Les masques ne protègent pas
L'explication.
- Une mère et son fils avec leurs masques à Mexico Daniel Aguilar / Reuters -
Alors que l'épidémie de grippe porcine - désormais rebaptisée «Grippe mexicaine» par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) - s'accélère, certains habitants d'Amérique du Nord, affolés, se sont mis à porter des masques. Sur la Place de la Constitution de Mexico, l'armée a distribué des masques chirurgicaux. Quant au personnel douanier travaillant sur la frontière avec les Etats-Unis, ils disposent d'un équipement de protection contre les virus, notamment des gants et des masques. (Cliquez ici pour voir les images.) Mais les masques chirurgicaux sont-ils une protection efficace contre les virus? En 2003, Jon Cohen écrivait que le virus SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), dont la taille est minuscule (100 nanomètres) pouvait facilement traverser ces barrières. Tout porte à croire que la grippe porcine, qui fait entre 80 et 120 nanomètres, en est également capable. L'article de 2003 est republié ci-dessous.
Les photos spectaculaires de la population portant un masque chirurgical dans les rues des villes asiatiques touchées par le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) posent une question: ces masques offrent-ils une protection significative contre la maladie?
Les virus, y compris le coronavirus dont les scientifiques pensent qu'il est à l'origine du SRAS, ont une taille si infime qu'ils peuvent franchir ces obstacles. Plusieurs études ont même montré que les masques faciaux chirurgicaux ne permettent pas d'empêcher la transmission du bacille de Koch, une bactérie de plus grosse taille, qui provoque la tuberculose. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) conseillent aux personnes atteintes du SRAS de porter un masque chirurgical. Toutefois, ils ne recommandent pas le port d'un masque aux personnes en contact avec ces patients, sauf si ces derniers ne peuvent pas en porter un. Porter un masque chirurgical à l'extérieur, là où les particules virales se dispersent aisément est encore moins utile.
Les CDC recommandent au personnel de santé s'occupant de patients atteints du SRAS de porter un masque spécial appelé «respirateur N95». Cependant, même ce type de masque offre une protection limitée contre les coronavirus. Le nom de ce masque en dit long. Le «95» signifie que ce masque, s'il est porté correctement - et la façon dont il est porté constitue une condition cruciale - est capable de filtrer les particules supérieures ou égales à 0,3 microns, dans 95% des cas. (Pour vous donner une idée, le diamètre d'un cheveu mesure environ 100 microns.) Les coronavirus humains mesurent entre 0,1 et 0,2 microns, c'est-à-dire une à deux fois moins que la taille limite interceptée par le masque.
Sergey Grinshpun, physicien chercheur à l'Université de Cincinnati (située dans l'Ohio), a étudié les respirateurs N95. Il en a conclu que l'efficacité de ces masques dépend en fait des «séries de fabrication». Différentes sociétés fabriquent des masques d'une série plus ou moins efficace en dessous de 0,3 microns. En d'autres termes, les masques d'un fournisseur, s'ils sont correctement portés, pourront filtrer 92% des coronavirus, et ceux d'un autre seulement 50%!
«Il semble qu'on soit mieux protégé si on en porte un plutôt que rien du tout», reconnaît Sergey Grinshpun. Il fait remarquer, par ailleurs, que les virus circulent souvent sur des molécules porteuses de plus grande taille - des gouttes de mucus par exemple -, ce qui facilite leur filtrage.
C'est pourquoi la directrice des CDC, Julie Gerberding, a souligné la semaine dernière qu'il peut être utile de se recouvrir le visage d'un T-shirt quand on est en contact direct avec une personne infectée.
Pour se protéger efficacement contre les coronavirus, il faudrait porter un masque qui recouvre l'ensemble du visage et est muni d'un filtre anti-particules à haute performance (HEPA). Mais, comme l'explique Sergey Grinshpun, ces filtres de type HEPA sont «assez gênants».
Les masques ont le mérite de chasser quelque chose: la peur. Mais, en même temps, la vision de tant de monde avec des masques rend la peur contagieuse. Et contre la peur hélas, il n'y a pas de protection à base de séries de fabrication efficaces ou d'équipements portés correctement...
Jon Cohen
Article traduit par Micha Cziffra
Photo: Une mère et son fils avec leurs masques à Mexico Daniel Aguilar / Reuters
Mis à jour le 29/04/2009 à 19h33














































« Les masques ont le mérite de chasser quelque chose: la peur. Mais, en même temps, la vision de tant de monde avec des masques rend la peur contagieuse ».
Au beau milieu du mois de mars, j’ai eu le plaisir d’emmener ma chère et tendre au Mont St Michel où je ne m’étais pas rendu depuis 12 ans.
L’hôtelier (formidable de Bagnoles de l’Orne) m’avait prévenu la veille : les Japonais viennent en masse au Mont depuis quelques années.
Ok me dis-je, je les vois depuis longtemps à Paris alors pourquoi pas au Mont !
J’ai été consterné par la densité de la fréquentation nippone…
Non seulement, par le nombre de visiteurs et le double affichage euro/yen en boutiques, mais aussi par leur attitude
peu respectueuse du lieu et des gens.
Mais surtout, j’ai été sidéré d’en voir le 1/3 porter des MASQUES !!!
