La démolition d'Israël par ses juifs ultra-orthodoxes
L’étude de la Torah pour les hommes, d’innombrables grossesses pour les femmes... Comment des mesures politiques ont provoqué l’essor des haredim en Israël –et pourquoi c’est un désastre économique.
- Des hommes juifs ultra-orthodoxes à l'enterrement du Rabbin Natan Tzvi Finkel à Jerusalem, le 8 novembre 2011. REUTERS/Nir Elias -
Je me tiens dans le quartier Kerem Avraham de Jérusalem (1). De l’autre côté de la rue s’élève l’inébranlable immeuble où l’écrivain israélien Amos Oz a grandi dans un petit appartement du rez-de-chaussée.
Les derniers vestiges du judaïsme
Dans ce temps-là, les années 1940, Kerem Avraham abritait de «petits employés de bureau, petits détaillants, caissiers de banque ou vendeurs de billets de cinéma, instituteurs ou professeurs particuliers», ainsi que l’écrit Oz dans son roman autobiographique, Une histoire d’amour et de ténèbres.
Ils respectaient les derniers vestiges du judaïsme –allumer les bougies de Shabbat le vendredi soir, se rendre à la synagogue pour Yom Kippour– et débattaient avec passion de points précis de l’idéologie sioniste séculière.
Voilà qu’un groupe d’adolescentes me dépasse, vêtues de chemisiers bleus boutonnés jusqu’au col, de jupes plissées et de longues chaussettes, ne laissant rien paraître de leur peau que celle de leur visage et de leurs mains.
Puis vient une famille, le père coiffé d’un grand chapeau rond et noir à dessus plat, sa femme derrière une poussette, tous deux flanqués de trois autres enfants âgés de moins de six ans.
La mère porte une perruque, méthode habituelle des épouses haredi (ultra-orthodoxes) pour cacher leurs cheveux en signe de modestie. Dans une rue transversale, je passe devant un Kollel –une Yeshiva où les hommes mariés touchent de petits salaires pour étudier à plein temps.
Torah pour les hommes, grossesses pour les femmes
Kerem Avraham est aujourd’hui l’un des quartiers de la ceinture haredi de Jérusalem-nord, un endroit où s’étalent des affiches dénonçant la télévision, internet, et les factions religieuses rivales; un lieu de vies entières consacrées à l’étude de la Torah pour les hommes et à d’innombrables grossesses pour les femmes; d’écoles qui prodiguent une bien modeste préparation pour gagner sa vie et aucune préparation du tout pour participer à la vie d’une société démocratique.

Un juif ultra-orthodoxe marche devant des écolières à Jerusalem, le 8 novembre 2011. REUTERS/ Baz Ratner.
Le voisinage a commencé à changer dans les années 1950, après le départ du jeune rebelle Oz pour un kibboutz, qu’il ne quitta que bien des années plus tard.
Un voisinage qui a changé
A moins d’1,5 kilomètre de distance de l’immeuble où Oz passa son enfance se trouve un ensemble immobilier dans lequel vivaient des Haredim aisés il y a plusieurs années de cela.
Hauts de neuf étages, ces immeubles surplombent une cour intérieure dont l’aire de jeu se peuple d’une foule d’enfants en fin d’après-midi. Au sous-sol, il y a trois étages de garage où de petits celliers s’alignent le long des murs de cette caverne de béton à moitié éclairée.
Les celliers, une dépendance courante des appartements israéliens, appartiennent aux résidents qui vivent au-dessus. Mais certains ont des sonnettes, des noms sur la porte, des compteurs d’eau et de hautes fenêtres qui donnent sur l’obscurité du garage. J’entends les voix d’un couple à l’intérieur de l’un d’eux, et les pleurs d’un bébé. A l’extérieur d’un autre, du linge sèche sur un étendoir en métal.
Ils ont été loués comme logements à de jeunes familles haredi qui n’ont pas les moyens d’habiter ailleurs.
Des conséquences économiques fâcheuses
En apparence, les Ultra-orthodoxes donnent l’image d’une communauté florissante. Mais sous la surface, on a vite fait de découvrir une partie du prix payé par les Haredim eux-mêmes, et par Israël dans son ensemble, pour l’étrange essor de l’ultra-orthodoxie dans ce pays.
