore un emploi dans l’industrie aujourd’hui. Certes, des emplois externalisés sont passés de l’industrie aux services… mais seulement le quart des emplois perdus, indique une étude réalisée par les experts de la Direction du Trésor. Les trois quarts restants sont perdus pour le marché du travail.
Sortir du mirage de la société postindustrielle
On pourrait multiplier les exemples et souligner, comme Patrick Artus, que la France ne réalise plus que 3,5% des exportations mondiales contre 6,5% - près du double – à la naissance de l’euro. Bien sûr, la concurrence des économies émergentes s’est développée. Mais elle n’explique pas tout car, a contrario, la part de l’Allemagne dans les exportations mondiales est restée identique. Faut-il condamner l’euro ? Trop court, aussi. Les deux pays partagent la même monnaie, mais les exportations françaises ne représentent plus que 35% des exportations allemandes, contre 56% en 2000. Ce qui explique que lorsque la France enregistre un déficit de 70 milliards d’euros de déficit de sa balance commerciale, l’Allemagne engrange un excédent de 150 milliards.
La France s’est laissé piéger par le concept de société postindustrielle qui, dans les années 90, prônait une spécialisation des pays riches dans les services et les hautes technologies, abandonnant la production aux économies émergentes à bas coût de main d’œuvre. Illusion: les emplois créés par les hautes technologies ne compensent pas ceux qui ont été détruits dans l’industrie traditionnelle. «On est allé trop loin dans le concept de désindustrialisation. Aucun pays ne parvient à compenser son déficit sur les biens par un excédent sur les services», commente Patrick Artus.
Les boucs émissaires – fiscalité, 35 heures… - ont le dos large
Bien sûr, en période pré-électorale, chacun ira de son discours sur la fiscalité française trop élevée, ou sur le boulet des 35 heures. On mettra en avant la perte de compétitivité à cause d’un coût global du travail aujourd’hui identique en France et en Allemagne alors qu’il était de 12% inférieur en France en 2000. Trop facile? Francis Mer, qui fut ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie d’un gouvernement de droite, occupa des postes de grand patron. Il restructura l’acier français et privatisa Usinor qui devint sous sa coupe un leader mondial de la sidérurgie. Son commentaire tombe comme un couperet, notamment pour les grands patrons: «Les industriels français cherchent des boucs émissaires pour expliquer leurs échecs».
Les syndicats? Au contraire: «Ils font plus évoluer la situation que le patronat», affirme l’ancien patron aujourd’hui vice-président du conseil d’administration de Safran. Les 35 heures? Il faut les prendre pour ce qu’elles sont. «Les 35 heures n’étaient pas forcément absurdes ; depuis un siècle et demi, les trois quarts des gains de productivité sont allés à la baisse du temps de travail et le quart à la hausse du niveau de vie. Ce qui a été absurde, ce fut d’y voir une possibilité de réduire le chômage», commente Francis Mer. Des renégociations, par entreprise, seraient possibles.
On pourrait ajouter que la réduction du temps de travail est à l’origine d’allègements de charges dont ont bénéficié les entreprises, d’un montant évalué à 125 d’euros milliards entre 1998 et 2011 d’après une étude du Sénat. Autant de pris pour contenir les coûts de production!
Une élite politique éloignée de la science et de l’industrie
Les dirigeants politiques ne sont pas épargnés. Edith Cresson, ex-Premier ministre de gauche qui eut aussi en charge le redéploiement industriel et qui défendit par exemple l’industrie automobile européenne contre sa concurrente japonaise, est amère: «Quels que soient les partis, il existe en France une idéologie très élitiste. Tout ce qui appartient au domaine de la production est subalterne». Elle n’épargne pas son camp, qui ne l’a pas ménagé non plus: «En France, on découvre seulement l’industrie et on ne comprend pas les ouvriers. Si la gauche a perdu la classe ouvrière, il y a des questions à se poser».
