François Hollande: Emprunter plus pour payer plus
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«Réveille-toi, J.M. Keynes, ils sont devenus fous». A vouloir éviter la crise des années 30, des gouvernants imprudents laissent filer leur déficit public à des niveaux rarement connus depuis un demi-siècle. Ainsi, le budget fédéral des Etats-Unis affichera, à la fin de l'année, un déséquilibre de plus de 12% du PIB. Il nous fallait au moins ça, nous dit-on, pour financer le plan d'apurement des banques et relancer, au bénéfice du monde entier, la première économie de la planète. Sans doute! Et j'ajoute que les excédents financiers des pays émergents comme la Chine viendront colmater la brèche avec peu de risques de flambée des taux d'intérêt sur les marchés des emprunts d'Etat.
Mais ce que l'économie dominante peut s'autoriser, la plupart des pays industrialisés feignent d'en avoir encore la «liberté». Alors, faute d'organiser une riposte concertée, ordonnée, ciblée à la crise, c'est celle-ci qui vient bouleverser les finances publiques des Etats impécunieux par une majoration des recettes et un alourdissement des dépenses.
La Grande-Bretagne jadis — c'est-à-dire il y a à peine un an — si fière de sa modernité retrouve les errements du «Old Labour», en laissant filer le déficit budgétaire à près de 13%, sans que la récession ne s'en trouve atténuée. Au contraire, il va représenter plus de 4% du PIB. Et que dire de la France! Déjà classée, à juste raison, parmi les mauvais élèves de la zone euro pour l'état de ses comptes publics, la voilà qui transgresse allègrement toutes les menaces de sanction de la Commission européenne. Son déficit atteindra près de 7% du PIB en 2009 et plus de 8% en 2010 selon les estimations les plus récentes de l'OCDE.
Certes, le mouvement est général. Et autour de nous il y a sûrement pire. Puisque c'est désormais le critère du gouvernement pour s'exonérer de ses déconvenues budgétaires. Assurément, le monde affronte un choc provoqué par une insuffisance de la demande globale. Et il n'est donc pas illégitime de recourir aux politiques keynésiennes pour relancer l'activité et stimuler l'emploi. Et pourtant, ce laisser aller des finances publiques n'a que peu à voir avec les enseignements de l'auteur de la Théorie générale. Pour sortir de la crise de 1929, Keynes préconisait des grands travaux et justifiait l'augmentation de la dépense publique pour pallier la défaillance de la dépense privée. Il recommandait d'utiliser l'excédent d'épargne des ménages pour financer, temporairement, le découvert budgétaire dans l'attente d'un retour mécanique d'un supplément de croissance par l'effet d'un multiplicateur plus mathématiquement posé que statistiquement démontré.
Mais, dans le contexte d'aujourd'hui, rien de tel. Les déficits ici, en France, ne proviennent pas d'un programme exceptionnel d'investissement public ou d'un soutien immédiat à la consommation. Pas d'avantage d'allègements d'impôts pour libérer l'initiative privée. Il s'agit d'un assèchement des rentrées fiscales provoquées par la chute de la croissance et d'une réduction brutale de l'assiette des cotisations sociales compte tenu de la montée vertigineuse du chômage conjuguée à la stagnation des salaires. Les décisions clientélistes — par exemple sur la baisse de la TVA dans la restauration — sans véritable contrepartie en termes de prix et d'emplois, comme les improvisations hebdomadaires du chef de l'Etat sur tout sujet, alourdissent encore l'addition sans le moindre impact sur la conjoncture.
C'est le déficit subi. C'est la drogue du crédit. C'est la dette boule de neige. C'est le mistrigri de l'impasse budgétaire transmis non pas aux générations futures mais à l'élection suivante. C'est «courage creusons»! Du keynésianisme, cette non gestion camouflée en activisme, cette négligence travestie en pragmatisme. Cette impuissance maquillée en volontarisme? Non, tout simplement du laxisme, celui qui consiste à reporter les échéances, différer les choix et préserver les situations acquises. Celle des privilégiés.
Mais, tout à une fin. Et la sortie de crise sera aussi douloureuse que la crise elle-même. La fiscalité viendra tôt ou tard corriger ces dérives, couvrir ces impasses, boucher ces trous. Celui de la Sécurité Sociale d'ailleurs ne sera pas le moins profond puisqu'aujourd'hui une partie des retraites et des dépenses d'assurance maladie sont payées par emprunt...
La question majeure, politiquement, devient donc de savoir une nouvelle fois qui paiera! Ce serait un comble que les victimes d'aujourd'hui soient les contribuables de demain.