Aujourd’hui, les Haredim se marient plus tôt et ont beaucoup d’enfants, même si les hommes consacrent le plus clair de leur vie d’adultes à étudier le Talmud plutôt qu’à travailler.
Lorsque l’Etat a été créé, le milieu haredi «était entièrement différent», explique le sociologue Menachem Friedman. «C’était un milieu normal où l’on travaillait», semblable au reste de la population juive. Le taux de fécondité y était à peu près le même.
Tout comme l’âge moyen du mariage, et d’ailleurs les hommes haredi désireux de poursuivre leurs études religieuses se mariaient même un peu plus tard. En effet, pour se marier un homme devait quitter ses études talmudiques à la Yeshiva et trouver un travail.
Une création de l’Etat hébreu
Bien loin d’offrir une image de la vie juive traditionnelle d’Europe de l’Est d’avant l’Holocauste, comme de nombreux israéliens et visiteurs le pensent, la version actuelle et israélienne du judaïsme ultra-orthodoxe est une création de l’Etat hébreu.
Des mesures politiques aux effets inattendus ont favorisé l’essor de cette nouvelle forme de judaïsme, à la fois cloîtrée et militante.
A l’instar d’initiatives fécondes prises par des responsables haredi charismatiques pour raviver une communauté réduite à peau de chagrin par la modernité et décimée ensuite par l’Holocauste.
Et bien qu’un renouveau similaire se soit aussi produit dans les communautés haredi des Etats-Unis et d’autres pays d’Europe de l’Ouest après la seconde guerre mondiale, leur dépendance aux subventions publiques est nécessairement plus limitée.
Du coup, la proportion d’hommes adultes se consacrant entièrement aux études religieuses plutôt qu’à travailler est aussi moindre.
Une catastrophe pour l’économie…
D’un point de vue économique, le renouveau haredi en Israël a été catastrophique. La communauté ultra-orthodoxe est toujours plus dépendante de l’Etat et, à travers lui, du travail des autres.
Abusant du patronage de l’Etat, les responsables religieux ultra-orthodoxes se sont largement emparés de la bureaucratie religieuse, imposant leurs interprétations extrêmes de la loi juive aux autres juifs.
… et la démocratie
En dispensant les ultra-orthodoxes d’acquérir le minimum d’éducation générale requis, l’Etat démocratique encourage l’émergence et le développement d’un secteur de la société qui ne comprend pas plus la démocratie qu’il n’y attache la moindre importance.
Et pour protéger l’expansion de leurs propres implantations, les partis politiques haredi sont désormais des partenaires obligés dans les coalitions de droite favorables à la colonisation.
Cette histoire est ironique à bien des égards. Ainsi le catalyseur décisif de la transformation du milieu ultra-orthodoxe en Israël est la loi de 1949 instituant l’éducation gratuite obligatoire.
Des subventions qui ont sauvé le judaïsme ultra-orthodoxe
Dans un premier temps, l’Etat subventionna les systèmes scolaires existants, lesquels étaient liés à des mouvements politiques. Dans la Palestine sous mandat britannique, les écoles ultra-orthodoxes étaient rares, dispersées, et disposant de peu de moyens.
Après l’indépendance, la plupart rejoignirent un système scolaire chapeauté par le parti ultra-orthodoxe Agoudat Israel.
Au cours des discussions d’élaboration de la loi sur l’éducation obligatoire à la Knesset, le fait qu’elle procurerait des fonds aux écoles ultra-orthodoxes retint à peine l’attention. Après tout, le judaïsme ultra-orthodoxe était en train de disparaître.

Des jeunes juifs ultra-orthodoxes étudient dans une synagogue à Jerusalem, le 7 avril 2011. REUTERS/ Baz Ratner.
Mais c’est le contraire qui se produisit. Les subventions de l’Etat rendirent possible l’ouverture de nouvelles écoles ultra-orthodoxes et le paiement de salaires stables. Les jeunes femmes haredi pouvaient recevoir la formation de professeurs des écoles aux séminaires d’Agoudat Israel dès l’âge de 18 ou 19 ans et occuper ensuite des postes d’institutrices.
