Vite! Une union politique
C'est économiquement indispensable, démocratiquement urgent.
- Nicolas Sarkozy et Angela Merkel le 24 novembre 2011 à Strasbourg. REUTERS/Philippe Wojazer -
La France va à reculons vers l'Union budgétaire européenne. Elle a l'impression de céder aux Allemands, qui, eux, acceptent avec non moins de réticence de faire ce qu'ils font en Europe depuis un siècle: payer. Moins de politique à la française, plus d'économie à l'allemande. Une limite de souveraineté contre un chèque. Est-ce que l'Europe peut se reconstruire solidement sur cette base?
Il y a le bon côté de la chose. La classe politique française, responsable de trente-cinq ans de déficits, sent bien que la fin est arrivée des baisses d'impôts non financées, des dépenses gagées sur l'endettement, des réformes lilliputiennes, bref de cette façon, de gauche comme de droite, de faire de la politique par plus d'argent.
S'ouvre une ère nouvelle qui va forcer à travailler les dossiers, à économiser, à évaluer les choix, à renoncer aux cadeaux électoraux, à inventer le comment «faire beaucoup mieux avec moins». Cela demande des sacrifices. Et, plus difficile, de l'humilité.
Mais le mauvais côté de la chose est évidemment le sentiment de déperdition démocratique. Les Parlements nationaux n'ont plus de choix que de voter dans un cadre fixé ailleurs, en Europe. La politique nationale se limite aux moyens, les fins dépendent d'autres instances supérieures.
On a beau dire que l'euro l'impose, que la décision a été prise le 7 février 1992 de partager la monnaie et qu'il est plus que temps de se conformer aux conséquences et de partager la souveraineté budgétaire: l'argument laisse insatisfait. L'Europe décide? Oui, mais précisément cette Europe a la mauvaise réputation de décider durement de directives inutiles (les normes dans les moindres détails) et d'être absente sur l'essentiel. Alors lui donner encore un tel pouvoir...
En outre, si la classe politique craint pour ses prérogatives, le pays lui-même est sur les freins. Après l'Europe-directives, voici l'Europe-purge. L'austérité nous est imposée par la crise, de Bruxelles, c'est-à-dire de Berlin. Et quelle austérité ? La réputation libérale de Bruxelles et celle, orthodoxe, de Francfort sont telles qu'il sera difficile de lutter contre ceux qui refuseront l'effort au prétexte que cette austérité est injuste et qu'il y a «une autre politique» que l'euro. Le populisme dans ce contexte a grand avenir.
Le retour au mouvement
Tout ça pour dire qu'un compromis franco-allemand bâti sur de telles réticences ne tiendra pas longtemps. Tout ça pour dire que le pacte Merkozy (austérité contre solidarité) est valeureux, mais il n'obtiendra ni l'enthousiasme des élus ni celui des peuples. Il pourra contribuer à convaincre les marchés d'un passage au sérieux et à, enfin, terrasser la crise mais l'Europe ne repartira pas loin sur cette seule base. Comme pour l'euro qui n'aurait jamais dû être une fin mais une étape, l'union budgétaire ne peut être qu'un pas de plus. Qu'un pas dans un retour au mouvement. L'important est de reprendre la construction laissée en plan par Chirac, Jospin et Schröder et en clair de fixer maintenant l'horizon d'une union politique. C'est économiquement indispensable, démocratiquement urgent.
Indispensable, car la seule union budgétaire à l'allemande conduit, à l'échelle européenne, à la récession. Keynes a raison: dans le contexte déprimé d'aujourd'hui, il faut avoir une politique de demande globale en Europe. A moyen terme, il faut mettre en place une politique de croissance pour aider les pays en déficit commercial (les pays du Sud) à regagner en compétitivité. Une politique «de transferts», hantise germanique, est indispensable, ne serait-ce qu'en utilisant les fonds structurels aujourd'hui mal employés.
L'extinction des dettes souveraines n'est pas non plus seulement une affaire nationale, comme le pensent les Allemands. Le débat sur les eurobonds ne doit pas se fermer. Démocratiquement urgent: la remontée du pouvoir budgétaire dans l'eurozone vers un organe fédéral n'a de sens que si cet organe est légitime. Dans les institutions d'aujourd'hui à 27, un supercommissaire ne l'est pas. On comprend que la modification des traités fasse peur aux gouvernements: les «non», dans le climat populiste suscité, sont possibles.
