Patriotisme démagogique
Rien ne prouve que les Français ont véritablement intérêt à freiner la concurrence, tout pousse même à penser le contraire.
- Une fan de l'équipe de France de rugby en 2007. REUTERS/Charles Platiau -
Dans le catalogue des produits made in France, ce qui s'est fait de mieux cette semaine a été la démagogie.
Nos responsables politiques ont un savoir-faire unique au monde pour transformer les débats les plus sérieux en slogans de bistrot. Dans un grand mouvement d'ensemble, la très légitime inquiétude de la «désindustralisation» du pays a provoqué une série de visites médiatisées d'usines par les candidats à la présidence de la République. A la queue leu leu, ils ont déclamé le même refrain: «Acheter français!», «Non à la France sans usine!», «Vive le patriotisme économique!».
Cet unanimisme tricolore pour vanter les ateliers, les chaînes et les cheminées –à l'exception notable des écologistes pour qui tout ça est dégoûtant– est typique de la façon française de faire de la politique: légèreté, promesses en l'air et beaux rubans. Puisqu'il s'agit pour tous de s'inspirer du modèle allemand, tous devraient peut-être commencer par imiter le conséquent des réflexions outre-Rhin.
Mais non. Sur le fond, l'issue est vite connue car elle est toujours la même: la France a perdu son industrie parce qu'elle n'est plus la France, il faut rétablir au plus vite protectionnisme et étatisme.
Le Parti socialiste résume: il faut «réarmer la puissance publique». Laurent Wauquiez, jeune chef de file de l'UMP avance: «Il faut tourner la page du libre-échange.» Rien que ça! Le débat est si vite clos qu'on se demande en vérité si le but affiché –l'emploi ouvrier– n'est choisi que parce qu'il débouche sur un regain de pouvoir des politiques, qui est le vrai but recherché. Mais passons.
Affirmer que le libre-échange est mauvais pour la croissance et l'emploi mériterait pourtant un peu plus d'arguments. Laurent Wauquiez va vite: la mondialisation provoque des changements rapides dans les emplois et creuse les inégalités. Mais une très grande majorité des économistes continuent de penser que l'ouverture est bonne pour l'emploi total.
Vide conceptuel
Les changements des qualifications posent un grave problème d'adaptation, c'est vrai, mais la réponse vient de la formation et de la mobilité, pas du protectionnisme. Le prix Nobel Paul Krugman, dont la pensée influence les vues parisiennes, écrit: «Les partisans du libre-échange devraient répondre aux angoisses des perdants de la mondialisation» mais pour ajouter aussitôt: «Je ne soutiens pas le protectionnisme» (1).
Les slogans «Achetez français» reposent donc sur un vide conceptuel. Rien ne prouve que les Français ont véritablement intérêt à freiner la concurrence, tout pousse même à penser le contraire. En outre, la politique commerciale et douanière ne dépend plus de la France mais de l'Union européenne et nos partenaires continuent de croire en l'ouverture. Au vide conceptuel s'ajoute donc l'impossibilité pratique. Mais qu'à cela ne tienne! Nos dirigeants ont la parade: la faute de Bruxelles! Le tour démagogique est bouclé.
La désindustrialisation appelle pourtant un vrai débat et des réponses. Mais, d'une part, il faut l'élargir: l'agriculture française perd aussi des parts de marché à cause de l'immobilisme de Jacques Chirac et les services (finance, tourisme, santé...) méritent d'être autant considérés que la seule industrie. D'autre part, il faut l'étayer. Le mal français n'a pas de solution simple puisque, implicitement, la politique est antiproductive depuis vingt ans (2): le coût social, la recherche insuffisante (voire interdite à cause du principe de précaution), le financement (l'avenir est noir avec les ratios exigés des banques), la mauvaise collaboration entre grandes entreprises et petites et, in fine, ce qui est à la racine de toutes les faiblesses françaises, l'atrophie des marges des entreprises, hors CAC 40. A cette liste qui dépend de Paris s'ajoute celle de Bruxelles: harmonisation fiscale, Small Business Act, politique de la concurrence, bureaucratie de la recherche, etc.
Tout ça est aujourd'hui bien documenté.
Mais au-delà, le devoir des politiques serait de dire aux Français que la désindustrialisation ne cessera que par l'abandon du credo en le sauveur étatiste (Banque publique d'investissement ou Fonds stratégique). Par de la constance (le contraire s'observe dans le solaire ou la fiscalité). Par des changements de mentalité en faveur du risque et de la gratification du risque. Et, en résumé, par un grand basculement de la politique économique française de la consommation à l'investissement, de la demande à l'offre. Bref, que le pouvoir d'achat n'est plus la priorité. Chiche?
