Bayrou - Sarkozy: pourquoi tant de haine?
- Meeting en faveur du TCE, en mai 2005. Photo REUTERS -
Ils appartiennent à la même génération, ils viennent du même coté de l'échiquier politique, ils se sont construits contre le même homme, et pourtant, aujourd'hui, tout semble les opposer. Nicolas Sarkozy et François Bayrou, qui ont tous deux été ministres dans le gouvernement d'Edouard Balladur entre 1993 et 1995, ne peuvent plus se sentir.
Dans son dernier livre, «Abus de Pouvoir», Bayrou dit tout le mal qu'il pense du chef de l'Etat. Il dénonce pêle-mêle son rapport à l'argent, sa politique d'«inégalités», son choix pour une société «bushiste», et ce qu'il appelle l'«egocratie» sarkozyste. Une charge si virulente que le Président a préféré ne pas répondre.
Alors pourquoi tant de haine? Le patron du Modem a juré qu'il n'y avait rien de «personnel» dans ses attaques. Vite dit. Certes, le positionnement de Bayrou est avant tout stratégique: il veut se placer comme premier opposant à Nicolas Sarkozy dans la perspective de 2012. Mais au-delà de ces considérations politiques, il existe bel et bien un problème «personnel» entre ces deux hommes que tout oppose. Revue de détail.
1) Le fils à maman de Neuilly contre le paysan béarnais
Sarko et Bayrou, ce sont d'abord deux mondes totalement différents. Le premier est issu de la bonne bourgeoisie de Neuilly où il fréquentait rallyes et écoles privées, le second a grandi dans la ferme paternelle, au milieu des chevaux. Il en résulte deux cultures diamétralement opposées : urbaine pour Nicolas Sarkozy qui aime la junk-food et la culture populaire américaine, rurale pour François Bayrou qui se bat volontiers pour la défense des territoires et des langues régionales. Pour Sarko, Bayrou est un «plouc». Pour Bayrou Sarko est un «nouveau riche».
2) L'avocat et le bègue
Très jeune, Nicolas Sarkozy a su séduire les auditoires. Il s'est fait remarquer au sein de la famille gaulliste par un culot et un bagout rare. Il a toujours été considéré comme un très bon orateur. A l'inverse, François Bayrou revient de loin. Bègue, il a dû surmonter ce handicap pour se lancer dans la vie publique. Un combat âpre qui l'a endurci. Mais il reste moins à l'aise que son ennemi sur les estrades. L'abatage abattage de Sarko le bluffe et l'énerve à la fois.
3) L'homme de culture et l'homme d'argent
Le Béarnais est féru de littérature. Après avoir fait une hypokhâgne et une khâgne, il devient agrégé de lettres modernes à 23 ans. Le Président, lui, ne lit pas ou presque. Les deux livres qu'il cite dans ses conversations privées sont toujours les mêmes : «Belle du seigneur» d'Albert Cohen et «Voyage au bout de la nuit» de Céline. A la compagnie des gens de culture - qu'il fréquente un peu plus depuis son mariage avec Carla Bruni - il préfère celle des grands patrons, Martin Bouygues ou Vincent Bolloré. François Bayrou méprise son goût pour l'argent. Son livre, «Abus de pouvoir», truffé de citations latines, sonne comme une leçon à l'égard de celui qu'il juge «inculte».
4) Hôtels de luxe contre verres de vin et charcuterie.
Pendant que Nicolas Sarkozy s'éclate dans les palaces ou sur les yachts de ses amis milliardaires, François Bayrou reçoit ses copains dans son bureau de la rue de l'Université à Paris autour d'une bouteille de vin et d'une assiette de saucisson. Les deux hommes n'ont jamais eu le même mode de vie. Nicolas Sarkozy en est à son troisième mariage quand Bayrou est marié avec sa femme Babeth depuis son plus jeune âge. Il est père de six enfants et grand-père de neuf petits-enfants. Il passe ses vacances dans sa ferme de Bordères (Pyrénées-Atlantiques) quand Sarko se prélasse au Cap-Nègre ou dans des hôtels de luxe au bout du monde.