Raison de plus pour faire comme pour l'Union monétaire, fixer une date d'Union politique (2020?), débattre du comment, convaincre que les nations seules face aux Etats-Unis et à la Chine ne seront plus rien, que l'Europe unie a un bel avenir. Aux politiques en France de reprendre le mouvement.
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos
Mis à jour le 03/12/2011 à 10h19



















































Je vous rappelle également que durant les "Élections européennes", nous votons pour des eurodéputés, pour constituer un parlement européen donc. Mais que fait ce parlement ? Est ce que quelqu'un ici pourrait me citer une loi digne de ce nom qui soit issu du parlement européen ?
Autre ..détail significatif, selon moi : Croyez vous que l'UE puisse devenir (à court ou moyen terme) autre chose qu'un espace de pur libéralisme économique ?
Je me suis toujours senti européen et je suis encore pro Europe ... Par contre je ne crois plus en cette Union Européen là. Aujourd'hui, il nous faudrait des changements drastiques pour que l'UE soit une fédérations digne de ce nom et pour que les européens aient un contrôle sur cette Union. Imaginez qu'aux États Unis, les décideurs (le gouvernement quoi !) soient élus de manière totalement opaque ... C'est impensable !! C'est pourtant ce que nous avons chez nous.
Je vous renvois vers ce document, pour constater par vous même à quel point notre Europe est une ..tartufferie ! http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Documents_conferences/Principaux_griefs_contre_les_institutions_europeennes
C’est déjà pas mal.
Mieux de toute façon que le 1940-isme de la Grande Bretagne qui voit tout du cockpit d’un Spitfire, pays qui rentrera dans l’histoire comme le Franco de l’Union Européenne – en faveur à condition qu’il n’en fasse pas trop partie lui-même. Mais près à profiter de la victoire si jamais victoire il y en a!
L’ironie veut que le pays qui a provoqué la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’homme soit le seul capable d’assurer, enfin, la fin des guerres sur notre continent et d’imposer la discipline économique nécessaire pour souder l’Union.
Pour cela l’Allemagne reçoit un barrage d’accusations d’impérialisme style 19e et 20e siècles à la fois de la droite de la droite (une deuxième ironie quand il s’agit du FN !) mais plus décevant encore d’une gauche, même Hollandien, assoiffée par un manque de votes chez ses anciens supporteurs dans les classes ouvrières et prêt à mettre (une fois de plus) ses convictions au placard pour arriver au pouvoir.
Il faut s’y attendre. ‘Rome was not built in a day’ et l’Europe non plus. Continuez ELB de nous éclaircir, de nous pousser, de nous provoquer. Le bout du tunnel en 2020 ? Cela me va même si je risque, moi-même, de ne pas être là !
"Mieux de toute façon que le 1940-isme de la Grande Bretagne qui voit tout du cockpit d’un Spitfire, pays qui rentrera dans l’histoire comme le Franco de l’Union Européenne ".
Wow ! La plume de ma tante est * ... plus venimeuse a l'egard des siens. C'est injuste...
Permettez mois juste de remettre les pendules a l'heure de leur fuseau respectif. La Grande Bretagne, votre pays, a joue un role cruciale dans la creation de l'Europe, et notre bon Winston "We hall fight in the hills"Churchil, en 1945 disait :
"We must build a kind of United States of Europe. In this way only will hundreds of millions of toilers be able to regain the simple joys and hopes which make life worth living. e see nothing but good and hope in a richer, freer, more contented European commonality. But we have our own dream and our own task. We are with Europe, but not of it. We are linked but not compromised. We are interested and associated but not absorbed."
Il a meme ecrit un article dans le Daily Mail sur cette idee dans les annees 20, mais je ne l'ai pas retrouve...
La Plume de ma tante * http://www.youtube.com/watch?v=qnJxafaOGbQ
"Les souverainistes nous cassent les pieds : ne se rendent-ils pas compte qu'ils défendent des positions dignes du parti xénophobe de la Ligue du Nord en Italie, transposées à l'échelle de l'Europe ?"