François Hollande
Mis à jour le 30/04/2009 à 14h54










































Vous dites que ce serait un comble que les victimes d'aujourd'hui soient les contribuables de demain. Mais un comble pour qui? Ceux qui ont bénéficié de la croissance des trentes glorieuses sont également ceux qui ont permis la montée en puissance de la sphère financière pour financer leurs retraites, qui bénéficient aujourd'hui des emprunts d'Etat pour les dépenses d'assurance maladies, qui siègent encore dans de nombreux centres de pouvoir, et qui votent majoritairement à droite. Ceux-là se fichent pas mal que les victimes d'aujourd'hui deviennent les contribuables de demain car demain ils ne seront plus là.
et donc on fait quoi pour réduire ses déficits ?
on alourdit la pression fiscale dans le pire des "enfers fiscaux" du monde (ce qui reviendrait à tuer l'initiative privée, chose que Sir John Mayard Keynes n'aurait pas pu cautionné.) ou on dégraisse le mamouth (ce que tente de faire Mr. Sarkozy, au grand dam de la gauche) ?
heureusement que l'inflation va sauver des politiques trop économiquement incapables.
D'accord avec vous, François Hollande, les gouvernements sont devenus fous ! Ils arrosent de liquidités une crise provoquée largement par leur excès, précisément. On arrose l'incendie avec des canons à huile... Et si le résultat n'est pas le retour de la croissance, c'est que la méthode n'est pas bonne.
Les Etats n'auront plus qu'une solution pour (éviter de) rembourser : faire dégringoler le cours de leurs monnaies. Britanniques et Américains y sont déjà engagés - en faisant racheter leurs bons du Trésor par leurs Banques centrales. Les Chinois, qui l'ont bien compris, s'en inquiètent et demandent l'abandon du dollar.
Mais chez nous, en zone euro, les choses risquent de se passer plus mal : les Allemands, les Néerlandais et d'autres ne veulent pas de l'inflation. Le "club Med" -dont la France) ne peut pas s'en passer - sauf à augmenter de manière faramineuse les impôts, tout en licenciant des dizaines de milliers de fonctionnaires... D'où les risques qui pèsent à présent sur l'Eurozone.
Je vais trop loin ?
Cet article alerte logiquement sur les dérives des finances publiques (et sociales). Les solutions ne sont pas multiples et sont de quatre niveaux :
1) en matière de finances publiques, il faut "bétonner" les recettes et donc la proposition du PS de baisser de deux points la TVA (mesure qui ne produirait aucun avantage aux consommateurs comme on l'observera avec la baisse de la TVA pour les HCR) est une absurdité complète. La baisse de la TVA organisée par Jospin- Strauss Khan (pour donner du pouvoir d'achat "crédulaient-ils") a contribué à augmenter de 15 % la dette publique cumulée sans aucun résultat tangible pour les petits consommateurs. Comme le suggèrent déjà certains politques de droite, il faudra aussi en passer par une révision des taux de l'IRPP.
2) en matière de dépenses publiques, nous ne pouvons plus supporter le poids social des statuts de fonctionnaires (un salaire moyen d'activité qui excède les salaires privés et un coût post activité délirant au regard de l'absence de couverture financière ; l'Etat ne verse en cotisations sociales que 14 % des dépenses annuelles de retraite des fonctionnaires !!!) et il est temps de convertir ces emplois en contrats de droit privés comme l'a fait le Danemark en passant de 3 millions de fonctionnaires à 300 000 et cela sans baisse de qualité de service car des administrations comme la Sécurité sociale, Pôle emploi, retraites complémentaires ont déjà cette forme "statutaire interprofessionnelle".
3) Dépenses sociales : les économies sont à faire dans le champ maladie avec d'autres côuts de distribution du médicament (~50 % du montant remboursé), la réhabilitation de la Dotation globale de financement des hôpitaux qui seule permet de maîtriser les enveloppes budgétaires et qui serait alors assises sur l'activité analytique T2a, le réemploi des lettres clé flottantes, la baisse des cotations d'analyses bioogiques et de radiologie, l'incitation aux déplacements avec les véhicules familiaux dont les remboursements de ces frais non médicaux (l'équivalent de tous les honoraires de spécialistes !!!) seraient moindres que les services Taxi, VSL ou ambulances mal utilisées.
Il faut réfléchir à un élargissement de la prise en charge des soins par l'assurance maladie au détriment de la prévoyance complémentaire (le régime local alsace moselle -taux de remboursement de 90 %- est excédentaire avec un bas taux de cotisations complémentaires pour quelles raisons ?)