5) Le catholique et le mécréant
En matière de religion, Sarkozy fait le minimum. La spiritualité, ce n'est pas vraiment son truc. François Bayrou, lui, est pétri de catholicisme. Son dernier livre est rempli de références bibliques. En privé, Sarko se moque de son côté «grenouille de bénitier» : «Il a vu la vierge», aime-t-il à plaisanter. Dans le discours, ces deux-là jouent pourtant à front renversé: Sarkozy place le curé au dessus de l'instituteur dans son discours très contesté de Latran quand Bayrou se fait le défenseur de la laïcité.
6) La brute et le négociateur
Nicolas Sarkozy s'est fait son opinion sur Bayrou en 1995 qu'il qualifie de «centriste mou». Tous deux ministres d'Edouard Balladur, ils ont choisi de soutenir la candidature de ce dernier à la présidentielle. Mais chacun à sa façon. Le premier s'engage à fond, il est à la fois directeur de campagne et porte-parole d'Edouard Balladur. Bayrou, lui, ménage la chèvre et le chou en optant pour un soutien discret. Résultat: après la victoire de Jacques Chirac, il est sauvé et retrouve une bonne place dans le gouvernement d'Alain Juppé quand Sarko paie le prix de son engagement par une longue traversée du désert. Depuis, Bayrou s'efforce de montrer qu'il a changé et qu'il est, lui aussi capable d'aller au bout de ses convictions.
7) La guerre des amis
C'est lors de la dernière présidentielle que la fracture entre les deux hommes se cristallise véritablement. Pour se faire sa place de «troisième homme», Bayrou tape à bras raccourci sur le mieux placé dans la course, Nicolas Sarkozy. Il annonce même qu'il ne votera pas pour lui au second tour. La guerre est ouverte. Sarko sera alors sans pitié, débauchant un à un tous les compagnons de route du centriste à coup de promesses de maroquins. Bayrou se retrouve seul ou presque. «Je vais le tuer», répète le nouveau Président à qui veut l'entendre. Mais le Béarnais a la peau dure.
Ariane Istrati
Image de une: Meeting en faveur du TCE, en mai 2005. Photo REUTERS
Mis à jour le 06/05/2009 à 18h28










































Sarkozy a des qualités extraordinaires pour fédérer autour de lui, et mettre en place la machine de guerre électorale qui permet de gagner. Il a su revenir de loin et possède un sens politicien que Bayrou, c'est ce que son parcours montre jusqu'à présent en tous les cas, ne sait pas faire. C'est un homme de réseaux, champion des renvois d'ascenceurs et des petits arrangements. Il sait parfaitement diviser pour asseoir son pouvoir. C'est un grand politicien.
En revanche, Sarkozy n'a pas de sens politique, au sens de la recherche du bien commun (pardon Roger !). Il navigue à vue, favorisant telle ou telle relation au gré de ses intérêts personnels ou de l'actualité, sans vision stratégique, politique ou économique. C'est un pro du discours cash, qui réagit avant tout le monde pour bénéficier des médias, mais qui ne prend pas de recul par rapport aux problèmes réels de la société. Je pense qu'aujourd'hui, beaucoup de gens admettent qu'il utilise sa fonction pour se servir avant de servir les autres. Cultiver les relations qui lui permettent d'avoir de l'influence à long terme, protéger ses amis puissants et obtenir des faveurs (les miles gratuits de Bollore airlines n'en sont qu'un exemple), voila ce qui lui tient lieu de ligne politique. Ce n'est pas un secret et il l'a dit lui même, lorsqu'il aura fini de "faire président", il fera des affaires. Il faut savoir ménager son avenir. Quant à Bayrou, il a raison de dénoncer la république des copains et des coquins. Mais il n'a pas suffisamment d'expérience du pouvoir pour que l'on puisse avoir la certitude qu'il mettrait en place une république irréprochable, impartiale, comme il le clame. Pour le moment en tous les cas, il me semble avoir une hauteur de vue qui manque à notre président. Et si c'est un politicien assez médiocre, il se peut que cela devienne un grand politique.
