Austérité ou pas? Sarkozy et Hollande en plein désarroi
Aucun des deux présidentiables ne dira: «Ce sera très dur et ce ne seront pas les plus riches qui seront les plus touchés.» Ce n'est pas juste pour s'assurer l'élection ou la réélection... Ils ne savent tout simplement pas si c'est une cure d'austérité drastique et forcément socialement violente qui rétablirait la situation.
- François Hollande et Nicolas Sarkozy, en avril 2011. REUTERS/Philippe Wojazer -
Lorsque l'on s'entretient –loin des micros– avec les responsables politiques de l'UMP et du PS, on sent bien, ces derniers temps, une sorte de désarroi. Les prévisions de récession pour les prochains mois pèsent sur la campagne présidentielle qui s'ouvre. L'ombre de la crise «systémique» (ce mot effrayant revient de plus en plus souvent), plane au-dessus de nos têtes.
L'agence Moody's étudie le cas de la France avec en perspective une éventuelle dégradation du triple A, érigé en trésor national, ce qui laisse pantois bon nombre de politiques.
Ces sombres prévisions transforment les mesures adoptées par le gouvernement en modeste rafistolage du Titanic. Le budget actuellement en discussion serait basé, selon la Commission européenne, sur une prévision de croissance trop optimiste.
Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine expliquait, dans Libération, que la majorité libérale en France devrait s'appliquer préventivement une partie des mesures que l'on impose à la Grèce socialiste.
A gauche, moins ouvertement, des voix commencent à s'élever pour affirmer que la réforme fiscale, même d'ampleur, promise par François Hollande, n'est pas à la mesure des 100 milliards de déficit et des 1.700 milliards de l'endettement.
La menace sur le triple A sera un argument de campagne des deux côtés et Moody's pourrait devenir l'arbitre d'un match dont la gauche ne peut plus efficacement contester les règles à partir du moment où elle promet aussi de résorber le déficit.
Le PS et l'UMP peuvent-ils promettre «du sang, de la sueur et des larmes» à six mois de l'élection? Le paradoxe, c'est que la posture churchillienne est à la mode. C'était l'ambiance de la convention anti-PS organisée mardi par l'UMP et c'est aussi un peu sur ce thème de la responsabilité budgétaire que François Hollande a remporté la primaire.
Le modèle français est menacé
Mais c'est du Churchill light. Vous verrez que les deux principaux candidats qui promettront, sinon du sang, au moins de la sueur et des larmes, s'empresseront de préciser «pour les plus riches seulement et pour les banques». 99% des Français pourront se sentir à l'abri des conséquences d'une forme d'austérité sélective.
Les candidats diront: «Il y des efforts à faire, des sacrifices à consentir, mais avec moi ce sera plus juste qu'avec mon adversaire.»
Donc, il y aura le discours, la dramatisation, le vocabulaire pour bien faire comprendre qu'ils ont pris la mesure du bouleversement qui vient. Les mines seront graves... Mais il est, pour l'instant, assez improbable que, publiquement Nicolas Sarkozy ou François Hollande affirment tout haut ce que l'on entend déjà tout bas: «Ce sera très dur et ce ne seront pas les plus riches qui seront les plus touchés.»
Et ce n'est pas simplement le fait de vouloir masquer les difficultés pour s'assurer l'élection ou la réélection... Non, Nicolas Sarkozy et François Hollande ne savent tout simplement pas si c'est une cure d'austérité drastique et forcément socialement violente qui rétablirait la situation.
Nous sommes à un moment de grands bouleversements où les certitudes libérales de la droite et sociale-démocrates de la gauche vacillent, où le modèle social français est menacé.
La crise a donc aussi un aspect identitaire pour la France et son mode de fonctionnement depuis 1945. Il serait trop simple d'accuser l'UMP et le PS de simplement nous cacher la vérité. S'ils sont obligés d'être péremptoires (c'est la règle en politique si l'on veut être suivi), en fait, ils doutent. Et en politique, douter est beaucoup plus problématique que mentir.
