Chasse aux homos en Afrique
Dans de nombreux pays d'Afrique noire, la population considère que l'homosexualité vient d'occident.
- -
Neuf Sénégalais condamnés en janvier à huit ans de prison pour homosexualité ont été remis en liberté le 20 avril. Un tribunal de Dakar les avait condamnés au début de l'année pour «acte impudique et contre-nature et association de malfaiteurs». Le procureur n'avait requis que cinq ans de prison. Le tribunal avait été au-delà de son réquisitoire. Alors même que la loi sénégalaise est particulièrement sévère: l'homosexualité est interdite. Le jugement avait choqué les organisations de défense des droits de l'homme et des gouvernements occidentaux. Rama Yade était intervenue pour protester contre cette décision de justice.
Il n'en faut pas plus pour qu'aujourd'hui, une grande partie de l'opinion sénégalaise voie la «main de la France» dans cette décision de libérer les homosexuels. Une ONG islamique, Jamra s'est fortement émue de cette libération qu'elle assimile à la «victoire du mensonge et de l'hypocrisie». Jamra estime que «les homos partouzards ont nargué la justice avec le soutien de bras longs sans visage».
«Beaucoup de Sénégalais restent persuadés que les homos bénéficient de hautes protections, rapporte Dakar Soir, et les déclarations de Rama Yade appelant au respect de l'orientation sexuelle en ont choqué plus d'un qui voit dans cet acquittement une ingérence intolérable dans les affaires intérieures sénégalaises».
Le quotidien rappelle que de «véritables chasses aux goorjigen» (terme péjoratif qui signifie littéralement «homme-femme» en langue wolof) ont eu lieu récemment à Dakar. Les neuf homosexuels arrêtés «ont échappé de peu au lynchage» lors de leur interpellation. Des passants ont arraché leurs vêtements. «La grande majorité de la population n'accepte pas que des Sénégalais affichent leur homosexualité, comme s'ils étaient à New York ou à Paris», nous a déclaré l'écrivain dakarois Barka Ba. Depuis leur libération, les «neuf» se cachent ou ont pris le chemin de l'exil. A l'image de Pape Mbaye, réfugié aux Etats-Unis, avec le concours d'associations homosexuelles.
Peu de médias locaux défendent les homosexuels. Sur le site Xalima.com, dans un article intitulé «Dépénalisation de l'homosexualité au Sénégal, de qui se moque Sarkozy?», un éditorialiste affirme: «Sarkozy, foulant aux pieds nos valeurs traditionnelles et religieuses, faisant son show lamentablement, a fait appel aux Droits de l'homme, ce fourre-tout qui justifie souvent le tout et son contraire.» Il ajoute «Prenez au sérieux ce problème! De l'autre côté, ils ne sont pas en train de jouer. Ils planifient toujours leur forfait avec dextérité. Nous en appelons à la conscience de tous...afin de barrer la route à la propagation de l'homosexualité».
A Dakar, des télévisions, des radios et des journaux multiplient les déclarations d'une grande violence. Des imams ont créé, après la libération des «neuf», un tribunal de protection des bonnes mœurs dénommé «Front islamique pour la défense des valeurs éthiques». Selon le Quotidien, sa mission principale sera ni plus ni moins «d'éradiquer l'homosexualité du Sénégal». Cheikh Ibrahima Niang, professeur d'anthropologie sociale à l'université de Dakar et auteur d'études sur les homosexuels s'inquiète de ce phénomène: «Il y a toujours eu des courants homophobes dans la société sénégalaise, mais ils deviennent de plus en plus forts».
En août 2008, un Belge et un Sénégalais accusés de «mariage homosexuel et actes contre-nature» avaient été condamnés à Dakar à deux ans de prison ferme. A quelques jours d'intervalles, la tombe d'un homosexuel avait été profanée par des villageois. Et en novembre 2009, «des gens ont pris le corps d'un ami à la mosquée et l'ont déposé sur la route parce qu'ils ne voulaient pas que cet homosexuel soit enterré au cimetière» rapporte sous couvert d'anonymat un Sénégalais interviewé par l'AFP.