Un des problèmes de la démocratie est qu'il ne faut pas les mêmes qualités pour se faire élire et pour faire un grand homme d'état. Rocard qui fut un très piètre politicien était peut-être le plus grand politique de sa génération à gauche.
Vous justifiez leur haine réciproque par toute une liste de différences...et vous avez malheureusement raison. Or il n'y a de richesse que dans des équipes 'multiculturelles', et pas seulement au sens géographique du terme : Aucun des deux ne l'a compris, l'un et l'autre étant réciproquement profondément intolérant, et ça ne vole pas haut. La moindre des choses a leur niveau est de respecter l'adversaire même s'il est profondément différent. Il n'en est rien, on en reste au stade de la cour de recré de maternelle. Le 'Il a vu la vierge' de Sarkozy vaut bien le jugement d'inculture intenté par Bayrou. Les deux attitudes sont lapidaires, réductrices, stupides. Tout cela est triste. Cela en dit long sur des hommes qui - au regard de notre longue histoire - sont tout petits petits...
Je viens de lire le livre et n'y ai pas trouvé de mots de haine. En revanche, j'ai lu dans la presse il y a 2 ou 3 semaine que l'Elysée voulait "tuer Bayrou" et une semaine après qu'il annonçait la suppression de son service de garde du corps. Inquiétant ...
Ce qui est sûr, c'est que ce livre, c'est de la dynamite. C'est aussi un éclair de lucidité et un acte de résistance. Bien au delà d'un pamphlet antisarkozyste à visée électorale comme certains se plaisent à le dire, c'est un livre de fond. Il n'est pas que dans la dénonciation mais également dans la proposition.
Comme le dit son titre évocateur, François Bayrou dénonce les multiples "abus de pouvoir" mettant bas les piliers de la démocratie, mais pas seulement celà. Il s'attaque aussi au démantèlement progressif, volontaire, recherché, des fondements de notre république, de l'égalité des chances, des services publics, du contrat social. La rupture annoncée de Nicolas Sarkozy, c'est bien celle-là. François Bayrou s'attaque comme jamais auparavant aux puissances financières qui dominent la planète dans la mondialisation, incarnées par une oligarchie qui s'apparente à la nouvelle aristocratie d'aujourd'hui. Ce livre ouvre également nos yeux sur le point charnière d'évolution de civilisation impliquant les peuples dans le choix qu'ils devront faire entre la passivité, le consentement d'un modèle injuste et destructeur, et la résistance à ce modèle, pour repartir sur d'autres bases humanistes, justes, démocrates, durables. Tout ceci est très profond et loin d'une simple "posture électorale" et les lecteurs en conviendront, citoyens, journalistes, intellectuels, quel que soit leur engagement politique. La plume est enlevée, acerbe, affûtée, trempée dans l'encre de la démocratie. Son auteur a du panache et de la stature. A lire Absolument !
Vous dites que ce livre est de la dynamite. bonne image pour exprimer le désir vis à vis du président de la république. Eclair de lucidité? aveuglant sans doute comme l'éclair qui n'est pas une lumière de l'esprit. Vous dites c'est un livre de fond, pas que dans la dénonciation mais dans la proposition. Ah bon!
Mais dès que vous essayez de l'illustrer il n'y a que de la dénonciation. les seuls termes pour qualifier la proposition c'est de "repartir sur des bases humanistes, justes, démocrates, durables". Ca ne mange pas de pain comme on dit chez vous. Vous dites tout cela est très profond. Abyssal en effet. "La plume trempée dans l'encre de la démocratie.".. C'est dur de devoir faire l'apologie du vide le plus profond. Au modem on ne se gêne pas pour traiter de l'abus de pouvoir permanent du maître des lieux qui a vu partir presque tous ses proches contrairement à Nicolas Sarkozy. La paille et la poutre vous connaissez sans doute.