Au même moment, nombre d’immigrants juifs en provenance du monde islamique choisirent d’inscrire leurs enfants dans des écoles haredi, créant le besoin de nouveaux postes.
La différence avec les orthodoxes d’Europe de l’Est
En 1953, lorsque la Knesset vota pour éliminer les écoles dirigées par des partis politiques et instituer un système national d’éducation, des lacunes dans la Loi d’Etat sur l’éducation permirent toutefois aux écoles d’Agoudat Israel de continuer leurs activités et de recevoir des subventions de l’Etat.
A mesure que l’économie d’Israël se modernisait, les lycées devinrent la norme. L’Etat aida financièrement les écoles secondaires ultra-orthodoxes comme les autres, mais les lycées réservés aux jeunes garçons haredi n’enseignaient que les matières religieuses.
La plupart étaient des internats où les élèves vivaient nuit et jour de l’étude de la Torah, avec des rabbins pour remplacer leurs parents.
A partir de là, les jeunes hommes –et pas seulement les quelques brillants érudits comme c’était le cas dans l’Europe de l’Est avant l’Holocauste, mais la masse– approfondissaient leurs études religieuses dans des classes supérieures de Yeshivot.
Et le mariage jeune fut
Rabbi Avraham Yeshayahu Karlitz, éminente figure religieuse haredi en Israël, utilisa ces changements pour promouvoir une mutation au nom du conservatisme le plus extrême: les hommes et les femmes haredi se marieraient jeunes.
Les hommes continueraient à étudier la Torah dans des Kollel après leur mariage, soutenus par leurs épouses-institutrices. Leurs parents, qui travaillaient, les aideraient.
Les fonds pour permettre aux étudiants des Kollel de percevoir de petits salaires provenaient de la diaspora des pays occidentaux. Les donateurs n’étaient pas forcément orthodoxes.
Ils considéraient plutôt leurs contributions comme un moyen d’honorer le monde disparu des juifs d’Europe de l’Est, vu à travers le prisme distordu de la perte et de la nostalgie.
Le milieu haredi pour échapper au service militaire
Ironiquement, la centralité de l’armée dans la vie d’Israël accentua l’évolution, précisément parce que le milieu haredi tenait à ce que ses jeunes hommes échappent au service militaire, considéré comme la contrainte séculière imposée par l’IDF (Forces de défense israéliennes).
Le fait de demeurer étudiant de la Torah à plein temps permettait à un homme de se tenir loin de l’uniforme. L’exemption contribuait à garder les jeunes hommes dans les Kollel.
Une scolarité qui ne prépare pas au monde moderne
De même que l’écart éducatif: même si les ultra-orthodoxes passent des années à étudier, leur scolarité ne les prépare en rien à occuper des emplois dans une économie moderne. Dès leur adolescence, leur curriculum reste dépourvu de mathématiques, sciences, langues étrangères et autres matières générales.
Ainsi «la société des érudits» –comme l’appelait le sociologue Friedman– prit forme. Les vieux haredi, devenus majeurs avant le changement, travaillaient pour gagner leur vie.

Un juif ultra-orthodoxe montre du tissu à des clients de son échope, près de Tel Aviv, le 28 septembre 2005. REUTERS/ Gil Cohen Magen
Un nombre croissant de jeunes hommes resta dans les kollel après le mariage, souvent pour une décennie ou plus. Le père était charpentier, boutiquier ou tailleur; le fils étudiant talmudique à temps plein.
Dans un univers de mariages arrangés, les érudits de la Torah étaient les partis les plus convoités.
Le fossé entre haredis et reste de la société
Entre 1952 et 1981, l’âge moyen du mariage des hommes ultra-orthodoxes en Israël s’abaissa de 27 ans et demi à 21 ans et demi. Au début de cette période, l’époux haredi typique était à peine plus âgé que la moyenne dans la société juive israélienne. En 1981, il avait quatre ans de moins.
Quant aux femmes haredi, se marier avant vingt ans devint la norme. Les couples ultra-orthodoxes commencèrent à avoir des enfants plus tôt et continuèrent à en avoir souvent beaucoup. Ceci rendit encore plus difficile de quitter le milieu haredi, pour les femmes comme pour les hommes.
