Israël: les anciens prisonniers libérés ont-ils récidivé?
Les prisonniers palestiniens libérés en échange de Gilad Shalit vont-ils commettre à nouveaux des attentats et tuer des Israéliens? La question hante l'opinion publique israélienne. D'autant plus que dans le passé, les cas de récidive ont été nombreux.
- Un ancien prisonnier palestinien accueilli par un membre du Hamas dans la bande de Gaza, le 18 octobre 2011. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa -
La libération de prisonniers palestiniens, qui a eu lieu le 18 octobre 2011, n’est évidemment pas une première. Saluée un peu partout dans le monde comme apportant une dose d'humanité voire d'espoir dans le conflit israélo-palestinien, elle n’allait pourtant pas de soi.
Les adversaires de l’accord d’échange du jeune caporal franco-israélien Gilad Shalit contre 1.000 prisonniers palestiniens —en plusieurs phases— n'ont cessé en Israël de mettre en avant des arguments sécuritaires craignant que les terroristes libérés ne commettent à nouveau des attentats. Les plus pugnaces, tels le rabbin Dov Lior, figure majeure du courant sioniste-religieux nationaliste, ou Shmuel Eliahu, grand rabbin de Safed, se fondent même abusivement sur des arguments religieux (1) pour exprimer leur réprobation.
D’autres Premiers ministres israéliens ont bien par le passé signé l’élargissement de prisonniers palestiniens. Entre juillet et novembre 2007, juste avant les discussions d’Ananapolis, Olmert a ainsi fait reconduire près de 800 Palestiniens en Cisjordanie ou à Gaza. Près de 200 Palestiniens ont été libérés l’année suivante pour renforcer la position d’Abbas au sein de l’Autorité palestinienne.
Ces décisions avaient alors provoqué de vives critiques au sein du gouvernement ainsi que des organisations des victimes du terrorisme, sur le risque potentiel de récidive des anciens prisonniers. L’ancien chroniqueur conservateur du quotidien de centre gauche Haaretz Nadav Shragai estimait à l’époque «qu’en relâchant des terroristes, de nouvelles victimes en paieront le prix». Selon son analyse, la libération de prisonniers avec «du sang sur les mains » devait être évitée compte tenu du facteur de récidive.
Le risque de récidive existe-t-il vraiment?
Oui. Le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Tsahi Hanegbi, du parti Kadima, avait chiffré les conséquences de la libération anticipée de détenus. Entre le 29 janvier 2004 et le 17 avril 2007, 35 Israéliens étaient morts sous les coups de détenus libérés. L’association Almagor, qui représente les victimes du terrorisme, évalue à 30 le nombre d’attaques perpétrées depuis l’an 2000 (177 tués) par des anciens prisonniers palestiniens.
Le site Imra (Independent Media Review and Analysis) précise que depuis l’année 1985, Israël a libéré plus de 10.000 Palestiniens incarcérés pour actions terroristes. Entre 1993 et 1999, 6.912 Palestiniens avaient recouvré la liberté et 854 d’entre eux, soit 12,4%, ont choisi de prendre part activement à des attentats ou des attaques.
Cette proportion de «récidivistes» correspond aux estimations de responsables sécuritaires israéliens. Ces activistes les plus jeunes, les plus irréductibles, continuent à porter les armes contre Israël.
C’est par exemple le cas de Samir Kuntar, Libanais d'origine palestinienne et militant du FLP (Front de libération de la Palestine), condamné pour le meurtre d’un père et de sa fillette de 4 ans en 1980, puis relâché en juillet 2008. Son arrestation avait entraîné la mort d’un policier israélien. Il avait suivi en prison les cours de l’Université de Tel-Aviv en sciences humaines et sociales.
50% renoncent à l'activisme
A sa libération, il avait repris immédiatement du service auprès du Hezbollah, ce que les services de sécurité israéliens ne lui ont pas pardonné. Ils sont particulièrement intransigeants vis-à-vis des anciens prisonniers. Ils acceptent d’absoudre leurs crimes à condition qu’ils renoncent à toute action terroriste contre Israël. Dans le cas contraire, ils deviennent avec leurs familles une cible potentielle et leurs maisons sont détruites. Le 31 juillet 2011, Samir Kuntar a ainsi échappé à la mort mais a été blessé dans une explosion à Beyrouth, à proximité du quartier général du Hezbollah.
Selon les chiffres des services de sécurité israéliens, 50% des prisonniers libérés renoncent totalement à militer et sortent du circuit de l’activisme pour reprendre une vie civile normale ou choisissent l’exil. Les prisonniers âgés, les retraités de la cause palestinienne, ont passé tellement d’années enfermés —à la fin de l’année 2007, 232 Palestiniens avaient passé plus de quinze ans dans les prisons israéliennes; dont 73 plus de vingt ans— qu’ils aspirent à une autre vie. Ils ont choisi de mener une vie paisible pour rattraper les années d’enfermement durant lesquelles ils ont vécu aux côtés des Israéliens, ont appris leur langue et souvent ont poursuivi des études supérieures.