Notre président a quelques défauts assez bien décrits dans l'article, mais prétendre qu'il se livre au démantèlement progressif, volontaire, recherché, des fondements de notre république est digne de Besancenot et autres. Ou de tous ceux qui ont vu pendant tant d'années un dictateur en De Gaulle, ou un communiste en Mitterrand. Redescendons sur terre, please.
Je suis assez d'accord avec votre analyse, mais j'ajouterais d'autres points de différence e:
Sarkozy est avant tout un homme d'action: Il enclenche des programmes / chantiers et met la pression sur ses collaborateurs / partenaires. Cela compte beaucoup plus pour lui que les idées au nom desquelles il démarre un projet. Il n'y a qu'à voir le mal qu'il a à expliquer pourquoi il fait telle ou telle chose. En cela, c'est un pragmatique et il ferait sans doute un malheur comme chef d'entreprise.
A l'opposé, Bayrou est incapable de dire comment il mettra en oeuvre les bonnes intentions qu'il affiche, comme mettre ensemble les meilleurs de droite et de gauche. Il apparait comme un homme de principes qui ne se soucie pas du réel. En entreprise, il ne passerait pas l'entretien d'embauche...
Bayrou ressemble en fait beaucoup plus à Villepin qu'à Sarkozy: Il y a les gens dignes de lui et les autres. Il croit que cela lui ouvrira la voie mais je pense qu'il se trompe: Ceux qui se croient plus intelligents que les autres sont finalement perçus comme des arrogants et ça leur retombe sur le bec.
Ne pas savoir pourquoi on fait les choses c'est être incapable de décider. Quand Sarkozy explique qu'il refuse de théoriser pour mieux agir on peut d'abord remarquer qu'il théorise et ensuite qu'il dit simplement qu'il va agir comme d'autres ont pensé avant lui. Ce que vous appelez "pragmatisme" c'est l'assimilation totale de l'iédologie qui n'est alors même plus à questionner.
Au niveau des entreprises elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Certes il y en a de nombreuses qui n'ont aucun projet, et de nombreux patrons ne savent même pas pourquoi elles existent si ce n'est pour faire de l'argent de manière formatée. Ainsi dès qu'il y un changement de conjoncture, dès qu'il y a de grandes évolutions technologiques ces entreprises se retrouvent à demander de l'aide aux souverains. C'est un dysfonctionnement majeur. Sarkozy est tout à fait conforme à ce modèle de l'entreprise en dysfonctionnement.
Heureusement d'autres entreprises existent de par le monde. Certaines investissent et se retrouvent même à soutenir des concurrents non pas pour contrevenir aux intérêts des consommateurs (comme on peut le voir dans la téléphonie mobile en France par exemple) mais pour faire avancer un projet commun (encore faut-il en avoir un justement). C'est à partir d'une négociation, de la confrontation de points de vue et de concurrence (plutôt collaborative que compétitive) qu'une décision est possible. Trancher avant toute négociation c'est s'obliger à l'impuissance.
Je vous invite à lire le livre avant de livrer de tels propos. Les propositions sont en fin de livre et me paraissent concrètes.
C'est facile de critiquer avec parti pris sans avoir lu et d'être dans le dénigrement a priori.
C'est le fond qui est intéressant justement.
Je n'ai pas fait ici le commentaire d'un livre, à la différence de vous, mais de votre commentaire dans le cadre de cet article "Pourquoi tant de haine". Vous nous en dites maintenant un peu plus "Les propositions sont en fin de livre et me paraissent concrètes." pourquoi paraissent? lesquelles? "C'est le fond qui est intéressant justement."
Vous ne dites toujours pas ce qui serait concret ou profond dans ce livre. Peut-être n'êtes vous pas experte en communication ou bien comme le dirait Sigmund Freud l'autrichien il s'agit d'un acte manqué révélateur de ce que (ne) contient (pas) le livre.
L'article de Slate me semble mi-figue mi raisin. Entrevoir les oppositions entre le PR et François Bayrou sous ces angles est d'un premier abord assez "sexy". Mais sans plus. Il faut entrer dans le fond des choses.