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos
(1) « Trade and Inequality, Revisited », juin 2007, Voxeu.org Retourner à l'article
(2) Cahier n° 42, lasaire.net. Retourner à l'article
Mis à jour le 24/12/2011 à 4h27


































Question comment le consommateur français peut soutenir sans acheter français ?
Merci pour votre attention
Mais QUI aura le courage en France de dire que l'idéologie hypocrite en vigueur depuis la révolution n'est plus la ligne officielle. Qui ?
Car cette "révolution", tant enseignée en France, a vite remis un "empereur" sur le trône et une "cour" aux dépens du peuple grugé, elle avait comme devise "Liberté, égalité, fraternité" mais a toujours fait tout à fait son contraire, par tous les moyens non avoués.
Personne en France, car le pays est bien trop conservateur, tourné vers le passé plutôt que vers l'avenir, renfermé sur lui-même plus qu'ouvert sur le monde - voir le rapport à l'Autre, à l'étranger.
Dans tous les pays démocratiques avancés, ayant la meilleure éducation au monde - alors que la France stagne entre la 17ème et la 22ème place au niveau de l'Education - les fondations jouent un rôle important dans la vie sociale et publique.
En France, elles sont quasi-inexistantes, l'Etat ayant peur, une grande anxiété, de partager avec d'autres le monopole de la bienfaisance.
En France, l'Etat a mis la barre très haut pour la création de fondation, les personnes aisées paient l'impôt qui est redistribué par l'Etat - après que les politiques et leurs amis se soient sucrés au passage - puis elles planquent leur fortune à l'étranger pour en faire profiter leurs héritiers, ce qui est fortement jalousé par toute une partie de la population qui se sent grugée.
En France, il existe 2.264 fondations.
Mais il en existe plus de 80.000 en Allemagne qui gèrent plus de la moitié du budget de l'Etat français sans faire AUCUNE dette...
Chaque année, environ 800 nouvelles fondations sont créées en Allemagne. Leurs buts principaux sont a) le social, b) la science et la recherche c) l'Education et la formation d) l'art et la culture e) la protection de l'environnement f) autres objectifs, objectifs privés
Même les partis politiques allemands ont des fondations, car « la démocratie a besoin de l'éducation politique »... quand on lit les commentaires sur la plupart des articles politiques, on constate le manque profond d'éducation politique en France, pas de cours de politique en primaire, pratiquement rien en collège et lycée...
En France, c'est l'Etat, depuis la révolution, qui veut avoir le monopole de la bienfaisance, mais il n'en a pas les moyens... «les caisses sont vides » disait Fillon, les associations mendient constamment de l'argent. Alors qu'une fondation n'en a jamais besoin.
Voici les chiffres de 2006, la situation a encore empiré en France:
Au total, en 2006, les recettes brutes de l'État français se sont élevées à 287 milliards €, auxquelles il faut soustraire un peu plus de 65 milliards de prélèvements au profit des collectivités territoriales et des communautés européennes. Les recettes réelles nettes de l'État français auront donc été de 221 milliards €.
La fortune des fondations allemandes était de quelque 100 milliards € en 2006, un peu moins de la moitié de toutes les recettes de l'Etat français...
On voit quel est leur poids dans le pays, sans elles, la vie serait toute différente. La Fondation ne fait AUCUNE dette, n’emprunte pas, ne demande pas de subventions. Ne mendie pas de dons. Et il s'en crée quelque 800 nouvelles par an.
Quand on compare les deux pays, en France, on zappe totalement tout ce pan de la vie publique en Allemagne, on compare donc des pommes et des poires.
En France, la révolution a voulu donner aux seuls Etat et collectivités territoriales le monopole de l’intérêt général. La loi „Le Chapelier“ a pratiquement interdit les fondations de 1791 à 1983.
Le terme de « fondation » est défini aujourd’hui par l'article 18 de la loi du 23 juillet 1987.
La faiblesse des fondations en France peut surprendre quand on voit cette forme d’organisation se multiplier dans la plupart des pays industrialisés (20 000 fondations suédoises pour 9 millions d’habitants, 14 000 fondations danoises pour 5,5 millions d’habitants).