Souverainiste = xénophobe ? Bravo le raccourci.
La souveraineté d'un État, c'est : -La sécurité extérieure : la diplomatie (prévention) et la défense nationale (armée en cas de conflit) ; -La sécurité intérieure : la police, la loi (définition de normes juridiques) ; -La justice ; -Les finances : monnaie, collecte des impôts, et contrôle des marchés financiers.
Il faudra m'expliquer où se situe la xénophobie.
Force est de constater que dans les rôles que vous attribuez à la la nation souveraine, on le voit clairement en ce moment, celle ci semble incapable d'en assurer correctement la plupart. Les nations Européennes, y compris celles du nord de l'Europe, ne sont plus de taille à se confronter aux USA et aux BRICs.
Pourtant, face aux crises polymorphes et récurrentes qui sapent les pays développés du monde occidental, face au délitement de l'Europe, ne faudrait-il pas trouver quelque idéologie, quelque religion apte à "relier" véritablement l'ensemble des citoyens perdus ou paniqués de notre continent ? Les mesures se suivent et se ressemblent pour sauver un pays après l'autre, exacerbant la détresse des victimes et l'égoïsme des survivants. Chacun navigue au gré des tempêtes de la condamnation des uns à l'imploration des autres, fustige la cigale grecque avant d'être atteint à son tour, ou la fourmi allemande comme si elle était responsable. Bien sur, on trouvera encore une solution pour que l'euro survive à Noël, et une autre plus tard… jusqu'à quand ? La plupart des peuples européens ont atteint un niveau de vie qui ne peut sensiblement progresser tant que les autres pays du monde ne les auront pas en partie rattrapés. C'est une évidence économique : l'Allemagne qui présente une balance commerciale excédentaire exporte avant tout chez ses voisins européens. Nous pouvons profiter d'avances technologiques et de recherches pointues pour vendre aux pays en voie de développement rapide, mais pour le reste nous ne pourrons vendre qu'au sein de notre espace communautaire. Il est d'autant plus crucial de conserver notre expertise dans le domaine nucléaire, car quasiment tout le matériel relatif au solaire ou à l'éolien sera aussi bien sinon mieux produit ailleurs, et beaucoup moins cher.
Le constat d'échec de coopération économique entre nations européennes est devenu incontournable. Ensemble, nous avons fait des choses magnifiques, mais quand la croissance n'offre plus rien à se partager, les peuples sécurisés, assistés, n'ont plus rien à attendre, si ce n'est partager un peu de ce qu'ils ont avec ceux qui ont encore trop peu. Nous piétinons devant un obstacle que nous ne saurons renverser qu'en dépassant nos sentiments nationaux. Le défaut de construction de l'Europe est maintenant indépassable. D'ailleurs, je n'ai pas seulement à l'esprit le gouvernement économique et financier qu'il eut fallu établir dès l'origine, mais aussi, comme je l'ai écrit à l'époque, l'apprentissage d'une langue artificielle commune (genre esperanto) dans toutes les écoles primaires d'Europe. Cette langue serait à présent le meilleur lien entre tous les citoyens de notre continent ; elle aurait déjà développé une littérature qui rayonnerait dans le Monde. Comment se sentir co-citoyen et partenaire en destinée d'un individu avec qui je ne peux communiquer dans sa langue ou dans une langue commune qui ne soit d'un pays tiers ? Par sa facilité, une langue comme l'esperanto est très vite apprise et serait considérée par chacun comme une de ses langues maternelles.
La religion qu'il nous faut à présent, c'est un "isme" nouveau, non galvaudé, non imposé, un idéal raisonné que chacun puisse reconnaître au-delà de ses convictions, auquel on adhère par espoir et générosité au constat d'une impasse qui finira par nous étouffer tous. Ce sera une religion humaniste mais beaucoup plus, antinationaliste surement, qui ne se mêlera pas plus de socialisme que de libéralisme, d'écologisme ou d'altermondialisme, ou de tout autre courant de ce type régi par la démocratie. A travers les cruautés et les revers de l'Histoire, la marche de l'humanité a suivi une direction imposée par la conscience des plus évolués, des plus éduqués, vers le sentiment d'universelle fraternité de tous les hommes et femmes de la Terre, qui est l'idéal ultime. L'Histoire a fait des Européens l'avant-garde de cette évolution dans la noogénèse décrite par Teilhard de Chardin, accélérée avec Internet.
