Ce n'est pas la faute de l'Allemagne et des agences
Essayer de leur transférer toute la responsabilité de la crise relève du mauvais théâtre.
- La confrérie folklorique des Blancs Moussis, à Stavelot en Belgique, en 2007. REUTERS/Francois Lenoir -
La place accordée dans le débat public aux agences de notation relève de la mauvaise comédie. Elles sont à la fois dénoncées comme s'arrogeant un pouvoir antidémocratique et placées, néanmoins, en position d'arbitre suprême des camps politiques. Avec, entre chaque candidat et leurs amis, un renvoi de responsabilités dans un pur style cour de récré: «C'est lui qui dégrade la France!», «Non, c'est pas vrai, c'est lui!»
Le ton utilisé dans le débat public pour parler de l'Allemagne relève du mauvais théâtre. Notre partenaire est à la fois qualifié de dominant et d'ami indispensable. Avec, à gauche cette fois, des mots d'insulte.
Utiliser les agences de notation et l'Allemagne comme des armes dans le combat électoral est un jeu pervers et dangereux. Le tout relève d'une inaptitude alarmante de la classe politique à aborder la rigueur budgétaire autrement qu'en l'attribuant aux marchés ou à l'Allemagne. Autrement dit, la France, si elle était seule, ferait mieux. Mais elle n'est pas seule... Voilà très exactement comment on fait le lit des populistes.
Comment pensent les marchés
Jeu pervers car les agences de notation ne méritent ni d'être clouées au pilori ni d'être glorifiées. Elles ont fait preuve, avant crise, d'un aveuglement coupable sur les «subprimes»; elles essaient de se refaire une virginité en en rajoutant dans la rigueur. Aujourd'hui, leur crédibilité n'est pas redevenue si incontestable qu'on puisse en faire des pythies. Elles donnent un avis parmi beaucoup d'autres analystes et économistes sur la scène de la crise.
Il faudrait, un jour, étudier sérieusement comment se fait «la pensée des marchés»: épais bouillon d'informations ultraprécises, de calculs modélisés, de rumeurs, d'esprit moutonnier et de certitudes idéologiques. Dans ce forum, les agences de notation émettent des notes, qui ont une importance particulière à cause des réglementations des Etats: elles servent de référence pour consolider les bilans des banques. Une dégradation d'un pays provoque l'obligation faite aux banques de céder ses titres et donc accroît la perte de leur valeur. Mais cet effet «autoréalisateur» n'est pas certain: la dégradation des Etats-Unis a été suivie d'une baisse des taux d'intérêt américains.
Un jeu pervers
Deux conclusions. Un: l'importance si grande de la note provient des Etats. Ce sont les politiques qui décident du pouvoir des agences et non l'inverse. Les dirigeants politiques qui prétendent que les marchés ont pris le pas sur la démocratie sont des démissionnaires. Deux: au total, ce brouhaha des marchés contribue à améliorer grandement l'information des citoyens sur la situation financière et économique de leur pays. Cette information est biaisée, elle correspond aux besoins des investisseurs, non des salariés, mais elle est très utile.
L'Allemagne fait l'objet d'un même jeu pervers. Si la France doit se serrer la ceinture, ce n'est pas parce qu'Angela Merkel le demande. C'est parce que la dette est devenue trop lourde. C'est parce que le paiement des intérêts prive de toute marge de manoeuvre. Le déficit, hier, permettait d'investir, il ne sert plus qu'à boucher les trous. Choix du présent contre l'avenir, de l'appauvrissement des enfants. Voilà pourquoi il faut abandonner les politiques du déficit. Non à cause de Berlin ou de la City.
Le jeu pervers devient dangereux quand le détournement de responsabilité ne sert qu'au combat politicien et s'arrête là. Car, alors, la politique se résume à la discipline budgétaire. Voilà où nous en sommes, hélas. Nicolas Sarkozy naguère dénonçait l'austérité, il devient son promoteur. François Hollande, le candidat d'un parti dont l'ADN est la dépense publique, fait le même chemin. Mais c'est tout.