Partout en Europe, on trouve des fondations dont les domaines d’action sont traditionnellement la culture, l’éducation, la recherche, la santé et l’action sociale, mais aussi plus récemment l’insertion professionnelle et la défense de l’environnement.
Contrairement aux associations, de par leur indépendance financière, les fondations ne courent pas le risque d’être «instrumentalisées» par les politiques publiques, d’où l’attitude ambiguë des pouvoirs publics envers les fondations.
S'il y a si peu de fondations en France, c'est que l'Etat n'en veut pas. L'Etat - et donc les politiques - veut être le seul à dispenser ses bienfaisances - en se sucrant au passage - mais comme il gère très mal, il fait des dettes depuis plus de 30 ans.
Voir les travaux du centre de recherche internationale sur le droit des fondations: http://www.mpipriv.de/ww/en/pub/research/research_work/european_and_universal_private/foundation_law_and_law/foundation_law_and_reform.cfm
« there continues to exist a deep-seated anxiety over the “dead hand” (“mortmain”), whereby the creator of a foundation continues to dictate the use of his assets from the grave.
It is for this reason that foundations are as a matter of public policy per se restricted in Roman legal systems (Belgium, France, Italy, Portugal, Spain) “
L'anxiété de la main-morte !!!
La France est un pays conservateur et très anxieux.
C'est le pays qui consomme le plus de psychotropes au monde - voir le rapport de L'Assemblée Nationale http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i3187.asp et du Sénat - http://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ100212155.html - et c'est le pays le plus dépressif au monde, selon les dernières études: http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111223.OBS7423/sondage-les-francais-champions-du-monde-du-pessimisme.html
Il faudrait tout simplement que ce pays brise son idéologie, refonde son Education nationale et s'ouvre sur le monde au lieu de se refermer sur lui-même.
Il y a du boulot pour secouer cet héritage de plus de 200 ans auquel le pays se réfère sans s'en émanciper et évoluer vers son futur.
L'UFC Que choisir se vante d'être :"forte de près de 170 associations locales regroupant plus de 141 780 adhérents" [http://www.quechoisir.org/l-association/ufc-que-choisir-ufc-que-choisir-qui-sommes-nous]
Ce qui représente 0,25% de la population française. Quel tigre... de papier!!!
Il fait peur aux lobbies en tout genre qui font le siège des députés et sénateurs qui eux font les lois que tous les autres citoyens ne réagissent. On l'a vu pour l'amiante, pour Tchernobyl, pour le sang contaminé, pour le Mediator, etc. etc... sans parler des prix exhorbitants de l'immobilier, des frais bancaires, de l'alimentation, etc. ils sont plumés sans rien dire, sans se concerter et râlent sans aucun pouvoir.
Juste derrière la frontière, les consommateurs se sont regroupés dans une organisation qui rassemble 20 millions de personnes, soit 25% de la population totale. Et là, impossible de leur "vendre" "deux produits pour le prix d'un" ou des inepties de ce genre qui marchent en France. Impossible d'accepter de l'immobilier ou des loyers surchers, de l'alimentation avec "2 produits pour le prix d'un" ou "un gratuit"... etc...
Les gens sont informés et non considérés comme des débiles par ceux qui ont les pouvoirs.
Chacun a en fait ce pour quoi il s'engage. 0,25% contre 25%... en voilà une force de frappe...
Alors, vous pouvez toujours écrire que "les incantations de Bayrou, Sarkozy et Hollande sont une fumisterie", libre à vous... en attendant vous vous faites plumer depuis des décennies, sans vous en rendre compte, tandis que dans les pays qui vous entourent - que vous diabolisez en les accusant de tous les maux (joug...),
Les citoyens se sont organisés, se défendent et n'acceptent pas l'inacceptable. Jamais ils ne paieraient ce que les Français paient - en frais bancaires, en loyers, en immobilier, en alimentation, etc. etc...
En France, des gens comme vous, qui critiquent avant de s'informer et de réfléchir, dans le pays du "chacun pour soi", n'ont que ce qu'ils sont prêts à investir pour se défendre.
Bonne continuation dans votre critique de choses dont vous ne voyez pas la portée, enfermé dans votre milieu bien franco-français... (chien qui aboie ne mord pas) alors que le monde autour de vous évolue depuis des décennies et que les autres économisent et mettent de côté pour les jours difficiles, pendant que vous,vous payez docilement... en râlant.
