La France au pied du mur des agences de notation
La France mise sous surveillance pendant trois mois, l’Espagne dégradée de deux crans d’un seul coup… l’agence de notation Moody’s frappe un grand coup à la veille du sommet européen du week-end prochain. Décryptage.
- Manifestation en Espagne, en juillet 2011. REUTERS/Paul Hanna -
Moody’s veut-elle réveiller les partenaires de l’euro en dramatisant les enjeux et en rapprochant les échéances? Concernant la France, il ne s’agit pas vraiment d’une surprise. Avec plus de 1.600 milliards de dette publique correspondant à 86% du produit intérieur brut (PIB), elle est le plus fragile des pays qui conservent cette note délivrée par les agences.
On peut discuter de la légitimité de ces établissements à délivrer des bons ou des mauvais points. Mais pour qui entre dans une logique financière, ce genre de note est pris en compte lors de la souscription à emprunt d’Etat. Légitimes ou pas, les agences sont écoutées par qui leur prête l’oreille. Dans trois mois, on saura si la France est dégradée comme les Etats-Unis l’ont été, ou si elle peut conserver sa note qui est aussi celle de l’Allemagne. Mais à quoi correspond la démarche de Moody’s?
Un budget français bien trop optimiste
En France, le projet de loi de finances pour 2012 [PDF], c'est-à-dire le projet de budget pour l’an prochain, est excessivement optimiste. Et même irréaliste. Il est construit sur la base d’une croissance économique de 1,75% alors que les prévisions tournent aujourd’hui entre 1% et 1,2%. Le Premier ministre François Fillon a beau expliquer que ce projet fonctionne également pour une croissance de 1,5%, on est encore loin du compte.
Conséquences? Avec une croissance inférieure aux anticipations, les recettes de l’Etat seront moins élevées que prévu. D’où un déficit budgétaire prévisible plus lourd que les 4,5% programmés (soit 81 milliards d’euros), un recours à l’emprunt plus important pour combler le trou, et une dette française qui risque d’augmenter plus vite que ne le prévoit le plan d’austérité.
Déjà, des emprunts de plus en plus chers
Les marchés financiers ont déjà réagi à ce dérapage: bien que les agences de notation créditent la France et l’Allemagne d’un même AAA (la note la plus élevée qui souligne la confiance des créanciers dans la capacité des Etats à honorer leurs engagements), l’Etat français est obligé aujourd’hui d’accepter des taux d’emprunt supérieurs d’un point à ceux qui sont consentis à l’Allemagne. Autrement dit, les marchés financiers ont plus confiance en l’Allemagne qu’en la France.
Or selon Jérôme Cahuzac, le président socialiste de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, «un point de plus du taux d’intérêt correspond à 10 milliards d’euros de plus du service de la dette dans cinq ans». Alors que le service de la dette –c'est-à-dire les intérêts à rembourser chaque année– est déjà devenu le premier poste budgétaire (il approchera 49 milliards d’euros l’an prochain), on imagine assez le résultat d’une dégradation de la note française si elle s’accompagnait d’un relèvement du taux auquel la France pourrait emprunter sur les marchés financiers.
Un tour de vis qui comptera à la présidentielle
Pour contrer ce genre de dérapage, le gouvernement, confronté à la perspective de recettes moins élevées que prévu, doit arithmétiquement réduire ses dépenses d’un montant équivalent pour tenir sa prévision d’un déficit budgétaire de 4,5% l’an prochain. Tel sera l’objectif de la révision budgétaire qui s’impose. On peut donc s’attendre à encore plus d’austérité. La question étant: qui va payer?
Nul doute que la réponse sera au cœur de la campagne présidentielle, et pèsera lourd dans les urnes. Si l’alerte lancée par Moody’s facilite la tâche du gouvernement dans l’annonce de ce tour de vis supplémentaire, elle ne facilite pas le travail du futur candidat de droite qui devra séduire tout en justifiant les efforts de rigueur réclamés aux électeurs.
Certes, l’Etat français pourrait ignorer la menace d’une dégradation. Les prévisions de croissance ne changeraient pas pour autant, ni l’augmentation du déficit budgétaire, de la dette souveraine. Et, en fin de compte, la hausse des intérêts à payer chaque année. Une spirale véritablement infernale.
Le poids du lien franco-allemand
On peut condamner le pouvoir exercé par les agences de notation sur les gouvernements du monde entier, et leur influence sur les politiques budgétaires auxquelles sont soumises les populations de tous ces Etats. Mais les gouvernements sont eux-mêmes entrés dans cette logique en se plaçant, du fait de la dette, dans les mains des marchés financiers. Ils ont, ce faisant, accepté leur logique. Et dans ces conditions, la rétrogradation de la note française était, en quelque sorte, inéluctable.
Elle n’est pas intervenue plus tôt à cause notamment de la solidité du lien franco-allemand. Mais le différentiel entre les deux économies s’accroît. Par exemple, alors que le solde du commerce extérieur allemand est toujours positif, les échanges français sont de plus en plus déficitaires (sur douze mois à fin août, il atteignait le triste record de 69 milliards d’euros). Et rien ne semble devoir stopper cette dérive puisque rien n’est fait dans ce sens.