38% reprennent du service dans les milices ou les organisations sécuritaires palestiniennes, par intérêt financier, pour toucher un salaire de subsistance, plutôt que par idéal militant. Les anciens prisonniers gardent en effet le droit de militer pacifiquement dans les organisations politiques ou d’être incorporés dans les services de sécurité légaux palestiniens.
Ainsi, parmi les libérés de la vague de 2008, trois prisonniers, Hussam Khader, Saïd Al-Ataba (31 ans de prison) et Abu Ali Yatta (28 ans de prison), représentaient les élites du terrorisme palestinien. Hussam Khader avait été emprisonné pendant six ans et était président du Comité pour la défense des droits des réfugiés palestiniens. La prison ne l’avait pas radicalisé:
«Nous devons profiter de l'expérience, des leçons du premier redéploiement israélien après la signature des accords d'Oslo ainsi que de la mauvaise administration, de l'anarchie et de la corruption qui l'ont suivi, où ont disparu toutes les promesses qui voulaient transformer les régions desquelles l'armée israélienne se retirait en nouvelle Singapour. Nous n'avons pas su mettre le retrait au service de notre peuple palestinien, mais il a été mis au service d'une petite minorité qui a obtenu des privilèges.»
Il était ainsi devenu une voix critique au sein du Fatah. Abu Ali Yatta a repris sa place au sein du comité central du Fatah en prenant la charge de la défense des droits des prisonniers en Israël.
Aujourd’hui, la disproportion de l’échange de Gilad Shalit relance le débat. Israël s’était déjà interrogé sur la pertinence du modus operandi pour régler les prises d’otages face au dogme de ne jamais abandonner ses soldats, même les dépouilles de ceux qui ont été tués.
De nombreuses voix s’élèvent pour la réactivation de la «directive Hannibal», édictée par Tsahal en 1986, révélée en 2003 par Haaretz. Cette directive avait pour objectif de tout mettre en œuvre militairement durant l’enlèvement d’un soldat pour empêcher que celui-ci ne tombe entre les mains ennemies, y compris en tirant sur les ravisseurs au risque de tuer le soldat. Certains responsables souhaiteraient réappliquer cette directive, abrogée en 2002 devant le malaise qu’elle suscitait auprès des troupes.
Quant à la droite dure, minoritaire en Israël, elle milite tout simplement pour introduire la peine de mort pour les terroristes ou les éliminer durant leur arrestation afin de vider les échanges de toute substance et de dissuader de nouveaux ravisseurs potentiels.
Jacques Benillouche
(1) Ils occultaient un commandement de
la Torah, le
rachat des prisonniers, qui s’insère dans les fondements
théologiques du
judaïsme. Abraham a risqué sa vie pour libérer son frère Loth: «Dès que celui-ci apprit la
capture de son
frère, il mit sur pied trois cent dix-huit de ses vassaux,
liés de naissance à
sa maison. Il mena la poursuite jusqu’à Dan…» Le roi
David, aidé de ses
proches, a libéré les captifs qui se trouvaient entre les mains
du roi d’Arad.
Un texte talmudique précise également: «Si l’on ne se dépêche pas d’assurer la délivrance
d’un prisonnier, on
est considéré comme ayant versé son sang.» Retour à l'article
Mis à jour le 28/10/2011 à 7h10

















































Aussi, il nous apprend que : « que depuis l’année 1985, Israël a libéré plus de 10.000 Palestiniens incarcérés pour actions terroristes. » Vraiment ?
Le Petit Robert définit ainsi le terrorisme : « Emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique ». Je ne doute pas que parmi les prisonniers d’Israël figurent des hommes et des femmes qui ont été incarcérés pour des « actions terroristes ». Mais pas tous. Nombreux sont ceux qui ont été incarcérés à titre préventif même si leurs sympathies pour les mouvements ouvertement terroristes était manifeste. Sauf si l’on considère, pour certains parmi eux, que lancer des pierres contre des blindés israéliens compte comme « action terroriste »
A un moment critique, et encourageant, du processus de paix au Moyen Orient il est important de pouvoir distinguer entre militantisme et terrorisme.
Des années et des années de conflit risquent trop facilement à confondre, même aux yeux de journalistes avertis, la différence entre les deux.
C’est en critiquant l’usage de ces mots que vous compliquez encore plus le débat comme un véritable talmudiste qui décortique chaque expression du livre sacré. Vous n’apportez rien au débat mais vous jetez de l’huile sur le feu. Il y a peu de doute sur le qualificatif de ceux qui ont été libérés.
Je ne vais pas vous citer le palmarès des 477 personnes libérées mais, à titre d’exemple, comment voulez-vous qualifier :
Ayad Musa Salem Abayat qui a tué des soldats de Tsahal en 2003, Kamal Abd al-Rahrnan Arif Awd qui a tenté de faire exploser une bombe à Netanya près de Tel-Aviv en 2001,
Ashraf Khalid Husain Hanani qui fut arrêté en 2006 dans la vieille ville de Jérusalem alors qu'il portait une ceinture d'explosifs, etc.
