Comme j'aimerais avoir tort
On n'a fait à Bruxelles que se donner un peu d'air, pour passer les élections de 2012 en France. Pendant ce temps, les mêmes vont s'enrichir, les mêmes vont payer.
- A Bruxelles. REUTERS/Francois Lenoir -
L'accord de Bruxelles a été approuvé par tous. Et c’est un extraordinaire exploit du président de la République française et de la chancelière allemande que d’avoir réussi, (après avoir eux-mêmes enfin pris la mesure des risques à court terme sur la survie de l’euro), à faire partager cette prise de conscience par 26 pays sur 27; et d’avoir commencé à prendre les mesures nécessaires pour le sauver. De plus, quelques phrases éparses dans cet accord montrent aussi que les gouvernants ont compris qu’aucune solution à la crise de la dette publique en Europe n’est possible sans une dynamique d’investissement, qui passe par le lancement de nombreux chantiers continentaux de la libération de la croissance.
Par ailleurs, les décisions simultanées de la Banque centrale européenne, (qui tout en prétendant le contraire, a en fait décidé d’inonder les banques commerciales de toutes les largesses possibles), pourraient faire redémarrer une économie continentale, dont le financement menaçait d’être asphyxié à très court terme.
Pourtant, bien des obscurités subsistent dans cet accord; et si on ne les clarifie pas, on peut en avoir une toute autre lecture, que les événements pourraient imposer, si les dirigeants ne s’en occupent pas au plus vite.
De fait, à lire de près les textes, voici ce qui semble avoir vraiment été décidé:
1. Les Etats solides de l’Eurozone garantissent, à partir d’aujourd’hui, les prêts des banques commerciales aux Etats fragiles, mis à part la Grèce.
2. Les banques commerciales empruntent à taux très bas à la BCE (grâce justement à la garantie donnée par les Etats sur les dettes publiques) et elles prêtent à taux très élevés aux mêmes Etats, ce qui leur permet de faire d’énormes profits.
3. Les banques commerciales ne sont soumises, en contrepartie, à aucune obligation d’augmenter leur capital, de supprimer ou au moins de réduire leurs bonus et leurs dividendes, ni même de diminuer leurs opérations spéculatives, qui restent plus rentables que les prêts à l'économie.
4. Les Etats devront débourser ou garantir immédiatement des sommes importantes pour établir le Mécanisme européen de stabilité (plus de 100 milliards pour la France en garantie et 3 milliards en déboursement budgétaire).
5. Les Etats devront réduire les dépenses publiques et augmenter les impôts pour se plier à une règle d'or qui reste à proposer par la Commission, et qui sera beaucoup plus stricte que celle qui est sur la table en France aujourd’hui.
6. Décidée en 2011, signé au printemps par l’actuel président de la République, ratifié par le parlement qui sortira des élections de juin, le prochain traité, et la règle d’or qui en découle, ne s’appliquera qu’en 2013, qui que ce soit qui soit aux affaires, et ne s’appliquera pas au budget 2012, dont pourtant tout dépend.
7. Aucun financement européen n’est mis en place pour les programmes de croissance (en particulier pour le fonds européen des brevets) dont on a pourtant annoncé à grands sons de trompette qu’on allait en décider au cours de sommets mensuels de l’Eurozone dès le mois prochain.
Au total, on ne fait que se donner un peu de temps, pour passer les élections de 2012 en France. Puis on cherchera à passer celle de 2013 en Allemagne. Pendant ce temps, les mêmes vont s'enrichir, les mêmes vont payer.
Mais, naturellement, une fois de plus, je ne souhaite que me tromper. Et j’espère ardemment recevoir, sur chacun de ces points, les démentis les plus formels et les plus précis.
Jacques Attali
Cet article est également publié par L'Express
Mis à jour le 12/12/2011 à 9h30






















































Toutes les politiques de N.Sarkozy n'ont été que des politiques électoralistes.
Au Chili, où l'on ne peut faire 2 mandats consécutifs de 4 ans, Mme Bachelet a quitté la présidence avec 80% d'opinion favorable et la droite est ensuite arrivée au pouvoir par la grâce de l'extrême gauche...
Enfin l'électeur devrait au moins se dire que lorsqu'un élu est au pouvoir depuis 10 ans il est de bonne hygiène démocratique de le remplacer. Ils finissent par croire que le pouvoir leur appartient, qu'ils sont chez eux et finissent par se croire tout permis.