Ces persécutions n'ont pas seulement cours dans les pays africains où l'Islam domine. Le Burundi a adopté le 22 avril une nouvelle législation qui interdit l'homosexualité.
Le Cameroun a connu en 2007, une hystérie anti-homosexuels. Des quotidiens titres locaux ont publié des listes de «déviants cachés», une partie des médias affirmant «qu'il fallait être homosexuel pour accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat». L'idée s'est alors répandue qu'il existait une sorte de société secrète très puissante mêlant homosexuels et francs-maçons. En Gambie, le Président Yahia Jammeh avait adressé un ultimatum aux gays en mai 2008. Ils avaient 24 heures pour quitter le pays. S'ils n'obtempéraient pas, il menaçait de leur...«couper la tête».
Robert Mugabe, le Président zimbabwéen multiplie, lui aussi, les déclarations homophobes. Pourquoi tant de haine? Selon le mensuel Continental, «Dans de nombreux pays d'Afrique noire, une grande partie de la population continue d'affirmer que l'homosexualité vient d'Occident. Et pour l'immense majorité - qui est bien entendu violemment homophobe - l'homosexualité est une inclinaison contraire aux traditions africaines. D'où la résurgence du vieux mythe selon lequel l'homosexualité aurait été introduite en Afrique par les Occidentaux. Or ces affirmations sont mensongères». Dans les sociétés traditionnelles africaines, les pratiques homosexuelles étaient acceptées, notamment chez les Ibos au Nigeria.
Certains pays leur accordent davantage de droits. En Afrique du Sud, la Constitution garantit leur liberté sexuelle. Mais il n'en reste pas moins que dans la vie de tous les jours, ils courent de grands risques dès lors qu'ils quittent les milieux «progressistes» du Cap ou de Johannesburg. Dans les townships, ils sont des «cibles» très prisées par les violeurs. Certains habitants affirment qu'ils sont dans leur bon droit en les «punissant pour leurs pratiques déviantes» et la police ne fait pas preuve d'un grand zèle pour traquer les auteurs de ces crimes. Des lesbiennes ont même récemment été tuées à coups de briques et de clubs de golf.
Pourtant, il existe une lueur d'espoir. Des intellectuels africains osent rompre l'omerta et prendre la défense des «homos». A Dakar, au moment de la libération des «neuf homosexuels», le sociologue Cheikh Niang a fait sensation en prenant publiquement leur défense dans le quotidien L'observateur. Mais il a choisi ses mots avec une prudence extrême afin de ne pas se mettre l'opinion à dos. A la question «Vous voulez dire que nous avons besoin des homosexuels?», il a répondu: «Vous avez besoin des microbes. Vous avez besoin des maladies. Vous avez besoin d'être confrontés à ce qui est différent de vous. Votre société a besoin de cela pour exister. En ce sens, nous avons besoin d'eux.» On a déjà vu des soutiens plus marqués.
Avant que des homosexuels puissent s'afficher librement sur le continent noir, la route sera, sans doute, encore longue. Très longue.
Pierre Malet
Mis à jour le 30/04/2009 à 16h36










































Mais oui, l'homme africain n'a pas encore pris totalement en main son histoire et son destin! Merci Mr Malet pour ce bref aperçu sur l'homophobie en Afrique. Ségolène n'a apparemment pas eu le temps pour demander pardon aux homos africains pour le traitement qu'on leur réserve !!
Durban II est passé mais n'a quasiment pas pris en compte ce problème.
Ci-après quelques compléments à votre article. Article dans lequel vous ne soulignez pas assez aussi le reproche couramment fait aux homos d'Afrique de répandre " tel le mauvais grain" le virus du Sida.
- Le Burundi n'est pas en reste: L'amendement criminalisant l'homosexualité prévoit que quiconque entretient des relations sexuelles avec une personne de même sexe est passible d'une peine de trois mois à deux ans de prison .