Mohammad Zaqout, condamné à perpétuité pour le meurtre de deux civils israéliens
Abdelaziz Salha, emprisonné depuis 2001, condamné à perpétuité pour le lynchage de deux soldats israéliens égarés à Ramallah.
Ahlam al-Tamimi, première femme de la branche armée du Hamas, emprisonnée depuis 2001, a été condamnée pour un attentat dans une pizzeria de Jérusalem-Ouest, qui avait tué 15 israéliens le 9 août 2001.
Nasser Yateïma, emprisonné depuis 2002 pour avoir tué 29 israéliens qui priaient dans un hôtel de Netanya, près de Tel-Aviv, le soir de la Pâque juive.
Croyez-vous que les parents des victimes s’intéressent à votre sémantique qui ne leur rendra pas leurs morts et croyez-vous que le processus de paix avancera parce que vous aurez qualifié des prisonniers de résistants?
Merci de votre commentaire.
Il est évident que les personnes que vous citez sont des terroristes dans tous les sens du terme, et ils ne sont pas les seules. Mais l'ensemble des 10 000 prisonniers mentionnés dans votre article ne le sont pas. Un enfant qui jette un caillou à un blindé n’est pas un terroriste – surtout vu dans le contexte dans lequel cet acte a eu lieu.
L’Israël – et je ne le condamne pas de l’avoir fait – a arrêté à titre préventif des Palestiniens susceptibles d’apporter leur soutient aux activistes. Les Britanniques a fait pareil lors du conflit en Irlande du Nord. Parfois ces arrestations ont pu éviter des actes plus graves, parfois non.
Je réfute énergétiquement votre accusation d’avoir, en essayant de distinguer entre terroriste et militant, « jetez de l’huile sur le feu. » et je compte sur slate.fr pour me donner ce droit de réponse.
En quoi cette distinction serait une simple question « sémantique » ? Comme les Irlandais avant eux, beaucoup de Palestiniens contestent ces arrestations discutables. En cherchant à confondre les le sens des mots, et en réagissant ainsi, vous-même vous n’apportez rien au processus de paix. Ce qui me surprend.
C'est la raison pour laquelle tous les hommes de coeur, partout dans le monde, ont été à leurs côtés, et qu'ils ont été invincibles.
Ce sont de tels hommes qui ont manqué à la cause palestinienne.
Le dernier de ces terroristes - que certains appellent "Militants", "Combattants" ou encore "Activistes" - a opéré à Itamar, en mars 2011, en tuant à l'arme blanche 5 membres d'une même famille : les deux parents Oudi Fogel (37 ans, égorgé), Ruth Fogel (36 ans, poignardée), Yoav (11 ans, égorgé), ElAd (4 ans, poignardé), Hadas (3 mois, égorgé dans son berceau).
Les Israëliens font la distinction entre les terroristes qui ont du sang sur les mains et les militants qui n'en ont pas, avec plus de discernement que beaucoup de partisans de la cause palestinienne.
Pourtant, en effet, il ne faut pas les confondre.
Lors du conflit Sud Africain et l’apartheid j’étais comme beaucoup du côté de Mandela. Mais je reste convaincu qu’il fallait autant de courage de la part de De Klerk qu’il n’en fallait à Mandela pour faire face à son propre camp et faire la paix.
Natanyahou serait-il le De Klerk israélien ? Je le doute mais je l’espère vivement. Ces récentes décisions concernant la libération des prisonniers sont encourageantes.
Il est important en ce moment de se rendre compte que, comme dans tout conflit de ce genre, chaque camp ne voit que ses propres malheurs. Raison de plus pour que chacun entre nous autres observateurs fasse attention aux griefs des deux côtés.
Ce qu’habituellement vous faites.
Cordialement
D’un côté, le classique et toujours fiable "divide et impera". En conférant une victoire à un Hamas qui a la courtoisie d’être un club de barbus infréquentables (même lorsqu’ils respectent les règles du jeu démocratique – cf. législatives de janvier 2006), les Israéliens s’efforcent de botter en touche les présentes et futures initiatives politiques ou de relations publiques de l’Autorité Palestinienne, et sensiblement leur dernier coup de poker aux Nations Unies.
De l’autre, les Israéliens n’ayant plus de revendications territoriales à Gaza, ni de colons à protéger, l’unique inquiétude est de prévenir les attaques en provenance de ce turbulent petit bantoustan. Ils savent – bien que cela ne se dise pas – qu’ils peuvent négocier un modus vivendi avec un Hamas géographiquement limité, et simultanément utiliser ses excès verbaux ou de violences pour justifier de ce confortable statu quo sur le reste des territoires qui leur a si bien réussi. Quelques folkloriques négociations ça-et-là sous le bienveillant patronage du caudataire américain, et surtout une continuation de la colonisation/annexion de territoires supposément au cœur des futures négociations pour l’établissement d’un non moins futur Etat Palestinien (rire).
A titre (presque) anecdotique : 27 septembre : annonce d’un plan pour 2600 nouvelles constructions dans Jérusalem Est…
Bref, cette kermesse levantine s’apprécie mieux si l’on ne papillonne pas trop près des lampions et autres feux follets rhétoriques. Hélas! Souvent Slate a ses raisons que la raison ignore.