Nous y sommes ! Non pas près d'un oméga religieux qui n'existe pas, mais au moment d'une prise de conscience indispensable pour poursuivre notre chemin. Notre religion ne sera pas la révélation de quelque illuminé, mais la volonté raisonnée des humanistes les plus responsables d'Europe.
Ne soyons pas trop dur avec nous-mêmes toutefois. Ni trop impatients. Le mouvement pour l’unification de l’Europe est long, confus et parfois exaspérant. C’est normal. Aucun ensemble de pays si différents, si divisés par langues et cultures, religions même, avec une histoire encore récente de guerres fratricides, a essayé dans toute l’histoire de l’homme de se réunir pacifiquement et même pas sous menace immédiate d’invasion militaire.
C’est nouveau et nous devions en être fiers.
Je n’ai rien contre l’Esperanto sauf que je ne crois pas pour un moment qu’il va jouer un rôle en Europe ou ailleurs. Mais le problème de langues, comme le problème des différences de cultures, existe.
Je crois plus aux programmes type Erasmus qui permet via des études dans le pays voisin d’apprendre non seulement une langue mais une culture. Sur un plan plus tangible quotidiennement, une chaine de TV comme Arte fait plus en une soirée pour rapprocher la France et l’Allemagne que des centaines de cours d’histoire ou de géographie grâce à la vaste portée de ce medium.
Et elle le fait en douceur. Tout comme ‘Courrier International’.
Il est dommage que d’autres initiatives médiatiques de ce genre n’existent pas. Force est de constater que le corps des journalistes de chaque pays, tout comme leur politiciens, ont un fond de commerce linguistique et culturel qui ne pousse pas automatiquement à fusion des cultures. Pour eux (pas tous) cela pourrait être comme se tirer une balle dans le pied.
En tant que Britannique, je suis horrifié par le mal que fait la presse europhobe britannique (ou plutôt australienne puisque il s’agit surtout de Murdoch) au mouvement européen. Loin d’être une simple expression démocratique, il s’agit d’une véritable campagne de dénigrement dont un Goebbels en aurait été fier. Mais je ne me décourage pas. Internet, transports rapides, intégration économique et – trop lentement – politique, nous amènent chaque jour plus proches l’un de l’autre.
Qui pourrait envisager aujourd’hui une guerre entre l’Allemagne et la France et l'Angleterre ? Pourtant moi, j’étais né sous les bombes !
Très cordialement,
Moi qui me croyais idéaliste .. ! ;) Un politique humaniste ? Ça existe ça ?!
Je veux croire moi aussi qu'une Europe humaniste est possible. Mais en attendant, je vous rappelle qu'une "religion" est déjà en vigueur : le consumérisme. Je vous rappelle également qu'avec une croissance nulle, un budget à l'équilibre, il nous faudra au moins 15 ans pour rembourser la dette.
Et 10 (ou 15) ans de rigueur, je ne suis pas sûr que ça soit idéal. Que l'UE devienne Humaniste ou pas, les pauvres vont en chier ( et je dis bien en chier).
Il est vrai qu'une intégration financière avancée à base d'Eurobond (traduction technique de la soladarité financière) et d'une intégration politique assise sur une redémocratisation des institutions devraient sans doute faire partie de la maison Europe à long terme; il reste que les difficultés budgétaires nationales sont celles d'aujourd'hui et que pour l'immédiat, c'est bien Merkel, et non "Merkozy", qui propose le leadership européen le plus rassurant pour l'avenir, à base de rééquilibrage des budgets et de réindustrialisation; ce n'est pas une opération chirurgicale qui guérit immédiatement, mais un traitement au long cours.
Faute de ce traitement à commencer immédiatement, une proposition politique pourrait apparaître comme une fuite en avant, aussi bien qu'une monétarisation de la dette ou tout autre bricolage (investissement de la Chine ou du Brésil, achat de dette par la "banque centrale le la Lune" comme le disait plaisamment François Lenglet sur BFMBusiness,...) peu crédible.