Thomas Legrand
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Mis à jour le 21/10/2011 à 16h27



















































Et cela me semble mal parti...
- un état des lieux de la situation actuelle systématiquement enjolivé ( réalité du déséquilibre recette vs dépense, qualité de l'évaluation de l'efficacité des politiques gouvernementales, situation de la pauvreté, du chômage, de la sécurisé etc..) - des promesses inconsidérées à gauche comme à droite - un discours des politiques prenant les citoyens pour des idiots ( UMPS à l'identique... j'exclue volontairement les extrêmes dans l'obligation de se démarquer)
Concernant les supplétifs, à par le déplorer, que font les journalistes pour élever le debat, rentrer dans le dur, connaitre les dossiers pour que les politiciens soient eux aussi obligés de les maitriser, etc...
le mot désarroi est le bon mot...
Parce-que cette crise n'est que financière et que la finance c'est rien, c'est juste l'ombre de la réalité, sa contre marque.
Et la réalité est-elle en crise ? Y a-t-il une baisse de nos capacités de production ? Y a-t-il une baisse du niveau de compétence de la population ? La France a-t-elle été ravagée par une catastrophe naturelle, une épidémie, une guerre ?
La crise c'est comme un Airbus en pleine forme qui s'écrase dans l'océan parce que tout petits machins ont un peu givré et que ceux qui décident n'ont rien compris à ce qui se passaient. Et en Europe, il n'y a même pas de pilote.
Nous sommes actuellement pris en otage par un petit groupe de gangsters qui veulent nous extorquer des fonds en nous jouant ce "psychodrame".
Mais il me semble entendre les sirènes des voitures du GIPN qui viennent à notre secours !
Un pays qui se permet de ne pas exploiter ses ressources pétrolières (gaz de schiste) même dans les régions reculées ou l exploitation ne generait qjd quelques chevres, est un pays riche.
Il s'agit bien sûr de la volonté des nantis de creuser toujours plus les inégalités sociales : comment se rendre compte et prendre plaisir à être riche si, en parcourant les rues dans votre luxueuse limousine avec chauffeur, vous n'aperceviez pas le spectacle abject de la misère et de la pauvreté ?
Il faut reconnaitre que ce que les ploutocrates demandent actuellement à leur "petit personnel politique", en échange de quelques mallettes, c'est un sérieux tour de vis... En seront ils capables ? Nous laisserons nous faire, une fois de plus ?
Ou bien, ouvrirons nous enfin les yeux ?
Vous parlez des certitudes libérales de la droite. Quelles sont elles? Es-ce à dire que la droite a menée une politique libérale ces dernières années? Economiquement parlant, sociologiquement parlant?
Et le grand Winston, par son caractère impulsif et impérial, s’il avait été le capitaine à bord au lieu du pauvre capitaine Smith, aurait fait exactement pareil, soyons clair. Il est vrai qu’il aurait fait un discours mémorable avant que le bateau coule sous les flots.
Aujourd’hui nos problèmes ne sont pas la faute de l’Euro ni de l’Europe. Bien au contraire, avec des navigateurs plus fins et des capitaines courageux, notre Titanic à nous serait resté la fierté de nos peuples. Plus grand, plus riche, plus paisible, plus intelligent que les autres.Comme aurait pu être le Titanic.
Hélas notre Titanic à nous a trop de capitaines et ils ne sont pas d’accord entre eux. La plupart des passagers voyagent à crédit. On mange à notre faim et on s’amuse sur les ponts. Dans la salle des jeux les grands perdants (ils ont tendance à être méditerranéens) vont être largués par-dessus bord.
Ceux qui rêvent encore de l’âge de la voile du siècle précédent ne cessent de prédire le pire. Ils sont presque ravis quand on commence à lancer les fusées de détresse…."Je vous l'avais bien dit...."
Des vérités inconvenantes tout cela. Mieux vaut blâmer l’iceberg.