Que cela va être long...
Les élites politiques vont s’entredéchirer pendant six mois sur des programmes chaque jour davantage dépassés.
- Bureaux de vote à Nice lors des régionales 2010. REUTERS/Eric Gaillard -
La pire chose qui pouvait arriver à la France en ce moment est d’être au début d’une campagne présidentielle et d’avoir un président rééligible. Alors que l’Etat doit prendre des décisions extrêmement graves, les élites politiques vont s’entredéchirer pendant six mois sur des programmes chaque jour davantage dépassés par une situation en évolution très rapide.
La Constitution française donne pourtant, et c’est bien ainsi, en principe, tous les pouvoirs au président de la République jusqu’au dernier jour de son mandat. Mais il ne peut l’exercer si le pays, ruiné, doit faire la manche; et si les débats publics sont censurés par la menace des agences de notation.
Nous avons donc besoin de tout sauf d’un gouvernement faible dans ce semestre de tous les dangers. Et si nous n’étions pas si près d’élections majeures, il faudrait même décréter une pause dans les débats partisans, reconnaître partager toutes les vérités et chercher ensemble des solutions.
Or, nous ne le faisons pas: en campagne, chacun critique l’autre, nul ne dit plus que sa vérité; et les porteurs de mauvaises nouvelles sont considérés comme coupables de ce qu’ils annoncent ou comme de mauvais Français, parce qu’ils énoncent des faits insupportables.
Ainsi du débat sur la notation de la dette publique française: oui, la France a, dans les faits, perdu son triple A, personne ne peut le contester. Et si les agences ne le reconnaissent pas encore, c’est sans doute parce qu’elles n’osent pas, pour le moment, influer sur la campagne électorale. En agissant ainsi, elles rendent en fait, une fois de plus, un mauvais service au pays, qui a besoin d’un électrochoc pour agir avant qu’il soit trop tard.
Et ceux qui servent mal leur pays ne sont pas ceux qui le disent, sans pour autant s’en réjouir; mais ceux qui refusent de prendre acte de cette triste réalité et de tout faire pour regagner au plus vite cette meilleure note; par des économies budgétaires, des impôts nouveaux et surtout par des propositions audacieuses en vue de construire une Europe fédérale, seule voie d’issue positive.
On n’en prend pas le chemin. Et d’ici au mois de mai, bien des événements vont encore se passer. Y compris, si les dirigeants européens continuent de gérer aussi mal la situation, la fin de l’euro et la faillite de la France. Osons le dire: si on continue comme cela, la campagne présidentielle se jouera dans les derniers jours d’avril 2012 sur la question:
«La France ayant fait défaut, les banques françaises étant ruinées et l’euro étant condamné à disparaître, faut-il rallier l’euro fort de l’Allemagne ou l’euro faible de l’Italie?»
Veut-on vraiment en arriver là?
En politique, il n’y a pas que des opinions; il y aussi des faits. Les Français ont besoin de vérité, de pédagogie politique et d’unir leurs efforts pour traverser une crise terrible. La France en a tous les moyens, financiers, économiques et sociaux.
On se prend à rêver, pour y parvenir, à un impossible gouvernement d’union nationale. Ou à une encore moins possible démission du président de la République pour accélérer les échéances. Et on se dit alors que la seule chose qui nous reste, c’est de dire la vérité aussi clairement que possible, comme s’il n’y avait pas de campagne, comme si tous nos efforts devaient être tendus vers la recherche de la vérité, condition nécessaire de l’action utile.
Pour, au moins, (comme l’écrivait si mystérieusement Karl Marx, dans les derniers mois de sa vie, à la fin de sa critique du programme social-démocrate allemand) «dixit et salvavi animam meam»: en parlant ainsi, au moins, je sauve mon âme.
Jacques Attali
Cet article est également publié par L'Express
Mis à jour le 14/11/2011 à 17h37



















































Ce dont nous avons besoin, ce n'est donc pas d'un AAA mais d'un état qui reprend le pouvoir qu'il a laissé aux financiers. Et qui le reprend dans l’intérêt de ses citoyens.
Pour reprendre ce pouvoir, cela peut effectivement passer par plus de pouvoir délégué à l'Europe mais pour le moment ce n'est pas le cas. Ou du moins ce pouvoir n'a rien de démocratique, il est dans les mains d'une banque centrale gérée par des technocrates agissant suivant des principes édictés par une Allemagne tout juste sortie de l'autoritarisme.
Alors sauver l'Europe oui, mais laquelle ? S'il s'agit de sauver l'Europe pour transformer les Européens en travailleurs chinois, non.
Voyons la situation de la France: - La dette publique n'est que de 85%, la plupart finance par l'etranger. De plus, si on ajoute la dette des menages? On n'est pas mieux... (je ne parle pas des PPP...) - Le budget est en deficit meme avant d'inclure le service de la dette ce qui denote une aggravation - La balance des paiements est un trou beant qui ne cesse de se creuser a grande vitesse grace a la desindustrialisation orchestree en particulier par nos grandes entreprises
Alors, financierement, la France pire que l'Italie? Chuuut...Ne pas le dire!...les Marches ne s'en sont pas apercu!??...Bien sur que si!... alors, pourquoi les marches ont attaque l'Italie et pas la France? La situation politique. Parce que, jusqu'a present, ils pensent que l'Allemagne et la France ne laisserait pas faire une attaque contre la France. Mais maintenant que l'Italie est dans l'oeil du cyclone ? L'appetit vient en mangeant et si l'Italie capote, la France risque ne pas tenir une semaine
Quant aux mesures "courageuses" prises par notre gouvernement, la, les marches ont ete impressiones: * la plupart ne s'applique qu'apres l'election presidentielle (par exemple le 3eme tiers 2012 pour l'IR) * Les economies prevues en 2013-2016 ont une credibilite qui a estomaque les marches (ils rigolent...) * la non revaluation des tranches de l'IR permet de faire augmenter les rentrees tout en epargnant les plus riches (en effet, si vous etes dans la tranche superieure de l'IR, le cout de la non reevaluation des tranches est strictement le meme en euros que vous gagniez 100000€ ou 10 millions €, donc on epargne les super riches et on perd un gisement de recettes). Ca vous etonne?
Bien sur, je trouve les suggestions de Jacques Attali interessantes mais, vu le profil de notre President, il n'y a pas une chances sur 1 million qu'il l'ecoute... Il est donc possible que les "marches passent a l'attaque"... (enfin que les grandes banques et compagnies d'assurances vont simplement essayer de limiter leur exposition ou que la collecte des contrat assurances vie en euros va etre en baisse (est ce que les Grandes Fortunes ont deja/vont clore leurs contrats?). Ca doit discuter dur en ce moment entre les gouvernements et les banques/compagnies d'assurances.... a suivre...
Le risque, c'est l'eclatement incontrole de l'euro...et bien pire.
En quoi s'agit-il d' une "attaque"? Ne feriez-vous pas pareil si un cousin distant vous sollicitait un pret?
Bien sur, je sais qu'il y a moyen d'appuyer pour gratter un dixieme de pour cent de plus mais pas jusqu'a "attaquer" le client qu'on veut bien voir rembourser ce qu'il a emprunte!.
Mais cela vend moins de papier, donne moins de gros titres.
Mais cela devient ennuyeux a la longue.