La récession ne fait pas le bonheur… des décroissants!
Au contraire, la récession renforce les inégalités, que les tenants de la décroissance aimeraient réduire.
- Vendeur de bois, Athenes nord, novembre 2011. REUTERS -
Qu'on se le dise, les décroissants n'aiment pas la crise. Même lorsqu'elle aboutit à une baisse du PIB, autrement dit… à la décroissance. Mais que nenni! Les décroissants n'ont pas le coeur à sourire.
«Rien n'est plus terrible qu'une variable (le PIB) qui ne fonctionne plus dans un système où elle joue un rôle central!», explique Alain Gras, sociologue à Paris I et l'un des tenants du mouvement. «Du reste, aucun homme politique n'a encore osé avancer que nous aurions souhaité une telle situation!»
A première vue, cependant, les dernières statistiques de croissance de l'Insee devraient avoir tout pour réjouir les partisans de la non-croissance: le PIB a progressé d'un maigre 0,4% au troisième trimestre 2011, après une baisse de -0,1% au second trimestre. On frôle autrement dit la stagnation. Et nombreuses sont les prévisions à tabler sur des chiffres encore plus sombres pour l'an prochain. Or que prônent les décroissants si ce n'est justement une stabilisation du PIB?
Mais c'est bien là, selon eux, le paradoxe de notre société, «dopée» à la croissance infinie: certes, expliquent-ils sans relâche, la croissance du PIB ne fait pas le bonheur.
Ce que le PIB ne dit pas
L'indicateur lui-même est fallacieux, puisqu'il mesure seulement des flux de production –qu'ils apportent le bien ou le mal-être, le réconfort ou la pollution. Il dit rien non plus des richesses patrimoniales, qu'elles soient matérielles, sociales ou culturelles et donc de la capacité des individus, et des nations, à résister à des crises, qu'elles soient économiques ou climatiques.
Mais surtout, à trop croire que la croissance règle tous les problèmes, la course à la hausse du PIB nous entraîne dans une fuite en avant vers un monde toujours plus inégalitaire, précaire, polluant. Et qui, trop dépendante aux hydrocarbures, se prépare inéluctablement à la crise systémique.
Certes. Mais les décroissants ne le nient pas: dans un monde dopé au PIB, la récession est encore plus dangereuse! Car la crise accentue les inégalités, et mène le système capitaliste à sa propre caricature: d'un côté le chômage et la précarité se généralisent, de l'autre, les riches deviennent encore plus riches. «Regardez le prix de certains biens immobiliers dans des villes comme Cannes, ou Paris intra-muros!», relève Alain Gras.
L'OCDE du reste ne dit pas autre chose: «La crise est ce qui peut arriver de pire en matière d'inégalités», expliquait récemment son secrétaire général au quotidien Libération.
Pour les décroissants, la crise et la récession ne sonnent donc pas le glas de notre société de consommation, elles la rendent simplement encore plus brutale. Et la situation n'est pas près de s'améliorer, puisque le remboursement de la dette va tendre encore plus les rapports sociaux et détériorer la situation des franges les plus pauvres de la population.
Vivre sans croissance
Mais s'ils ne se réjouissent pas de la récession, qu'est-ce qui pourrait bien faire sourire les décroissants? «Notre objectif n'est pas la crise économique, ou la baisse du PIB en soi. Mais bien la redéfinition de la vie en société, du fonctionnement des collectifs de gens qui vivent ensemble, dans un quartier, dans un pays, dans un continent».
Une redéfinition qui passe par une moindre dépendance aux objets, un plus grand respect des ressources naturelles, et un plus grand attachement à l'humain. Et où, les décroissants en sont persuadés, l'on pourrait vivre mieux avec un PIB stabilisé. Cette stabilisation étant donc plus un résultat qu'une fin en soi.
«La question est donc bien: pourrait-on vivre sans croissance?» et non «prônons la récession!», résume Alain Gras. D'autant que cette récession résulte largement, selon lui, de la course à la croissance débridée des dernières décennies: car elle a été financée par une dette qui, aujourd'hui, nous explose à la figure.
Reste cependant une question décidément sans réponse: si l'on peut –peut-être– vivre sans croissance, si la non-croissance permet éventuellement de ne plus s'endetter, permet-elle aussi de rembourser sa dette?
Catherine Bernard
Mis à jour le 13/12/2011 à 12h10
















































Mais pourquoi donc faut-il absolument de la croissance actuellement ?
Il faut simplement regarder du côté du système monétaire : Comprendre le mystère de l'argent et le problème des intérêts manquants.
Sans croissance, nous avons (toujours) une abondance de produits, mais une pénurie de monnaie pour y accéder. Grâce à la croissance, nous limitons temporairement la pénurie de monnaie.
Je dirais qu'il y a trois provenance de la dette :
1) La dette venant de la nécessaire création monétaire dans un pays en croissance. L'état à renoncé (en 1973 en France) à la création monétaire pour laisser ce privilège aux banques. Il suffit donc que l'état reprenne son privilège et rembourse les banques avec de la monnaie créée ex-nihilo. Les banques détruiront aussitôt cette monnaie ce qui équilibrera la création qu'elles avaient fait antérieurement. Seule problème : elles ne toucheront plus d'intérêts et leur rentabilité chutera vertigineusement. Les banquiers pouront donc se reconvertir en musiciens et en poètes, ce qui leur convient mieux.
2) La dette venant de collecte d'épargne en remplacement de la collecte d'impôts. Pour celle là c'est également assez simple, il suffit de collecter des impôts pour rembourser la dette. Si l’impôt est juste ceux qui le subissent sont aussi ceux qui avaient pu épargner. Leur épargne disparaîtra donc au profit de la collectivité et ils cesseront eux aussi de percevoir la rente des intérêts et donc ils consommeront moins et produiront moins de CO2. Ouf, on respire.
3) La dette venant du déséquilibre des échanges avec l'extérieur. Celle là c'est la seule dette sérieuse, la seule qui ne soit pas artificielle, la seule qui ne peut pas être ignorée. Elle nécessite une baisse de notre consommation interne et/ou une augmentation de nos exportations. Donc baissons notre consommation de pétrole et de gadgets chinois et exportons des centrales électriques solaires.
En fait ce troisième point, ce déséquilibre de nos échanges depuis quelques années, devrait être notre seule crainte actuelle. Le reste c'est juste une crise artificielle, juste une erreur de pilotage. Il suffirait donc de remettre un vrai pilote au commande plutôt que de continuer à jeter des passagers par les hublots.
Venant d'un milieu d'ingénieur et parisien, je suis frappé du nombre de personne "vides" intérieurement. Bien payés, ayant un job stimulant intellectuellement et reconnu socialement, cela n'empêche pas ces personnes d'être en décalage complet avec leur société.
...seule solution : la Simplicité Volontaire (ou Sobriété Heureuse de Pierre Rabhi). Ce concept n'est d'ailleurs pas nouveau, déjà prôné par Gandhi, mais aussi la majorité des philosophies antiques (Socrate, stoïques, épicuriens...) et des spiritualités asiatiques (boudhisme, zen, hindouisme...).
Notre mode de vie actuel est à bout de souffle, il faut simplement le reconnaître.
Bastien Yv. www.reconquerirsavie.fr