Mais par moment, quand on souhaite vraiment la paix, il y a des vérités qu'il vaudrait mieux ne pas dire de trop. Avec ce conflit, comme en Afrique du Sud lors de l'apartheid et en Irlande du Nord aucun protagoniste a du mal à trouver de vraies raisons pour crier à l’injustice et même au meutre. Aussi, dans son article et notamment dans sa réponse à mon commentaire, Jacques Benillouche peut lister les noms des victimes et de leurs agresseurs, tout en condamnant comme « terroristes » l’ensemble des prisonniers palestiniens.
A quoi bon ?
L’Association France Palestine, dont je suis membre, a des livres entiers d’injustices commises par les Israéliens contre le peuple Palestine. Est-ce le moment de les mettre en évidence ? Il y a en ce moment une toute petite possibilité d’un accord entre les protagonistes. Laissons-les travailler. S’il vous n’en êtes pas convaincu, étudiez dans le détail les évènements qui ont amené à la fin de l’apartheid et la fin des troubles en Irlande du Nord. Tout le monde avait raison et tout le monde avait tort. Et personne n’était blanc comme neige. Patience !
Car il y a des Juifs en Palestine depuis toujours, et des Chrétiens depuis 2000 ans, c'est à dire bien des siècles avant la conquête arabo-musulmane... A moins que l'arc de Triomphe de Titus à Rome, célébrant sa victoire sur les Juifs au premier siècle de notre ère, soit un un faux construit à l'instigation du Mossad et de la CIA. Bien entendu, les progroms en Europe et le second conflit mondial ont provoqué un très important afflux de population juive qui s'est ajoutée à celle restée en permanence sur son sol, et dont les droits nationaux, bafoués par les différentes vagues de colonisation, étaient restés imprescriptibles.
Les siècles ont passé brouillant toutes les frontières de la région, et surtout celles de pays qui n'ont jamais (ou pas encore) existé. Malheureusement, les problèmes territoriaux entre les peuples ont rarement été réglés par la seule négociation, et celui opposant Israëliens et Palestiniens ne fait pas exception. Sur ce sujet, le droit de l'un n'est pas plus évident que le droit de l'autre. On peut cependant regretter que les responsables arabes n'aient pas accepté le plan de partage de l'ONU en 1947 qui définissait des frontières approuvées alors par les Israëliens. On peut regretter qu'en agissant ainsi, ils aient - en fait - endossé la responsabilité de refuser la création de l'Etat palestinien ; et d'autre part qu'ils aient lancé contre le nouvel Etat d'Israël rétabli après des centaines d'années d'asservissement, une guerre de nettoyage ethnico-religieuse qui est la cause directe du déplacement de plusieurs centaines de milliers d'Arabes palestiniens.
Depuis très peu de temps, il semble que la légitimité de l'Etat d'Israël à exister soit admise par les responsables politiques arabes et par l'Autorité Palestinienne. C'est un fait récent. Les responsables israëliens restent d'autant plus sceptiques que l'Iran et des organisations arabes extrêmistes, tel le Hamas, proclament toujours que leur objectif est de liquider cet Etat. Il ne paraît pas raisonnable d'attendre des Israëliens qu'ils prennent cette menace de destruction massive à la légère...
Vous parlez de "Kermesse levantine" sur un mode de "feux follets rhétoriques". La rhétorique est un art que vous semblez affectionner puisque vous le maîtrisez plutôt bien... Gageons que la légèreté de votre ton (un brin méprisant) ne soit pas celle de votre réflexion sur un problème tragique que les forces de la paix, à l'oeuvre tant en Israël qu'en Palestine, résoudront un jour malgré les errements, les coups tordus, et les stratégies compliquées que les protagonistes déploient de manière vaine et parfois criminelles.
Nota : En fait, contrairement à ce que j'ai écrit un peu plus haut, Rabin et Sadate ont certainement été de la même trempe que Mandela, et nous les pleurons tous.
Vous citer les processus de paix et de réconciliation de l’Afrique du Sud et de l’Irlande du Nord comme exemple de réussite et vous avez raison. Toutefois, dans ces deux cas, l’acteur le plus fort avait réalisé son intérêt à une paix durable ou à la transformation d’un régime devenu impossible à maintenir, et avait travaillé à de réels compromis pour atteindre ce but. Si vous décelez cette volonté parmi les élites israéliennes, vous avez une meilleure vue que moi.
Vous estimez que tout accord mettant fin à des violences armées est bon à prendre – c’est une position très respectable. Il y a cependant un prix à payer pour ces accalmies en carton-pâte. Ces successions de cessez-le-feu en trompe-l’œil et de compromis temporaires participent de la stratégie du joueur le plus fort, lequel cherche à préserver un statu quo et à maîtriser la narration du conflit sur les scènes diplomatiques et médiatiques. Pour ce faire, Hamas est plus utile qu’Abu Rahmah, l'attente du Messie que le Messie lui-même.