On ne reviendra pas sur les raisons de ce différentiel. Reste que des questions se posent sur le fonctionnement de la relation franco-allemande si l’écart s’accroît entre les deux économies. Ce qui n’est pas à porter au crédit de la France dans la perception qu’en ont les marchés financiers.
La zone euro paie pour la lenteur de sa réaction
Par ailleurs, dans la logique financière qui domine, la zone euro est bien trop lente à réagir à la crise de la dette souveraine. Les pays du littoral méditerranéen (Grèce, Espagne, Portugal, Italie) en font les frais.
Imagine-t-on que l’accord du 21 juillet dernier destiné à rassurer les marchés en élargissant le rôle du Fonds européen de stabilité financière et en le dotant de moyens renforcés pour acquérir des obligations d’Etat, n’est pas encore définitivement validé… Trois mois après avoir été présenté, le plan d’action pour soutenir les Etats les plus endettés de la zone euro, n’est donc toujours pas opérationnel. Trois mois… une éternité pour les marchés financiers.
Les politiques parlent finance, raisonnent finance, mais ne réagissent pas selon la logique des marchés financiers. D’où une défiance de ces marchés qui augmente avec le temps qui passe. D’autant que d’aucuns s’interrogent sur la pertinence de ce plan trois mois plus tard, les conditions économiques en Europe et dans les Etats concernés ayant, dans l’intervalle, évolué.
Un sommet européen à haut risque
On verra, à l’occasion du sommet européen du 23 octobre, si les Etats européens auront retenu la leçon et si leur réplique deviendra véritablement offensive au lieu de demeurer à la traîne des évènements et de manquer de détermination. La presse britannique anticipe une décision qui viserait à relever à 2.000 milliards d’euros du FESF.
Quoi qu’il en soit, en choisissant de révéler la mise sous surveillance de la note la France et en abaissant celle de l’Espagne de deux crans d’un coup, Moody’s s’invite dans le débat et met la pression sur les partenaires de l’euro, à l’occasion d’un conseil qui apparaît de plus en plus comme une réunion de la dernière chance pour les pays dans l’œil du cyclone.
Gilles Bridier
Mis à jour le 28/10/2011 à 15h00



































L'Europe à ce jour n'est pas encore capable de prise de décision de taille à influer sur le cours des choses et ce encore moins avec l' Angleterre qui joue contre le reste de l' Europe sur le plan financier et ce "presque" sans se cacher.
Mais voilà nous sommes dans une société où le clientélisme à pris le pas sur l' intérêt de la nation où les lobbies mettent tout en oeuvre pour diminuer l'impact d'une nouvelle politique , je ne croies pas que la solution se trouve aujourd'hui à gauche de l'échiquier politique ni à ces extrêmes que représentent le Front de Gauche ou encore Marine le Pen , mais il faut que les décisions soit prises qu'une véritable nouvelle définition de l'impôt soit mise en place et que nous fassions en sorte que l'équilibre budgétaire soit tenu dans des circonstances dégradées . Il en va du modèle social français qui a vécu malheureusement trop longtemps à crédit et en repoussant sine-die les échéances.
A tout ceux qui croient qu'un état peut toujours souscrire plus en terme de dette sans risque de le voir disparaitre , je suggère d'étudier de près la Grèce qui se trouve aujourd'hui au bord de l'implosion en tant qu'état.
Mais c'est encore moins acceptable quand on se penche sur les chiffres et que dans le cas français on se rend compte que : sur la dette cumulée (en € constant) depuis 1973 jusqu'à aujourd'hui soit plus ou moins 1400 milliards d'euro plus des 2/3 représentent uniquement les intérêt dus à des banques privées.
Avec un peu de curiosité on se demande d'où provient cet argent des banques privées, qu'elles nous prêtent en suite contre intérêt bien sur : et bien il est créé à 99 % de rien par le mécanisme du crédit (cf. l'argent-dette) et à 1 % par les banques centrales qui fournissent aux banques la monnaie d'échange inter-bancaire.
Autre curiosité: Jusqu'en 1973 en France l'Etat empruntait directement à la banque centrale avec un très faible intérêt de la même façons la banque centrale créait l'argent à partir de rien mais dans le seul intérêt du peuple Français, enfin depuis 1958 date à laquelle M De Gaulle a partiellement soustrait la banque de France de l'influence des "200 familles".
Alors bien sur un budget déficitaire n'est pas acceptable, mais quand on sait que la cause de ce déficit est en grande partie due à des intérêt dus à des banques privées, on se demande : mais que c'est il passé en 1973 !
Et bien un M Pompidou à fait voter la Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, qui interdit en effet au Trésor Public d'emprunter directement à la Banque de France à un taux d'intérêt faible ou nul (par création monétaire), comme il en avait jusqu'alors le droit !
De là a supposer que le que but de cette loi vise un endettement volontaire de la France au bénéfice des banques privées, le Trésor Public devant emprunter aux banques privées à des taux d'intérêts plus élevés que ceux pratiqués par la Banque centrale, il n'y a qu'un pas (surtout quand on sait que M Pompidou était à l’époque le directeur de la banque Rothschild !!!) nota cette loi a été monté au niveau de l'article 123 du traité de Lisbonne.
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