Aujourd'hui, comme hier François Bayrou nous met en garde contre la Présidence ; une critique terrible.
N'oublions pas, toute bataille se gagne avant d'entrer au combat ; ce ne sont pas les armes qui font la différence, c'est "la préparation" au choc qui détermine le tout. Ainsi peut-on dire avec sureté que l'élection présidentielle de 2012 est commencée.
Un " Coup d'Etat permanent" ne fait pas un programme politique. François Bayrou le sait. Il va donc s'atteler à présenter un programme qui puisse être une alternance crédible à la présidence Sarkozy et bien sûr susceptible d'entraîner une majorité d'électeurs. François Bayrou est sur une ligne de crête très exposée. Une phase de grandes difficultés est donc à venir.
Elle devra poser les prémices d'un programme, s'attacher à retrouver des amis, à s'entourer de conseils et de conseillers et à entendre.
Saura-t-il écouter ?
Se joue donc non pas un combat entre deux hommes, entre deux adversaires politiques mais un combat entre deux visions de la France. C'est très bon pour la démocratie française pluraliste.
L’un dans une revanche contre son père l’autre contre ses origines. Pour le reste tout est une question de posture, de fidélités successives , avec des convictions suffisamment élastiques pour s’adapter au temps et pour ne pas trahir la seule fidélité qui les réunit l’ambition. Ce qui les sépare : la réussite de l’un qui attise la jalousie de l’autre, la quête de l’autre qui appelle à la condescendance du gagnant du moment.
Mais tous deux, dans leur solitude se reconnaissent comme des héros de la seule compétition qui vaille de se battre : La présidentielle. Ils ne sont pas dans la haine mais, Bayrou, comme un boxeur qui veut être le challenger, fait le show. Sarkozy, en ne répondant pas directement lui dit : « Passe le premier tour et après on verra ». Du spectacle, que du spectacle.
Voilà leur point commun. Le premier a réussi son ambition, à savoir accèder au plus haut poste de la République, le second vise 2012 au mépris des militants et des gens qui ont cru en lui, quelqu'en soit le prix.
F.Bayrou, tout comme S.Royal d'ailleurs, sont des personnages imprévisibles, car ils veulent nourrir leur égo, ils n'ont d'ailleurs que leur score à la dernière présidentielle à la bouche.
Certains journalistes de la presse écrite ou radio, vexés ou ignorés publiquement par l'actuel président, pratiquent d'ailleurs l'antisarkozysme sans vergogne.
L'égo est très mauvais conseiller.
@hifi,
pourriez vous précisez votre pensée lorsque vous dîtes : "le second vise 2012 au mépris des militants et des gens qui ont cru en lui, quelqu'en soit le prix."
en quoi cela posent problème aux électeurs qu'il se pose en potentiel candidat pour l'élection 2012 ?
Ensuite, M Bayrou et Mme Royal sont imprévisibles ? que dire alors de M Sarkozy quand il lance des lois tel que la fin de la publicité à la TV ? des lois pour répondre aux faits divers de la veille (alors qu'elle existe déjà ) ? quand il annonce qu'il sauvera Gandrange (et l'on voit le résultat) ? quand il fait un "casse toi pauvre con" à un citoyen lambda ? égo aussi lorsqu'en 2002 il annonce qu'il pense tous les jours à la présidentiel en se rasant ! égo encore quand sur les photos il se met sur la pointe des pieds, ego encore quand il s'auto-proclame sauveur de l'Europe que sans lui l'Europe n'aurait rien fait ...Etc ...
en matière d'égo faire des oppositions entre les politiques c'est pas sérieux, tous les politiques sont au même niveau ! Cela leur permet de vivre médiatiquement dans la presse et sans égo d'ailleurs ils seraient pas politiciens !!!
Ces différences sont réelles, mais le seul événement, c'est le "sursaut médiatique de François Bayrou".