- La nouvelle déclaration du ministre ougandais de «l'Éthique» prouve qu'il n'a pas l'intention de taire sa haine envers les homosexuels. Il a indiqué avoir discuté jeudi avec l'ambassadeur des Nations Unies en Ouganda pour lui rappeler que l'homosexualité était “contre-nature, anormale, illégale, dangereuse et sale”. Et d'ajouter: “Si nous acceptons que les homosexuels soient une minorité, alors les voleurs vont venir nous voir en disant: nous sommes aussi une minorité”.
- Les leaders religieux (toutes religions) éthiopiens ont demandé une interdiction constitutionnelle de l'homosexualité; déjà passible de 5 ans de prison.
39 pays africains, 69 pays en tout dans le monde ont déclaré ou maintiennent l'homosexualité comme illégale.
25% des britaniques soutiendraient aujourd'hui une loi pénalisant l'homosexualité! Mais oui, il paraît que nous sommes en 2009 !
N'y-a-t-il pas dans tout cela une autre raison d'avoir honte du genre humain ?
Mais bon, les homos d'Occident souffrent encore dramatiquement, alors d'ici à ce qu'on se préoccupe du sort des homos d'Afrique...
Cordialement,
"Le Cameroun a connu en 2007, une hystérie anti-homosexuels. Des quotidiens locaux ont publié des listes de «déviants cachés», une partie des médias affirmant «qu'il fallait être homosexuel pour accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat»."
En réalité, ce sont des hebdomadaires au tirage très limité qui ont publié les listes. Les quotidiens les ont évidemment commentés mais la majorité d'entre eux étaient plutôt mesurés. L'un d'entre eux a même publié des tribunes plutôt favorables à la cause des homosexuels.
En effet, ce sont plutôt les hebdomadaires qui se sont livrés à ce type de surenchère. Leur tirage est limité. Mais avec le bouche à oreille, le contenu des listes a rapidement été porté -très largement- sur la place publique.
La petite lueur d'espoir dont vous parliez dans votre article est vraiment toute, toute petite, vraiment petite... Tenez, lisez c'est tout frais et édifiant!
Des chefs religieux musulmans sénégalais ont annoncé mercredi à Dakar la création d'un “Front islamique pour la défense des valeurs éthiques”, en réaction à la libération de 9 Sénégalais emprisonnés pour homosexualité, “une attaque contre l'islam” selon eux.
Au sortir d'une grande mosquée de la capitale, le directeur de l'ONG islamique Jamra, Bamar Gueye, a lu devant quelque 150 personnes une déclaration intitulée “riposte et engagement”, au sujet de “l'affaire des homosexuels de Mbao”. Le texte affirme que des “lobbies tapis dans l'ombre ont ourdi une conspiration dangereuse contre les valeurs religieuses” dans le but d'obtenir la légalisation de l'homosexualité.
La déclaration assure que “plus de 20 associations islamiques et chefs religieux” ont participé mercredi à la journée convoquée par la Ligue des Oulémas de l'Islam au Sénégal, avant de créer leur nouveau Front “qui sera une structure permanente de sentinelle”.
Dans le texte, avait été glissée une affirmation selon laquelle le prophète a dit “si vous trouvez les gens en train de pratiquer les pratiques du peuple de Loth, tuez-les”. “Ces paroles d'Allah et Hadiths du prophète nous obligent à réagir contre toutes attaques de l'Islam d'où qu'elles viennent”, ajoute le document. Aussitôt après, l'imam Mamadou Lamine Diop de Guédiawaye a publiquement souhaité la mort des homosexuels: “Ce sont des gens qui méritent d'être mis au ban de la société quitte même à ce qu'ils rejoignent le silence des cimetières, qu'ils soient tout simplement éliminés de la vie”.
(http://www.tetu.com/actualites/international/senegal-les-islamistes-se-federent-contre-lhomosexualite-14556)
Cela ne s'arrange pas au Sénégal. Tant de haine et d'intolérance, cela dépasse l'entendement. Mais visiblement, la communauté internationale s'en fout royalement. Et pendant ce temps là, on pend les homos en Iran, en Irak, bientôt au Sénégal?
cordialement,
Ce qui est consternant c'est l'homophobie des religions. Pauvres croyants intolérants vous écoutez ceux qui manipulent les saintes écritures au gré de leur convenance quel sera votre étonnement lors du jugement dernier de finir dans les flammes de l'enfer.
un hétéro