Dans les années 1940, les éducateurs et les parents haredi avaient pu croire que rien ne pourrait empêcher les jeunes gens d’abandonner la religion. Mais aujourd’hui, l’hémorragie a cessé.
Le fossé entre la société des érudits et le monde séculier est devenu trop large pour être franchi. Les rabbins ont écrit avec satisfaction que les enfants surpassaient leurs parents en piété. Leurs mots décrivaient une révolution dans une société qui se croyait immuable.
Un fondamentalisme comme les autres
Les jeunes israéliens haredi finirent par considérer que la précédente génération n’était pas suffisamment religieuse –un paradoxe dans une communauté pour laquelle religion et tradition sont synonymes.
Pour montrer qu’ils ne faisaient aucun compromis avec la modernité, les jeunes s’employèrent à suivre la loi juive de la plus rigoureuse des façons. Ils créèrent ainsi une nouvelle interprétation de la pratique juive, un constructivisme strict qui était lui-même un produit de la modernité.
En cela, la communauté fermée des ultra-orthodoxes relève du phénomène global des mouvements fondamentalistes –des créations du présent se réclamant de l’ancienne religion.
Gershom Gorenberg
Traduit par Florence Boulin
Ce texte est tiré du dernier livre de Gershom Gorenberg The Unmaking of Israel (La démolition d’Israël). Parus, l’extrait expliquant pourquoi, exactement, Israël a fini par perdre la plupart de sa population arabe en 1948. Et un dernier extrait sur la façon dont Israël pourrait résoudre la crise tragique avec les Palestiniens. Retour à l'article.
Mis à jour le 25/11/2011 à 4h10














































Quelle tristesse de voir ce pays si brillant couler dans le moule intégriste.
Quelque soit son opinion sur le conflit israélo-palestinien, on ne peut que s’alarmer devant cette dérive. Les extrémistes des deux côtés portent une responsabilité énorme.
Qu’ils aillent en parler avec leurs dieux respectifs !
. Le gouvernement allemand a protesté aujourd’hui contre la condamnation à mort possible pour apostasie d’un pasteur chrétien en Iran s’il ne se déclare pas musulman. “C’est avec horreur que j’apprends la menace de peine de mort contre Youssef Nadarkhani. Il ne peut échapper à la peine de mort qu’en renonçant à sa foi chrétienne”, affirme le responsable allemand pour les Droits de l’Homme Markus Löning. “J’appelle les autorités iraniennes à lever la condamnation à mort et à libérer immédiatement M. Nadarkhani”, a-t-il ajouté. (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/28/97001-20110928FILWWW00553-peine-de-mort-pour-un-pasteur-en-iran.php) . Trois hommes ont été exécutés en Iran, dimanche 4 septembre 2011, accusés de relations homosexuelles, selon Iran Human Rights (IHR) (http://blogs.mediapart.fr/blog/vitrolles13127/070911/iran-trois-pendaisons-pour-homosexualite-dans-lindifferencegenerale)
De plus, en y réfléchissant un peu, vous comprendriez aisément que votre existence n'a été possible que grâce à ces orthodoxes dont vous êtes descendant (vous avez probablement un grand-père orthodoxe sinon un arrière grand-père) et que votre descendance est vouée à s'assimiler si vous ne réagissez pas (n'y-a-t-il pas des membres de votre famille unis avec des non juifs?).
Nous sommes un peuple de sages, et nous avons toujours étudié la torah sans relâche, de toutes nos forces pour que nos descendants restent juifs et ce depuis presque 2000 ans; puis, la fin du 19ème siècle a vu l'émancipation des juifs et l'abandon de la Torah. Après la shoah, le niveau de Torah était au plus bas et nos guides et décisionnaires (comme le 'Hazon Ich) ont décidé que la génération et sans doute celles qui suivraient devaient étudier à plein temps (sans travailler) dans le but de faire renaître la Torah.