L'évitement des dérives extrémistes viendra sans doute de la crédibilité des annonces, mais aussi de leur calendrier; ceci est bien vu et 2020 peut apparaître comme un horizon de confiance.
Il est dommage de constater que rétrospectivement, avec DSK au MINEFI, la France était sur cette voie de l'orthodoxie budgétaire et de renouveau de l'économie, pour trop peu de temps; malheureusement, il était trop "strauss-khanien", comme on dit maintenant dans les soirées plus ou moins fines.
Nous comprenons fort bien que nos amis fourmies d'outre Rhein, dans leur souci de gestion janseniste, en aient plein les bottes de casquer pour les cigales papistes et orthodoxes. Mais, c'est justement pour qu'on ait plus jamais a en entendre le bruit (de leurs bottes) que nous avons construit l'Europe.
Je sais que pour beaucoup il ne s'agit que d'un "detail" mails il y aurrait comme un parfum contentieux qui floterait encore : quelques dizaines de millions de morts. Notez qu'on a pas ete rancuniers. Quand il a fallu reconstruire le champs de ruine que le pay etait devenu, le plan Marshall n'a pas ete pingre. Le miracle allemand a ete d'autant plus miraculeux.
Au risque de paraitre outrecuidant, je rappelrais aussi, que quand nos cousins germains federaux ont voulu se reunifier avec leurs voisins democratiques, aucune nation victime des keisers et autres furher ne s'y ait opposee. Notons, aux passage que l'allemagne ne semble pas trop se preocuper de la productivite lamentable des landers de l'est et continu, droite dans ses bottes, a casquer sans moufter.
Alors oui, nous devons gerer nos nations avec la meme rigueur que l'allemagne. Nous devons, et n'ayons pas peur des mots, d'urgence nous diriger vers un modele federaliste et redistribuer la souverainete vers l'europe et ses regions (basques, ecossais, lombards etc.).
Mais de 1870 a 1945 l'Allemagne a terrorise l'Europe. L'addition est lourde.... mais elle est due maintenant.
PS: Pour comprendre mieux, lire (comme moi pour la premiere fois) : L'ethique protestante et l'esprit du capitalisme, par Max Weber, ecrit a la fin du XIX siecle.
Aujourd'hui notre pays s'enfonce dans un '1940-isme' sentimentale, encouragé par la presse Murdoch, que j'évoque en parlant du fameux Spitfire.
Ce recul nationaliste trouve écho dans d'autres pays, comme la France, où plus d'un(e), profitant du de la crise actuelle, poursuit son rêve d'un retour au bon vieux temps de 1870-1945 quand chaque pays avait le droit en autre.... de déclarer la guerre son son voisin!
Comme la France en 1870, rappelons en passant. Un détail que le PS et surtout Montebourg semble avoir oublié!
S'il est vrai qu'un souverainiste n'est pas toujours xénophobe le fait est que souvent il l'est.
Il suffit de voir de près le FN et des mouvements similaires ailleurs en Europe.
Prétendre autrement est naïf ou volontairement borgne.
C'est normale. La frontière de l'un est forcément au dépens de la frontière du voisin! Ce qui, l'histoire nous le prouve, crée des antagonismes et pire.
Voici quelques promesses électorales faites par le FN. http://www.rue89.com/2011/11/19/la-france-revee-de-marine-le-pen-son-programme-decrypte-226702
Dans le thème "Immigration", nous pouvons observer : -Réduction de l'immigration à 10 000 personnes (qualifiés) par an. -Suppression des aides d'État (notamment médicales) pour les étrangers (y compris pour ceux en situation régulière). :( -"Inversion des flux" .. :'(
Voilà les points les plus critiques de son programme ... Que ces promesses soient de mauvais goût, j'en conviens ! Par contre je vous rappelle que le contrôle migratoire a toujours fait parti des attributs de l'État ... quels que soit les États, quelles que soit les époques !
Je trouve d'ailleurs que le gouvernent Sarkozy, lorsqu'il a expulsé hors de nos frontières 15 000 Roms, était d'autant plus condamnable !!
Je souhaite que la France retrouve une part de sa souveraineté plutôt que de la céder à des technocrates non élus (banquiers qui plus est ) ! Si nous laissons les marchés contrôler notre économie, quels que soit les gens pour qui nous voterons, ils se retrouverons poings et pieds liés et n'auront guère de pouvoir.