Ce théâtre d’illusions réduit le capital confiance entre les protagonistes (aussi bien inter-palestiniens que dans leurs rapports avec les différents acteurs), exaspère les populations soumises à cette forme plus subtile et à certains égards plus odieuse de violence qu’est un régime d’occupation. A terme, ce jeu de dupes est gros de nouvelles violences.
Timeo danaos et dona ferentes
Les médias français ont, comme à leur habitude, décids de se taire ou de falsifier l'enchaînement des évènements, faisant des terroristes des "combattants" (cf site de LCI !) et, bien entendu, inversant la séquence de cette agression, laissant croire que c'est une intervention de Tsahal qui a déclenché la réaction des terroristes.
Gageons que Monsieur Hessel et ses amis y verront une occasion supplémentaire de déverser leur haine.
Il est malheureusement à craindre que votre très juste observation ne puisse toucher ceux pour qui l'Etat d'Israël est le seul responsable du conflit. Les tirs de roquettes ont-ils recommencé ?... D'abord, ce n'est pas si grave ; et puis sans doute est-ce pour rendre service à l'Etat d'Israël que le Hamas a repris ces actions.
Si l'Etat d'Israël voulait réellement la paix, il aurait le bon goût de ne pas riposter à ces aimables bombardements.
Quelle coïncidence!
« des siècles de colonialisme romain, byzantin, arabe, croisé, ottoman, britannique » ; « les droits nationaux, bafoués par les différentes vagues de colonisation, étaient restés imprescriptibles »…
Vous aimez les anachronismes. Je me demande quel peuple ajouteraient à cette liste les Cananéens ? Droits nationaux dans l’antiquité ? Comptez-vous traîner Nabuchodonosor à la Haye ? Moi qui croyais que le concept d’Etat-nation ne s’était établi sur ces rivages qu’après la chute de l’Empire ottoman, et que l’idée d’un droit des nations était plus jeune encore.
Vous dites que « le droit de l'un n'est pas plus évident que le droit de l'autre ». Si vous basez le droit sur la confrontation de mythographies, certes. Mais vous confondez droits et revendications.
Les rêveries d’une « nation » juive hibernant à travers les âges pour ensuite revenir dans sa « patrie naturelle », le mythe d’un jeune Etat juif sujet en 48 à une menace mortelle par de puissantes armées arabes, d’un Israël qui aurait manifesté sa volonté de paix dès la fin de la guerre, etc., tout ceci est bien joli, a participé avec succès à la construction d’une nouvelle identité nationale mais n’a qu’un rapport très lâche, ou pour le moins sélectif, avec la réalité.(Cf. le relatif consensus des historiens contemporains en la matière)
Et c’est bien là un des nœuds du problème, n’est-ce pas ? Le mépris de la réalité.
P.S. J’imagine que la légèreté de mon ton, comme vous dites, est à l’image de la désinvolture avec laquelle ce site (que j’aime beaucoup par ailleurs) couvre les questions relatives au conflit israélo-palestinien.
Il en a été ainsi des Arabes qui ont effectivement hiberné pendant quatre siècles sous occupation ottomane de 1517 à 1917 (période parfois appelée "la nuit ottomane"), et qui n'ont eu une conscience politique d'eux-mêmes qu'au début du 20° siècle, en même temps (ou même légèrement plus tard) que la revendication nationale juive. Leurs différentes consciences nationales ne se sont même véritablement cristallisées que progressivement puisqu'à cette époque le projet panarabe a rêvé notamment d'une "Grande Syrie" incluant la Syrie, la Jordanie, l'Irak, le Sinaï, une province turque, la Palestine ; ainsi que et le LIban actuel qui était encore sérieusement revendiqué, il y a tout juste cinq ans par les Assad. En effet, ce n'est que le 26 avril 2005, après de fortes pressions internationales et de l’opposition libanaise, que la Syrie renonça officiellement à son rève de Grande Syrie, et accepta les limites de ses frontières actuelles.
Au début du siècle dernier, cette conscience nationale était si peu définie qu'un Saoudien, Faysal ibn Hussein (fils de Hussein Ibn Ali, chérif de la Mecque en 1915) fut brièvement roi de Syrie en 1920 ; et roi d'Irak de 1921 à 1933 (son fils Ghazi, lui succéda sur le trône de 1933 à 1939)... Et, sous nos yeux, nous voyons encore certains Etats arabes, telle la Lybie, dont les populations se réclament de liens tribaux plus vivants et plus puissants qu'une véritable conscience nationale. Quant à la conscience nationale palestinienne, il n'est pas contestable qu'elle est née très tardivement en réaction au mouvement national juif, ce qui d'ailleurs n'enlève absolument rien à sa légitimité.
Les frontières de la région sont toutes d'un tracé récent, aucune n'est incontestable, et surtout pas celles qui n'existent pas encore.
Les peuples restent, et certains ne perdent pas la conscience d'eux-mêmes malgré les vagues de colonialisme, le passage du temps et la domination qu'ils ont subis ou qu'ils subissent encore. Certains, comme les les Kurdes revendiquent une indépendance nationale ; d'autres une reconnaissance culturelle : les Imazighen (Berbères). D'autres encore voudraient seulement vivre en sécurité dans le pays qui a toujours été le leur, tels les Coptes dont Champollion a étudié la langue liturgique car elle est le dernier vestige de celle que parlaient les Egyptiens de l'antiquité dont ils sont les descendants. Etc.