La relance de l’industrie n’est pas qu’affaire de communication électoraliste. Les problèmes sont, malheureusement, plus profonds. «En France, les politiques n’ont pas de culture scientifique», insiste Edith Cresson. Rien à voir avec la Chine où le bureau politique du parti communiste compte une dizaine d’ingénieurs (en électronique, géologie, chimie, économie, énergie…), rapporte Didier Lombard, l’ancien patron de France Télécom, dans son livre «L’irrésistible ascension du numérique». Ce n’est certes pas sans rapport avec les choix industriels chinois.
Edith Cresson n’oublie pas les obstacles de nature dogmatique qui, dans l’informatique, l’ont empêché de rapprocher HP et Bull. Mais ses critiques vont aussi à la Commission européenne, qui s’est opposée à la fusion d’Aérospatiale avec de Havilland, de Schneider avec Legrand Industries ou de Péchiney avec Alcan (finalement, celle-ci a été réalisée mais dans le sens contraire au scénario de départ, ce qui causa la perte de Péchiney sans que Paris ne réagisse). Comme si la priorité avait été d’empêcher la constitution de champions à l’échelle internationale: «Dans l’industrie, rien n’est permis, mais dans la finance, rien n’est interdit.» Avec le recul, on ne saurait lui donner tort.
Une toile de fond conflictuelle dans les filières et avec l’administration
Les constats d’Edith Cresson et de Francis Mer se rapprochent, le pire étant qu’on les connaît bien. Ils furent abondamment développés en 2010, au moment des Etats généraux de l’industrie, organisés à l’initiative de Nicolas Sarkozy. Mais aucune disposition n’en est sortie, à ce jour, pour insuffler une volonté de relance. Christian Estrosi, alors ministre de l’Industrie, eut beau profiter de l’occasion pour vanter les mérites de «l’interventionnisme politique» qui ranimerait une ambition industrielle éteinte, ces Etats généraux n’ont abouti à aucune mesure concrète. Et l’observatoire du «Fabriqué en France» mis en place par le ministre en 2010 n’a pas donné, jusqu’à présent, de résultats probants.
Lors de ces Etats généraux, on a souligné l’intérêt des filières, comme celles qui firent les beaux jours de l’aéronautique, de l’automobile, du nucléaire ou des télécoms. Mais dans l’Hexagone, les rapports entre sous-traitants et grands donneurs d’ordres sont plus tendus que d’autres pays, ce qui nuit à la consolidation des filières. C’est une différence entre la France et l’Allemagne: «Les grands groupes allemands ont cherché à donner à leur activité une dimension allemande, alors que les grands groupes français ont joué chacun leur carte de groupe», juge Francis Mer.
Cette toile de fond conflictuelle explique aussi, en partie, la différence d’attitude des patrons de PME: «Que fait un chef d’entreprise qui a développé son entreprise ? En France, il va vend ; en Allemagne, il réinvestit pour la développer encore.» Résultat: 300.000 PME exportatrices en Allemagne, 90.000 en France.
Il faudrait aussi fluidifier les rapports avec l’administration : une étude du cabinet Ernst & Young montre que lorsque 75% des patrons français jugent que l’administration ne les aide pas, 75% des patrons allemands considère qu’elle les soutient . «La France est un pays très administratif. L’administration joue un rôle essentiel, mais elle n’anticipe pas», commente Edith Cresson.
La meilleure disposition pour l’industrie, depuis 2007, est indépendante de ces Etats généraux. Elle tient à la réforme des universités menée par Valérie Pécresse, soulignée aussi bien par Edith Cresson que par Francis Mer, parce qu’elle rapprochera à terme les entreprises des universités et crée un cadre pour que les universitaires mettent leurs capacités d’innovation au service de la production.