Mais vos protestations désorganisées, n'ont jamais atteint leur but. Libre à vous de poursuivre dans la désorganisation la plus ineffective - tant au niveau syndical (le taux de syndicalisation le plus bas d'Europe) qu'au niveau de l'organisation des consommateurs-citoyens. Un vieux proverbe ne dit-il pas "L'union fait la force" ?
Mais effectivement la désindustrialisation, à l'oeuvre depuis la fin des années 70, appelle un vrai débat. Pour moi, la racine du mal est à rechercher dans le rôle social (ou plutôt son absence) que le patronat, en particulier celui du CAC40 occupe en France. Les plus anciens se souviendront des slogans communistes de l'entre-deux-guerres sur les deux ans familles... Je dirais plus simplement que lorsqu'en 1984 les pouvoirs politiques ont lâché la bride à la finance, les grandes entreprises ont délibérement sacrifié l'investissement de leurs entreprises pour se lancer dans la finance dont ils espéraient gains faciles et rapides.
Et nous vivons aujourdhui, la conséquence de ce choix de classe des grands patrons français et qui explique le chomage de masse et la désindustrialisation. Ce que vous appelez causes, je l'appelle conséquences de ce choix originel :
*la recherche insuffisante : mais pourquoi déposer des brevets quand il on fait le choix du primo de la finance ? Le principe de précaution n'a rien à voir là-dedans. *le financement : je ne sais pas si l'avenir est noir avec les ratios exigés des banques mais avec ou sans ratios, l'investissement ne se fait pas et, cerise sur le gâteau, les banques françaises elles-mêmes sont sous-capitalisées. *la mauvaise collaboration entre grandes entreprises et petites : vous voulez sans doute parler du racket qu'exercent les multinationales sur les PME qu'elles étouffent !!
Pour faire court, je dirai que les politiques français au lieu de pratiquer l'incantation devraient plutôt se tourner du côté de ces grands patrons pour qui l'Etat se saigne depuis 30 ans sans aucun résultat du côté de l'emploi. Au lieu de traquer les "fraudeurs sociaux" il serait plus rentable de couper les aides aux profiteurs économiques et d'ainsi les réconcilier avec leurs propres théories du libre-échange.
"Le nombre de demandeurs d'emploi atteint 2,85 millions en catégorie A en novembre, revenant à son niveau de novembre 1999. En catégories A, B et C, la hausse atteint 51.800 personnes."
S'en suit tout un topo sur le chômage... puis au détour d'une ligne, on apprend enfin la vérité:
"Il s'agit là des statistiques concernant la Métropole. Pour noircir encore un peu le tableau, DOM inclus, le nombre de chômeurs en catégories A, B et C a franchi la barre des 4,5 millions."
Je n'ai jamais compris pourquoi les médias français ne citaient pas les chiffres réels tout de suite, pourquoi ils excluaient les DOM alors qu'ils sont des départements comme Paris ou la Gironde. Est-ce un reste de colonialisme inconscient? Les journalistes devraient se poser la question.
Le Monde écrit ce jour: "on recense 91.100 chômeurs de plus en trois mois"
Ceci est totalement lié à la désindustrialisation de la France qui a atteint un point critique en cette fin 2011.
Pour revenir au sujet de l'article et répondre à Ali Baba qui écrit: "...démagogie du faux-débat de cette fin d'année à propos de "achetons français" ... des hommes et femmes politiques qui ont les mains dans la tambouille depuis de nombreuses années, que ce soit Bayrou ou Hollande..."
Sauf que Bayrou n'a jamais parlé "d'acheter français", mais de PRODUIRE de nouveau en France, ce qui est tout à fait différent, comme le souligne Robert Rochefort à juste titre:
http://www.bayrou.fr/article/il-sagit-dabord-de-produire-en-france-pour-pouvoir-consommer-francais
Si vous citez des candidats, il serait correct de les citer correctement et de ne pas faire un amalgame globalisant.
Ali Baba note que:
*la recherche est insuffisante.
Absolument d'accord, mais je n'ai pas bien compris sa remarque sur les brevets et la finance.
La France est l'un des pays développés qui dépose le moins de brevets. Tout simplement parce que la Recherche est malade, comme je l'indiquais plus haut. *le financement l'investissement ne se fait pas, c'est vrai.
Mais accuser les banques ne sert pas à grand chose.
