Économie

Le mauvais état du monde

Temps de lecture : 2 min

Il n'y a pas que la crise de l'euro. Sur trois des grands thèmes du G20, la communauté internationale est en échec.

Un médecin prend la tension d'un patient à Los Angeles en 2007. REUTERS/Lucy Nicholson
Un médecin prend la tension d'un patient à Los Angeles en 2007. REUTERS/Lucy Nicholson

Alors que le G20 se réunit à Cannes, l’attention est monopolisée par la crise de l’euro. Mais sur les autres chapitres aussi, la situation mondiale n’est guère réjouissante. Sur trois des grands thèmes du G20, la communauté internationale est en échec.

La coopération entre les pays d’abord. L’unité de 2008 après la chute de Lehman Brothers est bien loin.

Les égoïsmes de la politique intérieure ont, partout, repris le dessus. La Grèce qui décide dans son coin d’un référendum. L’Amérique qui se perd dans des batailles préélectorales et qui mène une politique monétaire uniquement centrée sur son économie et le dollar. La Chine qui continue de maintenir son yuan trop bas, malgré les appels des Américains et des Européens.

Heureusement, on ne voit pas encore s’élever des barrières douanières, mais l’esprit de coopération a disparu.

L’autre chapitre des difficultés concerne la politique économique.

L’une des causes de la crise a été la fracture du monde en deux: pays en excédents comme l’Allemagne et la Chine et pays en déficit et endettés comme la majorité des autres (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France).

Comme les uns doivent serrer leurs budgets pour rembourser leurs dettes, on attend des autres qu’ils compensent en augmentant chez eux la consommation. Aujourd’hui, c’est aux ménages allemands et chinois de soutenir la croissance. Or ce n’est pas le cas.

La Chine ne consomme pas plus qu’avant. L’Allemagne tient toujours ses salaires bien serrés. Du coup, l’économie mondiale n’a plus de moteur et pique du nez dangereusement.

Les derniers indices sont un peu rassurants aux Etats-Unis. Un «double dip» («double creux») semble écarté. Mais on aura une récession au Japon, en Espagne, en Italie et il n’est pas dit que la zone euro dans son ensemble y échappe, si elle ne trouve pas vite une issue à la crise des dettes souveraines.

L’autre dossier en échec: la volatilité des prix des matières premières et plus largement le rôle de la finance.

Le G20 a bien peu de résultats sur ce terrain. La finance continue de danser, les bonus restent à discrétion, les paradis fiscaux restent accueillants, la régulation reste a minima.

Chacun défend ses banques et du coup personne n’ose imposer des règles et des interdits aux financiers. La volatilité est même renforcée par la généralisation du speed trading par ordinateur.

Résumons: anémie économique, exubérance de la finance et énormité des risques. Voilà le monde de Cannes.

Eric Le Boucher

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