Les orthodoxes sont là depuis l'existence du peuple juif, les laïques sont les feuilles de l'arbre et non le tronc. Pensez-y, mon frère que j'aime.
Une question : si les étudiants Haredi de 30 ans vivent en partie des revenus de leurs parents, et si ce milieu est totalement fermé, de quoi vont vivre les enfants actuels dans 20 ans quand grand père sera mort ?
« Mais un spectacle étonnant et vraiment unique est de voir un peuple expatrié n’ayant plus ni lieu ni terre depuis près de deux mille ans, un peuple altéré, chargé, mêlé d’étrangers depuis plus de temps encore, n’ayant plus peut-être un seul rejeton des premières races, un peuple épars, dispersé sur la terre, asservi, persécuté, méprisé de toutes les nations, conserver pourtant ses coutumes, ses lois, ses mœurs, son amour patriotique et sa première union sociale quand tous les liens en paraissent rompus. Les Juifs nous donnent cet étonnant spectacle, les lois de Solon, de Numa, de Lycurgue sont mortes, celles de Moïse bien plus antiques vivent toujours. Athènes, Sparte, Rome ont péri et n’ont plus laissé d’enfants sur la terre. Sion détruite n’a pas perdu les siens, ils se conservent, ils se multiplient, s’étendent par tout le monde et se reconnaissent toujours, ils se mêlent chez tous les peuples et ne s’y confondent jamais ; ils n’ont plus de chefs et sont toujours un peuple, ils n’ont plus de patrie et sont toujours citoyens » Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
J’ai déjà visité Israël et j’ai remarqué les différences qui existent entre Tel Aviv et Jérusalem. J’ai préféré Tel Aviv même si j’y ai été gêné par l’indifférence, voire l’ignorance, qui semblait y régner de l’écart entre la vie de cette ville dynamique et celle des « territoires disputés ».
Cela me rappelait les écarts qui existaient dans le temps en Afrique du Sud.
Je suis athée et j’ai très peu de respect pour tous les religieux du monde – surtout ceux qui prétendent que je suis un infidèle si je n’accepte pas Allah, condamné si je ne suis pas baptisé et, en l’occurrence, ceux qui prétendre être la race choisit par dieu. Ce qui laisse entendre que nous autres nous ne le sommes pas. Heureusement je m’en fous de ce dernier stigmate.
Pour en revenir au sujet, il faut en effet garder à l'esprit que les orthodoxes ont toujours été présents dans le judaïsme. Plus encore, si les Juifs existent encore aujourd'hui après 2 millénaires de persécutions et d'exil, c'est essentiellement grâce à eux. Les Juifs contemporains sont tous des descendants d'orthodoxes. Ils ont été la flamme qui ne s'est jamais éteinte lorsque les babyloniens, les perses, les romains, les croisés, le cosaques, les nazis, les arabes ont tour à tour tenté de réduire ce peuple à néant. Et il ne s'en est fallu parfois que d'un cheveux. De là à y entre-apercevoir un soupçon de bienveillance divine, cher Peter Wright, là aussi, il n'y a qu'un pas, n'est-ce pas?
Et si cela peut vous rassurer dans votre tourmente, M. Wright, si les Juif ont été "élus", ce n'est absolument pas pour bénéficier de "largesses" et de "piston". Poit de "race" supérieure ou de favoritisme. Cela signifie simplement que c'est à eux qu'incombe la lourde charge de respecter les commandements de la Torah et de la transmettre de génération en génération. N'en déplaise aux actuels et futurs illuminés qui auront l'innovante idée d'éradiquer ce peuple, Ahmadinejad en tête (cf. son discours de 2005), il semblerait (vu les derniers 2000 ans) que ce l'est loin d'être acquis !
Prétendre comme vous faites que l’existence des juifs orthodoxes à travers les siècles permet « d’entre-apercevoir un soupçon de bienveillance divine » est le genre d'affirmation qu’on voit rarement de nos jours même parmi les plus religieux.
On pourrait dire autant des chrétiens, des musulmans et des bouddhistes qui ont chacun leur lot de fidèles à travers les âges. Tous des élus ?