Il faut revoir les prestations familiales et développer le critère de conditions de ressources ; le chèque alimentaire doit succéder à l'oeuvre caritative des restos du coeur. La gestion du régime Arrco qui est coûteux (4 % des prestations) et redondant avec le réseau de la CNAV doit être confiée à ce régime de base tout en maintenant son conseil d'administration.
4) Recettes sociales : la baisse des cotisations employeurs est une nécessité en développant un prélèvement social exigible lors de la libération de la production ou des biens ; une hausse d'un point de la C3S qui serait alors facturée en fin de cycle de production ou vente et versée mensuellement à l'Urssaf permettrait d'abaisser de plus de 7à 8 points les cotisations sociales employeur.
M Hollande mettez pour une fois votre audience nationale au service de vraies solutions aux déficits. Ne restez pas dans votre registre habituel de dénonciation des crises sans apporter de réponses crédibles.
http://henrinayrou.com/WordPress/?p=127
M.Hollande prônant plus d'emprunt!
"Et, aujourd'hui, nous demandons le lancement d'un grand emprunt européen ... Nous devons le faire. Leur dire qu'il n'y a pas de danger pour leurs dépôts"
encore un:
http://www.lesechos.fr/info/france/300288791-hollande-dit-merci-et-a-demain-a-ses-militants-qui-l-ovationnent.htm
"et la création d'un grand emprunt pour financer les PME, le logement et les investissements"
sans vouloir vexer l'Europe c'est aussi la France. transférer la dette de la France à l'Europe est pas crédible .....
les systèmes sociaux, économique sont ils pas différent?
on peut citer dominique stroskan et son 'inondons la maison' ...
pourquoi ne prenez vous pas l'exemple irlandais ou islandais voire anglais ?
sur endettement ==> hausse des impôt pendant la crise ce qui arrange pas les chose !
Bon, Mr Hollande, encore une fois, j'ai lu avec intérêt votre chronique. Encore une fois, je n'y ai vu qu'une critique généralisée de ce qui se passe, une plaidoirie non voilée anti-sarko, une diatribe anti-banque, anti-droite, anti-ceux-qui-ne-pensent-pas-comme-moi, bref plus qu'une critique, la profession de foi que si vous étiez aux commandes, vous feriez mieux que ceux qui y furent ( les socialistes, les mitterandiens, les Chiraquiens, les Jospiniens...) ou qui y sont actuellement. Mais rien de véritablement concret. Soit !
Alors, je vous lance un défi, faites-moi rêver. Concoctez-nous pour la semaine prochaine une liste de réelles propositions concrètes, réalistes et sensées pour sortir de la crise.
Pas un papier sur les méfaits supposées et les errements de Sarko et cie; non, juste un papier où il n'y aurait pas un mot sur ce qui vous fait mal à droite, pas un mot sur ce qui ne vous plait pas dans les politiques actuelles... Non, juste, un papier simple et concis qui commencerait par ces mots:
" Moi François Hollande, voici mes 10 propositions concrètes pour faire avancer la France..." Alors, chiche ?
En attendant...on peut toujours rêver.
A vous lire,
Peut-on se permettre d’alourdir encore la dette en menant une vraie politique de relance par l’investissement public ou le soutien à la consommation ? Relancer l’économie est un des grands axes de la campagne du PSE, et est repris dans le texte d’orientation français « Donner une nouvelle direction à l’europe ». Vous y prônez un « vrai plan de relance de l’activité » notamment par des grands travaux d’équipements collectifs et le développement de l’économie verte. Vous êtes donc favorables à une stratégie qui passe par un creusement du déficit.
Je crois comme vous que face au creusement de la dette, l’augmentation des impôts des plus riches est la seule solution possible afin d’éviter que les victimes d’aujourd’hui soient les contribuables de demain. Mais alors cet aspect doit également être présent dans votre campagne européenne : comment envisager tant dépenses futures sans prévoir à l’inverse des ressources fiscales ? Bien sur la France emprunte de plus en plus et la question majeure est de savoir qui paiera. Mais les socialistes européens n’ont-ils pas justement le devoir d’apporter une réponse claire à cette question ?
Face à la crise et à la dette qu’elle provoque, la gauche doit être capable d’expliquer clairement comment elle s’attaquerait au déficit. Cela s’applique quotidiennement à l’échelle nationale, et plus encore au niveau européen à l’approche de cette échéance électorale. Critiquer, c’est bien, proposer des réponses, c’est mieux !!