Où sont les propositions françaises, autres que relancer la dette ou la planche à billets, pour reconstruire la croissance européenne? Un vide intellectuel sidéral qui ne sera pas comblé par la répétition des facilités keynésiennes françaises. Voilà le défi: inventer une politique européenne schumpetérienne pour un «noyau dur» fédéral, capable de convaincre par des arguments et l'Allemagne et les marchés.
Le défi n'est pas de rembourser ses dettes au plus vite, mais de trouver une place dans la mondialisation, face à la Chine et à l'Amérique, à côté de l'Allemagne. La réponse ne viendra pas de la facilité d'accuser les agences et le diktat allemand pour séduire l'électeur.
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos


































Le constat est la, la France est endettée. Nous commençons à nous rendre compte des efforts immenses qu'il faudra faire afin de tenir un budget non déficitaire (ce que nous faisons au sein de notre foyer) et de sortir progressivement d'un endettement terrifiant.
Comment sont calculés les taux d’intérêts d'emprunts d’état? En fonction de l'offre et de la demande sur les marchés? En fonction de quoi varie l'offre et la demande sur les marchés? On ne le sait même plus...
Quel est l'objectif de l'augmentation des taux d’intérêts pour les nouvelles échéances? Protéger les préteurs d'un défaut que les taux d’intérêts entraînent eux-mêmes?
Quel est l'objectif d'une sanction des états? Éviter de creuser une dette que les sanctions creuseront elles-mêmes si elles s'appliquent?
Les états doivent redresser leurs comptes certes, retrouver leur indépendance et s’éloigner des préteurs non responsables, dont le seul objectif est la ponction, jusqu’à implosion.
Que veulent-ils? Que l'on cherche une solution ensemble ou que l'on fasse défaut? J'ai plutôt l'impression qu'ils vont chercher à sucer le moindre centime possible jusqu’à l’éclatement d'une bulle qu'ils auront provoqué.
Les préteurs doivent prendre leurs responsabilité et arrêter de jouer aux Madoff, parce qu'à la fin il n'y en a que peu qui s'enrichissent.
L' Europe doit réfléchir à une politique de croissance commune et cette politique européenne ne sera qu'un pas vers une politique mondiale de la répartition des ressources, du profit et du travail. Espérer que la recherche de profit, sous couvert de compétition économique conduise l’espèce humaine vers un équilibre pacifique est un pure utopie. Nous sommes en pleine guerre économique, une guerre inutile, irresponsable, bouffant à petit feu notre planète et ses peuples. Une seule issue, une coopération mondiale.
La faute au profit pour le profit et à la guerre pour le profit.
(Quand je dis préteur, je parle ici de personnes cherchant un profit irresponsable en usant de toutes les ficelles possible afin d'atteindre au plus vite cet unique but).
Le principe même d'une réunion franco-allemande précédent la réunion à 27 est une très mauvaise idée. On dit souvent que l'Europe permet à la France de masquer sa débilité - dans le sens de faiblesse, pas de débile profond car heureusement il n'y a qu'un Nicolas Dupont-Aignan^^ en France - et à l'Allemagne de cacher sa force, c'est probablement le cas plus que jamais, mais l'Europe doit se faire conjointement ou ne se fera pas, j'en suis persuadé. Que l'Allemagne ramène à la raison des pays ayant cédé aux facilités qui consistent à s'endetter, c'est normal et positif, mais ne soyons pas dupes, l'Allemagne regarde surtout son intérêt et la BCE par exemple, ne doit pas favoriser ses intérêts plus que ceux de la communauté. Quel a été l'impact en matière de chômage d'un euro si fort pendant ces dernières années ? L'Allemagne a bien résisté, mais ça n'a pas été le cas de tous les pays.