Que craignaient ces porteurs de masques ??
Ou que voulaient –ils nous faire craindre ???
Si des Slaters ont des réponses à ma question, qu’ils m’expliquent !
Car là, la dimension de la bêtise humaine a pris un sacré essor à mes yeux.
Je ne crois pas que le Mont soit pollué comme Tokyo ou Paris… alors,
pourquoi cette « masqu-arade ?? ».
Sont ils formatés à ce point ?
Peut être, mon côté « petite onde » ne capte pas celle là.
Mais on se demande s’ ils ne voudraient pas nous contaminer du virus de la peur
Et de la terreur.
Mais cher ami,
Cela fait des décennies que les Japonais arborent des masques !
Et en permanence, donc dans leur propre pays, leurs propres villes.
Afin de se protéger - croient-ils ! - de la pollution.
Vieux réflexe subsistant sans doute des dégâts nucléaires subis, renforcé par une procédure judiciaire des années 95 ayant condamné je ne sais plus quelle entreprise ou ville accusée d "intoxiquer les populations".
Lors des derniers JO, les atlètes nippons voulaient même concourir masqués, ce qui était intelligent sur le fond, inefficace avec ce type de masques en papier, et considéré comme insultant à l'encontre de la puissance invitante !
A force de porter le masque, celui-ci aura sans doute fini par faire partie de l'habillement ordinaire.
Aussi est-il porté à l'étranger aussi habituellement qu'au Japon.
Jusqu'à oublier de l'ôter au mont st Michel, rien d'autre...
Bien inutilement d'ailleurs, ces masques protégeant plus de la peur que des agents réellement pathogènes...
Mais par delà ces raisons, le port du masque évite également à qui est grippé ou enrhumé d'envoyer ses gouttelettes de salive infectée au visage des tiers, et cela n'est alors rien d'autre qu'hygiène et courtoisie.
Cordialement.
"Mais par delà ces raisons, le port du masque évite également à qui est grippé ou enrhumé d'envoyer ses gouttelettes de salive infectée au visage des tiers, et cela n'est alors rien d'autre qu'hygiène et courtoisie."
alors ils étaient un paquet à être malades ce week end là!!
Merci Charles (dois je dire Majesté?) pour ces précisions néanmoins. Je sais bien entendu que le port du masque est courant au Japon depuis longtemps.. mais, bon! Force m'est de constater le décalage culturel inhérant à ce fait.
Cordialement
Les masques et les cagoules ne protègent donc que l'anonymat de ceux qui craignent les agents sceptiques.
Le masque, ironie du sort, revient à la mode
quand, de son port, se complique le code
car la cagoule, elle, au même moment,
risque de se voir interdite, carrément.
Les deux parures piègent l'identité
chacune au nom d'une sécurité.
Elles entrent en contradiction :
deux formes de contagion,
propagation incendiaire
et tentation policière.
Si les japonais portent des masquent ce n'est pas tant pour se protéger des autres que pour les protéger. En effet, ceux qui portent des masques sont malades et par respect, ils protègent les autres de leurs miasmes. Cela n'a donc rien à voir avec une quelconque psychose...
D'accord, un virus est bien plus petit que les « trous » présent dans les fibres. Aucun doute là dessus.
Mais les virus ne sont pas des moucherons avec des petites ailes qui sortent de la bouche et font « zonzon »avant de se poser ailleurs ! Et même, ils n'y survivraient pas très longtemps.
Non, ils sont portés par les particules d'origine biologiques qui s'échappent par nos bouche et notre nez (voir celles que nous déposons sur nos mains et vêtements après avoir éternué ou nous être mouchés. Dans l'air, ces particules contiennent, si l'on est contagieux, des millions de virus et sont bien plus grosses que les « trous » des textiles (ou du non-tissé) que l'on peut se mettre devant la bouche et le nez !
Elle empêchent bien ces particules de paser dans un sens ou dans l'autre avec leur charge virale. Quant aux mains et au tissus, les virus sont très fragiles et meurent extrêmement rapidement : pas de risque de ce côté là, sauf à serrer la main de quelqu'un d'infecté qui vient de se moucher et de porter sa main à la bouche ou de se frotter les yeux (ces virus ne passent pas directement par la peau).
Donc, parler de perméabilité des masques aux virus est purement théorique mais en pratique totalement idiot !
Les Chinois on bien vaincu la terberculose grâce aux masques (obligatoires, bien sûr !), et pourtant, c'est une maladie bien plus contagieuse (un bacille c'est beaucoup plus gros qu'un virus, soit, mais c'est aussi très, très petit (2-5micron/0,3-0,5micron pour la tuberculose) et les tissus de l'époque étaient bien plus perméables que les papiers d'aujourd'hui...
Enfin, en aparté, pour les japonais, il n'est pas rare de croiser des porteurs de masque dans la rue, ce sont en général des gens malades qui les portent bien pour protéger les autres (la promiscuité quotidienne est bien supérieure à chez nous et l'esprit de collectivité y est bien plus développé). La pollution de Tōkyō est très largement exagérée, voire carrément mythique : on y respire tout à fait normalement, ni moins bien ni moins mal qu'à Paris, en tous cas, depuis plus de vingt ans (d'énormes efforts ont été faits dans ce sens il y a une trentaine d'années) !