Celui-ci se laisse entraîner dans une posture vindicatrice par ses conseillers, de la même façon que Balladur lors des présidentielles : monter sur les tables pour faire "peuple", monter sur ses grands chevaux pour faire "féroce"... personne n'est dupe : tout ceci n'est qu'apparence et jeu pour journalistes. François Bayrou porte très mal le costume du révolutionnaire agressif. Ce n'est pas lui, ce livre, il ne lui sert qu'à subsister sur la scène médiatique. Et s'il devait ne rester qu'un message de cette opération, ce n'est visiblement pas ce qui est inscrit dans les dernières pages : son programme de Parti.
La seule vraie leçon qu'on peut tirer de ce livre, c'est son positionnement radicalement "anti" à défaut d'être "pro-quelque chose". Si encore il en profitait pour rallier clairement la Gauche, l'oppostion aurait une chance pour 2012, et le combat serait plus équitable. En se taisant, Nicolas Sarkozy ne cherche surtout pas à calmer le jeu. il a bien trop besoin du Modem pour fragmenter la future opposition ! Mais où diable les journalistes ont-ils vu que Nicolas Sarkozy le craignait ?
Nous sommes dans le "jeu" du pouvoir celui ou celle qui en a les clés est sans pitié et l'autre est dans la jalousie. Nous pouvons mettre face à l'estrade ou " se pavane", par manque de charisme M. Sarkozy, les siffleurs: Mme Royale, M Bayrou,M. Devillepin mais sur le fond comme le disait un "humouriste" politique bien connu bonnet blanc/blanc bonnet. M. Bayrou a joué la mauvaise carte pour ne pas se l'avouer il "tape" sur celui qu'il considère comme le "voleur" de son "triomphe".
Nous retrouvons nos origines latines et l'Histoire de Rome avec sa chute, la notre depuis plusieurs décennies "grâce" aux politiques dans le Cirque.
Toute cette mascarade politique bien loin des vrais enjeux pour notre pays. Un commentaire, parle de sens politique mais qu'est le sens politique? le grand manipulateur des EGO de ces dames et messieurs mais vide de toute action innovante pour le bien réel de la socièté.
@Inthesky : Je mettrais quand même quelques bémols sur vos remarques : car de mon point de vue, il ne suffit pas de lancer les idées, et de mettre la pression sur les partenaires, pour être un bon chef d'entreprise.
Il faut aussi du recul, une vision et surtout de la gestion d'équipe et financière, or pas sûr que sur les derniers points ils relèvent le niveau.
Tous les managers vous dirons que mettre la pression à court terme c'est possible, mais c'est pas un mode de gestion d'équipe sur le long terme !
Vous dîtes aussi : Bayrou est incapable de dire comment il s'y prendrait.
Je répondrais qu'une chose : Sarkozy avait il annoncé ses méthodes ? comment il allait s'y prendre ? Non, comme tous les autres.
Les programmes des campagnes sont juste des moyens de communications.
Annoncer défense du pouvoir d'achat c'est facile, le faire c'est plus dur, annoncer réduire les déficit c'est facile, le faire on voit que c'est compliqué !
Annoncer baisse du chômage c'est facile, Annoncer un meilleur monde c'est facile mais le faire c'est autre chose et aucun des politiques ne parlent de leur méthode car ils savent que cela ne parle à personne lors d'une campagne !
Un autre exemple, j'ai jamais écouté M Sarkozy annoncer la hausse de la redevance TV, pour financer la fin de la publicité qu'il n'avait pas non plus annoncé ! Voilà, c'est des principes de réalité dont tous les politiques sont confrontés mais qu'ils ne parlent jamais !
Mme Royal quand on lui posait la question du comment elle rétorquait "on fera discuter les partenaires sociaux" !
il n'y a pas mieux comme non réponse ...
Un chef d'entreprise ne se contente pas que des effets d'annonces ! il y a, il faut des résultats, et entre "défense du pouvoir d'achat" et "la crise", pas sûr que les "actionnaires" soient content des résultats qu'on leur avait promis... lol J'exagère avec cette exemple mais c'est pour illustrer le principe de réalité dont N Sarkozy n'a pas fait preuve lui aussi lors de la campagne ...