Pourquoi l'Etat n'a-t-il pas créé le cadre législatif permettant aux entreprises de mettre de l'argent de côté sur le long terme pour ne pas dépendre des banques pour investir? Pourquoi les citoyens n'ont pas fait pression sur le législateur en ce sens? Parce qu'ils n'ont AUCUNE formation politique, sociologique ou économique à l'école, contrairement à ce qui se fait dans les pays plus évolués du Nord de l'Europe. La démocratie a besoin de formation, et l'Ecole est le lieux privilégié pour cela. Or, on y enseigne tout sauf l'essentiel pour la démocratie: la formation citoyenne, politique, sociologique et économique.
Je parlais plus haut des fondations qui ne font aucune dette et ne soutirent aucun intérêt - qui existent dans tous les pays développés - sauf en France, Italie, Espagne, par anxiété irréfléchie de la "main-morte".
En Allemagne, par exemple, pays que je connais fort bien, les PME familiales - entre 50 et 15.000 personnes ou plus - n'ont pas du tout besoin de recourir aux banques pour investir.
Elles investissent dans la recherche et le développement, dans les outils de production, la rémunération de leurs salariés, sans avoir besoin de mendier auprès des banques et de payer des intérêts.
Elles puisent dans les fonds qu'elles ont mis à disposition à cet effet. D'autres ont créé des fondations, comme le relevait discrètement Le Monde dans cet article "A l'usine Bosch de Vénissieux, une leçon de réindustrialisation"
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/20/a-l-usine-bosch-de-venissieux-une-lecon-de-reindustrialisation_1620690_823448.html
"Le fait que Bosch est une fondation préservée des pressions d'actionnaires exigeant des retours sur investissement immédiats, n'est pas pour rien non plus dans la capacité de l'industriel à prendre des décisions de moyen et de long terme."
Mais personne ne le relève, car les Français ne savent tout simplement pas ce que cela signifie, ils en ont été privés depuis la fameuse "révolution" La loi „Le Chapelier“ a pratiquement interdit les fondations de 1791 à 1983...
*la mauvaise collaboration entre grandes entreprises et petites : ... les politiques français au lieu de pratiquer l'incantation devraient plutôt se tourner du côté de ces grands patrons pour qui l'Etat se saigne depuis 30 ans sans aucun résultat du côté de l'emploi.
Mais c'est bien à l'Etat et aux citoyens par l'intermédiaire de leurs représentants de faire des lois encadrant les relations entre PME et autres sociétés, c'est bien à l'Etat et aux citoyens qui le forment et devraient le contrôler, de veiller à ce qu'il n'y ait pas de subventions vers les entreprises anonymes, qu'elles paient leurs impôts et que les relations inter-entreprises fonctionnent pour le bien du pays.
Ce n'est pas de se plaindre et de gémir envers le méchant super-Papa, l'Etat, dont on attend tout qui sert à grand chose, mais de se mobiliser en tant que citoyens et consommateurs (voir plus haut) pour que les choses évoluent dans le bon sens.
Mais là, dès qu'il faut s'engager... on ne trouve plus grand monde au pays du "chacun pour soi"...
On a donc ce que l'on mérite et ce pour quoi on s'est engagé.
Avant tout, une précision : je ne me situais pas sur un plan partisan et j'ai cité F Bayrou car je l'avais entendu à la télé. Vous me dîtes que "Sauf que Bayrou n'a jamais parlé "d'acheter français, mais de PRODUIRE de nouveau en France, ce qui est tout à fait différent." Certes mais je me référai à cet article du nouvel obs :
http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20111212.OBS6558/video-bayrou-incite-a-acheter-francais-mais-roule-en-audi.html
Cela dit, je n'ergoterai pas car pour moi, F Bayrou n'a aucune importance et aucun poids réel ni politiquement ni idéologiquement. Il ne représente que lui ... et encore.
En fait le sujet que j'essaie de développer est celui de l'absence de rôle social de l'entreprise en France, en particulier les grandes entreprises du CAC40. Quand j'entends N Sarkozy s'extasier sur le chômage partiel très développé en Allemagne, il oublie un paramètre essentiel : les entreprises allemandes font partie du corps social, elles ont le souci de créer et conserver de l'emploi. A cet effet, elles ont un vrai dialogue avec des syndicats forts et représentatifs. En France, le seul objet de l'entreprise est de produire de l'argent pour ses actionnaires et pour une petite sphère dirigeante. Dans cette optique il n'est pas étonnant que le niveau des investissements soit très bas et quel est l'intérêt de faire de la recherche quand on n'a pas l'intention de faire d'autres investissements que financiers ?
Pour le reste, je suis plutôt d'accord avec vous. Ailleurs j'ai fait un post pour réclamer le retour à une pratique de la démocratie sans adjectif (et surtout pas "formelle").