Est ce que ça fait de moi un souverainiste ? Ce n'est de toute façon qu'une étiquette ...
Cordialement .. ;)
Je maintiens qu'au 21e les frontières européennes tombent dans cette dernière catégorie. Pourquoi?
Tout d'abord parce que les frontières des états souverains européens – pour la plupart établies au 19e siècle quand dans bien des cas ils ont permis à des peuples opprimés (italiens, grecs, norvégiens, hongrois, bulgares, même allemands...) de se libérer des monarchies absolutistes – n'ont servis au 20e qu'à canaliser la xénophobie et les instincts guerriers d'un nombre important de ces mêmes peuples.
Des frontières qui déjà faisaient plus de mal que du bien, incapables justement, comme la fameuse ligne Maginot, de défendre les nations contre l'agression. Car ces même confins réduits de notre continent ont poussé un des pays (un qui par hasard n'avait pas de colonies importantes) à chercher du lebenraum au dépens de ses voisins....
Depuis les années 50 en Europe un processus d'unification est en cours. Celui-ci n'est pas seulement une réaction saine après le carnage du 20e mais aussi une reconnaissance du fait que le monde change à une vitesse jamais connue avant – internet, satellites, transports, media et finance internationaux.
Et une reconnaissance aussi que notre continent – le plus riche de la planète – est hélas petit.
Je sais que bien des citoyens ont du mal à suivre cette évolution et en temps de crise sont attirés par l'idée d'un repli derrière des frontières reconnues. C'est naturel mais cela ne changera pas la donne.
L'Europe sera uni, malgré lui s'il faut, car les forces qui l'entourent (des pays vastes avec des frontières qui enferment des masses critiques économiques et démographiques adéquates) l'obligeront de le faire pour survivre.
On a raison de dire que ce processus devrait suivre un chemin démocratique si nous voulons préserver nos valeurs. Et c'est ce qui se fait malgré les apparences. Les faiblesses du système de gouvernance actuel de l'Europe ne sont que le reflet des hésitations des peuples à abandonner leur souveraineté actuelle en faveur d'un pouvoir centrale même démocratiquement élu.
C'est leur droit mais c'est la preuve d'une confusion totale d'esprit (ou d'une hypocrisie éhontée) de critiquer en même temps l'absence d'un pouvoir réel au niveau européen démocratiquement élu!
Il n'aura pas de retour vers des états souverains européens. D'ailleurs ceux-ci n'ont pas existé depuis le début du 20e si l'on considère, comme prétendent les 'souverainistes', qu'un état souverain doit être indépendant économiquement et militairement.
Ce sont les USA et l'URSS qui ont mis fin au nationalisme exacerbe de l'Allemagne Nazi pas un état souverain européen – pas un seul.
Je maintiens qu'en Europe aucun pays actuel depuis la fin du 19e siècle constitue une telle 'surface'. Par contre une forte proportion des populations des différents pays en présence ont du mal à accepter cette réalité. D'où le déséquibre actuel.
Quoiqu'un opposant au communisme, je pense que l'URSS a trouvé un certain équilibre grâce à une idéologie séduisante pour les démunis d'un très grand nombre de pêuples différents. Dans tous les cas l'URSS s'est montré capable de défendre ses frontières contre agression ce qui n'était pas le cas des pays de l'Europe.
Quant aux USA, depuis la fin de la guerre civile, un très bon équilibre entre états et gouvernement fédéral existe malgré des écarts d'opinion aussi grotesques que la ségregation. Peu d'Américains mettent en cause leur système économique. Entre autres il a permis au pays de se défendre et même de défendre ses alliès, notamment l'Europe.
Pour ma part j'ai fait mon choix. Je suis Européen plutôt que Britannique et j'ai vécu ainsi et professionellement et sur le plan familiale.
Ce n'est pas si difficile.
"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis."
Il s'agit de trouver l'équilibre entre la fidélité au passé et l'invention du présent.
"Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles uniront. La confédération européenne, probablement, les remplacera." Ernest Renan - 1882 - Qu'est ce qu'une Nation?
http://www.lexilogos.com/document/renan/nation.htm