(j'exagère car je sais très bien que la crise est arrivée entre temps et que personne ne l'attendait et donc qu'il a dû s'adapter)
Tenez aussi un exemple, qui montre que M Sarkozy en gestion d'entreprise pas sûr qu'il soit si bon que cela, c'est la pression sur Areva pour vendre sa filiale Areva T&D sa branche qui lui fournit une grande partie de son cash flow, alors que ses dirigeants ne veulent pas vendre ! (on connait tous le but de l'état qui est la fusion bouygues-alstom-areva ...)
Ensuite, sur M Bayrou vous dîtes qu'il évite le principe de réalité sur la collaboration entre les hommes mais en entreprise que faîtes vous tous les jours ? vous ne parlez qu'avec des gens de votre rang ? que des gens qui ont les même pensés que vous ? non il y a cohabitation pour un projet. De plus, je citerais l'ouverture de M Sarkozy, il a été capable de prendre dans son gouvernement des personnes dit "de gauche" et cela se passe plutôt bien. (Une remarque d'ailleurs, M Sarkozy a fait l'ouverture mais les ministres l'ont acceptés ! quid dans le sens inverse ? Si un socialiste aurait demandé à quelqu'un dit "de droite" de venir aurait il accepté ?... ) Donc coopération entre des hommes c'est possible ! D'ailleurs dans d'autres pays cela existe il n'y a pas juste des oppositions bêtes et méchantes que l'on a en France lors de chaque débats et qui même à rien.
Enfin, je ne pense pas que les différences entre personnages politiques soient sur la dignité des adversaires mais je pense plus à des histoires personnelles et d'ambitions !
Chez les politiques en général, il me semble que le principe de je te soutiens donc tu es respectable et respecté est plus ou moins la règle ex: M Royal au PS, M Villepin à l'UMP, M Sarkozy du temps de M Chirac, à l'extrème gauche c'est pareil entre communiste, NPA nouveau parti de gauche, les rancœurs entre eux sont bien présentes.De même à l'extrême droite entre les FN pro Mme Marine Le Pen et les autres qui veulent du changement ...
En conclusion, les politiques sont des bons communicants, mais de là à en faire des PDG pas sûr !!
D'ailleurs être PDG est une vocation comme être politicien et les deux ne peuvent être gérés en même temps vu les investissements qu'il demande l'un et l'autre...
Il me semble que nous ne sommes pas très loin d'être en phase. J'ai utilisé l'image d'un chef d'entreprise pour caractériser les deux hommes mais je ne veux pas réduire la politique à cette image. Il y a ailleurs dans Salte un article d'Eric Le Boucher qui parle du manque de cap et je suis assez d'accord avec lui (et donc peut être avec vous).
Sur F. Bayrou, je dis qu'il ne considère que les personnes qu'il considère "de son niveau", comme Villepin. Mais je ne dis pas que c'est cela qu'il faut faire, ni en entreprise ni ailleurs.
C'est dans l'idée même de faire de la politique que ces deux hommes s'affrontent. Sarkozy prône une oligarchie, essaye de mettre en avant ses compétences (il n'en a pas tant que ça) ses qualités automatiques de décision... alors que Bayrou dit que la démocratie est à faire, que les compétences sont éclatées et que la complexité est un consensus pour tous ceux qui ont la moindre responsabilité.
A partir de ce désaccord n'importe quel niveau de violence symbolique entre les deux hommes est explicable puisque chacune de ces logiques a besoin d'exterminer l'autre.
Hum, cette analyse comparée des deux hommes est vraiment un peu courte, et n'enfonce que des portes maintes fois ouvertes... Plutôt que l'écume du pitoyable spectacle mediatico-politique des deux personnages, il aurait été plus instructif de démonter ce qui les oppose sur le fond.
De plus, il serait plus agréable de lire un article sans fautes d'orthographe : "bagou" pour "bagout", "abatage" pour "abattage"...