Peut etre qu'en plus d'un coeur qui bat pour le beau Francois, Monsieur Attali observe ce qui a ete decide.
Je l'avais phrase autrement: "l'Europe a achete un helicoptere pour la BCE"
En reference a Monsieur Bernanke patron de la Fed et du nom d'Helicoptere qu'il a donne a sa fameuse planche aa billets.
L'Allemagne a mis comme condition a l'helicoptere (l'emission d'assignats pour me referer a votre culture) les sanctions contre les deficits afin de limiter les abus des pays non vertueux. Evidemment, la parade existe deja et vous pouvez compter sur le gouvernement Francais pour continuer a truquer les comptes en multipliant les financements d'"investissements" (prisons, Pentagone Francais, ...) grace aux Partenariats Publics Prives. L'exemple de la Grande Bretagne est que les PPP garantissent la faillite!
Pas besoin d'aimer Mr Hollande pour n'etre pas enthousisme par les resultats du sommet a condition de ne pas etre aveugler par l'esprit partisan.
La vérité? L'Euro est "too big to fail". A quand un papier là-dessus, M. Attali?
Le système financier européen actuel est absurde. On a interdit à la BCE de prêter directement aux états; donc elle prête aux banques commerciales à faible taux, qui prête aux états à des taux usuriers et permettent à leurs actionnaires et à leurs traders et dirigeants d'engranger la différence. Ce que les peuples européens paient par des mesures d'austérité...
Les agences de notation ont baissé la note des USA et cela ne les a pas plus affectés que cela. Pourquoi? Parce que si les marchés abusent avec des taux excessivement élevés, ils peuvent faire fonctionner la planche à billets. Les marchés gagneront toujours leurs dollars mais ils vaudront moins.
Mais eu Europe, interdite la planche à billets, interdit de faire porter sur les banques commerciales et leur actionnaires le risque financier qu'ils n'assument plus. La BCE leur prête encore plus à un taux encore plus avantageux pour prêter aux états, en engrangeant la différence au passage. Pire! la BCE est autorisée à leur racheter au prix fort la dette des états les plus fragiles, avec une deuxième perspective de gain au passage.
Bien sûr une bonne gestion des états est nécessaire et souhaitable. Mais les agences de notation ne font qu'estimer le risque et les perspectives de profit des prêteurs aux états. Les conséquences sur la population, ce n'est pas leur affaire...
Ce qui manque dans cet accord, c'est l'organisme de rachat de crédit. Il faudrait par exemple que le FSE/MSE puisse emprunter auprès de la BCE comme les banques commerciales, pour RE-financer la dette des états qui font appel à lui. En contrepartie, le conseil des ministres des finances de l'Eurogroupe disposerait d'un droit de véto / de censure sur le budget des états qui y ont recours. L'indépendance budgétaire existerait toujours mais elle aurait un prix, celui de se financer auprès des marchés. Mais la seule possibilité pour les états de pouvoir se financer auprès de ce FSE/MSE garantirait que les marchés ne leur demandent pas des taux usuriers au risque de perdre cette opportunité de gain.
Une bonne gestion budgétaire est nécessaire, mais cet abandon partiel de souveraineté ne doit pas se faire sans contrepartie. Les politiques doivent reprendre la main sur les marchés et gérer l'avenir de l'Europe, pas la rente des plus nantis qui peuvent se permettre de prêter aux états. Les élus doivent se remettre au service des peuples et les prêteurs doivent assumer dans une mesure certaine le risque qu'ils prennent.
Je m'appelle Nessu ivan, étudiant en Mba à huazhong normal university et je suis avec grand intérêt ce grand tournant de l'histoire qui est entrain de se dérouler en Europe et dont personne ne semble m'y a part vous y prendre attention.
Ce qui retient mon attention, c'est le point 7 dont personne ne semble y prêter attention et qui pourtant dans une économie de marché ou les brevets sont d'une importance, compte tenu de ce grand changement de pôle technologique qui est entrain de s’opérer entre l'ouest et l'est, ne fasse pas l'objet d'article plus approfondi et dont je me ferais un plaisir de lire.
Concernant les banques, que dire? ils font bien leur travail, qu'attendons nous pour faire le notre.
Tout ce petit monde complaisant, où chacun défend son bout de gras à court terme, que ce soit Merkel ou notre Sarko national, les banques et j'en passe commence sérieusement à me gonfler...