Le temps de l'Histoire est long... La fusion complète des peuples conquis lors de l'expansion de l'Islam n'a toujours pas eu lieu car les peuples demeurent. Et l'empire ottoman que l'on croyait définitivement effondré semble vouloir, sinon renaître, du moins retrouver son influence sous la férule de Recep Erdogan fascinant les foules arabes mais qui, n'en doutons pas, doit profondément irriter leurs dirigeants qui se voient ainsi concurrencés pour le leadership du monde arabo-musulman... De même qu'ils haïssent profondément l'Iran chiite, et ne se privent pas de le dire ("Il faut couper la tête du serpent" a déclaré, en citant le roi, l'ambassadeur saoudien à Washington, Adel al-Jubeir, à son homologue américain en Irak, Ryan Crocker, et au général américain David Petraeus). C'est avec effarement que nous voyons renaître les antiques rivalités entre Perses, Turcs et Arabes...
Et, c'est une réalité : il y a toujours eu des Juifs en Palestine qui n'ont jamais perdu l'espoir de redevenir un Etat, et qui l'ont revendiqué dès la fin du 19° siècle avec la même légitimité que celle des Arabes voulant jeter le joug ottoman, puis se débarrasser du colonialisme européen, pour enfin, enfin être libres et maîtres de leur destin. Mais la légitimité des uns n'exclut pas celle des autres. C'est pourquoi deux Etats devaient être créés : un Etat juif, et un Etat palestinien dont le tracé des frontières - contestable comme toutes celles de la région -, a été proposé par l'ONU en 1947, accepté par Israël, refusé par les responsables arabes de l'époque.
Il n'y a rien là de mythographique, ni aucun refus de la réalité. Il y a, au contraire me semble-t-il, la prise en compte de la réalité des mouvements longs de l'Histoire et de la permanence des peuples...
Sur le rapport de force, en 1948, entre l'Etat d'Israël et la coalition arabe qui ne faisait pas mystère de vouloir "rejeter tous les Juifs à la mer", je vous invite à vous informer par vous-même.
Le temps de l'Histoire est long... et l'Orient compliqué. Il faudrait également faire allusion à l'instrumentalisation criminelle que les Grandes Puisssances et les dictatures arabes ont fait du conflit israëlo-palestinien... à la propagande anti-sioniste conçue avec une extraordinaire efficacité et orchestrée de leurs bureaux cairotes par d'anciens nazis recrutés par le Président Nasser...
" La kermesse levantine " dont vous parlez est une tragédie opposant deux légitimités et deux peuples, certes "levantins" mais pas moins estimables pour autant, qui luttent pour exister, et au sein de chacun desquels des personnalités remarquables travaillent, en courant de très grands risques, à faire baisser l'intensité des haines et des antagonismes.
De très profonds bouleversements ont lieu et, selon l'excellente formule de Peter Wright : " La paix menace. "... d'autant plus que la conscience politique des uns et des autres s'élève. La majorité des Arabes ne supportent plus les dictatures ; les peuples israëliens et palestiniens aspirent majoritairement à une paix inéluctable.
PS. Etes-vous sûr de n'être pas injuste en taxant Slate de désinvolture quant au conflit israëlo-palestinien ? Ne croyez-vous pas, au contraire, que c'est le seul lieu qui ne le simplifie pas caricaturalement, et qui laisse à ses lecteurs assez de place pour exprimer des idées, des analyses, et non pas de simples slogans ?
Laissez-moi en introduction vous remercier pour votre longue et structurée réponse. Ce genre de poste invite à s’arrêter et réfléchir et c’est toujours une bonne surprise.
Ma première observation est que nous sommes largement d’accord sur la lecture événementielle mais différons dans notre vision de l’histoire et des concepts que nous utilisons pour la décrire.
Lorsque vous écrivez que les dominations politiques passent mais que les peuples "restent ce qu’ils sont", j’avoue mon scepticisme. Qu’est-ce qui détermine l’essence d’un peuple ? Et existe-il seulement une telle essence ? Je ne nie pas l’existence de continuité et de similitudes à travers le temps, mais celles-ci ne me semblent pas constituer un donné permanent ou exclusif. L’histoire se caractérise par d’incessants phénomènes de mélanges et d’hybridations, de mutations soudaines et imprévisibles, ainsi que des temps longs. Peut-on parler - pour prendre exemple moins alourdi par la controverse - de peuple suisse ? Quatre langues nationales, d’innombrables dialectes, des cultures politiques et religieuses différentes, sans compter des populations d’origines très diverses.
C’est par économie de langage que nous utilisons cette expression de "peuple X" mais elle ne désigne pas une essence. Elle décrit, je pense, une construction arbitraire et accidentelles. Ce sont les hommes qui y investissent de l’éternité et du permanent.