Peut-être que dans ces conditions, le malthusianisme de certains corps qui se sont opposés aux réformes pour augmenter le nombre d’ingénieurs formés en France, sera battu en brèche. Aujourd’hui, l’innovation française, déjà pénalisée par la faiblesse des investissements privés dans la recherche («L’Etat, lui, fait sa part de boulot», analyse Francis Mer), en paie les conséquences. «Si on ne fait pas d’industrie, on ne fait pas de recherche», note Edith Cresson. Il faut donc inverser la vapeur.
On le voit, la relance de l’emploi industriel en France peut espérer mieux qu’un label «Fabriqué en France». Un label d’ailleurs fort ancien sous des formes approchantes, et qui camoufle bien mal la pauvreté de l’ambition industrielle des partis politiques qui le brandissent.
Gilles Bridier
Mis à jour le 28/12/2011 à 12h37



















































C'est vrai, mais on oublie des points hyper-importants dans la comparaison...
1) La taille des entreprise Il y a en France 3,42 millions d'entreprises selon l'INSEE: www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF09203
2,23 millions d'entreprises n'ont aucun employé 0,97 million ont moins de 10 employés
Ce qui fait au total 3,20 millions de PME de moins de 10 salariés, ce que l'UE appelle « micro-entreprises »
Soit 94,25% de toutes les entreprises françaises ! ! !
Comment un pays peut-il exporter dans le monde avec une telle structure de PME ? ? ?
2) Le rôle des fondations
En France, il existe 2.264 fondations. http://www.centre-francais-fondations.org/les-fondations-en-france/photographie-du-nombre-de-fondations-et-de-fonds-de-dotation-au-1er-septembre-2009/
Mais il en existe plus de 80.000 en Allemagne.
Chaque année, environ 800 nouvelles fondations y sont créées. Leurs buts principaux sont a) le social, b) la science et la recherche c) l'Education et la formation d) l'art et la culture e) la protection de l'environnement f) autres objectifs, objectifs privés
Même les partis politiques allemands ont des fondations, car « la démocratie a besoin de l'éducation politique »...
Quand on lit les commentaires sur la plupart des articles politiques, on constate le manque profond d'éducation politique en France, pas de cours de politique en primaire, pratiquement rien en collège et lycée...
En France, c'est l'Etat, depuis la révolution, qui veut avoir le monopole de la bienfaisance, mais il n'en a pas les moyens... «les caisses sont vides » disait Fillon, les associations mendient constamment de l'argent. Alors qu'une fondation n'en a jamais besoin. La "révolution" a voulu donner aux seuls Etat et collectivités territoriales le monopole de l’intérêt général. La loi „Le Chapelier“ a pratiquement interdit les fondations de 1791 à 1983. Le terme de « fondation » est défini aujourd’hui par l'article 18 de la loi du 23 juillet 1987.
Voici les chiffres de 2006, la situation a encore empiré en France:
Au total, en 2006, les recettes brutes de l'État français se sont élevées à 287 milliards €, auxquelles il faut soustraire un peu plus de 65 milliards de prélèvements au profit des collectivités territoriales et des communautés européennes. Les recettes réelles nettes de l'État français auront donc été de 221 milliards €.
La fortune des fondations allemandes était de quelque 100 milliards € en 2006, un peu moins de la moitié de toutes les recettes de l'Etat français...
On voit quel est leur poids dans le pays, sans elles, la vie serait toute différente. La Fondation ne fait AUCUNE dette, n’emprunte pas, ne demande pas de subventions. Ne mendie pas de dons.
Quand on compare les deux pays, comme dans cet article, on zappe totalement tout ce pan de la vie publique en Allemagne, on compare donc des pommes et des poires.
La faiblesse des fondations en France peut surprendre quand on voit cette forme d’organisation se multiplier dans la plupart des pays industrialisés (20 000 fondations suédoises pour 9 millions d’habitants, 14 000 fondations danoises pour 5,5 millions d’habitants).