Permettez-moi de vous dire que toute ma vie j’ai lutté contre injustice et l’oppression. J’étais un des premiers membres d’Amnesty International quand ce mouvement a été créé et j'y suis toujours actif.
Je fus membre du mouvement anti-apartheid à Londres quand mon gouvernement à l’époque était aussi ambigu et hypocrite à l’égard du gouvernement blanc de l’Afrique du Sud que le gouvernement israélien l’est aujourd’hui à l’égard des Palestiniens. Je suis membre de l’Association France Palestine pour les mêmes raisons. Je ne suis aucunement anti-Israël en tant que tel et encore moins antisémite. Je suis contre la politique actuelle du gouvernement israélien – comme d’ailleurs beaucoup d’Israéliens.
Rassurez-vous je suis loin d’être « tourmenté ». J’ajouterais que si les « actuels et futurs illuminés » vous empêchent de dormir, vous pourriez, peut-être commencer par calmer ceux parmi vous qui étaient le sujet de cet article.
Shalom
Mon allusion à une éventuelle bienveillance divine était en quelque sorte une boutade, une taquinerie, envers vous qui rejetez comme vous le dites toute croyance divine, ce qui, vous l'aurez compris, n'est pas mon cas.
Néanmoins, cet hameçon n'était pas si anodin, et vous vous engouffrez dans la brèche la tete la première en évoquant les chrétiens ou bouddhistes... Et c'est précisément ici que je trouve que votre manque de recul est lattent.
Je vous serai gré de ne citer qu' UN seul autre peuple qui a subi tout au long de l'Histoire la persécution constante d'autres peuples et qui subsiste toujours aujourd'hui?
Je vous parle d'un peuple dont les traces remontent à plus de 3000 ans, qui a essuyé la haine ininterrompue et la volonté d'éradication à travers les âges, qui a connu l'esclavage, qui a subi 2000 ans d'exil, qui, au cours de cet exil au quatre coins du Monde, a encore connu la persécution (je vous citais une liste non exhaustive dans mon précédent message), et qui donc, aujourd'hui, existe toujours tel qu'i existait il y a 3000 ans, avec les memes coutumes, les memes rites.
Est-ce le cas des bouddhistes? Ont-ils connu 2000 ans d'exil? Ont ils connu la persécution des babyloniens et des perses? des Romains? des croisés? Ont- ils connus les Pogroms, les goulags? la Shoah? J'en doute cher ami. Mais mon ignorance me fait peut être défaut.
Je ne prends évidemment pas la peine de m'attarder sur le cas des chrétiens et des musulmans qui ont davantage été des persécuteurs (et une frange de ces derniers continue de l'être de nos jours) plutôt que des persécutés, n'est ce pas?
S'agissant de votre activisme tout à fait louable envers l'injustice et la persécution, je pense très sincèrement que visez à coté de la cible concernant Israel. Et pas qu'un peu.
Je ne prétends pas faire changer d'idée un militant de la première heure tel que vous, alors je ne saurai que trop vous conseiller de visiter de temps à autres des sites tels que "Dreuz" ou "Desinfos" qui, bien qu'ayant un parti pris a l'opposé du votre, assènent des vérités à mille lieues de la bien pensance et des lieux communs rabâchés par les médias mainstream francais. Ca en fait meme froid dans le dos parfois. Sur le site Desinfos, par exemple, vous pourrez y trouver un renvoi à une autre site qui a publié ce commentaire qui devrait vous faire réfléchir... Voici le lien direct: http://www.postedeveille.ca/2011/11/qui-souffre-le-plus-de-la-politique-anti-israelienne-de-lonu.html
Et quant à ceux qui "font l'objet de cet article", je ne pense pas qu'il font partie des gens à calmer en priorité. Ils ne tentent pas de convertir le monde, bien au contraire. Il n'égorgent pas les infidèles, ne lapident pas les femmes adultères, ne se font pas sauter dans des écoles ou dans des bus et ne tirent pas à longueur de journée des roguettes sur leurs voisins. Ils se contentent d'étudier et de pratiquer leur religion. Et de la transmettre au fil des ages depuis 2000 ans, accessoirement.