Et puis, "entre nous", lorsque les taux de la BCE sont à 1%, ça donne envie d'être une banque pour emprunter et acheter ensuite de la dette nationale, surtout si on nous assure qu'elle ne feront plus défaut, car l'explosion des default swaps serait un problème encore plus grave. Sur le fond, personne n'empêchera la lente décadence européenne (et américaine) face au reste des pays "émergents". Si on regarde les croissances sur dix ans, la Chine a doublé son PIB, alors que le France à peiné pour croître de 20%. Est-ce qu'il est juste qu'un ouvrier européen ait droit à une voiture, des vacances à la mer, une retraite à soixante ans, des soins de santé gratuits, etc. alors que le chinois gagne 150 euros par mois ? Est-ce normal qu'une course en taxi en France coûte une semaine de travail pour un indien ? Est-ce normal de voir ces retraités français partir à cinquante-cinq ans dans des pays plus pauvres vivre dans de belles maisons avec domestiques ? Ces différences de niveau de vie ne peuvent pas se maintenir indéfiniment, il faudra bien le comprendre et s'y habituer. L'utopie de croire que tout le monde aura droit au modèle social européen ne peut pas se maintenir en s'endettant.
Les temps sont durs, il convient de peser chaque euro pour en faire bon usage. Les Etats peuvent changer certaines choses repensant un peu la fiscalité afin d'améliorer la répartition des richesses et la compétitivité des entreprises, mais personne ne freinera le fait que les pays "pauvres" rattraperont les pays "riches" peu à peu.
Nous ne sommes riches que de ce que nous produisons, si on dépense plus on va à la catastrophe, c'est simple.
Les marchés et le agences financières me paraissent jouer un rôle détestables. Cela dit le loup se nourrit de la faiblesse des moutons, c'est dans ses gênes et le sert à rien de l'accuser, il revient aux moutons de bien se gérer.
Je vous conseille la lecture du texte de l’album "Animals" des Pink Floyd" : "bleating and babbling we fell on his neck with a scream" ça vous changera de Laclos.
Ha bon ? Et alors celui qui achète aurait l'obligation d'acheter ? Non. Ce serait un gogo mal informé ? Pas plus, il a accès lui aussi aux notes venant des agences.
Donc si quelqu'un a intérêt à acheter à ce prix, pourquoi les banques auraient "obligation de vendre" des titres présentant un intérêt ?
Donc tout ce qu'on peut dire, c'est que la valeur de ces titres baisse.
"épais bouillon d'informations ultraprécises, de calculs modélisés, de rumeurs, d'esprit moutonnier et de certitudes" dites vous. Je vous laisse réfléchir à la place qui convient à votre articles dans ces diverses catégories. Peut être devriez vous déjà essayer de comprendre que "relancer la dette ou la planche à billets" ce sont deux propositions diamétralement opposée.
Le marché, l'investissement, l'anticipation de richesse, l'épargne aux mains des banques, la sacrosainte croissance comme moteur de tout, cela n'a aucun sens ni aucune justification. La confusion en économie entre ce qui relève de la taille humaine et ce qui concerne les géants écrase par aveuglement tout ce qui a forme et taille humaine. C'est aux intellos de travailler et de tout repenser en économie, ce n'est pas aux politiques. Tans qu'ils dorment, nous ne pouvons que subir la loi et la norme anglo-saxonnes.
Heureusement que madame Merkel est là, car justement, elle n'est pas sous la loi anglo-saxonne et elle a vu, par réalisme, qu'on allait dépasser les limites.
Resultat, dans un monde capitaliste, ou la detention du capital cree la richesse, les Norvegiens sont enrichis tous les jours par leur etat alors que les Francais (meme ceux qui epargnent) sont appauvris par leur etat tout les jours, un etat qui de surcroit met leur epargne et leur pouvoir d'achat en jeu avec des tentations deflationistes ou nationalistes.
Vous chantiez, et bien dansez maintenant... Suite logique: quelques annees de vivotage avec des services publiques en decrepitude, une education en chute libre, des services de sante degrades, une economie atone, une jeunesse deprimee... Puis une faillite, tous les epargnants perdent 80% de leur economies, tous les biens sont brades aux etrangers, mais au moins les jeunes respirent et entreprennent a nouveau.
Un nouveau cycle peut commencer, peut etre vertueux? Une generation a ete sacrifiee: merci papa Keynes et maman dette! J'irais cracher sur vos tombes!