Partout en Europe, on trouve des fondations dont les domaines d’action sont traditionnellement la culture, l’éducation, la recherche, la santé et l’action sociale, mais aussi plus récemment l’insertion professionnelle et la défense de l’environnement.
Contrairement aux associations, de par leur indépendance financière, les fondations ne courent pas le risque d’être «instrumentalisées» par les politiques publiques, d’où l’attitude ambiguë des pouvoirs publics envers les fondations.
S'il y a si peu de fondations en France, c'est que l'Etat n'en veut pas. L'Etat - et donc les politiques - veut être le seul à dispenser ses bienfaisances - en se sucrant au passage - mais comme il gère très mal, il fait des dettes depuis plus de 30 ans.
Voir les travaux du centre de recherche internationale sur le droit des fondations: http://www.mpipriv.de/ww/en/pub/research/research_work/european_and_universal_private/foundation_law_and_law/foundation_law_and_reform.cfm
« there continues to exist a deep-seated anxiety over the “dead hand” (“mortmain”), whereby the creator of a foundation continues to dictate the use of his assets from the grave.
It is for this reason that foundations are as a matter of public policy per se restricted in Roman legal systems (Belgium, France, Italy, Portugal, Spain) “
L'anxiété de la main-morte !!!
La France est un pays conservateur et très anxieux.
C'est le pays qui consomme le plus de psychotropes au monde - voir le rapport de L'Assemblée Nationale http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i3187.asp et du Sénat - http://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ100212155.html - et c'est le pays le plus dépressif au monde, selon les dernières études: http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111223.OBS7423/sondage-les-francais-champions-du-monde-du-pessimisme.html
Il faudrait tout simplement que ce pays brise son idéologie, refonde son Education nationale et s'ouvre sur le monde au lieu de se refermer sur lui-même et réforme sa législation sur les fondations pour se placer à un niveau au moins égal avec tous les pays développés.
3)Il n'y a pas d'organisation citoyenne de consommateurs digne de ce nom en France. Ceux-ci sont donc livrés à tous les lobbies qui eux, sont fort bien organisés et font le siège des élus qui font les lois.
L'UFC-Que choisir se vante d'être:"forte de près de 170 associations locales regroupant plus de 141 780 adhérents" http://www.quechoisir.org/l-association/ufc-que-choisir-ufc-que-choisir-qui-sommes-nous
Ce qui représente 0,25% de la population française. Quel tigre... de papier!!! "
Juste derrière la frontière, les consommateurs se sont regroupés dans une organisation qui rassemble 20 millions de personnes, soit 25% de la population totale. http://en.vzbv.de
Et là, impossible de leur "vendre" "deux produits pour le prix d'un" ou des inepties de ce genre qui marchent en France. Impossible d'accepter de l'immobilier ou des loyers sur-chers, de l'alimentation avec "2 produits pour le prix d'un" ou "un gratuit"... etc...
Les gens sont informés et non considérés comme des débiles par ceux qui ont les pouvoirs.
Chacun a en fait ce pour quoi il s'engage. 0,25% contre 25%... en voilà une force de frappe...
L'économie, les entreprises, les administrations sont tout autres face à cette organisation citoyenne...
4) Le label "made in..."
Prôner le "made in france" comme le font certains politiques sans regarder le problème de la production comme le souligne l'ancien directeur du CREDOC, Robert Rochefort - http://www.bayrou.fr/article/il-sagit-dabord-de-produire-en-france-pour-pouvoir-consommer-francais - est de la pure intox.
Comment est "né" le "made in germany"? http://fr.wikipedia.org/wiki/Made_in_Germany
"Cette étiquette a été apposée sur les biens d'importation à partir de 1887 au Royaume-Uni suite à une loi protectionniste, le Merchandise Marks Act 1887 : sous couleur d'information du consommateur, il s'agissait d'inciter les ménages à soutenir l'industrie nationale par un comportement civique, en préférant l'achat de produits du Commonwealth.