S'agissant de leurs idées que vous réfutez, n'ayez crainte, Israel est bel et bien une démocratie au saura juger comme il se doit ce qui est le mieux pour lui, en tenant compte ou pas de ce qu'ils pensent.
Je suis journaliste profondément laïc mais très sensible aux professions de foi des personnes qui vont au bout de leurs convictions religieuses avec ténacité. J'ai toujours été impressionné, sans approuver souvent, par la force de la croyance de ceux qui acceptent tous les sacrifices jusqu'à décider de vivre dans leur monde que j'ai tendance, à tort certainement, de qualifier d'anachronique parce qu'il est imperméable au modernisme. Pourtant, Anne-Marie Antonietti a rejoint le Peuple Elu à travers Israël, pays des contrastes, et a choisi le chemin le plus difficile car les tenants de l’orthodoxie religieuse sont exigeants, rigides sur la loi religieuse, la Halakha, insensibles aux motivations et jaloux de leurs prérogatives. Elle s'est imposé un renoncement à ses anciennes croyances, qui force l'admiration
Si vous voulez en savoir plus sur Anne-Marie :
http://benillouche.blogspot.com/2011/11/anne-marie-antonietti-le-courage-de.html
Quoique les Français ont parfois du mal à nous comprendre. Ce qui pousse, peut-être, l’homme dans la rue à appeler les Anglais ‘perfides’ et leur Président à appeler Natanyahou « a liar ».
Mais passons.
Comme Tartempion, avec qui j’ai des échanges intéressantes et toujours courtois, vous avez raison d’insister qu’en Israël aujourd’hui on ne lapide pas à mort et il va de soit qu’un vieux membre d’Amnesty International ne va pas prendre la défense des barbares qui le font.
Mais Israël punit collectivement ses adversaires et tuent collectivement. Par exemple à Gaza où même le Tsahal reconnait avoir tué 400 enfants (pas tous des terroristes…). D’ailleurs, au Moyen Orient, il tue bien plus de ses adversaires que ses adversaires tuent chez lui.
Bien sûr vous allez protestez que vous ne lancez pas toujours la première pierre (sauf à titre ‘préventif’) et vous n’auriez pas toujours tort. Mais il y a quelque chose d’inquiétant dans un système morale, et probablement religieux, qui tolère systématiquement cette disproportion. Je ne suis pas le seul à faire cette remarque. Prétendre toujours qu’il s’agit « de la bien pensance et des lieux communs rabâchés par les médias mainstream francais. » me fais croire que peut-être vous aussi vous manquez « de recul ».
Concernant l’article, je persiste à dire qu’il n’y aucune différence pour un enfant de bas âge entre une école talmudique à Jérusalem et une école coranique à Kaboul. Dans les deux on inculque des idées que les enfants sont intellectuellement incapables de comprendre eux-mêmes et qui aident à bâtir des murs de séparation encore plus imperméables que ceux construits par les Israéliens.
Si c’est cela le prix de la transmission d’une religion « au fil des ages depuis 2000 ans », je suggère que vous cherchiez d’autres moyens.
Cordialement,
(L'auteur de cet article, Gershom Gorenberg, appartiendrait à une congrégation orthodoxe progressiste si j'en crois l'en-tête de cet article. Un juif orthodoxe progressiste, ça ne serait pas aussi étrange qu'un chrétien traditionaliste scientiste?)
Ne faut-il pas interpréter ce passage de l'évangile au travers du Notre Père? "Notre Père, qui es aux Cieux, Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite, Sur la terre comme au ciel." Auquel cas c'est bien un roi qui doit régner "sur la terre comme au ciel" et si son royaume n'est pas encore de ce monde, c'est parce que lorsque le Christ papote avec Pilate, il y règne le désordre le plus complet. Il n'existe même pas à cette époque de chrétiens. Que des juifs ou des infidèles qui se réclament de Dieux qui ne sont pas issus du Livre. Le rôle des chrétiens ce serait alors de croître et de se multiplier pour faire en sorte que sa volonté soit "faite sur la terre comme au ciel" et qu'il puisse revenir prendre possession de son royaume.
En attendant, on a tous envie de savoir que pourrait être "le parti pris douteux de l'auteur........" concernant "ces jeunes filles"....!