De même, l’histoire égyptienne s’arrête-elle à la conquête arabe ? Avant cela, les Ptolémées étaient-ils Grecs, Greco-égyptiens, Egyptiens par adoption ? Quel rapport peut-on bien dresser entre les "syriens" Eliogabal et Hafez el-Assad ? Bref, vous saisissez mon argument.
Vous écrivez aussi que certains peuples "ne perdent pas la conscience d'eux-mêmes malgré les vagues de colonialisme […]". Mais le plus souvent, cette conscience d’eux-mêmes est justement le résultat de politiques d’éducation modernes, récentes historiographies nées avec et de la construction des Etats-Nations, lesquels ont littéralement bricolé des identités nationales, fabriqué des mythes fondateurs, une narration donnant sens ou favorisant l’unification nationales. Israël est en la matière un cas d’école. Les Palestiniens, comme vous le soulignez, sont une construction tout aussi arbitraire. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des éléments uniques qui caractérisent une appartenance, ni qu’ils n’ont pas de légitimités dans leurs revendications contemporaines, mais que cette dernière n’est ni nécessairement "nationale" ou formatrice d’un "peuple", au sens où le langage commun comprend ce mot.
"Il y a toujours eu des Juifs en Palestine qui n'ont jamais perdu l'espoir de redevenir un Etat, et qui l'ont revendiqué dès la fin du 19° siècle", écrivez-vous. C’est une illusion rétrospective : cette idée nationale sioniste a justement germé en Europe, au 19e, car c’était là son terreau fertile. Elle n’est pas le fruit d’une communauté juive du Levant, ayant conservé une conscience nationale malgré son statut de minorité, se libérant soudain d’une tutelle étrangère. Avant l’enfièvrement des nationalismes, suivi de l’Holocauste, le sionisme a paru une bizarrerie aux familles juives allemandes comme aux Juifs cosmopolites de Smyrne ou d’Alexandrie (merveilleux livre de Philip Mansel, Levant : Splendour and Catastrophe on the Mediterranean). C’est clairement un anachronisme de s’imaginer "un" peuple juif (controversé mais néanmoins instructif essai de Shlomo Sand à ce propos) rêvant pendant des générations à un Etat-Nation sur l’actuel Israël.
"Sur le rapport de force, en 1948, entre l'Etat d'Israël et la coalition arabe qui ne faisait pas mystère de vouloir "rejeter tous les Juifs à la mer", je vous invite à vous informer par vous-même", m’écrivez-vous. Ce n’est pas ce que je remets en question. Je discute le mythe qui fait des élites sionistes de pacifiques Pères fondateurs sans visées expansionniste, colonialiste ou ambitions belliqueuses, celui qui nia l'expulsion organisée et localement systématique des populations non juives. Permettez-moi de vous retourner votre invitation en la matière : l’ouverture relativement récente des sources historiques couvrant cette période révise profondément cette mythologie et fait largement consensus parmi le corps des historiens. (cf. Ilan Pappe, B. Morris, T. Segev, J. Salte, A. Shlaïm, etc.).
J’espère que je n’ai pas été trop long.
Bien cordialement
PS. Je maintiens malheureusement mon jugement quant au traitement de cette question par Slate. Il y a un problème de diversité des sources. Malgré l’heureux souci d’apporter un équilibre par la traduction d’articles du Foreign Policy Magazine, les questions levantines sont le plus souvent traitées par M. Benillouche et selon un angle à tendance pro-israélienne. Avez-vous lu un seul article présentant la version palestinienne, iranienne ou arabe des sujets traités? M. Benillouche a des accès privilégiés à Jérusalem, ce qui rend ses articles tout-à-fait intéressants, mais – inévitablement ? – plus sensibles aux préoccupations israéliennes que palestiniennes (ou libanaise, etc.). Cela manque d’une neutralité axiologique, mais c’est peut-être trop demander. C’est d’ailleurs le lot de beaucoup de journalistes postés à Jérusalem et nullement une singularité. Plusieurs facteurs entrent en jeu (non exhaustifs) : l’empathie qui naît tout naturellement de la proximité, les problèmes narratifs engendrés par l’usage de la fausse symétrie comme signal de neutralité (tellement évident lors de l’opération Plomb Durci), sans compter un facteur structurel – l’accès aux sources et aux confidences d’officiels pour alimenter ses chroniques, tout ceci achève un marchandage faustien avec son intégrité intellectuelle. (Les gens qui hurlent à de la propagande/complot sioniste ne comprennent pas grand chose à la manière dont les idées se diffusent). A titre illustratif: m'accorderez-vous que le New York Times est sans doute l’un des meilleurs journaux au monde? Cependant, lorsqu’il traite d’Israël, c’est parfois franchement embarrassant, voire moralement problématique.
Il y aurait un passionnant article à faire sur les phénomènes de cécité intellectuelle lorsque l’on aborde les questions israéliennes.