Les autorités britanniques remarquaient en effet depuis une décennie la pénétration croissante des biens d'importation allemands sur le marché intérieur britannique, et la pression exercée sur les producteurs du Commonwealth, particulièrement dans le domaine des biens manufacturés.
Pourtant, en 1894, une commission du parlement allemand rapportait qu'après un fléchissement initial, ce label, loin de nuire aux industriels allemands, avait tourné à leur avantage, tant la qualité des produits allemands était appréciée des consommateurs britanniques eux-mêmes.
Ces conclusions encouragèrent les exportateurs à appliquer d'eux-mêmes la mention sur leurs produits"
Voilà, c'est donc la QUALITE des produits qui a créé le "made in germany" et non l'inverse, comme certains politiques le pensent...
Le problème, c'est que les Français ont perdu la sensation de ce qu'est la qualité, les enfants et les adultes habitués dans leur grande majorité à choisir le "moins cher", à qui on vend "deux pour le prix d'un"... ne savent plus toucher un tissu, comprendre une machine, évaluer la qualité d'un produit - et donc le rapport qualité-prix. C'est assez effarant de le constater sur le marché franco-allemand où je travaille tous les jours. On se contente d'une qualité médiocre, sans calculer les coûts sur le long terme et le rapport qualité-prix.
C'est pourquoi les gens sont exploités par le commerce, les agents immobiliers, les banques, les entreprises, etc... je pourrais en écrire des livres entiers d'exemples. Cela dure depuis plus de 30 ans.
Alors, le "made in france" est un cache-misère, repris par le président actuel, le PS, le FN... sans voir les trois points évoqués précédemment, car la presse n'en parle pas.
5) Les relations sociales au sein des entreprises et le rôle des entreprises dans la société
Les PME allemandes sont impliquées dans leur région, culture, éducation, mécénat, sport, etc... Elles sont pour la plupart de structure familiale et ancrées depuis des décennies dans les territoires. Les PME familiales - entre 50 et 15.000 personnes ou plus - n'ont pas du tout besoin de recourir aux banques pour investir. Elles investissent dans la recherche et le développement, dans les outils de production, la rémunération de leurs salariés, sans avoir besoin de mendier auprès des banques et de payer des intérêts.
Elles puisent dans les fonds qu'elles ont mis à disposition à cet effet. Comme le relevait discrètement Le Monde dans cet article "A l'usine Bosch de Vénissieux, une leçon de ré-industrialisation"
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/20/a-l-usine-bosch-de-venissieux-une-lecon-de-reindustrialisation_1620690_823448.html
"Le fait que Bosch est une fondation préservée des pressions d'actionnaires exigeant des retours sur investissement immédiats, n'est pas pour rien non plus dans la capacité de l'industriel à prendre des décisions de moyen et de long terme."
Mais personne ne le relève, car les Français ne savent tout simplement pas ce que cela signifie...
Voilà 5 points importants, auxquels il faudrait encore ajouter les relations syndicats-entreprises, il faudrait un article entier pour en parler.
Les politiques qui parlent si facilement de "made in france" ne savent vraiment pas de quoi ils parlent.
Et il y a du boulot si l'on veut que le chômage cesse de monter avant de commencer à baisser, comme il le fait en Allemagne depuis pas mal de temps.
http://www.oecd.org/document/24/0,3746,fr_2649_37457_49245400_1_1_1_37457,00.html
Avec le libéralisme triomphant supprimant toute frontière à l'argent, l'industrie des pays occidentaux est partie en Asie pour permettre à une poignée de possédants de gagner quelques % de marge.
Les pays occidentaux s'en trouvent ruinés.
Les hommes politiques n'ont rien fait et leur réveil sur le sujet est assez misérable à commencer par notre président qui vantait il y a encore trois ans les vertus du libre échange et parle d'acheter français aujourd'hui !!!
C'est tout bonnement honteux. Mai l'honneur et la droiture ont depuis longtemps quitté le monde politique