- Il est certes bien difficile de dire quand naît un peuple, un pays, une nation un Etat... d'autant plus difficile que personne ne sait véritablement ce que recouvre ces quatre mots. Renan lui-même, après avoir examiné tout ce que n'était pas une nation finit par proposer seulement deux éléments positifs : " Une nation est un principe spirituel " et " le désir de vivre ensemble "... C'est-à-dire une métaphysique et un projet politique qui ne peuvent malheureusement pas nous sortir d'une certaine perplexité. Il reste que ces questions ne revêtent pas seulement une dimension purement théorique quand elles concernent les phénomènes politiques du Proche-Orient contemporain. - Les articles de Slate sur le Proche-Orient me paraissent remarquables en regard de ceux qu'il est possible de lire sur d'autres médias ; et tout particulièrement ceux de M. Benillouche dont les informations sont toujours précises, aigues, et surtout rendent souvent compte de l'extrême complexité des stratégies déployées pas les différents acteurs dont certains, tels le Hamas et l'Autorité Palestinienne, mènent, à l'intérieur de leur propre camp, des guerres acharnées, quelques fois meurtrières, pour des enjeux et des objectifs très différents, sinon même contradictoires. Sur le sujet du Proche-Orient, de très nombreux journalistes arabes de nationalités diverses s'expriment dans les médias français. Ils font généralement un bon travail, et il serait tout aussi injuste de leur reprocher leur nationalité ou leur appartenance que de reprocher à M. Benillouche les siennes. Il y aurait là des insinuations très désagréables. - La désinvolture me paraît moins affecter Slate que les autres médias français où l'on peut constater des jeux sémantiques parfois discrets, et parfois grossiers : Un auteur d'attentat ayant fait des victimes civiles y est qualifié de "combattant" et non pas de terroriste. Il a commis "une action militaire ou politique"... Après avoir fait une peine de prison, il est "déporté" par exemple au Liban, et non pas déplacé ou banni. Lorsqu'après "une opération militaire" meurtrière d'extrêmistes palestiniens, les services israëliens mènent une action aboutissant à l'exécution du "combattant", cette action n'est pas, elle, qualifiée d'opération militaire mais "d'assassinat ciblé", etc. Un extrêmiste juif est toujours qualifié de "juif" et non pas d'intégriste ; tandis qu'un extrêmiste musulman n'est jamais qualifié de "musulman" mais "d'islamiste". - Et puis, il y a l'ordre des séquences : L'aviation israëlienne a bombardé Gaza, faisant plusieurs morts. Les Palestiniens ont tiré plusieurs roquettes sur le territoire israëlien. Et non pas : Plusieurs roquettes ont été tirées sur le territoire israëlien provoquant une riposte aérienne faisant plusieurs morts palestiniens. Etc.
Cela étant dit, la politique israëlienne est certainement très loin d'être faite toute de candeur et d'innocence... Bien évidemment. Mais, à mon sens, Slate, est beaucoup moins désinvolte que la plupart des autres médias français.
Cordialement.
Je vous remercie pour vos compliments. Vous savez que les journalistes, du moins en ce qui me concerne, sont très sensibles aux flatteries comme le Corbeau de la fable. Il est vrai que nous ne sommes jamais rassasiés de compliments surtout lorsqu’il s’agit d’un travail difficile, pour un juif, israélien, en Israël.
Ici, en Israël, la démocratie est totale et la liberté de pensée et d’écrire aussi. Je ne chercherai aucune flagornerie en disant que Slate laisse s’exprimer toutes les idées. Mais il ne faut pas croire que mes textes sont monolithiques et qu’ils expriment la seule vision du gouvernement ou de Tsahal.
Je ne serai jamais anti-israélien par conviction bien sûr car alors il vaudrait mieux que je retourne en France où je retrouverai ma culture et ma patrie d’origine.
Mais pour autant je ne suis pas tendre pour le pays et pour le gouvernement quand l'actualité l'exige. Je ne m’interdis aucune critique et je ne me comporte nullement en militant d’aucune cause.
Parce que je suis libre et honnête dans mes positions, je suis respecté et l'on sait que les informations exclusives qui me sont données seront traitées avec le maximum de sérieux.
@KelKonk
C’est pourquoi le jugement de @Kelkonk me semble sévère : «les questions levantines sont le plus souvent traitées par M. Benillouche et selon un angle à tendance pro-israélienne».
Les Slateurs ont bien sûr toujours raison mais ils ont la mémoire courte et ils feignent d’oublier que je suis souvent sévère quand les faits l’exigent. Il suffit de se reporter à quelques articles pour constater que l’objectivité n’est pas une vertu mais au moins une exigence.
http://www.slate.fr/story/42231/economie-israelienne-va-bien-pas-la-population
http://www.slate.fr/story/33075/grand-isra%C3%ABl-fin-dogme
http://www.slate.fr/story/32933/israel-diplomatie-echec-palestine
http://www.slate.fr/story/27167/israel-etat-juif-ou-etat-des-juifs
http://www.slate.fr/story/18409/israel-religieux-sionisme-poids-politique-exorbitant-netanyahou
Merci pour vos commentaires.
Criminon est une association qui aide les prisonnier pendant leur séjour sous les barreaux et les ré-éduque pour qu'ils se ré-intègrent plus facilement à leur sortie. Voici un article qui lui est consacré : http://fleausolution.com/2011/10/criminon-une-seconde-chances-pour-les-criminels/